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Le profit et rien d'autre de Raoul Peck

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Ludovico, 24 Octobre 2011.

  1. Ludovico

    Ludovico Dieu créateur

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    Voilà maintenant plusieurs fois que je cite ce documentaire sur le forum:

    Le profit et rien d’autre !

    ou
    réflexions abusives sur la lutte des classes
    de Raoul Peck
    (2000 - 57’)

    Partant de l’hypothèse simple et généralement acceptée que « la quête du profit mène le monde »,

    le cinéaste Raoul Peck explore dans cet essai documentaire les conséquences que ce paradigme
    de la société contemporaine génère sur le plan des rapports humains.
    Comment va le monde vu de Port-à-Piment, petite ville rurale et portuaire de Haïti, aujourd’hui
    réduite à la ruine et à la décomposition sociale ? Comment cohabitent les riches et les pauvres?
    Qu’en est-il en Occident de la solidarité, des grandes idéologies face à la nouvelle économie, de la
    fracture sociale, de l’écologie, de la mémoire et du rôle du cinéma ?
    Par une série de questions, comme un manifeste écrit sur une partition de jazz, Raoul Peck construit
    un film polyphonique où jouent en contrepoint scènes de vie, archives, entretiens, interviews
    d’économistes, graphiques et micro-trottoirs filmés en Haïti et aux quatre coins du monde
    occidental.
    Soutenu par la parole engagée du réalisateur et par une stylisation « brutalement » contrastée, le
    film alterne une approche “macro” – celle de la grande spéculation des organisations monétaires
    internationales et des spécialistes de l’économie – et une approche “micro” – celle des pêcheurs et
    des paysans de Port-à-Piment qui réinventent dans le troc de nouveaux systèmes d’échanges.
    Sur le mode d’un pamphlet caustique et poétique, le réalisateur nous raconte l’histoire
    actuelle des riches et des pauvres.

    Telecharger: " le profit et rien d'autre "

    PS: Préferez le lien fileserve avec V-P-N actif.

     
    #1 Ludovico, 24 Octobre 2011
    Dernière édition: 24 Octobre 2011
  2. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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    Mon boitier central de traitement d'information électronique rapatrie à lui les morceaux de ce film, je ne manquerai pas de mettre mon avis après regardage. M'ci :)
     
  3. mike

    mike Grandmaster M.
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    Je prend aussi, merci pour le lien ^^
     
  4. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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    Ce fut court (1 heure environ). Le thème du le capitalisme n'est que brièvement abordé.

    Le vrai moment intéressant pour moi fut de voir quelque bout d'Haïti (lisant en ce moment un bouquin sur l'histoire du continent américain c'est toujours un plaisir croustillant de recouper ça avec des images et des sons), et surtout d'entendre les haïtiens parler dans un créole avec de tous petits morceaux de français à l'intérieur.

    J'ai aimé la phrase "si t'as un marteau dans la tête tu vois uniquement le monde en terme de clous". L'économiste qui la disait semblait avoir une assez intéressante analyse sur la façon dont le système économique malaxe notre psychologie et inversement. Dans un genre de science marketing renversée… Y avait que quelques phrases malheureusement.
     
    #4 Legume28, 25 Octobre 2011
    Dernière édition: 25 Octobre 2011
  5. Ludovico

    Ludovico Dieu créateur

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    C'est vrai, le capitalisme n'est pas vraiment abordé, c'est une volonté de l'auteur, il n'a pas voulu rentrer dans les détails et en faire un pavé d'info, c'est aussi ce qui me plaît, car il met en avant une réalité que l'on peut voir tous les jours mais qu'on oublie trop souvent, c'est à dire les résultats du capitalisme, c'est donc un sujet accessible, poëtique, que Raoul Peck nous propose

    Ce que j'aime dans cette approche, à l'inverse des mocumentaires du genre Michael Moore ou Morgan Spurlock, c'est cette sensation que mon esprit n'est pas kidnappé. Il y a la une volonté de faire prendre conscience par des mécanismes simples, savoir donner de l'espace, donner des éléments de réflexion et non faire du tapage. En d'autres mots, il affirme autant que n'importe quel documentaire provoquant et assume ses propos en disant "ce que je vous montre est violent à vous d'en faire bon usage". Aussi, On sent moins de manipulation (même si n'importe quel film inclut la vision de l'auteur), ce qui amène à penser que Raoul Peck a un peu plus de respect envers le spectateur. Simplement, c'est l'idée que je me fais du documentaire, tu poses une caméra et tu vois ce qui se passe devant, le documentaire se voulant au plus proche de la réalité, contrairement à la fiction.

