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Pourquoi la Chine doit réévaluer sa monnaie [LE MONDE]

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 14 Avril 2010.

  1. Orang Malang

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    La Chine est peut-être décidée à réévaluer sa monnaie, le yuan. Ce serait une bonne nouvelle pour tout le monde - y compris les Chinois. C'est une évolution qui est souhaitée en Asie, en Europe, aux Etats-Unis et dans les autres grandes économies émergentes. C'est une évolution qui ferait du bien à l'économie mondiale.

    Le sujet a été abordé lundi 12 avril à Washington lors de l'entretien que Barack Obama a accordé à son homologue chinois, Hu Jintao. Le seul fait que le taux de change du yuan ait été inscrit au menu de la rencontre est une indication. Il y a quelques semaines encore, quand on osait les interroger sur la parité du yuan avec les autres devises, les dirigeants chinois n'avaient qu'une réponse. En trois parties : notre monnaie n'est pas sous-évaluée ; toute pression pour nous amener à la réévaluer est du protectionnisme ; le protectionnisme est une agression contre la Chine.

    La pression venait d'abord des Etats-Unis. Mais elle émanait aussi, plus discrètement, de l'Inde, du Brésil, de l'Afrique du Sud et d'autres encore. Motif : la sous-évaluation du yuan est une subvention déguisée aux exportateurs chinois. Déloyale, elle leur donne un avantage de compétitivité. Elle a été accentuée par la décision de Pékin de lier sa monnaie au dollar à la mi-2008, quand la valeur du billet vert s'est mise à décliner. L'Union européenne est aussi pénalisée que les autres zones économiques, mais - courageusement - n'a pas osé le dire !

    La Chine donne aujourd'hui des signes d'évolution. Tour à tour, les responsables de la Banque centrale puis ceux de la Commission nationale du développement et des réformes ont fait entendre un autre message : Pékin pourrait de nouveau laisser le yuan s'apprécier. Les Etats-Unis en ont pris acte. Ils ont - provisoirement - renoncé à accuser publiquement la Chine de manipuler son taux de change.

    Les experts estiment que le yuan pourrait s'apprécier de 10 à 25 % s'il était convertible. Ce changement de parité irait dans le bon sens. Il corrigerait le déséquilibre majeur de l'économie mondiale : un exportateur géant, la Chine, thésaurise des excédents géants, cependant que s'accumulent les déficits chez les autres.

    Les Chinois y trouveraient leur compte. A court terme, une réévaluation du yuan éloignerait les risques d'inflation dans une économie menacée de surchauffe. A plus long terme, elle placerait l'économie chinoise sur la voie non pas d'un Grand Bond en avant, mais du Grand Rééquilibrage dont elle a besoin.

    Une monnaie qui se revalorise redonne du pouvoir d'achat aux ménages. Elle renforce ainsi la consommation intérieure. Elle pourra aider à amorcer le passage d'un modèle de développement à un autre : une économie tirée par la consommation intérieure et non plus par les exportations.

    Les dirigeants chinois ont fait preuve d'un incontestable brio dans la conduite de leur économie ces trente dernières années. La poursuite de cette performance commande d'ouvrir un autre chapitre de cette histoire à succès : la réévaluation du yuan.
    Article paru dans l'édition du 14.04.10.
     
  2. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    A court terme, une réévaluation massive du yuan est impossible [LE MONDE]

    La Chine semble décidée à modifier son régime de change. Mais attention, messieurs les courtiers : ne vous emballez pas trop vite ! Envisagez la réévaluation du yuan comme une affaire de patience plutôt que comme l'occasion de réaliser une opération juteuse sans prendre de risque.

    Pékin tient à protéger ses exportations tout en décourageant la spéculation. Attendez-vous donc à un mécanisme complexe et maîtrisé, et non à une franche réévaluation en une seule fois. La Chine fera en sorte qu'il y ait matière à prendre des positions dans un sens comme dans l'autre, pour échapper aussi bien aux reproches de manipulation déloyale du taux de change qu'aux raids d'investisseurs étrangers à l'affût de coups lucratifs.

    L'autorité centrale de planification chinoise a alerté les exportateurs quant aux risques possibles sur le yuan. C'est le signe que le pays est prêt à laisser flotter sa monnaie. Un arrangement devrait se conclure avec les Etats-Unis, qui ont reporté la publication d'un rapport vraisemblablement très accusateur sur la devise chinoise.

    Si Pékin passe effectivement à l'action, il procédera peut-être comme la dernière fois. Avant la crise du crédit, le yuan avait progressé de 20 % face au dollar, dans le sillage d'une réévaluation ponctuelle de 2 % opérée en 2005.

    Mais cela ne passera peut-être pas ainsi la prochaine fois. Une appréciation massive pénaliserait les exportations et ne ferait qu'inciter les spéculateurs à anticiper d'autres interventions. Ils continueraient donc d'acheter du yuan. Une appréciation progressive serait plus facile à "digérer" pour l'économie nationale, mais ce choix reviendrait à aiguiser l'appétit des spéculateurs étrangers.

    Le mieux serait d'opter pour une tactique qui remplacerait un système d'indexation, même assoupli, par un mécanisme d'alignement sur un panier de devises toutes flottantes entre elles.

