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Pékin-Washington : la guerre froide "technologique" est déclarée

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 14 Juin 2012.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    LE MONDE ECONOMIE | 12.06.2012

    Par Joël Ruet, CNRS, chercheur associé à l'Iddri-Sciences Po

    La Chine innove-t-elle ? Depuis la guerre froide, les innovations majeures (aérospatial, informatique, Internet) sont venues du complexe militaro-industriel, surtout américain. Ainsi reformulée, la question est donc celle de la frontière technologique militaire chinoise. Le reste en découlera...

    Le rapport annuel du département d'Etat américain, publié le 18 mai, s'alarme du fait que l'Armée populaire de libération utiliserait des "technologies du secteur privé(...) essentiellement américaines", et pointe en particulier le rôle des "interactions avec l'industrie aéronautique occidentale" en général.

    L'affirmation a été réfutée, dès le 20 mai, par l'agence de presse officielle Chine nouvelle (Xinhua) mais, plus que les déclarations, ce qui compte est la capacité du système industriel chinois à intégrer et à développer des technologies "duales" - c'est-à-dire une technologie qui, vendue pour des applications civiles, peut être utilisée pour des équipements militaires.

    Certes, les Etats occidentaux soumettent leurs exportations à des critères de spécifications d'usage (vitesse, résistance, pression, etc.) limitées à des applications civiles, et surtout à la limitation du savoir-faire de leur mise en oeuvre dans d'autres contextes, non civils.

    Mais qu'il s'agisse d'électronique, de systèmes de radio-pilotage ou de guidage, de matériaux composites, de propulsion, toute mise en oeuvre passe par des sous-traitants, des ingénieurs, des hommes. Or leurs carrières se déroulent entre filiales civiles et militaires des mêmes entreprises. La frontière est extrêmement poreuse : le catalogue civil, venant en bonne part des filiales armement, en porte l'empreinte. La vraie ressource consiste à savoir la "lire" ; et la frontière est également poreuse dans le sens civil-militaire.

    MAÎTRISER LA RECHERCHE DE POINTE

    Tout pays se donnant les moyens de mettre en place de véritables industries, et doté d'ingénieurs de pointe, sait "lire" cette frontière.

    La Chine, présente sur tous les segments de l'aéronautique, a organisé ce secteur en filière industrielle : entreprises de structures, équipementiers spécialisés, systémiers, etc., sont autant d'interfaces d'échange, sans compter le "savoir-lire" d'un tissu manufacturier de pointe dans d'autres secteurs tels que la mécanique, la fonderie, l'automobile, le nucléaire, l'électronique, etc.

    Reste à maîtriser la recherche de pointe. Prenons l'exemple des avions de guerre de 5[SUP]e[/SUP] génération - les F-22 Raptor et F-35 JSF américains ou le Rafale. Seuls deux éléments manquent à la Chine. D'abord, la fusion informatique de multiples sources de données en temps réel. Mais le pays a une avance mondiale dans les grands supercalculateurs.

    Ensuite, une propulsion soutenue à Mach 2. Le développement chinois sous licence de technologies russes et ukrainiennes ne suffit pas, mais l'accès à la technologie d'aubes de turbine à monocristal de titane de la Snecma, civile bien sûr, est une belle étape.

    Car les technologies de Matra, Safran, Dassault - qui vient de signer pour vendre ses Falcon en Chine -, tout comme celles de leurs concurrents américains, sont tirées par la demande chinoise. Mais, et ce bât-là blesse l'Amérique, Airbus y prend de l'avance technologique sur Boeing. Tout cela, le département d'Etat le sait. L'agence Chine nouvelle aussi.
     

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