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L'instabilité des relations sino-japonaises

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 24 Septembre 2012.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    Annexe de l'article : Mer de Chine - La guerre menace du 24 septembre 2012 (LE MONDE)

    La qualité des relationss entre la Chine et le Japon dépend du contexte géostratégique et de l'analyse que le régime chinois peut en faire. Le 29 septembre marque le 40e anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques. Si le rappel constant de la guerre sino-japonaise et de ses atrocités est au coeur de l'éducation patriotique en Chine, à cette époque, Mao, recevant une délégation de parlementaires japonais, remerciait le Japon pour un conflit qui avait permis au Parti communiste d'arriver au pouvoir.

    L'établissement des relations diplomatiques s'inscrivait dans un contexte stratégique qui - pour Pékin - était dominé par la menace "principale" soviétique alors que des incidents armés entre les deux ex-pays frères s'étaient produits en 1969. La Chine décidait de se rapprocher des Etats-Unis - menace "secondaire" - dans un basculement stratégique marqué par la visite de Richard Nixon en février 1972. Surpris par ces évolutions dont il n'aurait pas été informé, le Japon décidait d'accélérer son propre rapprochement avec Pékin.

    Pour la Chine, l'établissement des relations diplomatiques avec une puissance japonaise en plein élan lui permettait de sortir de l'isolement et de bénéficier - alors que la révolution culturelle avait laissé l'économie du pays exsangue - d'une aide considérable.

    Pour Tokyo, l'établissement rapide des relations diplomatiques avec une Chine qui ne pouvait l'inquiéter apparaissait aussi comme une source d'opportunités nouvelles et le moyen de démontrer à Washington que, désormais, ce sont aussi les intérêts propres du Japon qui présideraient à ses choix diplomatiques.

    Si la Chine - et Taïwan - avaient pour la première fois revendiqué l'archipel des Senkaku-Diaoyu en 1971, cette question de souveraineté ne constituait pas un enjeu majeur avec Tokyo. L'heure n'était pas à Pékin aux tensions avec le Japon devenu le premier pourvoyeur d'aide au régime. En 1992, Pékin pourra aussi se féliciter de la bonne volonté japonaise lorsque Tokyo sera la première puissance à rompre l'ostracisme imposé à la Chine par les puissances occidentales après les événements de Tiananmen en juin 1989. La visite de l'empereur du Japon en Chine, la même année, marquera l'apogée de ces relations.

    Le contexte est bien différent. La menace soviétique a disparu et la Chine s'est hissée au deuxième rang mondial mais le régime continue d'analyser la situation internationale comme "incertaine". Cette fois, ce sont les Etats-Unis et leurs alliés en Asie qui suscitent son inquiétude.

    Si les relations économiques entre Tokyo et Pékin sont marquées par une forte complémentarité, le Japon est aussi redevenu pour le régime chinois l'exutoire des frustrations accumulées dans la population. Cette stratégie de la tension, mise en oeuvre depuis la fin des années 1990 et la désastreuse visite du président Jiang Zemin à Tokyo, alimente en retour la radicalisation d'une partie de l'opinion publique japonaise face à une Chine qui déçoit et inquiète.

    La question territoriale dans ce contexte n'est qu'un prétexte, ou le marqueur de l'état des relations entre les deux puissances asiatiques. En 1978, Deng Xiaoping, à la veille de lancer la politique de réformes et d'ouverture qui allait transformer le pays, déclarera que la question des Senkaku-Diaoyu devait être "mise de côté" pour laisser la voie libre à une fructueuse coopération entre les deux pays. L'archipel semble faire partie de ces "intérêts vitaux" pour la défense desquels les autorités chinoises multiplient les gesticulations martiales. Ainsi, le degré de tension entre Tokyo et Pékin, quel qu'en soit l'objet apparent, constitue un baromètre précis du degré d'ouverture et d'intégration au système mondial voulu par Pékin.
     

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