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Tigre ou ver de terre : qui vaut-il mieux protéger ?

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 6 Février 2012.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    LE MONDE du 4 février 2012

    [h=2]Panthère, rhinocéros, gorille ou léopard de neiges : l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s'apprête àlancer une vingtaine de projets de conservation dans le cadre de son programme SOS (Save Our Species, Sauvons nos espèces).[/h]Une initiative lancée en collaboration avec la Banque mondiale, le Fonds pour l'environnement mondial qui réunit déjà la somme de 13 millions de dollars (9,9 millions d'euros), et espère inciter les entreprises privées à contribuer à la mise en place du plus grand fonds mondial pour la conservation des espèces d'ici à 2015. Nokia est la première entreprise à s'être ralliée au projet.


    La stratégie pour les attirer ? Miser sur des espèces emblématiques, et sur le capital de sympathie dont elles bénéficient dans l'opinion publique. L'UICN, le plus vaste réseau mondial d'experts en matière de biodiversité, a donc résolument choisi son camp dans le débat qui agite le petit monde de la conservation de la nature : pour enrayer le risque d'extinction encouru par des milliers d'espèces animales et végétales, pas question de se priver de la "vitrine" que représentent le tigre, le panda et autres stars du monde animal.


    La problématique, pourtant, mérite d'être posée. Faut-il tenter de sauver toutes les espèces en danger de disparition ? Et si non, lesquelles choisir ? Cette question récurrente a repris une soudaine actualité avec la publication, en novembre 2011, dans la revue Conservation Biology, d'un sondage peu commun. Réalisé sur Internet par le Canadien Murray Rudd, spécialiste de l'économie environnementale à l'université de York (Grande-Bretagne, Heslington), celui-ci a réuni autour de la conservation des espèces les opinions de 583 spécialistes de la protection animale et végétale.


    Si la quasi-totalité des sondés (99,56 %) s'accorde à penser que la biodiversité subit une régression sans précédent, pour l'essentiel du fait des activités humaines, ils sont en revanche beaucoup plus divisés sur les moyens à mettre en place et les espèces à privilégier pour freiner ce déclin. Entre autres facteurs de dissension : la pertinence d'un éventuel "triage" entre espèces. Entre celles qu'il conviendrait de protéger, et celles qu'il vaudrait mieux abandonner à leur sort.
    Dans leur grande majorité, les défenseurs de la nature ont pourtant longtemps proclamé que toutes les espèces se valaient. Qu'il fallait tenter de les sauvertoutes. Mais, de plus en plus, le pragmatisme fait loi. C'est ainsi que 50,3 % des chercheurs interrogés se révèlent "d'accord", et 9,3 % "tout à fait d'accord" pour seconcentrer sur des plantes et des animaux ayant de sérieuses chances de s'ensortir. Plutôt que de s'acharner à sauver, moyennant des sommes souvent faramineuses au regard du peu de financements dont dispose ce domaine d'activité, des espèces déjà moribondes.


    Le panda contre le ver de terre ? L'ours blanc contre l'abeille ? En terme de services écologiques, mieux vaut, assurément, miser sur les invertébrés. Mais en terme de communication ? De sensibilisation, et donc de financement ? Le panda, le tigre ou l'orang-outan, animaux ayant un fort impact émotionnel sur le grand public, permettent de récolter beaucoup de fonds pour les campagnes de protection. Plus que l'escargot ou la blatte.


    "Regardez le nom des équipes de sports", illustre Jean-Christophe Vié, directeur du projet SOS de l'UICN. "Vous en voyez une se baptiser les fourmis du Cameroun ? Les éponges de Colombie ? Qu'on le veuille ou non, les grands prédateurs intéressent les gens. Et les espèces qui ont un fort pouvoir d'attractivité sont un vecteur de sensibilisation dont il ne faut pas se priver. Notamment pour attirer dans le financement de la conservation de la nature des investisseurs privés".
    Reste qu'avec 20 000 espèces menacées sur les 60 000 référencées sur la liste rouge de l'UICN, il faut bien faire des choix. Avec deux approches : par zones géographiques ou par espèces.


    La première consiste à définir les aires les plus riches, celles où il y a le plus grand nombre d'espèces menacées. Depuis une vingtaine d'années, 34 "points chauds" de la biodiversité ont ainsi été définis par l'ONG Conservation international : ils ne couvrent que 2,3 % de la superficie de la planète, mais abritent 90 % de la biodiversité mondiale.


    La seconde s'attache à déterminer des espèces à préserver en priorité. Soit parce qu'elles sont emblématiques et capables de mobiliser des fonds, soit parce qu'elles sont situées au sommet d'une pyramide écologique et que leur protection entraîne celle de multiples autres espèces. Soit les deux à la fois.


    "Prenez le tigre, poursuit M. Vié. Qui dit tigre pense forêts. Et les forêts, c'est, de la fixation du carbone, des ressources en eau... La conservation du tigre, c'est donc celle de ses habitats. Ce qui signifie que le coût de sa protection, dans les treize pays où on le trouve encore, dépasse largement la survie de l'espèce proprement dite."


    Mais a-t-on vraiment besoin du tigre pour sauver l'habitat du tigre ? "Le jour où il n'y aura plus de tigres, plus d'éléphants, plus d'ours, plus rien n'arrêtera l'homme dans sa volonté d'exploiter les espaces naturels où ils vivaient", affirme Christine Sourd, directrice adjointe des programmes WWF-France, pour qui toutes ces espèces sont "des ambassadeurs pour leurs écosystèmes respectifs".


