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Pékin écrase les pousses de jasmin

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Julianos, 8 Avril 2011.

  1. Julianos

    Julianos Membre Platinum

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    http://www.liberation.fr/monde/01012330233-pekin-ecrase-les-pousses-de-jasmin 07/04/2011 à 00h00

    Pékin écrase les pousses de jasmin

    Arrestations, disparitions… la Chine intensifie depuis deux mois la répression contre les prodémocrates.
    Par PHILIPPE GRANGEREAU De notre correspondant à Pékin
    La furieuse campagne de répression politique, lancée en février par les autorités chinoises, ne cesse de s’étendre. Dimanche soir, l’artiste Ai Weiwei, célèbre pour avoir participé à la conception du stade olympique de Pékin en forme de nid d’hirondelle, a rejoint les quelque deux cents écrivains, blogueurs, artistes, journalistes et prodémocrates qui ont été arrêtés, condamnés, mis en résidence surveillée ou que la police a fait disparaître sans autre forme de procès pour des délits d’opinion, selon les organisations de défense des droits de l’homme. Ai Weiwei a été arrêté à l’aéroport de Pékin alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Hongkong. Le régime refusait, hier encore, de donner la moindre explication. La police, qui a saisi ses ordinateurs et ceux de ses assistants, recherche activement de quel crime il pourrait être accusé. «Ai Weiwei va payer le prix de son indépendance d’esprit», assurait hier un éditorial vengeur du quotidien officiel Global Times. La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont, de leur côté, demandé la libération de l’artiste, tandis que l’ambassadeur de l’Union européenne en Chine dénonçait «l’utilisation croissante par les autorités chinoises de mises en détention arbitraires de défenseurs des droits de l’homme, d’avocats et de militants».

    Cure-dents. Fils d’Ai Qing, un poète réputé, Ai Weiwei est devenu en quelques années l’un des chefs de file de l’intelligentsia libérale. «Le simple fait d’avoir des opinons différentes peut coûter la vie aux dissidents ; ils peuvent être emprisonnés, réduits au silence ou disparaître», déclarait-il l’an dernier. Provocateur, Ai Weiwei semblait, jusqu’alors, protégé par sa renommée en Chine et à l’étranger. L’une de ses expositions est actuellement visible à la Tate Gallery de Londres. Il avait reçu de nombreux avertissements : en janvier, une galerie qu’il venait de bâtir à grands frais à Shanghai avait été détruite par les autorités. Ai Weiwei risque aujourd’hui de rejoindre en prison le Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo.
    «Les "guobao" [brigadiersde protection de la sécurité intérieure, ndlr] peuvent nous arrêter quand ils veulent, où ils veulent, nous emprisonner le temps qu’ils veulent et nous maltraiter comme bon leur semble», déplore un professeur d’université qui préfère garder l’anonymat. Gao Zhisheng, avocat des droits de l’homme enfermé on ne sait trop où depuis deux ans, a ainsi subi des sévices indescriptibles. Selon un journaliste d’Associated Press qui a pu recueillir clandestinement ses propos l’an dernier, il a été dévêtu, attaché puis battu pendant deux jours et deux nuits par plusieurs policiers. L’avocat a également eu ses parties génitales percées par des cure-dents, selon un texte qu’il est parvenu à rendre public. «Cette campagne de persécution a été ordonnée au plus haut niveau du Parti communiste, explique une source bien informée. L’objectif est de "tuer des poulets pour effrayer les singes".»Comprenez semer la terreur.

    Censure. Ces rafles d’opposants à la chaîne s’accompagnent d’une réaffirmation sans ambiguïté par le pouvoir de la «supériorité» de la dictature du Parti unique. «Nous jurons solennellement que nous n’adopterons jamais le multipartisme ; que nous ne diversifierons jamais notre ligne politique ; que nous ne séparerons jamais les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; que nous n’adopterons jamais un système bipartite; que nous ne privatiserons pas», a d’ailleurs lancé début mars, le numéro 2 du comité permanent du Bureau politique, Wu Bangguo. En plus de diverger de la ligne du Premier ministre Jiabao (qui s’est déclaré, à plusieurs reprises cette année, favorable à des réformes politiques), cette position orthodoxe est diamétralement opposée aux profonds changements proposés à la fin des années 80 qui avaient commencé à mettre en place une séparation du parti et de l’Etat. Cette politique s’est encore raffermie pour contrer les appels lancés, en février, sur Internet pour une «révolution de jasmin» en Chine. D’importants moyens sont mis à la disposition des polices pour censurer Internet et réprimer efficacement tout défi, si petit soit-il, à la dictature du Parti unique.
    L’embastillé Ai Weiwei a l’art de poser les bonnes questions. L’an dernier, dans un éditorial publié par le Wall Street Journal, il s’interrogeait sur le partenariat que l’Occident avait scellé avec la Chine, lui permettant de devenir la seconde puissance économique du monde tout en légitimant et en renforçant son régime répressif. «Comment, écrivait-il, un Etat basé sur la limitation des flux de l’information et de la liberté de parole peut demeurer puissant ? Et si cela est possible, alors, quelle sorte de monstre va-t-il devenir ?»
     
    #1 Julianos, 8 Avril 2011
    Dernière édition: 8 Avril 2011
  2. Camenbert

    Camenbert Membre Bronze

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    Rien de bien nouveau dans l'ensemble, mais toujours un plaisir à lire.

    Merci Julianos pour l'article !
    (fais gaffe à tes arrières maintenant...)
     
  3. C-E

    C-E Dieu
    Membre de l'équipe Modérateur

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    L'éditorial du Global Times
    (j'ai souligné les gros morceaux)


    Political activism cannot be a legal shield


    • Source: Global Times
    • [11:48 April 08 2011]
    • Comments
    Chinese artist Ai Weiwei is being investigated over "suspected economic crimes," according to authorities Thursday. Some Western media outlets immediately questioned the charge as a "catch-all crime," and insisted on interpreting the case in their own way.


