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L'Inde et le Japon veulent peser face à la Chine

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 7 Novembre 2007.

  1. Orang Malang

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    L'Inde et le Japon veulent peser face à la Chine

    LE MONDE | 06.11.07 | 14h45 • Mis à jour le 06.11.07 | 14h45









    [​IMG]près la Chine, le Japon choisit de renforcer sa présence en Inde. Les investissements nippons y ont atteint 512 millions de dollars (354 millions d'euros) en 2006, contre 266 millions de dollars en 2005. Autre signe du rapprochement des deux pays, 2007 a été décrétée année du Japon en Inde. Et, fait exceptionnel pour un dirigeant étranger, l'ancien premier ministre japonais Shinzo Abe a été invité, lors de sa visite en août, à s'exprimer à la tribune des deux chambres du Parlement indien.


    Ce déplacement devait faciliter les échanges entre l'Inde et le Japon, ce dernier arrivant en neuvième position des pays investissant en Inde. Accompagné d'une délégation de 243 chefs d'entreprise, M. Abe a affirmé vouloir rapprocher des pays aux mêmes valeurs démocratiques au sein d'une "Asie élargie", allant de l'océan Indien à l'océan Pacifique.
    L'Inde et le Japon ont aussi en commun d'avoir la Chine comme rival et veulent contenir sa montée en puissance en renforçant leurs échanges commerciaux.
    En 2006, ces derniers ont péniblement atteint les 7,5 milliards de dollars, soit moins de 4 % des échanges entre Tokyo et Pékin. Longtemps, le Japon s'est contenté d'assurer à l'Inde une aide publique massive, les entreprises nippones préférant tourner le dos à un marché peu accueillant pour des produits technologiques à forte valeur ajoutée.
    La croissance économique - aux alentours de 9 % par an -, ainsi qu'une classe moyenne qui compte 240 millions de personnes, réveille désormais l'appétit des entreprises japonaises. Dans le sillage du constructeur automobile Suzuki, présent en Inde depuis 1982 et qui détient aujourd'hui 46 % du marché automobile, Toyota s'est implanté en 2000 avec comme objectif de multiplier par dix sa production de véhicules d'ici à 2015. Honda a annoncé le 15 octobre son intention de lancer la version hybride de la Civic dès 2008.
    Signe que les relations commerciales entre les deux pays se développent, la compagnie aérienne japonaise ANA a inauguré le 1er septembre une ligne quotidienne directe Tokyo-Bombay, réservée aux milieux d'affaires.
    Le Japon veut aussi faire de l'Inde, dont les coûts de main-d'oeuvre sont inférieurs à ceux de la Chine, une plate-forme régionale de production. Ainsi, Nissan va construire à Madras l'usine d'assemblage de sa voiture à 3 000 dollars, destinée aux marchés émergents. Mistubishi Chemical va investir 370 millions de dollars dans une usine d'acide téréphtalique près de Calcutta.
    Le développement de l'industrie japonaise en Inde se heurte en revanche au manque d'infrastructures. Le projet de construction d'un corridor industriel entre New Delhi et Bombay pourrait remédier, partiellement, au problème. D'un montant de 90 milliards de dollars, il serait financé à hauteur de 30 % par des fonds publics et privés japonais. Il comprendrait la construction d'une ligne de fret ferroviaire de 1 500 kilomètres, trois ports, six aéroports et neuf zones économiques spéciales de 200 km2 chacune, pour accueillir des industries chimiques.
    Mais des désaccords ralentissent la mise en oeuvre du projet, censé démarrer en 2008. L'Inde veut construire une ligne de chemin de fer pouvant accueillir des locomotives diesel, tandis que le Japon veut imposer son train électrique.
    Pour faciliter leurs relations, les deux gouvernements sont engagés depuis janvier 2007 dans des négociations pour un accord de partenariat économique. "La signature devrait intervenir dans les deux ans, précise Kohei Shiino, de l'Organisation japonaise du commerce extérieur, le Jetro. Mais les négociations sont difficiles. L'Inde paraît échaudée, car elle ne profite guère de l'accord de libre-échange conclu avec la Thaïlande, dont les principaux bénéficiaires sont les groupes japonais."
    Plusieurs sociétés d'électronique grand public, essentiellement Sony, profitent de cet accord de 2004 pour exporter leurs produits, comme les téléviseurs ou les climatiseurs, depuis la Thaïlande vers le sous-continent.
    L'Inde souhaite également un rééquilibrage des échanges. Une soixantaine de groupes indiens ont commencé à investir au Japon, essentiellement dans les secteurs pharmaceutiques et du conseil en services informatiques.
    Le 10 octobre, le fabricant indien de médicaments génériques Lupin a pris la majorité du capital de Kyowa Pharmaceutical et Ranbaxy a racheté Nihon Pharmaceutical.
    Les étudiants indiens commencent à peine à intégrer les universités nippones. Ils sont aujourd'hui 400. D'après Sanjeev Sinha, le directeur d'UBS Japan qui vit dans l'archipel depuis onze ans : "Il faut que les jeunes Indiens viennent. Dans les relations avec les Etats-Unis, tout est déjà en place. Ici, tout est à construire."
     

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