1. Bienvenue sur Bonjourchine.com, le 1er forum francophone sur le travail, les études et le voyage en Chine.

    Pour poser une question ou répondre à une discussion déjà ouverte, inscrivez vous. C'est facile, rapide et gratuit !

    Cela vous permettra de sucroit de ne plus avoir de pub qui s'affiche à l'écran (0 pub pour les membres du forum!).
    Rejeter la notice

Reportage : "élevage intensif, attention danger"

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par 何昂湍, 12 Septembre 2014.

  1. 何昂湍

    何昂湍 Demi-dieu

    Inscrit:
    10 Janvier 2007
    Messages:
    903
    Localité:
    Binzhou - Qingdao, Shandong
    Ratings:
    +479 / -4
    Bonjour tout le monde, je viens de regarder cet après-midi le reportage diffusé récemment sur l'élevage intensif.
    (V-P-N réglé sur serveur français, mais la vidéo doit probablement être disponible sur Youtube)
    http://pluzz.francetv.fr/videos/elevage_intensif_attention_danger_,108568407.html

    Le titre du reportage indique sans équivoque une prise de position des journalistes, néanmoins ils ont tout de même eu la décence de laisser la parole à des agriculteurs en élevage intensif.

    Le thème principal du reportage tourne autour du projet d'une ferme industrielle de 1000 vaches en France, contre lequel s'insurge la population locale, de manière assez radicale (occupation du terrain de construction et demande de RDV avec des responsables politiques, qui finalement seront accordés mais ne déboucheront à rien), donc le constat en France est qu'il y a une tendance manifeste à l'industrialisation de l'élevage.
    Cette tendance s'explique par des facteurs économiques, recherche d'une industrie plus concurrentielle face à la mondialisation.

    En parallèle, on découvre aussi la situation au USA, avec d'énormes exploitation, qui sont la norme dominante
    mais pour finir on découvre aussi deux situations "alternatives" aux USA, le premier de petite échelle de type plus communautaire, et le second d'envergure "industrielle" mais respectant les critères du respect animal, et d'agriculture biologique. Pour cette exploitation, le producteur vend son lait 3 fois plus cher, dans un certain nombre de points de vente (il a 500 vaches, si je me souviens bien) t il n'a pas besoin de faire de publicité, car les consommateurs sont très demandeurs de ces produits plus naturels. Il ajoute même : "nous avons fait des conneries aux USA avec l'élevage intensif, n'allez pas faire la même en France).

    C'est justement ce que je me dis souvent pour la Chine et son développement : s'ils pouvaient ne pas faire les mêmes "conneries" que nous dans ce domaine. L'agriculture chinoise est encore caractérisée par des parcelles assez petites, d'envergure familiale, donc sur ce plan là il y a peut être un espoir de ne pas les voir massacrer les sols comme nous le faisons en occident. D'ailleurs, les problématiques liées à une urbanisation trop rapide peuvent se voir solutionnées en faisant la promotion d'une agriculture saine. Qu'en pensez-vous?

    En fait, le reportage nous laisse penser que les attentes des consommateurs sont décisives dans le choix du type de développement.
    En ce qui vous concerne, vous préférez manger de la viande aux antibios et aux hormones tous les jours, ou pour le même budget vous préférez n'en manger qu'une ou deux fois par semaine, mais de qualité?

    Pensez-vous que la responsabilité revient aux consommateurs, ou que la faute est à attribuer à l'industrie agro-alimentaire pour laquelle la standardisation "vers le bas" est synonyme de profit?
     
    • J'aime J'aime x 1
  2. xiongmao

    xiongmao Dieu souverain

    Inscrit:
    30 Août 2011
    Messages:
    1 578
    Localité:
    Shanghai
    Ratings:
    +752 / -15
    Quand j'etais en Australie, j'ai presque toujours acheter les legumes bio, meme si plus cher, et pour les oeufs j'ai toujours achete "eleves en plein air". En plus j'avais le sentiment de consommer intelligent.

