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Que pensez vous de la merde ?

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Ludovico, 27 Mai 2012.

  1. Ludovico

    Ludovico Dieu créateur

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    Source: les cahiers de l'idiotie

    Merde

    Sous la direction de Dalie Giroux et Sébastien Mussi

    Constat anthropologique

    La merde est matérialité pure : elle est dépourvue de toute fonction, elle est en quelque sorte la matière par excellence ou, peut-être plus justement, l’antimatière par excellence : c’est ce qui reste une fois que tout acte est accompli. Il s’agit d’une matière qui a épuisé ses potentialités, sa puissance. C’est ce que le corps ne retient pas, n’utilise pas, c’est ce qu’il rejette hors de lui. La merde, c’est le reste.
    Cette vision, bien qu’objectivement questionnable (la merde, c’est encore de l’engrais; le déchet peut être recyclé), suffit à expliquer le peu de cas que la pensée, notamment philosophique, fait de la merde.
    La pensée en général se concentre sur l’Etre, l’Esprit, sur ce qui dure, sur l’éternel, le pur, et plus rarement sur ce qui passe, sur le fugitif, le destructible, le sale. L’Esprit, pense-t-on, ne produit pas de restes. L’idée de la merde, quand elle est envisagée par Socrate, provoque surtout le malaise.
    De là à dire que l’interdit dont nous parlons renvoie à ce que la pensée et le social n’utilisent pas, à ce qu’ils rejettent en dehors d’eux-mêmes, à ce qu’ils refusent même de penser et de dire, il n’y a qu’un pas. Ne le franchissons pas trop vite.

    Énoncé méthodologique


    Il s’agira pour nous de traiter de la merde comme telle, et par ce geste même comme partie intégrante de la pensée. Nous serons donc résolument blasphématoires. Non pas gratuitement, mais parce que tout acte de pensée authentique, même tourné vers l’Esprit, l’est. La merde sera donc pensée pour elle-même, et non réduite à un autre de la pensée, ce qui permettrait à cette dernière de s’en dissocier, de la rejeter, de la considérer comme le contraire de l’absolu et de la matière féconde et de l’Etre abstrait. La merde comme acheminement de la pensée est possible à travers la radicalisation de son devenir-reste menant à un autre usage de la merde, un usage politique, symbolique et philosophique.
    Que pourrait donc vouloir dire aujourd'hui : profaner la défécation? Non pas certes, retrouver quelque chose comme une naturalité prétendue, ni en jouir tout simplement sous la forme d'une transgression perverse (ce qui est toujours mieux que rien). Il s'agit, en revanche, de rejoindre de manière archéologique la défécation comme un champ de tensions polaires entre la nature et la culture, le privé et le public, le singulier et le commun. C'est-à-dire: apprendre un nouvel usage des fèces, comme les enfants avaient tenté de le faire, à leur manière, avant que n'intervinssent la répression et la séparation. Les formes de cet usage commun ne pourront être inventées qu'à l'échelle collective. (Giorgio Agamben, Profanations, p. 109-10).
    Jouer avec la merde, restituer cet objet à une communauté de pensée, avant, donc, « la répression et la séparation ». La pensée se fait enfant – idiote – lorsqu’elle commence à penser ces objets desquels elle est, par nécessité, coupée. Plongeons dans le malaise de Socrate.

    Aspects de la merde


    Approcher l’objet merde comme fait philosophique – c’est peut-être déjà ce que nous avons découvert en tentant de formuler cette problématique – n’est possible qu’en endossant un perspectivisme radical. Il n’y a pas d’accès privilégié à la « chose », ni comme Idée (parce qu’il s’agirait encore de doubler la chose, de coudre du langage au réel), ni comme phénomène au sens d’une saisie de l’objet par la conscience (parce qu’il s’agirait du récit d’une expérience cérébrale de l’Idée de l’expérience de l’objet merde). Nous devons pour cela nous rabattre, joyeusement, sur la multiplication des regards, et viser le point d’épuisement à partir duquel se manifestera peut-être ce qu’il y a de pensant dans la merde.
    Nous envisageons ainsi, sans prétendre à l’exhaustivité, trois aspects de la question de la merde. Il s’agirait à travers ceux-ci de réaliser une première exploration, depuis l’Idée de merde (ou son impossibilité), jusqu’à la gestion urbaine des égouts, en passant pas l’histoire de la disparition du référent scatologique dans la culture populaire, et par une analyse culturelle du capitalisme à partir de sa fonction de conjuration de la merde.

