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Les travailleurs chinois de 14-18

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par MINNY, 20 Juin 2014.

  1. MINNY

    MINNY Membre Platinum

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    7 Mai 2014
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    Fait malheureusement méconnu: Lors de la 1er guerre mondiale il y eut pénurie de main-d'œuvre en France; près de 100 000 chinois sont venus en France pour travailler mais aussi combattre aux côtés des Français...

    Hommage à tous ces hommes -venu pacifiquement contribuer à l'effort de guerre allié- pour leur courage et leur bravoure.

    A lire: "les travailleurs Chinois en France dans la première guerre mondiale" CNRS édition, auteur: sous la direction de Li Ma.
     
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  2. Un humain...

    Un humain... Guest

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    Pour aller un peu plus loin...
    Blog du monde, 2013

    Pour remplacer les hommes partis au front, la France et le Royaume-Uni ont fait appel à des travailleurs chinois sous contrat. Les travaux de l'historienne Ma Li apportent un nouvel éclairage sur cette histoire méconnue. Publié par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 2012, financé par le ministère de la défense, l'ouvrage intitulé Les Travailleurs chinois dans la première guerre mondiale a été rédigé par vingt-trois chercheurs dans neuf pays, dont la France, la Chine, Taïwan, le Japon et le Royaume-Uni.


    Le 14 mai 1916, les autorités françaises et chinoises concluent un accord pour l'envoi de main-d'œuvre. Ce sont ainsi 36 975 Chinois qui furent envoyés en France dans les usines d'armement, les ports, les mines, les exploitations agricoles et les forêts. « Pour ce qui est du "Chinese Labor Corp", les travailleurs chinois recrutés par les Britanniques, nous disposons de chiffres contradictoires, explique Ma Li, maître de conférence à l'université du Littoral (Pas-de-Calais). Les sources anglaises font état de 93 000 travailleurs, les documents chinois de 100 000. »

    Quatre-vingts pour cent des travailleurs furent recrutés dans la région du Shandong, dans l'est de la Chine. Principale raison de cette préférence ? Leur robustesse. Les Britanniques avaient déjà recouru à leur service pour l'exploitationdes mines d'or d'Afrique du Sud en 1903-1904. Weihai, le port de cette province, était d'ailleurs administré par les Anglais. Pour nombre de ces hommes, qui n'avaient jamais quitté leur village, le voyage de trois mois en bateau fut fatal.« Certains n'ont pas supporté le mal de mer. D'autres sont devenus fous, se sont jetés à l'eau. D'autres encore sont tombés gravement malades », précise Ma Li.

    Le trajet en mer Méditerranée était parfois semé d'embûches. Les paquebots n'arrivaient pas tous à Marseille, tel l'Athos qui fut torpillé par un sous-marinallemand le 17 février 1917, faisant 700 morts dont 543 Chinois. Ce désastre qui faisait suite à une dizaine d'attaques en mer contraignit les Français et les Britanniques à changer de route. Les travailleurs chinois traversèrent ensuite le Pacifique en bateau, le Canada en train, puis l'Atlantique. Arrivés au Havre ou à Dieppe, ils étaient dispersés dans toute la France. Les usines Renault, les mines de La Machine (Nièvre) et le port de La Seyne-sur-Mer (Var) furent des pourvoyeurs de cette main-d'œuvre. Du côté britannique, les Chinois étaient utilisés pour le déminage, la livraison d'équipements militaires, puis, après la guerre, pour le nettoyage des champs de bataille. « Les termes de l'accord sino-anglais n'ont pas été respectés. Le contrat stipulait que les travailleurs chinois ne devraient s'acquitter d'aucune tâche militaire, note Ma Li. Les Français ont également violé le contrat, dans la mesure où les Chinois travaillaient dans des usines d'armement ».

    Les régimes contractuels étaient différents. L'accord signé avec la France prévoyait un recrutement pour une durée de cinq ans. Les travailleurs non qualifiés étaient payés 1,50 franc par jour (le kilo de pain coûtait 0,44 francs en 1914), les qualifiés (mécaniciens, artisans, interprètes), jusqu'à 6 francs. Le ministère des travaux publics mit des logements à disposition des différentessociétés privées. Côté britannique, les travailleurs étaient embauchés pour trois ans. Les ouvriers non qualifiés étaient rémunérés 1 franc par jour, les qualifiés 1,50 franc. Les coolies étaient logés à Boulogne-sur-Mer, Saint-Omer, Calais et Dunkerque, dans des camps de travailleurs pouvant contenir jusqu'à 10 000 hommes. Ceux-ci n'avaient pas le droit de nouer des contacts avec la population locale. Les allées et venues étaient contrôlées. Malgré la présence d'environ 150 interprètes, d'importants problèmes de communication survinrent.« L'écrasante majorité ne comprenait pas les ordres donnés. Pour que les ouvriers se pressent, les officiers anglais hurlaient "Go ! Go !", ce qui en mandarin veut dire"chien ! chien ! ". Cela a donné lieu à des grèves, à des incidents entre Chinois et Anglais », relate Ma Li.

