Le 31 mars 2026, une centaine de robotaxis Apollo Go de Baidu se sont arrêtés simultanément sur les routes de Wuhan, immobilisant des passagers sur des voies rapides aux heures de pointe. Près d'un mois plus tard, Pékin a suspendu l'émission de nouvelles licences pour les véhicules autonomes. Pendant ce temps, Pony.ai dépasse 1 400 véhicules, Caocao annonce une flotte cible de 100 000 robotaxis pour 2030 et l'expansion internationale s'accélère.
L'enquête préliminaire pointe une défaillance système liée à un problème réseau, avec un mécanisme de vérification de sécurité automatique qui aurait paralysé l'ensemble de la flotte connectée. L'architecture cloud d'Apollo Go, qui pilote en central les ordres de conduite, semble avoir constitué un point de défaillance unique. Les protocoles de mise à l'arrêt contrôlée n'ont pas été déclenchés : les véhicules sont restés immobilisés là où ils étaient au moment de la panne, parfois sur des voies à plusieurs files.
Wuhan est le plus grand terrain d'opération d'Apollo Go en Chine, avec environ 1 000 véhicules en service totalement sans chauffeur, fonctionnant 24 heures sur 24 depuis 2024. Au quatrième trimestre 2025, le service avait dépassé les 3,4 millions de courses entièrement autonomes, avec des pics hebdomadaires à plus de 300 000 trajets.
La mesure empêche les opérateurs d'agrandir leurs flottes existantes, de lancer de nouveaux projets pilotes ou d'étendre leurs services à de nouvelles villes. Les services déjà opérationnels continuent de fonctionner sans interruption. Pony.ai a confirmé que ses opérations à Pékin, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen tournaient normalement. WeRide a tenu une ligne similaire, en exprimant son soutien aux autorités sur les standards de sécurité.
Les marchés ont réagi rapidement : à l'annonce de la suspension, les actions cotées à Hong Kong de Baidu ont reculé de 2,8 %, Pony.ai de 5,5 % et WeRide de 4,7 %. Ce n'est pas la première alerte du secteur. En décembre 2025, une panne de courant à San Francisco avait paralysé des Waymo. En août 2025, un Apollo Go à Chongqing avait fini sa course dans une fosse de chantier. En mai 2025, un véhicule Pony.ai avait pris feu à Pékin.
Au premier trimestre 2026, le nombre d'utilisateurs Pony.ai en Chine a frôlé le million, soit un quasi-triplement en un an. À Shenzhen, le total des courses payantes entre janvier et la mi-février 2026 a déjà dépassé le total cumulé de toute l'année 2025. La société a étendu ses opérations à Hangzhou et Changsha en mars, puis à la Croatie, son premier marché européen. La production en série des Gen-7 est portée par un partenariat avec Toyota, qui doit livrer 1 000 véhicules cette année.
Caocao, la plateforme de VTC du groupe Geely, a profité du salon de Pékin fin avril pour annoncer une flotte cible de 100 000 robotaxis d'ici 2030. Le véhicule au cœur du plan, l'Eva Cab, est conçu spécifiquement pour le service sans chauffeur, sans volant ni pédales, avec compatibilité battery swap. Caocao opère déjà 100 véhicules à Hangzhou et a été la première société autorisée à mener des tests sans chauffeur de sécurité en avril 2026. Le déploiement initial est prévu pour 2027 à Abou Dhabi, Hong Kong et cinq villes chinoises.
Apollo Go n'est pas en reste sur l'international. Le service opère désormais dans 22 villes globales, avec un cumul de 240 millions de kilomètres autonomes au 31 octobre 2025 et plus de 17 millions de courses. Le partenariat avec Lyft prévoit un déploiement en Allemagne et au Royaume-Uni en 2026, et celui avec Uber a démarré au Moyen-Orient.
Pour les résidents des grandes métropoles chinoises, les robotaxis sont passés en quelques années d'une curiosité à une option de transport régulière, particulièrement à Wuhan et dans les districts pilotes de Shenzhen, Guangzhou ou Pékin. Les tarifs Apollo Go débutent autour de 4 RMB la course, contre environ 18 RMB pour un taxi avec chauffeur, ce qui explique l'adoption rapide. La suspension des nouvelles licences ne remet pas ce service quotidien en cause à court terme, mais elle pose la question du calendrier de la prochaine vague de déploiement urbain.
