"La Chine gagne en regardant" : ce qu'Axios retient de la guerre en Iran

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Mathieu
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Mathieu

Alpha & Oméga
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15 Oct 2006
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Shanghai, People Square
www.murailledechine.com
Dans une tribune publiée cette semaine, Jim VandeHei (cofondateur d'Axios) avance que Pékin sort de la guerre Iran-États-Unis comme le grand bénéficiaire silencieux du conflit. Sans tirer un coup de feu ni dépenser un dollar, la Chine aurait renforcé son levier diplomatique, sa domination dans les énergies propres et son renseignement sur l'appareil militaire américain. Décryptage d'une analyse qui circule beaucoup dans les milieux d'affaires.

DomainePosition chinoise
Chaînes solaire / éolien / batteries / VE> 70 % mondial
Autosuffisance énergétique85 %
Renouvelables + nucléaire (mix énergétique)> 20 %
Extraction terres rares~ 70 %
Séparation et aimants terres rares~ 90 %
Stocks américains JASSM-ER engagés en Iran~ 80 %




La thèse centrale : un bénéfice stratégique sans engagement militaire​

Selon VandeHei, Xi Jinping a passé la guerre à faire ce qu'il fait le mieux : exploiter patiemment la distraction et les divisions américaines. Les implications toucheraient les chaînes d'approvisionnement, les achats énergétiques, le risque géopolitique et la course à l'IA et à l'armement avancé.

Même avec les progrès récents vers un cadre de paix entre Washington et Téhéran, des perturbations significatives continuent dans le détroit d'Ormuz. Pour l'auteur, le dommage stratégique est déjà fait.




L'effet militaire : un cours magistral offert à Pékin​

Les États-Unis ont engagé environ 80 % de leur stock de missiles de croisière furtifs JASSM-ER dans le conflit iranien, en puisant des stocks transférés du Pacifique. Le conflit a également entamé fortement les réserves américaines de Tomahawk, de Patriot, d'intercepteurs THAAD et de drones.

L'argument est que Pékin a obtenu gratuitement un cours magistral sur la guerre américaine moderne : l'usage de l'IA pour le ciblage, la rotation des groupes aéronavals, la manière dont des drones iraniens à bas coût épuisent les intercepteurs les plus chers de l'arsenal américain. Pour les planificateurs chinois travaillant sur un scénario Taïwan, l'auteur juge l'observation plus utile que n'importe quelle simulation.




Sur l'énergie, la Chine en position de force​

Quand les approvisionnements en pétrole et gaz sont instrumentalisés, les pays importateurs accélèrent sur les renouvelables. Or la Chine contrôle plus de 70 % des chaînes mondiales du solaire, de l'éolien, des batteries et des véhicules électriques. Plus la perturbation d'Ormuz dure, plus la dépendance mondiale s'approfondit.

La guerre a fonctionné comme le test de résistance pour lequel la stratégie énergétique chinoise avait été pensée. Environ la moitié des importations pétrolières chinoises transitent par Ormuz, mais le pays affiche 85 % d'autosuffisance énergétique. Renouvelables et nucléaire dépassent désormais 20 % de la consommation totale, passant devant le pétrole comme deuxième source l'an dernier. Les réserves stratégiques sont pleines.




Le théâtre diplomatique​

Pendant que l'administration Trump menaçait de "renvoyer l'Iran à l'âge de pierre", Pékin aidait discrètement Islamabad à amener les deux camps à la table. De Riyad à Jakarta, plusieurs capitales pèsent à nouveau leurs alignements.

Comme le souligne Ian Bremmer, les alliés américains ont vu Washington retirer des moyens de défense antimissile de Corée du Sud, laisser des partenaires asiatiques sans couverture Patriot, et redéployer la puissance navale du Pacifique vers le Golfe. Le message reçu à Séoul, Tokyo, Canberra et Taipei : les engagements de sécurité américains comportent désormais un astérisque.




L'IA : un boost par défaut​

La construction massive d'infrastructures IA dans le Golfe (plusieurs milliards engagés par Microsoft, Oracle, Nvidia et d'autres) fait face à un risque géopolitique indéfini après les frappes iraniennes sur des cibles liées à l'IA dans la région.

