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Le chef de l’État s’est rendu cet après-midi près de Nantes où il a dévoilé le nom du futur porte-avions français dont la construction vient d’être lancée. Le nouveau géant des mers succédera en 2038 au Charles de Gaulle.
Porte-avions Fujian : la Chine vise la pleine capacité opérationnelle en 2026
Cinq mois après sa mise en service, le troisième porte-avions chinois doit franchir un cap décisif cette année : passer de la capacité opérationnelle initiale à la pleine capacité de combat, avec des exercices en haute mer prévus dans le Pacifique occidental. Le Fujian est le plus grand navire de guerre non nucléaire jamais construit et le premier porte-avions chinois équipé de catapultes électromagnétiques.
Construit aux chantiers navals de Jiangnan à Shanghai, mis à l'eau en juin 2022, le Fujian a enchaîné neuf essais en mer entre mai 2024 et septembre 2025. Le rythme a surpris les observateurs : en septembre 2025, la marine chinoise diffusait les premières séquences complètes de catapultages et d'appontages du J-35 (chasseur furtif de cinquième génération), du J-15T et du KJ-600 (avion de guet aérien avancé), annonçant une "capacité opérationnelle initiale sur pont complet".
La mise en service officielle a eu lieu le 5 novembre 2025 à la base navale de Yulin (Sanya, Hainan), en présence de Xi Jinping. Le Shandong, deuxième porte-avions chinois, était amarré au même quai. Peu après, le Fujian a mené son premier exercice de combat réel en mer, incluant des tirs de catapulte multiples, des exercices de formation de groupe aéronaval et des manoeuvres coordonnées de recherche et sauvetage.
Des images satellite du 5 avril 2026 montraient le Fujian opérant en mer de Bohai près de Qinhuangdao avec au moins un navire d'escorte, signe que les tests d'intégration au sein d'un groupe aéronaval se poursuivent.
Ce que "pleine capacité" signifie
Selon Wei Dongxu, commentateur des affaires militaires cité par CCTV, la pleine capacité opérationnelle sera atteinte lorsque le Fujian pourra maintenir un chargement complet d'aéronefs et démontrer sa capacité à lancer et récupérer des appareils sur l'ensemble de son pont de vol de manière simultanée.
L'étape suivante sera le déploiement en tant que groupe aéronaval complet. Cela implique l'intégration de destroyers, frégates, sous-marins, navires de ravitaillement et moyens de surveillance maritime dans une formation de combat cohérente. Une fois ce niveau atteint, le Fujian devrait entreprendre des exercices en haute mer dans le Pacifique occidental, comme l'a fait le Shandong en avril 2023.
Wang Yunfei, expert militaire cité par le Global Times, note que les entraînements de base sont largement terminés. Les avions embarqués ont complété des exercices dans quatre types de conditions météo : simples et complexes, de jour comme de nuit. L'entraînement orienté mission a commencé, ce qui signifie que le porte-avions peut déjà assumer des tâches opérationnelles générales.
Un saut technologique : les catapultes EMALS
Le Fujian marque une rupture avec ses prédécesseurs. Le Liaoning (ex-soviétique, 2012) et le Shandong (premier construit en Chine, 2019) utilisent un tremplin ("ski jump") pour le décollage des avions, ce qui limite le poids au décollage et donc le rayon d'action et l'armement emportés.
Le Fujian adopte des catapultes électromagnétiques (EMALS), une technologie que seuls les États-Unis utilisaient jusqu'ici sur leurs porte-avions de classe Gerald R. Ford. Le système permet de lancer des appareils plus lourds, d'augmenter la cadence de sorties et d'opérer une gamme plus variée d'aéronefs, y compris le KJ-600, avion de guet aérien dont le poids interdit l'usage d'un tremplin.
Le Fujian dispose de trois catapultes (deux à la proue, une sur le pont oblique), contre quatre sur les Ford américains. Son pont d'envol présente un angle plus étroit que celui des porte-avions américains, ce qui pourrait limiter les opérations simultanées de décollage et d'appontage. Il dispose de deux ascenseurs d'aviation, tous deux à tribord.
