Elections présidentielles 2027

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Malyn
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les riches sont de plus en plus riches,
Ca n'est pas spécifique à Macron... ceux qui investissent, directement ou indirectement, dans les activités productives en prennent les risques, et en touchent les fruits quand les marchés sont porteurs. Si tu ne prends pas de risque, tu ne perds pas, mais tu ne gagnes pas non plus. Et heureusement que certains en prennent : c’est ce qui permet à ceux qui ne veulent pas en prendre d’avoir quand même un emploi. Si plus de gens investissaient et entreprenaient, on créerait plus de richesse, et le pays lui-même serait plus riche. Mais il ne faut pas faire abstraction du risque (à fin janvier 2026, le nombre de défaillances est de 68 961 en cumul sur les douze derniers mois).

D’où ma remarque plus haut : on refuse toute forme de capitalisation aux Français pour leur retraite (sauf aux fonctionnaires), puis on se plaint que les actionnaires du CAC 40 s’enrichissent. Si une part de l’argent de nos retraites était investie sur les marchés, nous aussi en profiterions quand ça marche (et en assumerions les pertes quand ça marche moins bien).

ils sont en moyenne moins taxés que moi

Le vrai problème, c’est le fonctionnement du système fiscal français : des taux démentiellement élevés et toute une série d’incitations à te comporter de telle ou telle façon pour bénéficier de telle ou telle dérogation. Évidemment, ça avantage les plus fortunés, qui peuvent se faire conseiller, mais ça ne date pas de Macron. Je trouve même que certaines de ses mesures, comme la flat tax, ont remis de la justice fiscale en revenant à un taux de base raisonnable. Sauf que derrière, on s’est de nouveau fait assommer : la flat tax est déjà passée de 30 à 31,4 % cette année avec la hausse de la CSG.

L’ISF rapportait environ 5 milliards en 2017, soit moins de 0,5 % de nos prélèvements obligatoires, et l’IFI en rapporte encore près de la moitié. Sa suppression partielle n’a donc pas changé grand-chose aux finances publiques. En revanche, avec la flat tax, les dividendes déclarés par les ménages sont passés de 14 à 23 milliards d’euros entre 2017 et 2018 : ils sont de nouveau déclarés et taxés en France plutôt que laissés dans des structures ou à l’étranger.

Et trop souvent, ceux qui parlent de taxer les riches finissent par taxer toujours plus les cadres et les Français moyens, qui sont fiscalement les plus simples à taxer.

l’éducation nationale : il est clairement établi qu’elle remplit de moins en moins son rôle de rééquilibrage en France, les plus favorisés ont toujours eu accès aux formations les plus prestigieuses, mais c’est de pire en pire. Plus personne ne veut être prof. Donc la méritocratie, tout ça, ça ne marche pas,

À qui la faute ? À force de ne plus faire redoubler les élèves qui n’ont pas le niveau et de donner le bac à quasiment tout le monde... Ce n’est pas en trafiquant le thermomètre qu’on fait baisser la fièvre. La polémique sur Parcoursup en est un nouvel exemple. Il a au moins le mérite, par rapport à l’ancien système, de remplacer le tirage au sort par une forme de sélection. Quand trop de monde veut entrer dans les mêmes filières, il faut bien sélectionner. Si on ne le fait pas à l’entrée (ou mieux, avant), c’est à la sortie que la sélection opère, parce que non, on n’a pas besoin de centaines de milliers de sociologues ou de profs de sport.

Et quid de la déconstruction méthodique de toute forme d’autorité ces dernières décennies ? Les profs le disent eux-mêmes : tenir une classe dans bien des collèges est devenu mission impossible, parce que l’essentiel du temps passe à gérer les perturbateurs.

La politique de Macron n’est à l’écoute ni des riches ni des autres. Sa première campagne défendait pas mal de thèses intéressantes, mais il a transformé le « en même temps » initial (prendre le meilleur de la gauche et de la droite par pragmatisme) en un « en même temps » purement tactique, calé sur les équilibres médiatiques et électoraux du moment, sans aucun cap. Puisque tu parles d’éducation : Blanquer, Pap Ndiaye, Attal, Oudéa-Castéra, Belloubet, Genetet, Borne, Geffray... Sept ministres depuis 2022, chacun défaisant ce que le précédent avait lancé. Ça résume tristement son « règne ».


il y a 35% de la population qui semble prête à mettre à la tête de notre nation une condamnée pour détournement de fonds publics, et personne ne semble s’en offusquer...,

C’est intéressant, cette indignation sélective : tu ne parles que d’elle. Je ne vote pas RN, mais je note qu’à l’inverse de Mélenchon, elle ne s’en est pas prise aux policiers et magistrats qui enquêtaient sur elle. Lui a été condamné pour rébellion et provocation après la perquisition de 2018, celle du « La République, c’est moi », et l’enquête sur ses propres assistants européens qu'on ne semble apparemment pas vouloir juger. Mais qu’il soit lui aussi dans la course à la présidentielle ne semble pas te déranger. Quant à elle, la justice a tranché : en appel, sa peine d’inéligibilité a été ramenée à 15 mois ferme, déjà purgés. C’est donc aux électeurs de décider.

Moi, je prends le problème dans l’autre sens. Je ne me lamente pas que 35 % des Français votent pour elle, je comprends très bien pourquoi ils le font. Le vrai problème, c’est l’incapacité de la classe politique à répondre aux Français sur des problèmes niés pendant des années et qu’on ne peut plus ignorer : au quotidien d'abord... mais même hors du quotidien lors de pillages comme en 2023 qui recommencent à intervalles réguliers, à petite échelle comme après la victoire du PSG en Ligue des champions, ou à grande échelle comme le 17 octobre. Sans parler des agressions liées à la religion ou à la couleur de peau, qui n’ont rien de faits divers isolés : ce sont devenus des faits de société n'en déplaise à Macron qui semble le découvrir.


Après, libre à toi de penser que la droite veut le bien commun de l’humanité. Permets moi juste d’en douter.

De la droite, il ne reste plus grand-chose. Retailleau a des qualités, mais ce n’est pas un leader, et les autres attendent surtout leur heure pour le désinguer.

À la limite, le discours de David Lisnard me conviendrait bien, mais ses chances sont limitées, et que resterait-il de ses idées une fois arrivé au pouvoir ? Face à Lepen c'est probablement pour lui que je voterai si par miracle il arrive au second tour et qu'il ne s'est pas trop renié d'ici là... et parcequ'après tout il faut quand même espérer qu'un individu courageux existe même si les chances de se faire cotillonner sont élevées.
 
Dernière édition:
La droite a gagné une bataille idéologique : ça y est, le camp de ceux qui pensent à l'intérêt collectif est totalement marginal et discrédité.
Bravo.
Macron a ringardisé les derniers.
N'imp.
Le Pen est la dernière à dire que la solution est nationale, et donc a fortiori collective.

Tous les autres pensent que l'avenir est dans une sorte de magma, les centristes pour dissoudre la France dans un ectoplasme européiste dont tout le monde se fout, et la gauche dans la nouvelle France, qui est littéralement l'anti-France, où il n'y a plus que des minorités et des individus sans liens entre eux.