    En Chine, le gros probleme, c'est que tu ne trouves pas bon produits. J'achete des oeufs reconnus "Green Food" mais quand j'ai cherche sur le net, j'ai vu que le bio en Chine, c'etait juste "On emploie pas les pires cochonneries" ... Peut-etre qu'il y a moyen de se procurer de bons produits dans certaines boutiques, mais je vais pas faire 20 bornes non plus.

    Pour moi, l'acheteur est tout aussi responsable que l'industrie. Si personne n'achetait les produits non respectueux des animaux, alors l'industrie devrait s'adapter. Mais pour acheter des produits de qualite, il faut en proposer !
     
  3. Faguorenne

    Faguorenne Dieu

    Inscrit:
    31 Mai 2014
    Messages:
    1 185
    Ratings:
    +652 / -24
    En Chine, elevage rime avec bien etre et poules avec spa
     
    • J'aime J'aime x 1
  4. 何昂湍

    何昂湍 Demi-dieu

    Inscrit:
    10 Janvier 2007
    Messages:
    903
    Localité:
    Binzhou - Qingdao, Shandong
    Ratings:
    +479 / -4
    Sur Qingdao, je suis passé devant une boutique qui vend des produits bio, fait des cours de cuisine, et aussi, ils proposent la livraison à domicile de légumes cultivés "naturellement" (faudra quand même que j'aille vérifier sur place). Au niveau du prix, c'est un peu plus de 10 000 yuans pour se faire livrer des légumes 3 fois par semaine à la maison pendant un an.

    Si on regarde combien je dépense pour acheter mes légumes conventionnels au marché ça vaut franchement le coup et ça permet aussi d'économiser du temps, et même si je devrait encore compléter ça avec d'autres fruits et légumes conventionnels, je suis prêt à soutenir le projet.

    Ces initiatives sont encore rares, mais il y a tout de même un marché qui se crée. D'ailleurs vous vous souvenez peut-être de l'histoire des exploitations spéciales en agriculture biologique réservées aux membres du parti, si eux s'y mettent, par phénomène d'imitation le peuple s'y mettra peut-être aussi.
     
    • J'aime J'aime x 2
  5. Lyka

    Lyka Membre Platinum

    Inscrit:
    30 Juillet 2014
    Messages:
    717
    Localité:
    Shanghai
    Ratings:
    +508 / -5
    Je me posais aussi la question: qu'en est-il de la situation en Chine? Il n'ont vraiment pas d'élevage intensif? Ça m'étonne pas mal ; j'ai un peu de mal à comprendre vu qu'il y a une gigantesque population et les chinois ont l'air d'être très friands de viandes (mais pas beaucoup en mange vous allez me dire).

    En plus de ça j'ai l'impression que les chinois font pas particulièrement attention aux conditions de vie des animaux, surtout s'il y a de l'argent à la clé.

    C'est juste une impression, je ne demande qu'à avoir tort, mais j'ai du mal à visualiser "chinois" avec "élevage respectueux".

    Sinon pour le bio en Chine, ça me rappelle un antivol que j'ai acheté pour mon vélo: c'était marqué "antirouille" dessus, il a commencé à rouiller une semaine après...
     
  6. 何昂湍

    何昂湍 Demi-dieu

    Inscrit:
    10 Janvier 2007
    Messages:
    903
    Localité:
    Binzhou - Qingdao, Shandong
    Ratings:
    +479 / -4
    Comme tu le dis, je pense pas qu'ils soient très respectueux non plus, rien qu'à voir l'histoire des cochons qui flottaient dans le Huangpu... la rentabilité passe avant tout.