    Western media claimed that Ai was "missing" or had "disappeared" in previous reports, despite their acknowledgement of Ai's detainment. They used such words to paint the Chinese government as a "kidnapper."


    Now they describe the police's charge as "laughable" and flout the spirit of the law. They depict anyone conducting anti-government activities in China as being innocent, and as being exempt unconditionally from legal pursuit.


    Diplomats and officials from countries such as the US and Germany on Wednesday rebuked China once again over human rights. A mayor from South Korea also issued a statement pressuring China to release Ai soon. Such intensive intervention has barely been seen in China of late.

    Ai's detention is one of the many judicial cases handled in China every day. It is pure fantasy to conclude that Ai's case will be handled specially and unfairly. The era of judicial cases involving severely unjust, false or wrong charges has gone.


    Nowadays, corrupt officials and the occasional dissident may view their own cases as being handled unfairly: The former believe their merits offset faults, and the latter see China's legal system as maintaining an "illegal" existence. Ai once said China was living a "crazy, black" era. This is not the mainstream perception among Chinese society.


    China's legal system ensures the basic order of this large-scale country. It guarantees the balanced development of civil livelihood and social establishment. Besides, it maintains an economic order that not only propels domestic growth but also generates foreign exchange powerful enough to purchase US treasury bonds.


    The integrated legal system is the framework of China. The West wants to bring changes to this framework, shaping it as they please, and transforming the nation into a compliant puppet. They have succeeded in creating many such puppets around the world.


    China is not the dangerous place of Western description. Otherwise, Ai would not have returned to China from the US, and Western diplomats and businessmen would not view China as the best place for doing business.



    But like other safe places in the world, China is only safe for law-abiding citizens, and nobody is allowed to see illegal acts go unpunished.


    The charge of "suspected economic crimes" does not mean Ai will be found guilty. The case should be handled properly through legal procedures, and Western pressure should not weigh upon the court's decision.



    If Ai's "suspected economic crimes" are justified, the conviction should not consider his "pro-democracy" activities. The only relation between the two is probably the lesson that anyone who engages in political activities needs to keep "clean hands."

    If Ai is found not guilty, his acquittal should transcend politics too. However the authorities should learn to be more cautious and find sufficient evidence before detaining public figures next time.
     
  4. petitrouge

    petitrouge Membre Bronze

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    Un autre article qui fait écho: décidément la France se passionne pour la Chine...


    Editorial du Monde daté du 15 avril 2011

    Pendant ce temps, la Chine réprime



    Est-ce le souffle de la révolte arabe ? Un vent de panique conjoncturel ? Une attitude de crispation préventive pour se garder de toute mauvaise surprise ? La Chine traverse depuis quelques semaines une phase de répression de la dissidence politique et culturelle, sous toutes ses formes, comme elle en a rarement connu depuis dix ans.

    C'est d'autant plus étonnant que les dirigeants de Pékin, célébrant avec une légitime fierté les performances d'une économie nationale qui tire la croissance mondiale, ont, au fil des ans, plutôt conduit le pays dans l'autre sens : un peu plus de liberté pour les universités, experts, journalistes et artistes.

    Certains de ces mêmes dirigeants sont mêmes persuadés que la Chine ne réussira à s'imposer comme une grande puissance dans les années à venir que si elle développe son soft power - l'obligation pour elle de n'être pas seulement un poids lourd économique et militaire, mais aussi un pays qui séduit par son rayonnement culturel au sens large.

    Si telle est bien leur intention, le moins qu'on puisse dire est qu'ils s'y prennent mal. L'arrestation début avril d'Ai Weiwei, le très célèbre artiste chinois, a eu un retentissement mondial. Volontiers critique du PCC, M. Ai a été interpellé à l'aéroport de Pékin alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour Hongkong. Depuis, sa famille est sans nouvelles de lui ; selon la presse, on l'accuserait d'évasion fiscale.

    Depuis février, début des petites manifestations organisées dans quelques grandes villes chinoises en écho aux événements du monde arabe, une trentaine de personnalités ont été arrêtées. Il s'agit de militants qui s'expriment sur le Net et de ces courageux avocats qui prennent le parti des citoyens les plus démunis face aux abus de pouvoir et à la corruption des dignitaires, petits et grands, du régime.

    A en croire l'un des responsables de Human Rights Watch à Hongkong, dont l'article a été publié dans l'International Herald Tribune du 8 mars, huit parmi les plus grands juristes chinois engagés dans la défense des droits de l'homme sont détenus depuis février ; une vingtaine d'autres vont être jugés pour " incitation à la subversion ".

    Encore ceux-ci font-ils l'objet d'une procédure judiciaire. Mais de plus en plus fréquemment, les autorités usent de moyens " extra-judiciaires " pour faire taire les critiques : intimidation physique et tabassage par des hommes en civil ; " disparition " momentanée pour quelques semaines ou quelques mois d'un militant qu'on fait hospitaliser ou qu'on place en détention dans un lieu inconnu...

    Nombre de dirigeants chinois et de leurs proches ont souffert des terribles turbulences de l'époque maoïste. Ils redoutent l'instabilité plus que tout. Cette obsession de la stabilité peut s'expliquer, mais elle ne les servira pas, ni eux ni leur pays, si elle se traduit par une crispation interdisant toute évolution, même contrôlée. A opposer, comme ils le font, " l'harmonie " sociale à la liberté d'expression, ils finiront par n'avoir ni l'une ni l'autre, et ne récolteront que la régression.

    © Le Monde
     
  5. sanlaurenzu

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  6. NEUF

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