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Wu Man, exaltante et inventive joueuse de pipa

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 18 Mai 2011.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    LE MONDE du 18 mai 2011

    Les musiciens sont de perpétuels insatisfaits. Jamais contents de ce qu'ils savent bien faire, même s'ils sont l'objet de toutes les louanges, ils veulent toujours plus, se confronter sans arrêt à d'autres défis. Ainsi, l'élégante et gracieuse Wu Man, exaltante et inventive joueuse de pipa, le grand luth traditionnel chinois à quatre cordes en forme de poire, qui se produisait, samedi 14 mai, au Théâtre des Abbesses, à Paris.

    Instrument réputé difficile, venu du monde persan, vers le IIe siècle avant J.-C., le pipa " a joui dès son apparition en Chine d'une vogue qui ne s'est jamais démentie", rappelle la sinologue Lucie Rault, dans Musiques de la tradition chinoise (Cité de la musique/Actes Sud, 2000). "D'instrument barbare, il a pénétré les orchestres de musique de cour et s'est adapté à toutes sortes de genres, de techniques et de mutations."

    Wu Man aurait pu bâtir le programme de son concert uniquement à partir des pièces enregistrées sur son dernier album paru, Immeasurable Light (Traditionnal Crossroads) qui emprunte à l'un des répertoires les plus anciens connus, écrits pour cet instrument, les manuscrits de Dunhuang, datés entre 844 et 933. Elle a préféré le plaisir d'une récréation, en compagnie de deux musiciens traditionnels tadjiks, Abdulvali Abdurashidov et Sirogiddin Jurayev. Deux messieurs au talent sûr, un brin intimidés par l'aisance et l'assurance souriante de cette petite dame épatante, en robe légère et talons aiguilles, née en 1963, dans une famille d'artistes, à Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang à 200 km de Shanghaï.

    La tradition de Puddong

    Wu Man est entrée au Conservatoire de Pékin en 1977, où elle a suivi l'enseignement de Lin Shicheng. La musicienne aime interpréter des pièces dans la tradition de Puddong, le village de son maître, où s'est forgé au XVIIIe siècle l'un des styles classiques importants de la musique chinoise. Elle adore tout autant s'emparer de compositions contemporaines. Partie pour les Etats-Unis en 1990, elle y a travaillé avec le Kronos Quartet, le violoncelliste Yo-Yo Ma, des compositeurs contemporains.

    Au Théâtre des Abbesses, visiblement admirative pour ses deux invités, la musicienne se met parfois en retrait au fond de la scène, pour qu'ils prennent la parole sans elle. Quand elle joint ses cordes à celles de leurs instruments (sato, santur et dôtar), un vocabulaire inédit s'invente, bâti sur un jeu d'échanges, d'imitations, de virtuoses défis amicaux.
     

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