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« On aura toujours besoin de recoudre des boutons » - Saint-Pierre-des-Corps

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 2 Septembre 2011.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
    Membre de l'équipe Modérateur

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    http://saintpierredescorps.blog.lem...aura-toujours-besoin-de-recoudre-des-boutons/

    Nostalgiques et collectionneurs des années 70-80, il faut vous arrêter au 96 de l’avenue de la République, à Saint-Pierre-des-Corps. Avec sa police de caractères héritée de la période Pac-Man, la devanture de la mercerie située à cette adresse donne l’impression d’être restée dans son jus. L’endroit est en fait plus ancien qu’il n’y paraît. "Cela fait 50 ou 60 ans qu’il y a ici une mercerie", croit savoir Christine Ploux, la propriétaire du fond qu'elle a repris il y a maintenant trois ans. A la vitesse à laquelle se renouvellent les petits commerces en milieu urbain, il n’est pas impossible que ce magasin d’environ 40 mètres carrés soit, du coup, l’un des plus anciens de Saint-Pierre-des-Corps.

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    Installée depuis cinquante ans, la Mercerie Midinette a vu passer les modes et le train de la mondialisation. ©Antonin Sabot

    Universelle, la mercerie ? Intemporels les boutons, pelotes, bobines, fermetures Eclair, galons, élastiques et autres cotons à broder ici si soigneusement rangés ? Christine Ploux n’est pas loin de le penser : "On aura toujours besoin de recoudre des boutons ou de faire des ourlets, indique-t-elle. Il n’y a pas un jour, depuis que je me suis installée, où je n’ai pas vendu un fil ou une fermeture." Bergère de France est la marque de laine proposée sur place et Royal Paris celle des bobines de fil. Des Bambi sourient sur des toiles à canevas quand des poussins gambadent dans le classeur d’étiquettes thermocollables. Des tiroirs à couture proposent des boutons à 20 centimes pièce et d’autres (en bois) dix fois plus cher. Faire le constat que le temps s’est arrêté dans ce bric-à-brac au charme suranné est sans doute une banalité. Il faut néanmoins en franchir la porte, établir un parallèle entre l’humilité touchante de la patronne et la simplicité de ses collections. Et arriver à la conclusion – rassurante, somme toute - que la mondialisation n’a pas encore tout ravagé sur son passage.

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    Christine Ploux,a repris le fond de commerce en 2008 après trois licenciements successifs. ©Antonin Sabot

    La mondialisation, justement, Christine Ploux en connaît un rayon. Il y a une dizaine d’années, cette mécanicienne en confection perd son emploi dans une entreprise de la région, la direction ayant décidé de délocaliser au Maroc son unité de polos. Elle retrouve un job chez un fabricant de cravates, mais la société ferme cinq ans plus tard pour mauvaise gestion. Devenue ouvrière dans une entreprise d’usinage, elle subit un nouveau licenciement économique – le troisième – trois ans plus tard. Sa décision est prise : monter sa propre activité. De fil en aiguille, son chemin la conduit alors à Saint-Pierre-des-Corps devant cette boutique tellement modeste que le nom – Mercerie Midinette – n’apparaît même pas sur la devanture.


    Mais la mondialisation, Christine Ploux la voit aussi et surtout au jour le jour, dans ces vêtements confectionnés en Asie ou ailleurs que les clients lui apportent afin de refaire les coutures qui ont lâché au bout de trois mois. Parfois, les gens râlent de devoir payer plus cher une fermeture Eclair de remplacement que le prix du blouson auquel elle est destinée. Que répondre ? Dans la logique commerciale d’aujourd’hui, l’obsolescence est devenue une norme et le rachat une mécanique inéluctable. Enfin, pas pour tout le monde… Chez Mercerie Midinette, les clients les plus fidèles sont des personnes à faibles ressources, généralement âgées. "Des gens qui ont appris, plus jeunes, à entretenir leurs vêtements et qui connaissent la valeur des choses", dit Christine Ploux. Signe qui ne trompe pas, certains de ses acheteurs continuent de repriser leurs chaussettes.

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    Ici, le prix d'un bouton varie entre 20 centimes et 2 euros. ©Antonin Sabot

    Inutile bien sûr de vanter à ces derniers la résistance d’un fil 100 % coton, ce qu'elle s'efforce en revanche de faire à destination des autres. Convaincre de la qualité de ses produits est son quotidien. Presqu’un sacerdoce. Trois ans après son installation, Christine Ploux n’est pas encore parvenue, en effet, à se dégager un salaire, ayant préféré investir ce qu'elle gagne dans le renouvellement de ses stocks. Heureusement, c'est le grand retour du tricot. La mode pour les loisirs créatifs a donné une nouvelle jeunesse à cette activité. La crise économique aussi."Un pull fait main coûtera entre 35 et 50 euros, ce qui peut paraître beaucoup. Mais si on en prend soin, il durera longtemps. " Plus longtemps qu’un pull à bas coût qu’il faudra renouveler à intervalles réguliers.


    Bientôt, espère-t-elle, il lui faudra également rafraîchir la devanture de sa boutique, trop vieillotte à son goût, et mettre en avant ce nom – Mercerie Midinette – qu’elle dit bien aimer. Tant pis pour Pac-Man.
     
  2. C-E

    C-E Dieu
    Membre de l'équipe Modérateur

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    Avec cet article, tu pensais lancer la guerre des boutons du vendredi ?



    Je ne connais pas bien le champs lexical de la mercerie...
     

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