    Selon les autorités françaises, 1500 travailleurs chinois seraient décédés pendant la première guerre mondiale. Les Britanniques font état de quelque 2000 morts. Ce dernier chiffre prête à contestation. « Au moins 27 000 travailleurs chinois ont disparu sur les 100 000 recrutés par le Royaume-Uni, explique Ma Li. Que sont-ils devenus ? Le travail de recherche doit être approfondi. Une hypothèse pourrait expliquer cette disparition : les travailleurs chinois se trouvaient dans la zone des combats, beaucoup d'entre eux ont dû être tués, puis être enterrés sur place dans des fosses communes ». Plus d'un millier de coolies chinois sont enterrés dans dix-sept cimetières du nord de la France, entretenus par la Grande-Bretagne. Celui de Noyelles-sur-Mer (Somme) compte 843 tombes, celui de Saint-Etienne-au-Mont (Pas-de-Calais), 150. En revanche, il n'existe pas de cimetière pour les travailleurs chinois, entretenu par la France.

    Partie 2
    Que sont devenus les travailleurs chinois après la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 ? La plupart des Chinois recrutés par les Britanniques sont restés jusqu’en 1920. C’est le cas de ceux qui avaient été recrutés en 1917 pour un contrat de trois ans. « Ils ont servi pour la reconstruction et le nettoyage des champs de bataille dans l’Artois et à Ypres dans les Flandres », précise Ma Li, auteure des Travailleurs chinois dans la première guerre mondiale (2012). Parmi les Chinois employés par la France, les derniers sont repartis en 1922. Fortement invités par les autorités françaises à rentrer chez eux, une petite minorité décide de rester. Emmanuel Ma Mung, géographe, spécialiste des migrations chinoises, estime qu’ils furent entre 2000 et 3000 Chinois à s’installer à Paris, en banlieue et dans certaines grandes villes de province. « Ces personnes venaient tous de la province de Zhejiang au sud de la Chine, notamment de la petite ville de Qingtian et de Wenzhou, explique-t-il. Ils ont retrouvé à Paris, des personnes originaires de la même province, déjà installées en France avant la Première guerre mondiale. Il y avait dans cette région une tradition migratoire ancienne, celle des colporteurs de Qingtian, qui traversaient la Chine et la Russie pour vendre des objets de pierres et des statuettes ».

    A Paris, ces Chinois se retrouvent à l’îlot Chalon, près de la gare de Lyon. « Il y avait dans ce quartier des cantines chinoises qui étaient devenuus des petits centres consulaires, indique Marie Holzman, sinologue, auteur de Chinois de Paris(1989). Un point de rencontre pratique pour ces hommes débarqués en bateau à Marseille qui arrivaient en train à la gare de Lyon. « Il faut garder à l’esprit qu’ils n’étaient jamais sortis de leur village et qu’ils ne parlaient pas un mot de français ni même de mandarin », rappelle Marie Holzman. Selon Ma Li, 80% des travailleurs chinois venus travailler en France étaient illettrés. Après la guerre, la plupart deviennent colporteurs. « Comme ceux qui étaient là avant, ils vendaient sur les marchés des produits de maroquinerie », ajoute Emmanuel Ma Mung. A partir du milieu des années 1920, les Chinois s’installent également dans d’autres quartiers. A Richard-Lenoir, ils travaillent dans l’ébénisterie. Dans le Sentier et aux Arts-et-Métiers, ils sont embauchés dans des ateliers de textile tenus par les Juifs. Petit à petit, les Chinois rachètent ces ateliers. « L’expansion des Chinois dans le quartier des Arts-et-Métiers date véritablement de la seconde guerre mondiale, précise Marie Holzman. Beaucoup de Juifs ont alors été déportés par les Allemands. Dès qu'un atelier était vide, les Chinois s'installaient ».

    Dans quelle mesure ces immigrés chinois s’intègrent-ils dans la société française de l’époque ? « Ils se sont intégrés économiquement, mais il ne faut pas oublier qu’en arrivant en France, ils n’avaient jamais vu une école de leur vie. Il est très difficile de saisir leur vision du monde », déclare Emmanuel Ma Mung. Selon Ma Li, l’intégration se fait notamment par le mariage. Nombre des Chinois épousent des Françaises, souvent des migrantes venues d'Alsace, de Normandie et de Bretagne. Une petite partie d’entre eux sont politisés et syndicalisés, en particulier, ceux qui ont travaillé dans les usines françaises. Comme pour beaucoup de Chinois de l’époque, leur conscience politique naît pendant la Conférence de paix de Paris. La Chine, qui se trouvait dans le camp des vainqueurs de la guerre parce qu’elle avait pourvu les Alliés en main d’œuvre, assiste impuissante au transfert de la province du Shandong au nord de la Chine (détenue par les Allemands) au Japon. « Or, la grande majorité des travailleurs chinois venaient du Shandong. Pour eux, c’était une humiliation, insiste Ma Li. C’est à cause d’eux qu’est né le mouvement du 4 mai 1919, qui voit plus de 3000 étudiants se réunir devant la place Tiananmen, pour manifester contre le traité ».