    Par contre au niveau de la distribution des terres, il me semble qu'il s'agit encore d'exploitations de petite ou moyenne taille, avec relativement peu de mécanisation (par contre les producteurs d'engrais à bas prix tournent bien ) comparativement à l'occident, donc la conservation d'une agriculture à échelle humaine doit encore être possible, ou du moins plus envisageable qu'en occident ou les exploitations sont beaucoup plus grandes.

    Actuellement, cela semble bien ancré dans la tête des gens qu'il n'est pas possible de faire du profit sans utiliser d'engrais chimiques et de pesticides, et la majeure partie de la population est plus préoccupée par l'achat d'une maison et d'une voiture que par la qualité des produits.

    D'un autre côté, la culture traditionnelle chinoise apporte une grande valeur médicale à l'alimentation, et la fraîcheur est un critère de choix, donc peut-être que le bio à de l'avenir en chine, à condition de leur prouver qu'il est possible de faire du profit avec.
     
  7. Lyka

    Lyka Membre Platinum

    Inscrit:
    30 Juillet 2014
    Messages:
    717
    Localité:
    Shanghai
    Ratings:
    +508 / -5
    Ton raisonnement se tient.

    À mon avis, le fait qu'il n'y ait pas de élevage à échelle industriel tient simplement au fait que la main d'œuvre en Chine est encore très bon marché: c'est plus rentable de payer quelques péquenauds qui travaillent dans leur coin pour un salaire de misère que d’investir dans de grandes infrastructures, certes efficientes, mais coûteuses.

    En même temps, je veux nuancer un peu: le tout bio n'est pas toujours le plus efficace. Si la production alimentaire mondiale a tellement augmenté au cours du 20ème siècle, c'est grâce aux engrais chimiques que l'on peut produire industriellement. Le problème c'est les abus: on a tellement tout poussé au maximum qu'en Europe la plupart des terrains sont eux bout de leur forces et que sans engrais supplémentaire, il y sera difficile d'y faire pousser quoique ce soit.

    Les industries chimiques ont réussi à créer une situation de dépendance (et de façon similaire, au états-unis, les entreprises d'OGM sont dans une situation similaires).

    À l'inverse, les pesticides, il y a moyen d'être beaucoup, beaucoup plus raisonnable. Mais bon, ça fait du fric...

    Du coup faire du tout bio à cette échelle, ça veut aussi dire trouver des alternatives naturelles qui peuvent être exploitées à échelle industrielle. Si effectivement en Chine les salaires ne se développent pas trop, il y a moyen d'envisager ça: c'est relativement aisé de produire son engrais naturel sur une parcelle raisonnable, ça devient nettement plus dur quand il faut en produire des quantités industrielles.

    Après, je peux me tromper.
     
  8. 何昂湍

    何昂湍 Demi-dieu

    Inscrit:
    10 Janvier 2007
    Messages:
    903
    Localité:
    Binzhou - Qingdao, Shandong
    Ratings:
    +479 / -4
    Je te suis sur le fait que c'est l'abus qui nuit plus que le fait de synthétiser des engrais au lieu d'en produire naturellement, et que les progrès effectués grâce à la mécanisation doivent être reconnus, mais comme tu le dis si bien nous en sommes au point où on ne peut plus faire pousser quoi que ce soit sans engrais tellement les sols sont vides.

    Par ailleurs, la production alimentaire a augmenté, mais les gâchis alimentaire ont également augmenté, au moment de la crise de 1929, les agriculteurs détruisaient leurs récoltes alors que d'autres crevaient la dalle, donc finalement, produire plus, si c'est pour jeter derrière...
    cela atteste bien de cette situation de dépendance des agriculteurs vis à vis de la finance à l'époque et vis à vis des subventions publiques aujourd'hui (pour l'Europe tout du moins). Regarde comment les agriculteurs galèrent pour gagner de l'argent, alors on va dire que c'est au bénéfice des consommateurs pour payer leurs produits moins cher? mais entre les producteurs et les consommateurs il y a qui dis-moi? l'agro-alimentaire et la grande distribution, et eux par contre ils sont sacrément rentables non?
    Par ailleurs les consommateurs achètent des produits à bas prix, qui sont néfastes pour la santé (voir l'augmentation du taux d'obésité, de diabète t autres maladies "de civilisation") donc finalement ce n'est pas plus rentable pour eux vu qu'ils doivent par la suite aller acheter des médicaments, des articles paramédicaux etc., par contre c'est rentable pour l'industrie pharmaceutique...