    La solution nuirait tout de même aux filières exportatrices du pays, qui ont l'habitude de travailler dans un environnement où le yuan est très stable vis-à-vis du dollar. La définition d'une plage de fluctuation maximale permettrait de limiter tant les dégâts que les possibilités de gain des spéculateurs. Avec le temps, la rapide amélioration de la productivité chinoise favorisera le renchérissement du yuan. Il faudra certainement passer par des chemins de traverse pour arriver au but recherché.
    (Traduction de Christine Lahuec.)
    Plus de commentaires sur l'actualité économique et financière sur Breakingviews.com.
    Wei Gu
     
  3. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    Pékin n'exclut pas une réévaluation mesurée du yuan [LE MONDE]

    La politique de change chinoise a été au centre des discussions menées, jeudi 8 avril, par le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, avec le vice-premier ministre chinois Wang Qishan, au cours d'un déplacement surprise à Pékin. Aux yeux des Etats-Unis, la sous-évaluation du renminbi chinois par rapport au dollar, vilipendée de tous bords, est en grande partie responsable des maux de l'économie américaine et hypothèque lourdement sa reprise.

    De son côté, Pékin entend garder le contrôle du rythme et de l'ampleur de l'assouplissement, jugé nécessaire à terme, de sa politique monétaire. Les dirigeants chinois veulent à tout prix éviter d'apparaître aux yeux de l'opinion publique comme cédant aux pressions américaines. Les entreprises tournées vers l'exportation craignent, pour leur part, une érosion de leurs marges et freinent des quatre fers.

    Une brusque appréciation du yuan affecterait aussi l'économie mondiale et les consommateurs américains, a déclaré, jeudi, Xia Bin, un membre du comité de politique monétaire de la banque centrale chinoise. "L'intérêt fondamental des Etats-Unis n'est pas de voir le yuan s'apprécier", a-t-il dit lors d'une conférence, ajoutant que la Chine devrait lier le yuan à un panier de devises étrangères d'ici à quelques années.

    Ces derniers mois, ces divergences ont fait monter la tension entre Pékin et Washington. Dans son rapport semestriel au Congrès, dont la publication était prévue le 15 avril, le Trésor américain n'excluait pas d'indiquer que les autorités chinoises "manipulent" leur devise. Ce quasi-ultimatum américain avait provoqué en Chine une campagne de presse virulente. Les journaux dénonçaient l'arrogance des Américains, accusés de faire peu de cas des contraintes d'une économie chinoise encore fragile malgré sa forte croissance.

    La visite de M. Geithner pourrait marquer l'ouverture d'une phase plus pragmatique de négociations. Le rapport du Trésor a été reporté. Et la Maison Blanche a laissé entendre que le président Barack Obama s'entretiendra de la politique de change avec son homologue chinois, Hu Jintao, en marge du sommet sur le désarmement nucléaire réuni les 12 et 13 avril à Washington.

    La "realpolitik" semble avoir pris le dessus pour un temps : les Etats-Unis cherchent à obtenir le soutien de la Chine sur le dossier nucléaire iranien, et la présence de M. Hu dans la capitale américaine aurait été impossible à la veille de la publication du rapport du Trésor.

    Autre rendez-vous pesant dans la volonté d'apaisement : le "Dialogue stratégique et économique" sino-américain, nouveau sommet annuel entre les deux puissances, qui se tiendra en mai à Pékin : la politique de change y sera cette année au cœur des débats; en 2009, le dossier avait été éclipsé par la nécessité, pour l'administration Obama, de ménager le créancier chinois alors que les Etats-Unis relançaient leur économie.

    TON CONCILIANT

    Il faut préparer le terrain et laisser le temps aux Chinois de sauver la face. En outre, ils veulent éviter d'être pointés du doigt lors des prochaines rencontres du G7 et du G20. Leur ton est plus conciliant : Zhou Xiaochuan, gouverneur de la banque centrale, a déclaré en mars que le rattachement de facto du yuan au dollar depuis 2008 était "une réponse temporaire" à la crise financière globale.

    Sa valeur face au billet vert est quasiment inchangée depuis 2008 après s'être renchéri de 20 % entre 2005 et 2008. Elle s'est légèrement appréciée depuis mercredi, pour la première fois depuis le début de 2010. En pratique, les autorités chinoises autorisent une marge de fluctuation de 0,5 % par jour entre les deux devises, mais sont maîtresses du jeu en raison de l'inconvertibilité du yuan sur les marchés de change, ce qui explique le gel de la réévaluation après juillet 2008. Le yuan est convertible pour les transactions commerciales.

    L'un des premiers signes d'un assouplissement de sa politique de change, et donc d'un compromis avec Washington, pourrait être l'élargissement par Pékin de la marge de fluctuation du yuan, indiquent les observateurs. Celle-ci était passée de 0,3 % à 0,5 % en 2007. Mais rien ne dit qu'une reprise éventuelle de l'appréciation de la devise, au même rythme que celui qui a été observé entre 2005 et 2008, réponde aux exigences américaines.
    Brice Pedroletti
     
  4. bei

    bei Ange

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    Bonjour,

    La reevaluation du yuan, une bonne chose pour les occidentaux ? pas si sur

    http://weinstein-forcastinvest.net/...-commence-et-ce-n’est-pas-une-bonne-nouvelle/
     

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