    Selon l’historienne, les travailleurs chinois découvrent les idées marxistes et anarchistes au contact des milliers de jeunes concitoyens venus étudier en France dans les années 1920, tels Zhou Enlai (premier ministre chinois de 1949 à 1976) et Deng Xiaoping (président de facto de la Chine de 1978 à 1992). Entre la fin de la guerre et 1927, 4000 jeunes chinois avaient fréquenté les universités françaises dans le cadre du mouvement Travail-Etudes, créé par le Chinois Li Shizeng, philanthrope et admirateur de la culture française. « Ces Chinois sont d'autant plus sensibles au discours communiste dans les années 1920 qu'ils sont venus ou restés parce que la France est le pays de la Révolution, explique Marie Holzman.1789 exerce une très grande fascination sur eux. Le pôle d'attraction n'était pas encore l'URSS qui émergeait à peine de sa révolution. A l'époque, on allait faire ses études à Paris ». Pour Emmanuel Ma Mung, l’influence de ces étudiants est à relativiser : « D’après les témoignages recueillis, les intellectuels comme Zhou Enlai venaient manger dans les cantines de l'îlot Chalon, ils y rencontraient ces Chinois d’extraction très populaire. Leur but était de les éduquer, mais ils n’ont pas été très suivis, parce que la différence sociale était trop énorme ».

    Lorsque l'îlot Chalon est rasé dans les années 1970, beaucoup de Chinois s'installent à Cormeilles-en-Parisis (Val d'Oise), mais aussi dans les quartiers parisiens des Arts-et-Métiers et de Belleville. Au sein des familles immigrées chinoises, la mémoire des travailleurs de la première guerre mondiale s'est peu à peu éteinte. « On sait qu'un grand oncle est venu travailler pendant la guerre, mais cette mémoire est restée cantonnée dans les familles, explique Emmanuel Ma Mung. Il n'y a pas eu de travail de mémoire collectif ». L'une des seules démarches a été tuée dans l'oeuf : l'Association générale des travailleurs chinois en France avait demandé dans les années 1920 que leurs concitoyens morts pendant la première guerre mondiale soient enterrés dans un cimetière, mais cette demande fut rejetée par les autorités françaises, pour des raisons budgétaires. Ce n'est que le 11 novembre 1988, qu'une plaque commémorative est apposée près de la gare de Lyon à Paris (Voir photo). Elle est inaugurée par Paul Quilès, député, membre du Conseil de Paris et ancien ministre de la Défense. Une stèle« à la mémoire des travailleurs et des combattants chinois morts pour la France »est ensuite érigée en 1998 dans le jardin Baudricourt, à Paris dans le 13e arrondissement. Dernier geste de reconnaissance en date de la part de l'Etat français envers ces travailleurs chinois : le financement par le ministère de la défense d'un important travail de recherche sous la direction de l'historienne Ma Li, en 2012.
     
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  3. Un humain...

    Un humain... Guest

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    Certainement un V-P-N... Sur dailymotion " Les chinois pour l effort de guerre"
     
  4. Ouistiti Hurleur

    Ouistiti Hurleur Demi-dieu

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    Merci pour le lien.
     
  5. Searogers

    Searogers Demi-dieu

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    On a déjà également parlé d'un reportage (52') sur les chinois qui ont combattu pendant la Grande Guerre, et ceux qui ont survécu.
    Ledit reportage est passé sur France Ô, sur Arte et sur la chaîne Histoire.. (entre 2010 et 2012).
    Une petite recherche sur le forum, vous trouverez la ressource... (j'ai la flemme de le faire)
     
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  6. ChrisHK

    ChrisHK Dieu créateur

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    Ici : http://www.bonjourchine.com/threads/les-travailleurs-chinois-de-la-premiere-guerre-mondiale.109200

    Et là : http://www.bonjourchine.com/threads/les-chinois-oublies-de-la-premiere-guerre-mondiale.73348/
     
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  7. Un humain...

    Un humain... Guest

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  8. ChrisHK

    ChrisHK Dieu créateur

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    De rien.
     
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  9. xml

    xml Dieu souverain

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    joli coup , bravo :bravo:
     
  10. lilun

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    Il existe, il me semble, un petit monument en leur hommage dans un parc situé entre les avenues d'ivry et de choisy dans le 13ème à Paris.
     
  11. lilun

    lilun Archange

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  12. Neuromancer

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    Minnie tu peux poster ici le lien que tu m'avait donnée avant? Juste pour voir si ça fonctionne.
     
  13. avalouer

    avalouer Membre Gold

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    Il existe dans la somme un cimetière chinois pour les morts au front de la grande guerre, j'étais passé devant il y a longtemps mais je me souviens plus où c'est ( après recherche c'est à Nolette)
     

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