    Les alternatives naturelles existaient déjà bien avant l'apparition des techniques modernes d'agriculture, pour ne prendre qu'un exemple : le purin d'ortie. L'ortie pousse naturellement et en abondance au bord des champs, dans les friches, etc. il est possible de les faire macérer pour en faire un purin très riche en phosphate (l'agent de croissance des végétaux), mais devinez quoi? l'utilisation du purin d'ortie a récemment été décrétée dangereuse et donc interdite...au profit bien entendu des producteurs d'engrais artificiels.

    Pareil, il est interdit de faire pousser des légumes non homologués par les autorités, je ne parle pas d'OGM, je parle du gars qui fait pousser des variétés végétales anciennes délaissées par la grande distribution car pas assez rentable, pas jolie à voir etc.

    Qu'est-ce que cela signifie? La perte de l'autonomie alimentaire, c'est à dire qu'il n'est pas autorisé de dire "f_ck le système, je vais aller à la campagne cultiver mon bout de terre et vivre en autonomie". C'est une forme de servage moderne en quelque sorte qui est en train de se mettre en place, une domination du peuple par la dépendance à l'alimentation et par extension aux médicaments.

    D'autre part, concernant la dimension "industrielle" de l'agriculture, on peut aussi remettre ça en cause, car l'industrie par définition s'inscrit dans une recherche d'accélération et d'augmentation de la production, or l'agriculture est un secteur de production pour lequel les processus naturels doivent être un minimum respectés, et ces processus naturels prennent du temps, vouloir les accélérer ou les augmenter outre mesure va forcément créer un déséquilibre. Les optimiser je ne dis pas non bien au contraire, mais en gardant une certaine cohérence tout de même.
    également, industrialisation rime avec standardisation, donc perte des spécificités régionales, donc perte de l'identité nationale (vous voyez, même un écolo comme moi peux vous sortir des arguments du FN)

    Si la France est le pays des libertés, les gens devraient se rendre compte de tout ça plutôt que de s'intéresser aux histoires de cul d'un M. Chamallow, ou de manger des fraises au mois de janvier en matant "l'ile des secrets 4".
     
    • J'aime J'aime x 2
    • Informatif Informatif x 1
  9. MandaRhum

    MandaRhum Dieu souverain

    Inscrit:
    15 Septembre 2012
    Messages:
    2 643
    Localité:
    地中海
    Ratings:
    +2 107 / -16
    Il faut avoir les moyens d'en acheter aussi.
     
    • J'aime J'aime x 1
  10. Lyka

    Lyka Membre Platinum

    Inscrit:
    30 Juillet 2014
    Messages:
    717
    Localité:
    Shanghai
    Ratings:
    +508 / -5
    Je suis entièrement d'accord avec toi sur l'idéologie, mais je suis un poil plus pessimiste quant à la mise en pratique: s'il y a quelqu'un qui se fait de l'argent, c'est difficile de faire changer les choses.

    Ton exemple du purin d'ortie en est l'exemple même: les industries chimiques se font trop d'argent pour laisser des écolos développer des alternatives gratuites. Je pense aussi que c'est une aberration, mais je suis plus sceptique sur la possibilité d'un éventuel changement, ceux qui sont font de l'argent sont toujours plus hargneux à défendre leur droits que ceux qui font ça plus part conviction. Donc à moins de trouver un engrais naturel commercialisable à grande échelle, je pense que le bio restera plus ou moins anecdotique (je souhait que ça se développe, hein! Je suis juste pessimiste à ce propos).