Avez-vous déjà testé un robotaxi en Chine ? Partagez vos expériences à Wuhan, Shenzhen, Guangzhou ou ailleurs : confort, fiabilité, prix, comparaison avec un Didi classique. Pensez-vous que la suspension actuelle ralentira l'expansion vers les grandes villes côtières ?
| Donnée | Chiffre |
|---|---|
| Date de l'incident | 31 mars 2026, vers 21h |
| Robotaxis Apollo Go immobilisés | Plus de 100 véhicules |
| Flotte Apollo Go à Wuhan | Environ 1 000 véhicules sans chauffeur |
| Total robotaxis en Chine fin 2025 | 4 500 véhicules chez 8 opérateurs |
| Suspension des nouvelles licences | Effective fin avril 2026 |
Une panne en cascade sur les voies rapides de Wuhan
Vers 21h le 31 mars, plusieurs dizaines de robotaxis Apollo Go opérant à Wuhan se sont mis à l'arrêt simultanément, dont certains sur des autoroutes urbaines surélevées. Selon les communiqués de la police de la circulation de Wuhan, plus d'une centaine de véhicules ont été affectés. Les passagers ont pu sortir sans assistance et aucune blessure n'a été signalée, mais plusieurs collisions par l'arrière ont été enregistrées avec des véhicules conduits par des humains.L'enquête préliminaire pointe une défaillance système liée à un problème réseau, avec un mécanisme de vérification de sécurité automatique qui aurait paralysé l'ensemble de la flotte connectée. L'architecture cloud d'Apollo Go, qui pilote en central les ordres de conduite, semble avoir constitué un point de défaillance unique. Les protocoles de mise à l'arrêt contrôlée n'ont pas été déclenchés : les véhicules sont restés immobilisés là où ils étaient au moment de la panne, parfois sur des voies à plusieurs files.
Wuhan est le plus grand terrain d'opération d'Apollo Go en Chine, avec environ 1 000 véhicules en service totalement sans chauffeur, fonctionnant 24 heures sur 24 depuis 2024. Au quatrième trimestre 2025, le service avait dépassé les 3,4 millions de courses entièrement autonomes, avec des pics hebdomadaires à plus de 300 000 trajets.
Pékin gèle les nouvelles autorisations
Début avril, trois agences chinoises dont le Ministère de l'Industrie et des Technologies de l'Information (MIIT) ont convoqué huit opérateurs de robotaxis et les responsables des villes pilotes. Selon Bloomberg et Nikkei Asia, l'administration centrale a suspendu fin avril l'émission de nouvelles licences pour les véhicules autonomes. Une décision finale n'est pas attendue avant fin mai 2026.La mesure empêche les opérateurs d'agrandir leurs flottes existantes, de lancer de nouveaux projets pilotes ou d'étendre leurs services à de nouvelles villes. Les services déjà opérationnels continuent de fonctionner sans interruption. Pony.ai a confirmé que ses opérations à Pékin, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen tournaient normalement. WeRide a tenu une ligne similaire, en exprimant son soutien aux autorités sur les standards de sécurité.
Les marchés ont réagi rapidement : à l'annonce de la suspension, les actions cotées à Hong Kong de Baidu ont reculé de 2,8 %, Pony.ai de 5,5 % et WeRide de 4,7 %. Ce n'est pas la première alerte du secteur. En décembre 2025, une panne de courant à San Francisco avait paralysé des Waymo. En août 2025, un Apollo Go à Chongqing avait fini sa course dans une fosse de chantier. En mai 2025, un véhicule Pony.ai avait pris feu à Pékin.
Jack Stilgoe a dit:Les véhicules autonomes peuvent être statistiquement plus sûrs, mais ils tombent en panne d'une manière entièrement nouvelle, à laquelle les cadres réglementaires existants, conçus autour de l'erreur humaine et des défauts individuels, ne sont pas adaptés.
Pendant ce temps, le secteur prend de la vitesse
La pause réglementaire intervient au moment où les opérateurs chinois enchaînent les jalons commerciaux. Pony.ai a dépassé 1 400 véhicules au 25 mars 2026 et vise plus de 3 000 robotaxis dans plus de 20 villes mondiales d'ici fin 2026. La société a atteint l'équilibre économique unitaire à l'échelle de la ville à Shenzhen en février, après Guangzhou en novembre 2025. Les revenus quotidiens par véhicule de septième génération ont culminé à 394 RMB le 22 mars à Shenzhen, avec 25 commandes par voiture sur la journée.Au premier trimestre 2026, le nombre d'utilisateurs Pony.ai en Chine a frôlé le million, soit un quasi-triplement en un an. À Shenzhen, le total des courses payantes entre janvier et la mi-février 2026 a déjà dépassé le total cumulé de toute l'année 2025. La société a étendu ses opérations à Hangzhou et Changsha en mars, puis à la Croatie, son premier marché européen. La production en série des Gen-7 est portée par un partenariat avec Toyota, qui doit livrer 1 000 véhicules cette année.
