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Les 7 notions-clés de la pensée chinoise

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par marcou, 25 Mars 2015.

  1. marcou

    marcou Dieu souverain

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    Wudang Shan Hubei Chine
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    Le philosophe François Jullien publie un passionnant "Lexique euro-chinois". Il nous présente ici sept "correspondances", fondamentales pour comprendre comment 1,3 milliard d'humains voient le monde.

    François Jullien est une figure singulière dans la philosophie française. Normalien, agrégé, il décide en 1975 de partir en Chine pour y apprendre non pas le maoïsme, comme c’était la mode à l’époque, mais la pensée chinoise classique.


    D’une immense érudition, maîtrisant les grands textes de l’empire du Milieu, il aurait pu se contenter d’être un passeur entre deux civilisations aussi puissantes qu’ignorantes l’une de l’autre. Il a fait encore mieux: cette connaissance de la Chine, il n’a cessé de la retourner vers l’Europe et de s’en servir pour mettre à jour les présupposés de la pensée occidentale. On ne trouvera rien chez lui qui ressemble à de l’exotisme ou de l’orientalisme; le dialogue entre les deux façons de pensée est immédiatement égal, et au profit des deux parties.


    Extrait:
    C’est comme une table de correspondance. A gauche: les grandes notions de la pensée européenne. A droite: leurs équivalents dans la pensée chinoise. Une sorte de dictionnaire, aussi soucieux d’expliquer que de mettre en valeur la différence.

    Liberté → Disponibilité
    Obsédé par la causalité, l’Occident n’a cessé de se demander comment l’individu peut s’en affranchir. Ne pas obéir à nos déterminations est un idéal auquel on a donné le nom de "liberté". Le moi-sujet est d’abord doué de liberté: c’est là sa qualité première et d’où vient sa valeur.

    Les Grecs ont opposé la liberté à la servitude et ont affirmé leur exigence de liberté face aux Perses, avant d’en faire l’idéal de la cité, puis de la vie intérieure. La Chine n’a pas connu cette expérience politique, mais a développé en revanche ce que j’appellerai la disponibilité.

    La liberté implique un choix; la disponibilité revient à dissoudre toute position, à ne plus prendre parti, à être entièrement "ouvert", à ne projeter aucun a priori, ce qui permet de ne rien rater. Confucius disait que le sage est "sans nécessité, sans idée, sans position, sans moi". Freud entrevoyait-il une telle disponibilité lorsqu’il expliquait que l’analyste doit se mettre en position d’"attention également flottante"?Néanmoins, il ne faut pas se leurrer : être disponible, c’est aussi rester soumis à l’autorité. Car, en politique, on est toujours d’un côté ou de l’autre, et ne pas prendre position revient à de l’inféodation. On comprend pourquoi le lettré chinois n’a pas su dire frontalement "J’accuse".

    celui que je préfère;
    Initiative du sujet → Potentiel de la situation

     
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