La Chine dispose déjà de la deuxième capacité mondiale de calcul IA. Elle n'a pas besoin de coopération avec le Golfe pour passer à l'échelle. Chaque dollar d'investissement occidental qui s'enlise dans la région est un dollar qui ne construit pas d'alternative aux infrastructures chinoises.




Terres rares : le levier le moins visible mais peut-être le plus puissant​

Il n'existe actuellement aucune capacité significative de séparation des terres rares lourdes aux États-Unis. La Chine contrôle environ 70 % de l'extraction et 90 % de la séparation et de la fabrication d'aimants. De nouvelles règles d'achat du Pentagone interdisant les terres rares d'origine chinoise prennent effet en 2027, mais les alternatives domestiques ne seront pas prêtes avant plusieurs années.

Jim VandeHei a dit:
Les armes que les États-Unis ont tirées en Iran (Tomahawk, JDAM, Predator) nécessitent toutes des terres rares pour leurs systèmes de guidage de précision. Chaque arme intelligente employée a rendu l'Amérique plus dépendante des chaînes chinoises qu'elle court à remplacer, sans y parvenir.




La nuance que l'auteur lui-même apporte​

L'avantage de Xi n'est pas illimité, même si l'économie chinoise a accéléré au T1 (5 % de croissance, le rythme le plus rapide depuis trois trimestres). Si les perturbations d'Ormuz s'éternisent, un choc énergétique durable en Europe et en Asie pourrait faire chuter la demande pour les exportations chinoises.

Selon des responsables chinois cités par Axios, Pékin souhaite que la guerre se termine au plus vite. Ce que la Chine cherche fondamentalement, affirment-ils, reste la stabilité géopolitique et économique. Les mêmes interlocuteurs ne cachent toutefois pas leur satisfaction de voir des pays se tourner vers la Chine pour un semblant de stabilité, à un moment où les États-Unis donnent une image d'impulsivité.

💬 Et de votre côté ? Cette analyse vous semble-t-elle alignée avec ce que vous percevez sur le terrain ? Les arguments avancés par Axios vous paraissent-ils solides, ou au contraire surjoués ? Partagez vos retours en commentaires.

  • Jim VandeHei, "Behind the Curtain: China wins by watching", Axios, 17 avril 2026
  • Ian Bremmer, "How the Iran war made China stronger" (cité par Axios)
  • Données macro Q1 2026 : Bureau national chinois des statistiques, Bloomberg, CNBC
  • Données chaînes énergie et terres rares : USGS, IEA, BloombergNEF (citées par Axios)
 
C’est pas comme d’habitude depuis 50 ans? 3 constats que nous répètent médias et réseaux sociaux et Roger au Balto:
1. Tous ce qu’entreprennent les US à l’étranger se retournent contre eux au final.
2. La Chine en profite.
3. La France/l’Europe en pâtissent.
 
C’est pas comme d’habitude depuis 50 ans? 3 constats que nous répètent médias et réseaux sociaux et Roger au Balto:
1. Tous ce qu’entreprennent les US à l’étranger se retournent contre eux au final.
2. La Chine en profite.
3. La France/l’Europe en pâtissent.
En soit oui tu as une Chine qui rattrappe les US et des pays européens qui s'enfoncent mais plus que le résultat final ce qui est intéressant c'est de voir sur quels leviers ça se produit et comment pourra se jouer le prochain coup.
 
C’est pas comme d’habitude depuis 50 ans? 3 constats que nous répètent médias et réseaux sociaux et Roger au Balto:
1. Tous ce qu’entreprennent les US à l’étranger se retournent contre eux au final.
2. La Chine en profite.
3. La France/l’Europe en pâtissent.
Pas depuis 50 ans, mais depuis 20 ans pour le point #3 et depuis 10 ans pour le point #2

Concernant, la France/l'Europe, on se demande vraiment ce qu'il s'est passé, quel mystère. (Exemple)
 
Pas depuis 50 ans, mais depuis 20 ans pour le point #3 et depuis 10 ans pour le point #2

Concernant, la France/l'Europe, on se demande vraiment ce qu'il s'est passé, quel mystère. (Exemple)
C'est là le riche héritage que le grand leader Mao Zedong a laissé à la Chine, même si certains le critiquent. Il a réveillé chez le peuple chinois le sentiment de fierté, l'esprit d'unité et de confiance en soi, ainsi que l'esprit de révolution et d'innovation. De plus, il a accordé une grande importance à l'éducation et a brisé les traditions et les superstitions féodales. Toutes ces grandes initiatives visionnaires profitent à la Chine d'aujourd'hui et ont donné au gouvernement actuel les bases nécessaires pour mobiliser la population chinoise.😁😀😅
 