    Je ne dénigre pas le genre mocumentaire, eux aussi on leurs intêrets: toucher le maximum de personne, les pousser à savoir si oui ou non ils peuvent se révolter, ce qui n'est pas pas une mince affaire avec une population aliénée, doit on utiliser le même procédé ?, combattre le feu par le feu, ceci est un autre débat.
     
  6. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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    Haiti est-elle vraiment le résultat du capitalisme ?

    Un peu dans le sens ou l'ile servit de lieu de production, assurée par des esclaves, comme dans toutes les colonies des antilles, et que l'esclavage façon "conquete du nouveau monde" était déjà une forme primitive de capitalisme.

    Maintenant avec tout ce qu'Haiti a connu, elle est davantage à mon sens une laissée-pour-compte du passé (meme si ce passé était déjà une forme de capitalisme) qu'un résultat du capitalisme sous sa forme moderne. En tous cas si ce n'est pas le cas, le reportage ne montre pas bien pourquoi. Peut-etre aussi que tout ce qui s'est passé depuis 10 ans (dévastation de l'ile, succès relatif de la Chine) altère ma lecture.
     
    #6 Legume28, 26 Octobre 2011
    Dernière édition: 26 Octobre 2011
  7. Ludovico

    Ludovico Dieu créateur

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    Le monde dans lequel nous vivons est capitaliste, Haiti devient une image de choc mise en contraste avec une idée globale des anomalies du système capitaliste (ce que j'interprète comme "résultat").
    En même temps, peut être que l'idée de survole du sujet vient du fait que le sujet en lui même est assez large (c'est pas un docu sur les actionnistes viennois ou sur l'interaction entre l'utilisation des ondes radio Americaines des années 30 et la promotion du jazz).
    L'auteur est originaire d'Haiti il parle de ce qu'il connait, d'ailleurs il y a des image et itv de Parisien, c'est pour ces deux raisons qu'il ne faut pas voir ce documentaire comme axé sur Haiti mais plutôt comme une mise en abîme des irrégularitées du système sur une échelle globale.

    En ce qui concerne le créole haitien, j'ai moi aussi aimé l'entendre, ayant vécu quelques années sur une île ou le créole fait partie de ton quotidien, j'ai été surpris sur la facilité de compréhension du créole haitien.

    Histoire d'appuyer le point de vue développé dans ma réponse précédante, montrer la valeur de ce type de documentaire, j'aimerai en poster un autre appelé "Chronique d'un été" de Jean Rouch, mais bon je vois pas trop le lien que je peut faire avec un forum comme celui-ci. J'ai posté celui-ci car en extrapolant je me suis dis, un sujet sur le capitalisme pourrait intéresser.
     
  8. yannoumaxou

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    Chronique d'un ete, c'est un film important, a voir oui. Idem pour Le joli mai de Chris Marker avec qui il entretient des liens interessants.
    Je suis actuellement (non sans difficultes) en train de preparer un documentaire en echo aux films de Rouch et Marker a Shanghai, 50 ans apres.
     
  9. billcarson

    billcarson Guest

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    merci du doc...en effet les gros sabots de moore (FAHRENheit 9/11 est insupportable) m'agacent alors qu'ici le fait de planter la caméra, c'est nettement plus intéressant...
     
  10. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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    Gros sabots face aux rouleaux compresseurs qu'il dénonce, les gros sabots sont toujours les bienvenus, et la critique d'art superflue.
     
  11. Ludovico

    Ludovico Dieu créateur

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    Si tu as un lien pour le "joli mai" çà m'intéresse.

    Tu as déjà fait du documentaire ? écho à ces deux films ? écho à la période cinéma du réel ?
    Le genre doc a vraiment été exploité dans plusieurs directions depuis cette période "60's".
    Les premiers films (1900) peuvent être l'exemple parfait (pas de montage/pas d'actorat) du doc dit "objectif". 1900 c'est la découverte de la caméra, pas de maturité des idées, des contraintes techniques, le matériel rudimentaire, apporte cette façon de filmer. Alors que le "cinéma réalité" est une réponse directe à la fiction, d'ailleurs dans "chronique d'un été", le réalisateur, en réaction au genre fiction, exprime sa volonté de faire une expérience.
    Les moyens ne sont plus les mêmes, par exemple, la caméra n'est plus fixe, elle devient plus légère aussi, le son est apparu... les années ont passé et les théories cinématographiques se sont articulé les unes après les autres.
    Cette période, très fructueuse sur l'expérimentation du genre documentaire, a fondé beaucoup de principe du ciné doc actuel, on peut d'ailleurs le ressentir sur le style de Raoul peck.

