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Tunisie : Ennahda estime que le procès "Persepolis" n'est pas la solution

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 31 Janvier 2012.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    Avant que Jimmy ne pose la question "Quel rapport avec la Chine?" ... Je réponds aucun ... Cependant, c'est un sujet intéressant qui a sa place dans le "Bistrot" ...

    LE MONDE du 23 janvier 2012

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    Une image du film d'animation français de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, "Persepolis".DIAPHANA FILMS



    Le parti islamiste Ennahda, première force politique en Tunisie, prêche pour l'apaisement dans le procès "Persepolis", une affaire qui a cristallise depuis plusieurs mois les tensions entre camps laïc et religieux. Lors de la reprise du procès, lundi 23 janvier, à Tunis dans une ambiance électrique, Ennahda a exprimé son "attachement à la liberté d'expression" et estimé que les poursuites judiciaires à l'encontre du patron de Nessma TV dans le cadre de l'affaire Persepolis "n'étaient pas la meilleure solution".

    Le patron de la chaîne tunisienne Nessma, Nabil Karoui, est poursuivi pour"atteinte aux valeurs du sacré" après la diffusion l'an dernier du film Persepolis, qui avait entraîné des violences d'extrémistes islamistes. A l'issue d'une matinée totalement chaotique, le procès a finalement été reporté au 19 avril, repoussant encore l'épilogue de cette affaire explosive.


    "A l'occasion (du procès) le parti Ennahda exprime son attachement à la liberté d'expression en tant que droit indivisible des droits de l'homme", écrit le parti islamiste dans un communiqué diffusé le jour de la reprise du procès. "Il considère que les poursuites engagées contre le directeur de Nessma ne représentent pas la meilleure solution pour répondre à la problématique sur l'identité du peuple et l'attachement au sacré d'un côté, et la liberté d'expression de l'autre", poursuit le communiqué.


    Ennahda —qui domine le gouvernement et l'assemblée nationale constituante tunisienne— "appelle à un consensus national entre les médias, la société civile et les politiques sur les questions de la liberté d'information et de culte", conclut le communiqué.


    [​IMG]
    Nabil Karaoui, patron de la chaîne de télévision tunisienne Nessma, a assisté à une nouvelle audience de son procès à Tunis, le 23 janvier.REUTERS/ANIS MILI




    "PROCÈS TEST"


    "Procès test pour la démocratie et la liberté d'expression" pour les partisans de Nessma, "défense du sacré et des croyances religieuses" pour ses détracteurs : la ligne d'affrontement est sans nuance dans ce dossier. Le patron de la chaîne, Nabil Karoui, et deux autres personnes sont poursuivies pour "atteinte aux valeurs du sacré, atteintes aux bonnes moeurs et troubles à l'ordre public" pour avoir diffusé un film contenant une scène montrant Dieu, représentation proscrite par l'islam. La diffusion le 7 octobre par Nessma TV de Persepolis, film d'animation franco-iranien racontant la révolution iranienne et le régime Khomeiny à travers les yeux d'une fillette, avait suscité une vague de violences et de colère, quinze jours avant les élections en Tunisie.


    Des groupes d'extrémistes avaient tenté d'attaquer le 9 octobre le siège de la chaîne à Tunis puis la maison de Nabil Karoui quelques jours plus tard. "Je suis triste d'être là aujourd'hui, c'est un procès politique", a déclaré à son arrivée le patron de Nessma. L'audience a commencé pendant quelques minutes avant d'êtresuspendue en raison de la cohue et des altercations entre avocats, tandis qu'à l'extérieur pro et anti Nessma s'étaient mobilisés dès le matin. "Le peuple veut la fermeture de Nessma !" "Vous, médias, lâches, sachez que la religion ne doit pas êtrediffamée!", "le peuple est musulman et ne cèdera pas!" criaient de jeunes salafistes.


    "DÉFENDRE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION"


    La défense de la chaîne Nessma avait de son côté mobilisé des ténors du barreau, des représentants d'ONG, et d'anciennes figures politiques, tel l'ancien premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi, ovationné et salué par l'hymne national tunisien par la foule des partisans de Nessma. "Je suis venu apporter mon soutien moral pour défendre la liberté d'expression, c'est important car la Tunisie est à la croisée de chemins", a déclaré M. Caïd Essebsi, qui avait revêtu symboliquement sa robe d'avocat. Autre responsable politique, le dirigeant du parti Ettajdid (gauche) Ahmed Brahim, s'était déplacé pour protester contre "l'instrumentalisation des sentiments religieux". "Le pays connaît aujourd'hui des problèmes immenses, sociaux, économiques, et la solidarité nationale est nécessaire, pas ce clivage factice" autour des sentiments religieux, a-t-il dit.


    "Les enjeux vont au-delà de M. Karoui et de Nessma", a déclaré Olivia Gré, représentante de Reporters sans frontières en Tunisie, reconnaissant que "certains Tunisiens s'étonnent de voir M. Karoui érigé en héraut de la liberté d'expression" alors que sa chaîne avait été pour le moins conciliante avec l'ancien régime de Ben Ali. Nessma TV, une chaîne satellitaire lancée en mars 2007, compte dans son capital les groupes Quinta Communications du producteur de cinéma tunisien Tarak Ben Ammar et Mediaset de Silvio Berlusconi, et était à l'origine essentiellement consacrée au divertissement. Elle s'est ouverte aux débats politiques après la révolution, et a souvent été accusée de faire de la "provocation". En octobre 2011, les responsables politiques avaient mollement condamné les violences entraînées par la diffusion de Persepolis.
     

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