    Au-delà de ces espèces emblématiques, les biologistes s'efforcent aussi de sauverdes représentants du plus grand nombre possible de lignées évolutives. Le but :préserver la diversité génétique de notre monde vivant. Plutôt que de protégertrois espèces de grenouilles, mieux vaut alors opter pour une salamandre, un crapaud et une grenouille.
     
  2. GuYong

    GuYong Alpha & Oméga

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    Problème d'une société de communication à definir des priorités vers une majorité peu ou mal éduquée.
    De toute manière, hormis ce point et sans vouloir etre fataliste mais le rythme d'extinction actuelle (pas le ratio final, pas encore heureusement) depasse ceux des autres grandes extinctions du permien ou du crétacé (causer par des météores ou autres épisodes tectoniques donc crises qui se veulent déjà relativement violentes et soudaines), donc croire/esperer que nous reprendrons la main... que dire? revons mes freres? l'inertie est installée.


    Il y a aura bien un "jour où il n'y aura plus de tigres, plus d'éléphants, plus d'ours, plus rien n'arrêtera l'homme dans sa volonté d'exploiter les espaces naturels où ils vivaient", mais avec cela, la schiziphrenie humaine vis à vis de son environnement sera telle que le crash ne sera pas loin. Viendra ensuite le temps de nouvelles especes. Bref, c'est terrible, repugnant, à 99,9999% inevitable, mais ca arrive tout le temps sur cette boule bleue.. Au final, la cause etant pour cette crise, interdependante de l'existance environnement pouvant la supporter, l'impact sera toujours un peu moindre, positivons!
     
    #2 GuYong, 6 Février 2012
    Dernière édition: 6 Février 2012
  3. Jean7

    Jean7 Dieu créateur

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    Ne vous faites pas de soucis.
    De nombreuses espèces vont disparaître, mais des nouvelles vont venir tout remplacer.

    Nouveaux virus, animaux ou individus génétiquement et nanotechnologiquement modifiés...

    La Bio-diversité a de beaux jours devant elle.
    violon

    Nous par contre...
    Les vers de terre seront toujours là pour nous accueillir au moment venu.
     
    #3 Jean7, 6 Février 2012
    Dernière édition: 6 Février 2012
  4. bison ravi

    bison ravi Membre Gold

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    Il est quand même assez con cet article (je viens de remarquer que c'était le monde). Quel financement a t'on besoin pour sauver 1000 fourmis ou 1000 tigres. Au niveau bouffe et infrastructure il n'y a pas photos, de plus les zoos s'occupent très bien de ça avec leur propre fonds. On prend toujours le problème à l'envers avec des journaux comme le monde et au lieu d'informer on désinforme les lecteurs, c'est pour cela que j'aime bien ces journaux, avec eux ils nous font aller dans le sens inverse de leurs informations.

    Le problème est politique , encore une structure (rustine) , l'UICN fiancé par les états (nous) qui ne sert à rien, ah si, à nous pondre des rapports que tout le monde sait , que des espèces disparaissent mais ce qu'elle devrait nous dire , c'est : QU EST QU ELLE FAIT REELLEMENT POUR EMPECHER CES DISPARITIONS? Ben j'ose affirmer : rien !

    Dans un de mes innombrables messages sur le forum, je parlais de déforestation sauvage en RDC , j'avais mentionné des groupes occidentaux derrière ce massacre, l'UICN en parle t-elle , que nenni ...

    Coupons les aides à ce genre de structure qui ne sert à rien et laissons les gens qui aiment la nature (zoos, de vivariums associations) faire leur boulot dans leur coin, ça fait longtemps qu'ils alarment , souvent ça se passe à côté de chez vous , pas besoin de lire le monde...
     
    #4 bison ravi, 6 Février 2012
    Dernière édition: 6 Février 2012
  5. Dui ni shuo de dui

    Dui ni shuo de dui Alpha & Oméga

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    Pour protéger des espèces, il faut créer des réserves naturelles par exemple. Donc il faut des types pour surveiller, il leur faut des moyens matériels, il faut signaliser etc. Et tout ça, ça coute du pognon.
     
  6. C-E

    C-E Dieu
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    Mais non ! Puisque Bison ravi te le dit... ;-)

    Pour info, j'avais lu ça dans l'Express il y a quelques jours. Donc Le Monde n'est pas le seul coupable...

    J'adhère à cette thèse. C'est comme pour les maladies : on médiatise l'une d'entre elles, et les dons affluent, au détriment de la recherche sur d'autres maladies...
     
  7. bison ravi

    bison ravi Membre Gold

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    Les réserves naturelles existent, comme en RDC par exemple , le problème c'est que personne ne veut en entendre parler qu'il soit Africain ou Occidental, donc ça commence déjà mal. Les Japonais se vantent d'avoir des forêt sauvages d'une beauté inouï , pour la sauvegarder ils sont allés piller chez les voisins. Cela montre qu'il n'y a aucune volonté politique malheureusement pour les bébêtes...

    Ayant travaillé avec le zoo de Beauval, je peux te dire qu'ils ont des projets de sauvegarde très bien fait et financés en grande partie par eux-mêmes, tu déduiras qu'ils ne sont pas les seuls...

    Non vu qu'ils jouent dans la même équipe voir les liens que j'avais mis dans la voie de son maître ou un truc du genre.

    M'enfin la vie...
     
  8. Dui ni shuo de dui

    Dui ni shuo de dui Alpha & Oméga

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    Un zoo a des rentrées d'argent vu qu'il fait payer les visiteurs. Une réserve naturelle non, vu que le principe est justement que les gens n'y aillent pas afin de ne pas dénaturer le site. Donc une réserve naturelle, c'est uniquement des dépenses et aucun revenu direct. Voila pourquoi il faut des budgets pour les financer.
     

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