L'ère des trois porte-avions
Avec le Fujian, la marine chinoise entre dans ce que les médias officiels appellent "l'ère des trois porte-avions". Ce seuil a une signification opérationnelle concrète : avec trois unités, il devient possible de maintenir en permanence un porte-avions en opération, un en entraînement et un en maintenance.
Le Liaoning (CV-16) sert principalement de plateforme d'entraînement. Le Shandong (CV-17) a mené des déploiements opérationnels en mer de Chine méridionale et près de Taïwan. Le Fujian (CV-18), basé à Sanya, est destiné à devenir le navire amiral d'un groupe aéronaval capable d'opérations soutenues au-delà de la première chaîne d'îles.
La construction d'un quatrième porte-avions, probablement à propulsion nucléaire, a débuté aux chantiers navals de Dalian. Selon le rapport annuel 2025 du Pentagone au Congrès, la marine chinoise vise une flotte de neuf porte-avions d'ici 2035.
Groupe aérien : le J-35 au coeur du dispositif
Le groupe aérien embarqué du Fujian représente lui aussi un changement de génération. Le J-35 est un chasseur furtif de cinquième génération, conçu dès l'origine pour les opérations depuis un porte-avions à catapultes. Il complète le J-15T, version améliorée du chasseur lourd J-15 adaptée aux catapultes EMALS.
Le J-15DT, variante de guerre électronique, indique que le Fujian est pensé comme le centre d'un espace de combat aéromaritime en réseau, capable de neutraliser les radars et systèmes de missiles adverses.
Le KJ-600, avion de guet aérien avancé et de commandement, est l'équivalent chinois du E-2 Hawkeye américain. Sa présence à bord du Fujian étend considérablement la portée de détection et de coordination du groupe aéronaval.
Calendrier 2026
Selon les sources officielles, les étapes attendues pour le Fujian cette année sont le passage à la pleine capacité opérationnelle (chargement complet, opérations pont complet), l'intégration dans un groupe aéronaval constitué, et les premiers exercices en haute mer, probablement dans le Pacifique occidental.
L'entraînement en eaux lointaines impliquera des conditions plus complexes que les manoeuvres côtières actuelles : interférences de navires et aéronefs de surveillance d'autres pays, gestion des situations d'urgence et coordination dans un environnement opérationnel réel. Le passage réussi de cette phase ferait du Fujian le premier porte-avions chinois capable d'opérations soutenues en haute mer sans dépendance continue aux infrastructures terrestres.
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Global Times, "China's aircraft carrier Fujian to achieve full combat capability in 2026, set for far-sea drills", 12 avril 2026
Defence Security Asia, "China's Fujian Carrier to Achieve Full Combat Capability in 2026", 14 avril 2026
Le Pacifique occidental désigne la partie ouest de l'océan Pacifique et les terres qui le bordent. C'est une des régions les plus vastes et les plus stratégiques de la planète.
Ce qu'elle couvre géographiquement
La zone s'étire du nord-est de l'Asie (Chine, Japon, Corée, Mongolie) jusqu'à l'Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande, îles du Pacifique Sud). Elle inclut aussi l'Asie du Sud-Est : Vietnam, Philippines, Indonésie, entre autres. L'OMS y rattache 37 États et territoires dans sa classification régionale (WPRO).
Pourquoi c'est une zone clé
Économiquement, c'est le coeur du commerce mondial. Les détroits de Malacca et de Taïwan sont des corridors par lesquels transite une part massive du fret maritime international. La Chine, le Japon, la Corée du Sud et l'Australie y sont des puissances économiques majeures.
Géopolitiquement, c'est le terrain central de la rivalité sino-américaine. La question taïwanaise, les revendications en mer de Chine méridionale et le renforcement des alliances (AUKUS, Quad) en font une zone de tension permanente. Le concept d'"Indo-Pacifique" utilisé par Washington vise précisément à structurer cette compétition.
Les risques naturels
La région se situe sur la "ceinture de feu" du Pacifique, zone de forte activité sismique et volcanique. Elle est aussi le bassin de formation des typhons les plus puissants au monde, qui frappent régulièrement les Philippines, le Japon, le Vietnam et la Chine côtière.
En résumé, c'est une région où se concentrent puissance économique, tensions géopolitiques et vulnérabilité climatique, ce qui en fait probablement la zone géographique la plus déterminante pour les décennies à venir.