La rubrique de nos annees 60/70/80 - BD - Jouets - Disques - Vehicules - Actualites - Series TV ...

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L'odeur d'un téléviseur qui s'allume, le claquement d'un cartable qui se ferme, le bruissement des pages d'un cahier neuf... Bienvenue dans une autre époque, celle des années mille neuf cent quatre-vingt. Une période où le temps semblait s'écouler différemment, où les journées paraissaient plus longues et le quotidien plus simple. Des matinées qui commençaient par le crépitement d'une radio-réveil, le bruit des pas sur le lino de la cuisine, et cette odeur de pain grillé qui imprégnait la maison. Le monde tournait plus lentement, sans internet, sans smartphones, avec seulement quelques chaînes de télévision et pourtant, tout semblait plus riche, plus intense, plus vrai. Ces matins d'école avaient leur rituel immuable. Le cartable rigide en simili cuir, souvent marron ou bleu marine, qui s'ouvrait comme une petite valise. À l'intérieur, les cahiers à couverture violette ou rouge, soigneusement recouverts de papier cristal transparent ou de protège-cahiers en plastique coloré. L'étiquette avec son prénom, écrite au stylo-plume avec cette encre bleue Waterman qui parfois tachait les doigts. La blouse obligatoire dans certaines écoles, ou ce pull tricoté par mamie qui grattait un peu mais tenait si chaud durant les hivers sans chauffage central. Les salles de classe aux murs beiges ornés de cartes géographiques jaunies par le temps, cette odeur de craie qui flottait dans l'air. Le tableau noir où l'instituteur ou l'institutrice écrivait d'une main assurée, cette même main qui distribuait bons points ou punitions. Les dictées quotidiennes où chaque faute se payait par une ligne à recopier : "Je ne dois pas confondre été et était".



How this was made
 


Il y a quelque chose dans ce billet de 10 francs qui ne vous quitte jamais. Ce bleu-vert, ce portrait de Voltaire puis de Berlioz. Ce billet qu'on pliait au fond de la poche et qui ouvrait les portes de tout un monde.En 1975, le SMIC était de 1 308 francs par mois. Un ouvrier gagnait environ 7,50 francs de l'heure. 10 francs, c'était un peu plus d'une heure de travail. Mais pour un enfant, c'était une fortune.Une baguette coûtait 90 centimes. 10 francs = 11 baguettes. Le boulanger les attrapait à mains nues et les glissait dans un sac en papier brun. À sept heures du matin, toute la rue sentait le pain frais.Une boule de glace coûtait environ 50 centimes chez le glacier italien. Le cornet en gaufrette, la vanille qui coulait sur les doigts, la mère qui grondait pour les taches sur la chemise. Un pavé d'amour coûtait 5 francs. C'était le luxe.Un litre d'essence coûtait 1,10 franc en 1970, puis 1,69 franc après le choc pétrolier de 1973. Mais le meilleur, c'était le pompiste. Il venait à la voiture, remplissait le réservoir, vérifiait l'huile et essuyait le pare-brise. En 1975, la France comptait 47 500 stations-service. Aujourd'hui, il en reste à peine 11 000. Le pompiste a disparu.Une place de cinéma coûtait environ 5 francs. Louis de Funès, Belmondo, Bourvil, La Grande Vadrouille. L'ouvreuse vous guidait avec sa lampe torche et vendait des glaces à l'entracte.L'entrée de la piscine municipale coûtait environ 50 centimes pour un enfant. 10 francs = presque tout l'été. L'eau froide, le chlore, le béton qui brûlait au soleil, et le héros du jour qui osait le plongeoir de 5 mètres.Un Mistral Gagnant coûtait 10 centimes. 10 francs = 100 Mistral Gagnant. Cent fois l'excitation d'ouvrir ce petit sachet vert. Un Carambar 5 centimes. Un Malabar 10 centimes. Un Veinard 20 centimes. Blanc = perdu. Vert = gagné.Un 45 tours coûtait environ 5 francs. Claude François, Johnny, Sheila, Sardou. On feuilletait les disques dans le bac, on en choisissait deux, et on posait l'aiguille sur le sillon pour la première fois.Une Majorette coûtait quelques francs. La marque française créée à Lyon en 1966. Le camion de pompiers rouge ou la voiture de police bleue. La collection sacrée dans la boîte à chaussures.À l'épicerie du coin, la mère achetait une baguette, un litre de lait, du beurre, des oeufs, du jambon et des pommes de terre pour moins de 10 francs. La dame derrière le comptoir connaissait chaque cliente par son prénom. Certaines familles faisaient marquer sur l'ardoise et payaient à la fin du mois.Au café du coin, le père buvait ses demis à 1,50 franc, fumait ses Gauloises et parlait football avec les voisins accoudés au zinc. Toute la soirée coûtait moins de 10 francs.Le dimanche, 10 francs suffisaient pour toute la famille. Piscine, glaces, Oranginas et crêpes. Les enfants s'endormaient sur la banquette arrière, les cheveux mouillés, la boîte à tartines vide.Et quand la journée était finie, il restait la cabine téléphonique. Un appel coûtait environ 50 centimes. Le cadran rotatif qui tournait lentement. La voix à l'autre bout. Maman, on rentre un peu plus tard.Aujourd'hui, 10 francs valent 1,52 euro. On achète à peine une baguette. Le pompiste a disparu. La boule de glace coûte 3,50 euros. Mais à l'époque, 10 francs suffisaient. Un seul billet, tout un monde.


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