    Je dois avouer que je ne suis pas trop au point sur les différents engrais naturel, je ne m'y suis pas intéressé personnellement.

    Ok. J'ai utilisé le mot "industriel" à mauvais escient. Pour moi industriel (je ne pense pas que ma définition soit juste, mais c'est comme ça que je le perçois quand je l'ai utilisé dans mon message), c'est produire à grande échelle avec des techniques qui permettent de conserver un ratio entre le nombre d'agriculteur sur la population totale très faible, sans pour autant avoir cette idée de croissance en tête. L'idée du "produire toujours" plus correspond-elle au mot "industriel" ou bien "toujours plus efficace"? Je n'en sais rien.

    En fait, concernant le passage au tout bio, il y a 2 problèmes qui se posent:
    • Comme je viens de le dire, comment passer/est-il possible de passer au tout bio sans augmenter drastiquement le nombre d'agriculteurs?
    • Comment conserver la même masse d'argent engrangée par l'agriculture? (petit jeu de mot subtil) Comment ne pas affaiblir l'économie?
    À propos du deuxième point, dans notre société de croissance actuelle, si tu suggères un idée "décroissante", tu passes pour un hérétique. Perso, j'aime bien l'idée de croissance nulle, voire légère décroissance (si accompagné d'une optimisation technique), mais ce idéologiquement pas acceptable sans changer de paradigme.

    Pour revenir sur la Chine, ils ont l'avantage d'avoir un plus grand nombre d'agriculteurs d'après ce que tu me dis, la question est surtout de savoir s'il arriveront à trouver un modèle économique plus profitable en utilisant du bio. Dans leur cas, il est inenvisageable d'abandonner la croissance: l'idée reste d'améliorer le prestige de la Chine, ce qui passe de nos jours par une économie prospère. Dans une course au plus riche, être raisonnable n'apporte rien.

    Haha. Plutôt vrai. Même si la liverté relève désormais plus de la défense d'un système devenu instable.


    J'espère que j'ai pas raconté trop de bêtises, j'étais un peu fatigué ce matin :p
     
  11. 何昂湍

    何昂湍 Demi-dieu

    Inscrit:
    10 Janvier 2007
    Messages:
    903
    Localité:
    Binzhou - Qingdao, Shandong
    Ratings:
    +479 / -4
    Justement, l'idée est que l'agriculteur doit pouvoir produire lui-même son engrais naturellement, personne ne l'empêche d'acheter de l'engrais artificiel si il veut, mais pourquoi l'interdire d'en fabriquer lui-même? c'est une atteinte à la liberté de choix, d'autant plus graves que les engrais chimiques sont néfastes pour les sols...

    L'idée d'un "passage au tout bio" me semble assez amusante sachant que l'humanité a cultivé bio depuis sa sédentarisation jusqu'à la révolution industrielle, et qu'aujourd'hui c'est cette agriculture de type industriel qui est considérée comme l'agriculture "conventionnelle", on peut se demander qui établi donc cette convention? à la base la convention était dictée par les cycles des saisons, les événements climatiques etc., mais le phénomène qui est en train de se passer sous nos yeux, ce n'est pas une transition vers le "tout bio", mais plutôt l'inverse, une transition vers le "tout industriel"; donc lorsque nous parlons de "passage au tout bio", nous regardons le phénomène à l'envers, mais pour rebondir sur les deux problèmes que tu poses :

    - En quoi l'augmentation du nombre d'agriculteurs (ou de personnes travaillant pour l'agriculture) pose-t-elle problème? À mon sens c'est plutôt une solution qui permettrait de répondre 1- au taux de chômage trop élevé que l'on connait en France 2- aux problèmes de santé liés au manque d'activité physique et à la pollution
    Donc réduction du chômage et réduction du déficit de la sécu...

