1. Bienvenue sur Bonjourchine.com, le 1er forum francophone sur le travail, les études et le voyage en Chine.

    Pour poser une question ou répondre à une discussion déjà ouverte, inscrivez vous. C'est facile, rapide et gratuit !

    Cela vous permettra de sucroit de ne plus avoir de pub qui s'affiche à l'écran (0 pub pour les membres du forum!).
    Rejeter la notice

Les Chinois contrôlent le transport aérien planétaire

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 11 Décembre 2012.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
    Membre de l'équipe Modérateur

    Inscrit:
    23 Octobre 2005
    Messages:
    15 969
    Localité:
    常熟,江苏
    Ratings:
    +8 171 / -35
    Le Point du 10 décembre 2012

    [​IMG]
    Air France-KLM loue 36 % des 609 avions de sa flotte. © Joël Saget / AFP


    Deux avions de ligne sur trois ne sont pas (ou plus) la propriété des compagnies aériennes, mais sont loués à des sociétés spécialisées. Celles-ci (ILFC, Gecas, ALC, Alafco...) ont acheté des appareils par centaines à Airbus, Boeing, Bombardier ou Embraer, bénéficiant ainsi de tarifs très favorables. Ainsi l'américain ILFC, propriétaire d'un millier d'avions, est vite devenu le premier client d'Airbus. Tous confondus, les loueurs représentent 22 % du carnet de commandes. Mais ce monstre capitalistique - un long-courrier coûte 250 millions de dollars en moyenne - repose sur des pieds d'argile. Sa maison mère, la société d'assurances AIG, a été très malmenée par la crise financière des subprimes et cherche à réaliser des actifs. ILFC est estimée à 5,28 milliards de dollars. Aussi, l'offre d'un pool d'investisseurs chinois d'en prendre 80,1 % est-elle bienvenue ?

    Toutes les compagnies françaises concernées


    Du jour au lendemain, des centaines d'avions vont devenir propriété financière chinoise, notamment en France chez Air France, mais aussi Corsair, Air Austral, Air Caraïbes, Air Méditerranée, XL Airways... Chez Aigle Azur, 48 % du capital est contrôlé par le groupe HNA de Hainan... À Air France-KLM et ses filiales, 36 % des 586 avions sont loués, dont une cinquantaine chez ILFC. Les loyers vont-ils augmenter ? Voilà, bien sûr, la première question que se posent les directeurs financiers des compagnies aériennes, qui sont toutefois protégés par des contrats souvent signés pour cinq ans. Lors des reconductions, les tarifs de location risquent d'être plus liés à l'offre et la demande. Et comme la desserte de la Chine représente 30 % du marché du transport aérien mondial, des tensions haussières ne sont pas exclues, tôt ou tard répercutées sur le tarif des billets des passagers.

    Les bonnes raisons de louer


    Les transporteurs usent largement de la location pour plusieurs raisons. Les petites compagnies ne disposent pas des centaines de millions de dollars nécessaires à l'achat d'avions en pleine propriété. Elles trouvent auprès des loueurs des tarifs plus intéressants que ceux des prêts obtenus individuellement auprès des banques. Les grandes compagnies en difficulté, comme Air France, revendent leurs avions à des loueurs puis les relouent, ce qui diminue leur dette. Enfin, la location permet d'ajuster rapidement la taille de la flotte à la demande de trafic, que ce soit à la baisse ou à la hausse. Le leasing permet, par exemple, de remplacer un Airbus A319 de 150 sièges par un A321 de 210 sièges pour desservir une destination en forte croissance. Le portefeuille mondial du loueur offre cette souplesse.

    10 % du prix du billet


    Dans le prix du billet d'avion, le loyer payé représente en moyenne 10 %, le carburant et les frais de personnel représentant chacun 40 %. Les sommes en jeu sont considérables. Un Boeing 737 ou un Airbus A320 ancien se loue environ 100 000 dollars par mois, ce qui est considéré comme pas cher. Compter 500 000 dollars pour un long-courrier A330, bien négocié en période de baisse de trafic. Aujourd'hui, le même avion sorti d'usine (230 millions de dollars au tarif catalogue d'Airbus) se loue 900 000 dollars par mois. Pour un Boeing 777-300ER de 315 millions de dollars, il faut sortir à la fin du mois un chèque de 1,3 million de dollars.

    Même l'armée française vole chinois


    L'aviation civile n'est pas la seule touchée par le raz-de-marée chinois. Remporté par Cassidian, une filiale d'EADS, le récent contrat de mise à disposition de monomoteurs SR22 et SR20 pour la formation initiale des pilotes de l'armée de l'air et de la marine ne s'attarde pas sur la nationalité financière chinoise du constructeur Cirrus. Courant 2011, CAIGA (China Aviation Industry General Aircraft Co) a pris, en effet, le contrôle de la firme américaine, leader de l'aviation légère.En attendant d'être "made in China", les Cirrus en composite sont assemblés dans le Minnesota et dans le Dakota du Nord. Les futurs pilotes français abandonnent ainsi les Mousquetaire des années soixante en bois et toile, équipés d'instruments archaïques pour les écrans numériques des SR20 et SR22, proches de ceux des cockpits de Mirage et de Rafale. Ces derniers sont loin d'être chinois.
     

Partager cette page