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Moiteur et coups de tampon : l’universel vu de Chine

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 7 Mai 2015.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    LE MONDE du 7 mai 2015

    Les expositions universelles ont été conçues au XIXe siècle pour montrer le progrès technique que les nations occidentales apportaient au reste du monde : Londres en 1851, Paris en 1867 et 1900, Chicago en 1893. Cependant, depuis l’Exposition universelle d’Osaka, en 1970, ces grandes manifestations sont aussi accueillies par des villes asiatiques : Nagoya en 2005, Shanghaï en 2010. C’est le point de départ de l’enquête collective menée par deux ethnologues, spécialiste l’une de la Chine, Brigitte Baptandier, et l’autre du Japon, Sophie Houdart : comment ces expositions organisées dans d’autres centres du monde élaborent-elles une vision alternative de l’universel ? Au-delà des discours japonais sur « la sagesse de la nature » ou de l’idéologie néoconfucéenne de la « ville harmonieuse », il s’agit de voir comment les villes asiatiques font tenir ensemble, selon une perspective qui leur est propre, tous les acteurs qui composent le monde.

    C’est donc un véritable décentrement du regard que proposent les deux ethnologues en décrivant les multiples pavillons de l’Exposition universelle de Shanghaï comme autant de points de vue sur l’universel. Pour l’ouvrage, plusieurs spécialistes de la Chine contemporaine ont étudié la préparation et la gestion de l’événement : à travers l’analyse de ce colossal effort d’équipement, on saisit comment la Chine se présente au reste du monde. C’est d’abord le flux des humains qu’il lui faut gérer : 73 millions de visiteurs pour l’Exposition, dans une mégapole qui compte presque autant d’habitants (si on compte le tissu urbain qui s’étire de Shanghaï à Nankin). Les voies rapides surélevées construites dans la ville et les files d’attente dressées dans le Parc des expositions visent à éviter que les foules ne se transforment en masses, porteuses de menace de révolte. Mais il s’agit aussi de représenter les différents collectifs qui constituent le monde, avec 246 participants dont 192 pays. Le pavillon de la Chine, étudié ici par Aurélie Névot, est construit selon une codification complexe, inspirée de la géomancie traditionnelle, et arbore une couleur rouge spécialement conçue pour l’Exposition. Le pavillon de Taïwan représente l’« autre Chine » par un rituel de lâcher de lanternes, sans que lui soit conféré le statut de nation. Les associations taoïstes et bouddhistes participent également à la construction du discours de l’Exposition sur l’universel.

    http://pan.baidu.com/s/1eQ1Z6ro
     

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