    L'urbanisation s'est accélérée avec les révolutions industrielles non? mais aujourd'hui combien de personnes souhaitent quitter les villes pour aller vivre à la campagne, et grâce aux technologies numériques, combien de citadins quittent les villes pour aller s'acheter des maisons à la campagne? de plus en plus, non? Peut-être pouvons-nous y voir l'occasion de repenser la répartition démographiques des territoires. Me concernant, venant d'une région rurale en France, je n'ai pas l'impression qu'on s'y ennuie, il y a vraiment pas mal d'activités sportives, culturelles, etc. à pratiquer, et je ne troquerais pour rien au monde mon enfance à la "campagne" contre une enfance à la ville.

    - Concernant l'aspect économique, l'idée du "bio" doit être vue au-delà de l'aspect monétaire, car à la base elle prend en compte le coût social, environnemental et sanitaire, coût qui n'ont pas de valeur économique directe, mais que nous devrons payer tôt ou tard si nous souhaitons justement avoir une économie qui continue de "croitre". Je dirais même que le fait de ne pas tenir compte de ces coûts "para-économiques" est une grave erreur de gestion qui plombent l'économie et la croissance.

    Pour te proposer un exemple assez parlant qui me vient à l'esprit : imagine si une entreprise qui ne base l'analyse de son bilan que sur les actifs circulants (les liquidités qu'elle possède disponibles immédiatement) et les passifs circulants (l'argent qu'elle doit rembourser à cours terme), sans tenir compte des charge salariales, de actifs structurels, de son capital etc. penses-tu que cette entreprise pourrait avoir une analyse correcte de sa situation et continuer à exister pendant très longtemps?

    Et bien en quelques sortes, c'est exactement l'erreur que nous sommes en train de commettre en basant l'argent comme unique référence de notre système économique.

    Quand on commence à parler d'agriculture biologique, on constate vite que ce sont des questions plus globales sur la société et le rapport à l'humain et à la nature qui sont soulevées; mais auxquelles la plupart des gens refusent de réfléchir en balayant le sujet d'un revers de la main avec des lieux communs comme par exemple "de toutes façon, il serait impossible de passer au tout bio"...
     
    • J'aime J'aime x 1
  12. Lyka

    Lyka Membre Platinum

    Inscrit:
    30 Juillet 2014
    Messages:
    717
    Localité:
    Shanghai
    Ratings:
    +508 / -5
    Qu'on soit d'accord avant que je continue: je suis d'accord avec toi sur la plupart des points et sur ce que la devrait être dans le meilleur des monde, mais je ne me fais aucune illusion sur ce que d'autres personnes dans la société (le politiques et ceux qui se font un max de blé) sont prêt à accepter.

    Globalement, les idées que tu avances sont bonnes et viables je dirais, mais les instaurer feraient trop perdre à certaines personnes relativement influentes. De plus cette catégorie de personne existera toujours: il y aura toujours un abruti prêt à sacrifier l'environnement pour son enrichissement personnel.


    L'interdiction de la production d'engrais bio, je te suis totalement la dessus, c'est une aberration (ça rejoint un peu les excès du droit d'auteur, que je place plus ou moins dans la même catégorie).

    - Attention, j'ai dis augmentation drastique. J'entends par là quelque dizaines de pourcents de la population. Je ne connais pas bien les chiffres de personnes à la campagne participant à l'agriculture, mais une multiplication par 10 de cette population e changerait pas grand chose.
    En fait le problème derrière ça (ça va paraître un peu stupide), c'est le degré de "civilisation": si on a réussi à atteindre un tel degré de technologie, c'est bien parce qu'une petite partie de la population arrive à subvenir aux besoin alimentaires de l'ensemble de la population, laissant ainsi du temps pour développer de nouvelles technologies. C'est devenu possible avec l'industrie chimique, il faut que ça le reste avec du bio, sinon certains verront ça comme un "retour en arrière" et ça ne passera pas du tout. Là encore, ça me dérange pas plus que ça de ralentir ce rythme infernal dans lequel on est rentré, mais pour certaines personnes cette idée de régression est rédhibitoire.