    Ce qui est amusant avec le documentaire, c'est que le spectateur lambda le considère toujours (à tort) comme un genre très objectif.

    @légume:

    Levé du mauvais pied ce jour là ? :-/
     
  12. yannoumaxou

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    Perso, je crois que la verite au cinema n'a jamais existe ;-)
    Meme les premieres vues "documentaires" des freres lumiere sont completement mises en scene, parfois repetees et souvent chronometrees pour que l'action rentre dans les 50 secondes de film dispo au tournage. Nous avons fait quelques interventions sur le sujet avec un ami prof de cinema, c'est tres interessant...

    Le film de Marker, il est super difficile a trouver notamment parce que Marker a tout fait pour le faire disparaitre de la circulation. J'ai un divx en version anglaise de mauvaise qualite, si ca t'interesse. MP moi ;-)

    Ce qui m'interesse chez Rouch, c'est effectivement " l'experience " du film. Mais il ne faut pas s'y tromper, c'etait aussi tres calcule, et tourne avec un cercle d'amis en grande majorite (a commencer par Marceline qui a epouse Joris Ivens quelques annees plus tard). De fait je suis moins fan de la partie sur le passe juif de Marceline, plus ecrit que le reste.
    Chez Marker, il y a moins le cote experience parce qu'il affirme beaucoup plus sa vision de cineaste, son "cine-ma-verite". Mais c'est tres fort aussi, sur la question du travail.

    Sinon oui j'ai deja une experience documentaire, plutot formats courts. Beaucoup d'autoproduction, et qques petites commandes tv.
    J'ai fait le tour des boites de prod a Lyon pendant 2 ans pour ce projet que je voulais tourner pendant l'expo, sans succes. Depuis je l'ai mis de cote mais rien ne dit que ca ne se fera pas un jour.
     
  13. Cyril.G

    Cyril.G Dieu Supérieur

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    Merci pour le lien !
     
  14. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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    Je suis parfois pas très diplomate bzzz.
     
  15. Ludovico

    Ludovico Dieu créateur

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    Il n'y a pas de vérité mais sa propre vérité...
    Les genres se mélangent souvent, l'inspiration est basée sur nos acquis, nos envies.
    Bien que les procédés diffères, c'est souvent la sensibilité, sa personnalité, les connaissances de chacun qui sont impliqués. Il n'y a pas de vérité mais sa propre vérité, transposée sur de l'image et du son, dans mon cas,exclusivement au son, l'image apportant beaucoup trop de limites.

    .

    Je n'ai pas vu l'ensemble de leur oeuvre (une bonne partie tout de même) je connais aussi la mise en scène de leurs "vues". On s'accorde souvent à dire que l'on trouve les deux genres dans ces films. "l'arrivée d'un train en gare de la ciotat", de mémoire, n'a pas de mise en scène (à part la considération lieu/moment qui sont en effet une volonté) , en revanche "l'arroseur arrosé" rentre dans une démarche de fiction. Si je te site ces deux exemples, c'est bien entendu pour imager mes propos. Pour caricaturer, les lumières sont au film ce que les Beatles sont à la pop :) .

    On distingue 2 types d'itv (là aussi je parle d'extrêmes), l'itv tranché tranché au couteau, sans respiration, pleine d'info, on se détache de l'image, on supplante l'image descriptive par une voix off abondante, on arrive sur un système informatif type "journal de 20 heures". l'extrême étant l'itv sans coupe, on fait apparaître les respirations, on voit les gens réagir, on s'attache sentimentalement au personnage. Dans "chronique d'un été" cette italienne (je ne souviens plus de son prénom), un instant au bord des larmes, l'autre instant pleine de joie, elle n'a pas besoin de dire qu'elle est au bord de la dépression (tu dois connaître Depardon, un maître en la matière). Pour en revenir au "profit et rien d'autre", Raoul Peck l'utilise subtilement avec par exemple cet ingénieur haïtien qui dénonce "le capitalisme triomphant, mais triomphant pour qui ?", les respirations sont à mon avis bien orchestré.

    Ps: Je te MP dès que j'ai un peu de temps, je passerai le chercher avec grand plaisir.
     

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