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Vin: La longue marche d'Héloïse Aubert

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Neuromancer, 6 Février 2015.

  1. Neuromancer

    Neuromancer Alpha & Oméga

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    13 Mai 2008
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    Shanghai, Chine
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    Elle évoque derechef la "saga des Aubert", sa fierté d'appartenir à la huitième génération de vignerons, parle de cohésion familiale, des décisions prises à l'unisson par "les six" - son père, Alain, ses deux oncles Jean-Claude et Daniel, son cousin Johann, sa cousine Vanessa et elle-même -, son amour de Saint-Émilion, de la vigne, du terroir... Les vignobles Aubert, ce sont 400 hectares, dont 150 sont propriété directe des parents. Une force. Elle propose de déguster son Château Saint-Antoine (700.000 bouteilles par an produites sur une centaine d'hectares), un bordeaux supérieur "représentatif de la volonté de sa génération de produire en grande quantité un vin homogène, constant d'un millésime à l'autre, qui a demandé de grands investissements techniques".

    À l'écouter, les grands vins font trop d'ombre au milieu de gamme, qui est pourtant, selon elle, la vraie spécialité bordelaise, forte d'un rapport qualité/prix très intéressant. Elle veut les faire découvrir, et s'y emploie. "Mais il faut convaincre les importateurs, et puis les distributeurs." Un travail de long terme. Elle présente un Château Jean de Gué 2010, puis un Château Couspaude, Grand Cru Classé de Saint-Émilion , "le fleuron de la maison". Il est rapidement question de l'oenologue Michel Rolland, un voisin, "ses parents étaient en classe avec ma grand-mère", conseiller avisé des Aubert.

    Mais comment fait-on pour exister, s'affirmer, au sein d'une famille où tout semble réglé d'avance ? Difficile sans un coup d'éclat. Elle, diplôme d'oenologie et de commerce en poche, décide d'aller faire ses preuves en Chine, pour y vendre une partie de la production familiale, une façon "de trouver sa place dans l'entreprise, d'apporter sa pierre à l'édifice". Elle a une petite idée du pays, initiée aux subtilités confucéennes par un ami de l'école, mais cela ne l'empêche pas de connaître "de grands moments de solitude".

    Son expérience - mieux vaudrait maintenant parler d'expertise - chinoise, ce sont "de très nombreux voyages, des années à essayer de fidéliser des acheteurs, qui finissent toujours par changer de job, de secteur, par vous lâcher... Des errances en taxi dans ces grandes villes où faire comprendre l'adresse de destination est une gageure". Elle a aussi eu droit, "comme tout le monde", aux impayés, aux copies et à quelques scènes d'anthologie : "En 2004, lors d'un de mes premiers séjours, j'avais organisé une grande dégustation de nos vins avec mon importateur. Les clients sont arrivés, ils se sont jetés sur les bouteilles, ont tout mélangé. Cinq minutes plus tard, il n'y avait plus rien. C'était dur... Heureusement, en une dizaine d'années les choses ont très vite changé. Les consommateurs se sont éduqués." Reste à comprendre une conception du vin beaucoup plus lifestyle que chez nous et "à adapter sa bibliothèque gustative, parce que les aliments, les goûts, les odeurs auxquels nous faisons référence quand nous dégustons un vin ne leur parlent pas forcément. Il s'agit de trouver des équivalences".

    Mais la jeune femme se montre très douée, et son obstination paie. Au fil des ans, Hongkong et la Chine continentale vont finir par constituer 30 % du chiffre d'affaires d'Aubert, "pendant deux ou trois exercices". Chapeau bas ! "C'était sans doute trop. Tout cela a chuté en 2008. Depuis, nous remontons la pente, régulièrement. La crise a restructuré le marché."

    Entre deux avions, elle vit dans l'Ouest parisien, depuis cinq ans, et s'y sent très bien. Elle se rend à Saint-Émilion quand c'est nécessaire. Ses projets ? Monter sa propre propriété, à Saint-Christophe-des-Bardes. "Je commence avec 4,5 hectares, le chai sera en rénovation à partir du mois de mai, et je m'agrandirai quand je pourrai." Aucune raison de ne pas lui faire confiance.

    En savoir plus : http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o116173-la-longue-marche-d-heloise-aubert#ixzz3QwiszTZZ

    C'est quand elle veut pour une dégustation BJC...
     
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