Caocao, la plateforme de VTC du groupe Geely, a profité du salon de Pékin fin avril pour annoncer une flotte cible de 100 000 robotaxis d'ici 2030. Le véhicule au cœur du plan, l'Eva Cab, est conçu spécifiquement pour le service sans chauffeur, sans volant ni pédales, avec compatibilité battery swap. Caocao opère déjà 100 véhicules à Hangzhou et a été la première société autorisée à mener des tests sans chauffeur de sécurité en avril 2026. Le déploiement initial est prévu pour 2027 à Abou Dhabi, Hong Kong et cinq villes chinoises.
| Opérateur | Flotte (T1 2026) | Statut clé |
|---|---|---|
| Apollo Go (Baidu) | ~1 000 à Wuhan, présent dans 22 villes globales | Reprise après incident, partenariat Lyft pour Allemagne et Royaume-Uni en 2026 |
| Pony.ai | 1 446 véhicules, objectif 3 000+ d'ici fin 2026 | Équilibre économique à Shenzhen, expansion Croatie |
| WeRide | ~500 robotaxis sur 1 200 véhicules globaux | Opérations normales, présence Moyen-Orient |
| Caocao (Geely) | ~100 véhicules à Hangzhou | Plan 100 000 véhicules d'ici 2030, Eva Cab dédié |
Apollo Go n'est pas en reste sur l'international. Le service opère désormais dans 22 villes globales, avec un cumul de 240 millions de kilomètres autonomes au 31 octobre 2025 et plus de 17 millions de courses. Le partenariat avec Lyft prévoit un déploiement en Allemagne et au Royaume-Uni en 2026, et celui avec Uber a démarré au Moyen-Orient.
Un secteur à l'épreuve du passage à l'échelle
Avec environ 4 500 robotaxis répartis chez huit opérateurs dans une dizaine de villes chinoises fin 2025, le passage à l'échelle change la nature même des risques. Un dysfonctionnement isolé sur un véhicule reste gérable. Une panne propagée par l'infrastructure cloud à 100 voitures simultanément, sur des voies rapides aux heures de pointe, est un mode de défaillance que les régulateurs commencent à peine à formaliser. La Chinese Insurance Industry Association travaille en parallèle sur des produits d'assurance dédiés aux véhicules autonomes.Pour les résidents des grandes métropoles chinoises, les robotaxis sont passés en quelques années d'une curiosité à une option de transport régulière, particulièrement à Wuhan et dans les districts pilotes de Shenzhen, Guangzhou ou Pékin. Les tarifs Apollo Go débutent autour de 4 RMB la course, contre environ 18 RMB pour un taxi avec chauffeur, ce qui explique l'adoption rapide. La suspension des nouvelles licences ne remet pas ce service quotidien en cause à court terme, mais elle pose la question du calendrier de la prochaine vague de déploiement urbain.
- CnEVPost, "China suspends new robotaxi permits after Baidu's Wuhan outage", 29 avril 2026
- CnEVPost, "Baidu Apollo Go robotaxis hit by rare mass paralysis in Chinese city", 1er avril 2026
- CNN Business, "Baidu robotaxis stranded on roads in central China, Wuhan due to system failure", 2 avril 2026
- CNBC, "Baidu robotaxis reportedly halted mid-traffic causing crashes in Wuhan, China", 1er avril 2026
- Electrive.com, "System failure incident prompts China to suspend robotaxi licensing", 29 avril 2026
- Benzinga, "China's Robotaxi Race Hits A Safety Pause", 5 mai 2026
- Pony.ai, communiqué et 6-K SEC filing, mars 2026
- Bloomberg et Nikkei Asia (relayés par Reuters)
- Automotive World et Reuters (via Investing.com), Caocao Eva Cab, avril 2026
- Apollo Go, données opérationnelles cumulées au 31 octobre 2025
- CMC Markets, OECD AI Incident Database