C'est là le riche héritage que le grand leader Mao Zedong a laissé à la Chine, même si certains le critiquent. Il a réveillé chez le peuple chinois le sentiment de fierté, l'esprit d'unité et de confiance en soi, ainsi que l'esprit de révolution et d'innovation. De plus, il a accordé une grande importance à l'éducation et a brisé les traditions et les superstitions féodales. Toutes ces grandes initiatives visionnaires profitent à la Chine d'aujourd'hui et ont donné au gouvernement actuel les bases nécessaires pour mobiliser la population chinoise.😁😀😅
Sérieux quel est le rapport entre ce que tu postes et là ou tu le postes ? Ca n'est qu'un enchainement de mots, tu pourrais le copier coller n'importe ou en fait tellement c'est creux.

Je me demandais si c'était moi qui était sévère mais Claude est encore plus lapidaire à ton encontre :

Chwpaul répond par un éloge de Mao et de son héritage pour la Chine actuelle, sans aucun lien logique avec ce qui précède. Au mieux on peut imaginer un sous-entendu du type "la Chine a réussi parce qu'elle a gardé une fierté nationale et une cohésion, contrairement à l'Europe", mais ce n'est jamais formulé, ni articulé, ni défendu. C'est au lecteur de reconstruire l'argument, ce qui est déjà le signe d'une intervention creuse. À cela s'ajoutent plusieurs marqueurs typiques d'un texte produit ou traduit automatiquement, ou d'un message copié-collé : la formulation "le grand leader Mao Zedong", l'accumulation de formules creuses et interchangeables ("esprit de révolution et d'innovation", "grandes initiatives visionnaires"), et l'absence totale d'ancrage dans la discussion en cours.

Bot, message pré-rédigé ou simple récitation d'une ligne sans volonté de dialoguer : dans les trois cas, ton intuition que ça "pourrait être mis n'importe où" est juste. C'est interchangeable parce que ce n'est pas une réponse, c'est un message générique. »

Tu reprends 48h de vacances...










 
Sérieux quel est le rapport entre ce que tu postes et là ou tu le postes ? Ca n'est qu'un enchainement de mots, tu pourrais le copier coller n'importe ou en fait tellement c'est creux.

Je me demandais si c'était moi qui était sévère mais Claude est encore plus lapidaire à ton encontre :

Chwpaul répond par un éloge de Mao et de son héritage pour la Chine actuelle, sans aucun lien logique avec ce qui précède. Au mieux on peut imaginer un sous-entendu du type "la Chine a réussi parce qu'elle a gardé une fierté nationale et une cohésion, contrairement à l'Europe", mais ce n'est jamais formulé, ni articulé, ni défendu. C'est au lecteur de reconstruire l'argument, ce qui est déjà le signe d'une intervention creuse. À cela s'ajoutent plusieurs marqueurs typiques d'un texte produit ou traduit automatiquement, ou d'un message copié-collé : la formulation "le grand leader Mao Zedong", l'accumulation de formules creuses et interchangeables ("esprit de révolution et d'innovation", "grandes initiatives visionnaires"), et l'absence totale d'ancrage dans la discussion en cours.

Bot, message pré-rédigé ou simple récitation d'une ligne sans volonté de dialoguer : dans les trois cas, ton intuition que ça "pourrait être mis n'importe où" est juste. C'est interchangeable parce que ce n'est pas une réponse, c'est un message générique. »

Tu reprends 48h de vacances...
Pourrais tu demander à Claude, si dans le cas d’un multirécidiviste notoire, 48h de vacances n’est pas une sanction bien trop laxiste …?:hum:
 
La réaction à la fois ferme et souple de la Chine a dépassé les prévisions de Trump et de son équipe. La Chine a donné un exemple positif au monde entier, tout en lançant un avertissement aux pays qui hésitent et dont la position est incertaine. Trump risque bien de se ridiculiser. Trump=le TACO.😁😅😄
 
Deepseek recherche :
Selon les informations disponibles, il n'existe pas de statistique officielle unique précisant la part exacte du dollar dans les échanges entre la Chine et l'Iran. Cependant, le consensus est clair : la part du dollar est aujourd'hui extrêmement faible, voire nulle, en raison des sanctions américaines qui rendent son utilisation quasiment impossible. Le commerce bilatéral s'est donc largement tourné vers des mécanismes alternatifs, le yuan chinois (CNY) étant au premier plan.

