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libération surprise d'Ai Weiwei, au prix d'une "confession"

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Yiwu, 23 Juin 2011.

  1. Yiwu

    Yiwu Membre Gold

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    Yiwu
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    La Chine a créé la surprise en annonçant tard mercredi la libération sous caution de l'artiste dissident chinois Ai Weiwei, assurant toutefois qu'il avait "confessé" s'être rendu coupable d'une fraude fiscale massive et était souffrant.
    "Je vais bien. Je suis de retour à la maison. Et je suis libre. Mais je ne peux pas parler. S'il vous plaît comprenez-le", a, de son côté, déclaré Ai Weiwei au site en ligne du quotidien populaire allemand Bild.
    Son avocat, Liu Xiaoyuan, avait indiqué à l'AFP, peu après minuit, avoir reçu un SMS de l'artiste confirmant qu'il avait été libéré et lui disant simplement "merci".
    Il a été libéré sous caution, a annoncé l'agence de presse Chine nouvelle, expliquant cette nouvelle inattendue par "la bonne attitude" d'Ai Weiwei qui "a confessé les crimes" d'évasion fiscale et par une maladie chronique non précisée chez cet homme corpulent de 54 ans.
    Cet artiste avant-gardiste en délicatesse avec le régime communiste ces dernières années, avait été arrêté le 3 avril au moment où il tentait de prendre un avion pour Hong Kong, et mis au secret, sans qu'aucune charge contre lui ne soit rendue publique.
    Son arrestation, intervenue au milieu de la pire vague de répression de la dissidence depuis les années post-Tiananmen, avait provoqué l'émoi à l'étranger.
    Les autorités chinoises avaient récemment laissé entendre qu'Ai Weiwei était coupable d'une évasion fiscale d'ampleur, ce qui laissait présager une lourde peine de prison.
    Mais, selon des sources informées, la Chine ne savait pas comment régler le cas Ai Weiwei, en raison de la notoriété mondiale de l'artiste et de l'ampleur des protestations - qui l'avait surprise - après son arrestation.
    L'annonce faite mercredi permet donc à Pékin de trouver une issue, mais était inattendue, même si des rumeurs de libération imminente avaient circulé sur l'internet chinois, avant d'être promptement effacées par les censeurs.
    "La police de Pékin a dit mercredi qu'Ai Weiwei avait été libéré sous caution en raison de sa bonne attitude (car) il a confessé ses crimes et également en raison d'une maladie chronique dont il souffre", a écrit l'agence officielle.
    "Cette décision tient compte du fait qu'Ai a dit de manière répétée qu'il était prêt à payer les impôts" qu'il doit au fisc chinois, ajoute Chine nouvelle.
    Une compagnie contrôlée par Ai Weiwei, la "Beijing Fake Cultural Development Ltd.", s'est rendue coupable d'"une évasion fiscale massive et a intentionnellement détruit des documents comptables", poursuit l'agence.
    L'artiste, qui a participé à la conception du célèbre "nid d'oiseau", le stade des jeux Olympiques de Pékin en 2008, s'est souvent heurté au pouvoir chinois en le critiquant frontalement ou en défendant des causes humanitaires. Son atelier de Shanghaï avait été récemment détruit.
    Il avait notamment mené un virulent combat pour dénoncer la corruption à l'origine de l'effondrement d'écoles construites au rabais dans le Sichuan qui avait provoqué la mort de centaines d'enfants pendant le séisme de 2008.
    La mise au secret d'Ai avait provoqué de vives protestations dans les capitales occidentales et dans les milieux culturels étrangers.
    Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne ou l'Australie, les organisations internationales de défense des droits de l'Homme avaient appelé à sa libération immédiate.
    Ai Weiwei exposait encore en mai, à la Tate Modern de Londres, l'une de ses oeuvres monumentales.
    L'Union européenne, dans son dialogue régulier sur les droits de l'Homme avec Pékin, avait évoqué la semaine dernière le cas d'Ai comme étant prioritaire.
    Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a salué la libération de l'artiste, estimant que sa détention avait été "injustifiable et inacceptable" et qu'elle était "caractéristique de la répression généralisée qui s'est abattue récemment sur les militants des droits de l'Homme" en Chine.
    Tout en se félicitant, Human Rights Watch a exprimé son inquiétude sur les conditions de cet élargissement.
    "Les autorités pourraient imposer un pacte aux termes duquel il ne s'engagerait publiquement plus sur les questions des droits de l'Homme", redoutait Phelim Kine, pour HRW.
    Amnesty International a de son côté souhaité qu'Ai "jouisse désormais d'une liberté entière, et ne soit pas en résidence surveillée comme cela a été le cas pour tant d'autres (dissidents) récemment libérés après des détentions arbitraires".
    L'organisation relève que sa libération intervient à quelques jours d'une visite du Premier ministre Wen Jiabao en Grande-Bretagne et en Allemagne où Ai a "des liens professionnels et un soutien du public forts".

    http://www.tv5.org/cms/chaine-franc...lmmd.aceca356add6a8d12b1ed961fdddec6b.331.xml
     

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