    • 1. Par la philosophie et l’histoire des idées et de la littérature, il s’agira de s’interroger sur l’impossibilité de la merde dans la pensée. A ce titre, on peut rappeler l’hésitation fondatrice de Socrate dans le Parménide : alors que Parménide lui demande si la boue et la crasse ont elles aussi une idée séparée d’elles-mêmes, Socrate finit par avouer : « Mais, à peine m’y suis-je attardé que je m’en détourne en toute hâte de peur de m’aller perdre et noyer en quelque abîme de niaiserie. Aussi, revenu à mon refuge, aux objets à qui nous venons de reconnaître des formes, c’est de ces objets que je fais ma conversation et mon étude. » On notera à ce titre que les arts plastiques semblent mieux s’en sortir : Manzoni met ses matières fécales en boîte, Delvoye fabrique une machine à merde qui fera scandale, Lizene peint avec ses déjections, variant les couleurs via son régime alimentaire, retournant la merde à sa matérialité primordiale… Sans aller jusqu’à tenter ce que Dagognet appelle une « ontologie du minime et du banni », il y a au moins lieu de s’interroger sur le rejet du déjeté.
    • 2. À travers l’analyse des cultures, que ce soit au moyen de l’étude des religions, de l’anthropologie, de la psychanalyse ou encore de l’économie culturelle, on tentera de faire le point sur le rôle du déchet dans le capitalisme contemporain. On peut en effet se demander si ce dernier n’est pas arrivé à ce stade où la « défécation sociale » approche le moment de la constipation ou de l’infection par coliformes fécaux. La merde sous le régime capitaliste devient alors un point de vue privilégié pour tenter un diagnostic comparatif à partir non plus du point de départ (la production), mais de celui du point d’arrivée (la décharge). Y aurait-il un stade ubuesque du capitalisme qu’une analyse scatologique permettrait de mettre à jour? Ce stade ubuesque, lié à une excrémental culture, serait-il un kitsch inversé, propre aux sociétés occidentales déspiritualisées et monoculturelles?
    • 3. Dans une perspective sociologique et historique, nous aimerions amorcer une réflexion vers une « copropolitique » ou une « écopolitique de la merde ». Faire le point sur la gestion de la merde, sur la façon dont cette gestion est conçue et mise en œuvre, sur les rapports entre la merde et l’eau dans les structures d’hygiène, nous permettra de dresser un portrait scatologique de notre société, portait qui ne sera peut-être pas dénué d’importance et qui, nous le pensons, échappera à l’abîme de niaiserie tant craint par le jeune Socrate. En novembre 1539, un édit du Roi de France exige que chaque Parisien se discipline dans le rejet de ses déjections, notamment en les gardant chez lui jusqu’au ramassage. Dominique Laporte (Histoire de la merde) fait cette constipation urbaine, de cette nécessaire retenue de la merde dans la sphère privée, un des premiers actes de naissance de la modernité.
     
  2. totoautibet

    totoautibet Dieu suprême

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    désolé, je voulais lire mais arrivé à la moitié de l'article je n’emmerde... peut-être est-ce le but?
     
  3. Searogers

    Searogers Demi-dieu

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    Le titre en lui seul vole déjà haut. Pas envie de lire le reste. Sauf la maxime en bas, vérifée :
    "Si ce que tu as à dire n'est pas plus beau que le silence alors tais-toi."
     
    #3 Searogers, 27 Mai 2012
    Dernière édition: 27 Mai 2012
  4. moa

    moa Membre Gold

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    pourtant meme si le titre est suprenant il faut avouer que le contenu est lui interessant.

    bref faut jamais s arreter au titre :)
     
  5. bison ravi

    bison ravi Membre Gold

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    J'attends : Que pensez-vous de la gerbe??

    Bien plus intéressant comme thème.
     
  6. Un humain...

    Un humain... Guest

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    [h=1]Les fleurs deuil Gerbe bouquet Céleste[/h]
    [h=2]Gerbe de fleurs pour deuil composée de roses jaune pâle et de fleurs en dégradé de mauves agrémentées de végétaux fleuris et de feuillages.[/h]
     
  7. jeremieter

    jeremieter Apprenti

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    La gerbe ne sert a rien comparer a de la merde ou on peux en faire du biogaz, biocarburant, fabriquer des objets(vases, bijoux...) ect... Les chinois l'utilisent depuis pas mal de temps deja a des fins utile
    Quelque lien :
    http://www.habiter-autrement.org/daara15.htm
    http://www.youphil.com/fr/article/04722-comment-le-pipi-et-le-caca-vont-changer-le-monde?ypcli=ano

    Emission sur ARTE : "
    La fabuleuse histoire des excréments"

    PS :
    Savez vous, donc, d'où vient l'expression : "Comment allez vous ?" ? ​
    Elle remonte aux environs de la Renaissance et, à cette époque, elle signifiait :
    Comment allez vous à la selle ? :lol!:
     
    #7 jeremieter, 27 Mai 2012
    Dernière édition: 27 Mai 2012
  8. 奥利文

    奥利文 Membre Bronze

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    c est quand meme un post a la con et je suis sur que ca va faire un carton : reveiller son coté scatologique....
    bouh pas pour moi tout ca , bien trop prude...sur ce, une ptite priere et dodo!lol
     
  9. Loremis

    Loremis Membre Gold

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    Les longs textes sont toujours un peu essuyant à lire sur écran. Je dis "essuyant" parce que le pénible, le contraignant, dans l'histoire, ce n'est pas de chier (chier peut etre agreable), c'est de s'essuyer apres.
     
  10. Porc Epic Mystere

    Porc Epic Mystere Membre Silver

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  11. Ludovico

    Ludovico Dieu créateur

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    Oh oui tu as raison, je suis ici avant tout pour la reconnaissance, je te donne ma prochaine signature: "touche moi le tétons, avant la prière"

    Partant du constat que certains, par leur point de vue limité, leur manque de respect des règles qui sont là pour guider les posts, donne l'impression de vouloir se convaincre avant tout et font place à leur monologue sans intérêt pour la communauté autre que celui similaire d'une radio vous passant sans cesse le dernier titre d'Alizée.
    Car rien ne nous empêche d'ouvrir nos propres discussions et d'éviter de polluer celle des autres, je vous donne un sujet qui sort des sentiers battus, la "merde" et pourquoi pas ?

    Souvent un sujet qui pourrait être intéressant dérive en grosse merde, en discussion pleine de clichés, de lieux communs, pour certain çà devient presque une spécialité.

    Afin de conjurer le sort, partons du sens inverse.

    PS: Lisez le texte tout de même avant de vous lancer.
     
  12. JEJE

    JEJE Dieu créateur

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    Up!

    Et en tant que Directeur et Docteur pratiquant a mon établissement privé je me tiens a la disposition de tous pour les travaux pratiques dirigés (et digérés :super:).



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