    Après en ce qui concerne les problèmes d'urbanisation, tu as entièrement raison: je trouve ça stupide de faire croître les villes de façon continue sans aucun plan, ce n'est pas viable à long terme. Nos amis chinois connaissent bien ce problème :p

    Après, les technologies numériques ça marche bien parce qu'il y a un certain nombre de gens qui travaillent dessus et aussi un certain nombre de gens qui achètent! Ça marche parce qu'il y a des consommateurs, assez de sous pour entretenir le réseau et les services. Mais si tu mets trop de monde à travailler aux champs et s'ils ne consomment plus assez (donc il faut que l'agriculture rapport plus), toutes ces belles technologies ne pourront pas être maintenues (les entreprises de télécom, de fabrication de PC,etc ne font pas ça pour les beaux yeux de la princesses).

    Ça met le seuil très très haut cependant, il y a une marge énorme.

    Cela dit je suis peut-être complètement à côté de la plaque.

    -Entièrement d'accord avec toi, certaines choses ne peuvent pas être quantifiées en valeur monétaire et ne devraient pas. Mais le problème, c'est que dans notre société moderne, les entreprises ne raisonnent qu'en terme d'argent et ça ne risque pas de changer. Tout est quantifiable en terme d'argent. Je ne sais plus trop où, j'ai vu que certaines multinationales avaient déjà pris le réchauffement climatique en compte dans leur budget pour les 30 ans à venir pour prévoir l'argent à investir pour contrebalancer ça.

    Toutes les entreprises attendront le dernier moment pour changer leur modèle économique, au moment où les coûts liés à ces problèmes deviendront plus cher que de choisir de nouvelles alternatives. Par exemple, les énergies renouvelables prendront réellement leur essor quand les autres sources d'énergies deviendront plus chère, pas avant. Avant, ça restera assez marginal, ça fera vendre avec un poil de greenwashing (lavage vert :p).

    Avec ton exemple, tu as entièrement raison, c'est pour cela que l'entreprise met un coût sur les charges salariales, etc (je ne m'y connaît pas trop dans ce domaine). Pour l'environnement, c'est pareil: pour l'instant le coût est quasi nul, je n'ai pas demandé, mais je suis presque sûr que ces industries ne sont pas dupes. Le coût augmentera et le bio ne sera viable que lorsque que le coût environnemental deviendra trop important. Pas avant.
    C'est exactement ça, je suis entièrement d'accord. J'aimerais également que ça change, mais je ne me fait aucune illusion, comme je l'ai déjà dit ce qui se font de l'argent sont très hargneux pour défendre leurs intérêts et le fait qu'ils puissent faire des "cadeaux" autour d'eux leur donnent plus d'influence. Plus que de la simple "bien-pensance" un peu verte (troll), qui au fond ne rapporte pas grand chose (qu'on soit d'accord, ce n'est pas du tout ce que je pense, mais c'est ainsi que beaucoup raisonnent). C'est particulièrement vrai dans les pays en voie de développement comme la Chine.

    Ta dernière phrase est aussi malheureusement vraie, de nos jours, on a tourné en ridicule la pensée intellectuelle et personne ne cherche à penser par lui-même à des solutions.


    Pour nuance tout ce que je viens de dire, la principale alternative est politiques ou militante (dans le fait de développer le bio à son échelle pour faire croître doucement sont influence). Le seul moyen de rendre l'agriculture massivement bio, c'est de bannir les produits chimiques pour l'agriculture bio, mais va convaincre les politiciens de voter ça... Surtout quand tu vois la gueule du parti écolo en France...
     
    • J'aime J'aime x 1

Partager cette page