Je vous donne/offre quelques extraits de l article de Mediapart ...
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Si vous voulez en savoir davanatge, par MP...
À la mi-mars, certaines sources bruxelloises ont dit :
« Oui, les Institutions (BCE, FMI, Commission) utilisent le crédit pour vous asphyxier, afin de forcer le gouvernement à se soumettre et à accepter les réformes. Faites-le vite. »
J’ai dit à Varoufakis :
« Nous devons faire savoir qu’ils sont en train de commettre un crime équivalent à un crime contre l’humanité. Toute l’économie du pays est détruite.
Aujourd’hui c’est trop tard. C’est une question d’hégémonie politique et idéologique. Au début, Varoufakis seul, avec ses arguments, a entrepris de renverser l’opinion publique en Europe et même en Allemagne. Les responsables de l’Eurogroupe ont riposté. Au début de février, Dijsselbloem a dit à Varoufakis : « Soit vous signez le mémorandum, soit votre économie va s’effondrer. Comment ? Nous allons faire tomber vos banques. »
On peut critiquer l'attitude des négociateurs côté Troïka, et penser qu'ils ne choisissent pas la bonne solution, ni pour la Grèce, ni pour le reste de l'UE.
Par contre je trouve que l'interviewé soit fait preuve de mauvaise fois soit se voile complètement la face.
Par exemple quand il dit :
"Parce que nous ne pouvons rien emprunter. Nous pouvions le faire jusqu’en février. Nous pouvions encore émettre des billets de trésorerie. Des titres à court terme, des obligations à taux fixe à trois mois, la plupart à un an. Mais ce gouvernement n’a jamais été autorisé à utiliser de tels instruments. À son arrivée, c’était fini. La BCE a dit « plus de billets de trésorerie » (voir La BCE lance un coup d’État financier)."
Tel que formulé, on a l'impression qu'on leur a refusé leur droit légitime à emprunter. Mais le problème c'est que depuis 2010, à part une brève exception en 2014, les seuls disposés à leur prêter sont justement les membres de la Troïka. Et il me semble qu'aucune loi ne les oblige à le faire, ils le dont par charité, ou parce qu'ils pensent que c'est aussi dans leur intérêt (peut-être plutôt la 2ème option).
"Mais la BCE a dit « non, à partir de maintenant, nous n’acceptons plus votre collatéral [titres mis en dépôt de garantie quand les banques se refinancent directement auprès de la Banque centrale – ndlr]. Vous devez emprunter plus cher auprès des fonds ELA ». C’est une de ces limitations qui frappent les banques. Mais si elles n’ont plus de réserves, l’État devra payer 40 milliards pour reconstituer le capital que les banques ont perdu après la restructuration [intervenue en 2012 – ndlr] sur les vieilles obligations grecques."
Là aussi il présente les choses comme si la BCE coupait illégitimement le financement des banques grecques. La BCE est un prêteur en dernier recours et prête aux banques qui ont besoin de financement, mais seulement si les banques peuvent apporter des actifs de qualité en garantie. La BCE a depuis le début de la crise de la dette assoupli ses critères pour accepter des actifs de qualité médiocre comme les obligations grecques (de qualité médiocre parce qu'il y a une probabilité assez importante qu'elles ne soient pas remboursées).
Il y a aussi un passage sur les déboires des fonds de pension. Mais c'est ce qui se passe dans n'importe quel Etat en faillite : ce sont les gens qui ont de l'épargne bloquée dans le pays qui perdent le plus.
"Nous sommes partis à la bataille en pensant que nous avions les mêmes armes qu’eux. Nous avons sous-estimé leur pouvoir. C’est un pouvoir qui s’inscrit dans une vraie fabrique de société, dans la façon de penser des gens. Il se fonde sur le contrôle et le chantage. Nous avons très peu de leviers face à lui."
A part une brève interruption en 2014, année où le budget de l'Etat grec était excédentaire, et ça semblait ne pas être bien parti pour se reproduire en 2015, le budget était très déficitaire depuis des années. Depuis 2010, l'Etat grec dépend entièrement du bon vouloir des membres de la Troïka pour boucler ses fins de mois, notamment payer l'ensemble de salaires des fonctionnaires, acheter du matériel pour les hôpitaux...
Comment pouvait-il penser que c'était une négociation entre égaux ?
Je n'approuve pas forcément la position de la Troïka, mais je ne pense pas que la solution alternative à la négociation avec la Troïka (défaut de la Grèce dès 2010) aurait été meilleure.