💱 La quasi-disparition du dollar​

Les sanctions américaines, rétablies et renforcées après 2018, bloquent l'accès de l'Iran au système financier mondial en dollars (SWIFT). Conséquence directe : pour la Chine, principal acheteur de pétrole iranien, régler ses importations en dollars est devenu extrêmement difficile, voire risqué, exposant les institutions financières à des sanctions secondaires.

De fait, le dollar joue désormais un rôle marginal dans les échanges sino-iraniens, supplanté par des systèmes de paiement alternatifs.

🇨🇳 L'essor du yuan et des systèmes alternatifs​

Face à ces contraintes, Pékin et Téhéran ont profondément transformé leur architecture financière :

  • Paiements en yuan via CIPS (Cross-Border Interbank Payment System) : la Chine a développé son propre système de paiement transfrontalier en yuan pour se passer du système dominé par les États-Unis. En mars 2026 (conflit en Iran), les volumes quotidiens moyens traités par le CIPS ont atteint un record de 921 milliards de yuans (~135 milliards de dollars), soit une hausse de près de 50 % par rapport au mois précédent. C'est l'infrastructure centrale de ce commerce "dédollarisé".
  • Le canal "Kunlun" pour le pétrole : jusqu'à sa mise à l'écart, la Bank of Kunlun servait d'artère financière incontournable pour le pétrole iranien. Le mécanisme rapporté était proche d'un troc : la Chine payait le brut en yuans sur des comptes dédiés que l'Iran ne pouvait utiliser qu'en Chine (pour des biens comme de la machinerie, des infrastructures, des biens de consommation).
  • La menace récente du "pétroyuan" : en 2026, l'Iran a commencé à exiger le paiement des droits de passage dans le détroit d'Ormuz en yuans (ou en cryptomonnaies), une manœuvre géopolitique directe contre le "pétrodollar".
  • Troc et barter : pour une partie des échanges, notamment l'énergie contre des biens ou services, le modèle est celui du troc pur, ne nécessitant aucune monnaie tierce, liquide ou internationale.
  • Circuits de contournement informels : ils passent par des intermédiaires, des pays tiers (Dubai, Oman ou Malaisie pour "relabeler" le pétrole iranien), des maisons de courtage. Les transactions peuvent se faire en dirhams (EAU), en livres turques ou via des systèmes informels comme les hawala.

💡 Un contexte de "dédollarisation" plus large​

Ce mouvement sino-iranien s'inscrit dans une tendance mondiale de plusieurs pays cherchant à réduire leur dépendance au billet vert. Les volumes du CIPS triplent en cinq ans, et la Chine promeut aussi des plateformes comme mBridge (avec Thaïlande, Hong Kong, EAU...) pour des règlements digitaux. Mais le yuan reste loin derrière le dollar : avec seulement 3 % des paiements mondiaux via le système SWIFT (contre 50 % pour le dollar), son défi est colossal.

Cependant, l'absence de chiffre unique officiel s'explique par le fait qu'une grande partie de ces échanges emprunte des circuits bancaires locaux, non déclarés, ou contourne les systèmes internationaux de suivi comme SWIFT.

✨ En résumé​

La part du dollar dans le commerce sino-iranien n'est plus mesurée de manière fiable, car son usage est devenu structurellement marginal. Elle a été remplacée par un système hybride mêlant :

  • Au premier plan : le yuan, via le système CIPS et des canaux bancaires dédiés comme Bank of Kunlun, pour le gros des flux officiels (notamment pour le pétrole).
  • En parallèle : le troc, l'utilisation de monnaies tierces non occidentales, et des mécanismes informels pour le reste.
L'Iran et la Chine, sous pression des sanctions, ont donc construit une architecture financière parallèle où le dollar n'est plus le pivot central.
 
En outre, les pays du monde entier ont effectivement besoin d'une autre plateforme de règlement, comme celle mise en place par la Chine : il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. De plus, cela peut favoriser une concurrence salutaire, faciliter les opérations de règlement et réduire les coûts de transaction.
😁😀