Le projet de taxe zucmanlike aurait déjà fait partir 1 trillion USD de Californie

Mathieu

Alpha & Oméga
Admin
15 Oct 2006
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Shanghai, People Square
www.murailledechine.com
La menace d'une taxe exceptionnelle de 5% sur les grandes fortunes déclenche un exode sans précédent des titans de la tech californienne.

La Californie, terre promise des entrepreneurs et berceau de la révolution numérique, assiste impuissante à la fuite de ses enfants les plus riches. Selon le capital-risqueur Chamath Palihapitiya, près de 1 000 milliards de dollars auraient déjà quitté l'État doré — et la taxe qui en est la cause n'a même pas encore été votée.

Une course contre la montre avant le 1er janvier​

Tout commence en novembre 2025, lorsque Suzanne Jimenez, représentante du syndicat des travailleurs de la santé SEIU-UHW, dépose une proposition d'initiative populaire baptisée 2026 Billionaire Tax Act. Le principe : imposer une taxe unique de 5% sur le patrimoine net des résidents californiens dépassant le milliard de dollars.
Le piège ? La date d'application rétroactive fixée au 1er janvier 2026. Autrement dit, peu importe que la loi soit adoptée ou non par les électeurs en novembre prochain : quiconque résidait en Californie au Nouvel An sera redevable.
Cette épée de Damoclès a déclenché une véritable hémorragie.

Les grands noms qui ont fait leurs valises​

Le cofondateur de PayPal et investisseur légendaire Peter Thiel a plié bagage pour la Floride. David Sacks, figure emblématique du capital-risque et désormais « tsar de l'IA et des cryptos » de Donald Trump, a choisi le Texas. Larry Page, cofondateur de Google, a relocalisé plusieurs de ses entités — dont sa family office Koop LLC — hors de Californie, avec une nouvelle adresse en Floride.
Même Larry Ellison, fondateur d'Oracle, aurait vendu sa résidence de San Francisco pour 45 millions de dollars — ce qui constituerait la plus grosse transaction immobilière de la ville en 2025.
Divesh Makan, fondateur du fonds d'investissement Iconiq Capital, confie avoir connaissance de « quatre ou cinq familles » ayant quitté l'État. Et selon lui, ce n'est que le début : les vannes s'ouvriraient vraiment si la taxe était adoptée.

L'ombre de Gabriel Zucman​

Cette proposition californienne s'inscrit dans un mouvement plus large, porté notamment par l'économiste franco-américain Gabriel Zucman.

Palmer Luckey, fondateur d'Oculus et PDG d'Anduril, prédit que cette taxe obligerait les milliardaires à « vendre d'énormes parts de leurs entreprises » et rendrait les « entreprises dirigées par leurs fondateurs pratiquement illégales ».

Le paradoxe les revenus fiscaux pourraient chuter​

L'ironie de la situation n'échappe à personne. En cherchant à taxer ses ultra-riches, la Californie risque de les voir partir emportant avec eux non seulement leur patrimoine, mais aussi leurs impôts sur le revenu, leurs achats soumis à la TVA, leurs employés et tout l'écosystème économique qu'ils génèrent.

Le gouverneur Gavin Newsom s'oppose à la mesure. Le représentant démocrate Ro Khanna, lui, cite Franklin Roosevelt avec une pointe de sarcasme : « Ils me manqueront beaucoup. »

Mais le mal est peut-être déjà fait. Comme le résume Chamath Palihapitiya : « Cette seule proposition a modifié à elle seule la trajectoire de l'économie californienne de 100 à 200 milliards de dollars sur les cinq à dix prochaines années. »

La proposition doit encore recueillir plus d'un demi-million de signatures d'ici juin 2026 pour figurer sur le bulletin de vote.

Mais qu'elle passe ou non, elle aura déjà provoqué ce que ses détracteurs redoutaient le plus : un vote avec les pieds, à hauteur d'un trillion de dollars.
Les milliardaires sont peut-être les citoyens les plus mobiles au monde. La Californie vient d'en faire l'amère expérience.

 
la taxe qui en est la cause n'a même pas encore été votée.
L'economie repose sur la confiance. La difference entre un billet de 50 euros et un bout de papier, c'est que le billet est signe par la banque europeene et que les gens ont confiance en cet etablissement. Mais en fin de compte ce n'est qu'un bout de papier.

Dans ce cas la, meme si la taxe n'est pas encore votee, la perte de confiance qu'elle ocasionne a fait s'envoler 1000 milliards de dollars.