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Le prochain Steve Jobs sera-t-il chinois ?

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 10 Octobre 2011.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    LE MONDE du 9 Octobre 2011

    Le jour même où le monde a perdu Steve Jobs, le 5 octobre, le ministre indien du développement des ressources humaines, Kapil Sibal, présentait triomphalement à New Delhi la dernière invention locale : Aakash, une tablette électronique à 30 euros. Après la Tata Nano, la voiture à 2 500 dollars (2000 euros), les Indiens ont lancé l'iPad du pauvre. Une belle façon d'honorer le génie du créateur d'Apple, même si Steve Jobs, le perfectionniste, aurait sans doute trouvé beaucoup àredire au design et aux logiciels de la trouvaille indienne.


    Sortie des cerveaux de l'Indian Institute of Technology du Rajasthan et développée par la société britannique DataWind, la tablette Aakash doit êtredistribuée à un demi-millier d'étudiants pour commencer, puis, si l'expérience se révèle concluante, elle sera commercialisée pour connecter des dizaines de millions de ruraux, enfants et adultes, aux ressources du monde moderne. La technologie indienne poursuit ainsi, à sa manière, le rêve de Nicholas Negroponte, l'Américain qui a fondé le Media Lab au MIT (Massachusetts Institute of Technology), celui de fournir un ordinateur portable à chaque enfant.


    Aakash atteindra-t-il, à l'échelle des pays émergents, le succès phénoménal de l'iPad ? Les experts occidentaux en doutent, à tort ou à raison. Mais l'essentiel, c'est que l'aventure continue. Partie des Etats-Unis, la révolution numérique s'est propagée dans le monde entier et, aujourd'hui, les puissances émergentes se veulent à leur tour foyers d'innovation. "Il n'y aura pas d'autre Steve Jobs", commentait tristement, après l'annonce de sa mort, Fred Anderson, qui fut à ses côtés le directeur financier d'Apple. Peut-être faut-il poser la question autrement : le prochain Steve Jobs sera-t-il américain ?


    Plusieurs facteurs expliquent que, au pays de la Silicon Valley et de la Route 128, la technopole proche de Boston, cette question ne soit pas totalement farfelue. Un climat ambiant, d'abord, fait de coupes budgétaires et de menace de récession, sur lesquelles flotte un entêtant parfum de déclinisme. Les intellectuels se font peur, prédisant les uns l'essoufflement de l'innovation, les autres "la fin du futur".


    Un manque d'idéalisme, peut-être aussi la disparition de l'insouciance : quel jeune Américain oserait aujourd'hui, comme l'avait fait Steve Jobs, abandonner au bout de six mois une place durement acquise dans une bonne université, pouraller bricoler dans le garage de ses parents ? Enfin et surtout, l'ascension de pays qui affichent leur volonté de produire à leur tour de la matière grise de qualité mondiale. La Chine, en particulier, ne se satisfait plus d'être l'atelier du monde, elle veut aussi en être le laboratoire. Et, à l'heure où la crise de la dette réduit les budgets des Etats occidentaux, les Chinois, eux, font revenir leurs savants formés dans les meilleurs centres scientifiques américains et investissent massivement dans la recherche. Bref, l'empire du Milieu, qui a déjà donné à l'humanité la boussole, la poudre et l'imprimerie, menace la suprématie intellectuelle et technologique occidentale.


    Voilà pour le "narratif" cher aux esprits simples, qui aiment voir le monde en noir et blanc. La réalité est un tout petit peu plus nuancée.


    Un petit exemple : trois prix Nobel scientifiques (physique, chimie et médecine) ont été attribués cette semaine à sept lauréats. Tous les sept sont occidentaux. La Chine en rêve, mais elle ne compte encore aucun prix Nobel, hormis ceux attribués à des Chinois émigrés en Occident.


    La dernière livraison du tableau de bord que publie régulièrement l'OCDE sur l'industrie, la science et la technologie montre que les Etats-Unis conservent une très large avance dans le domaine de l'innovation et de la science, en termes d'investissement, de taille et de portée. En 2009, ils ont consacré près de 400 milliards de dollars à la recherche, soit 2,7 % de leur PIB, loin devant la Chine, certes arrivée en deuxième position (si l'on excepte l'Union européenne), mais avec 154 milliards et 1,7 % de son PIB. Si l'on s'en tient aux classements d'universités, aux travaux publiés dans les revues académiques et au nombre de brevets, les pays occidentaux gardent aussi une confortable avance. Cela ne doit pas les aveugler : une étude de Thomson Reuters prévoit qu'en 2011 la Chine dépassera les Etats-Unis et le Japon en le nombre de brevets déposés. Dans certains secteurs, comme la génétique et la recherche pharmaceutique, les Chinois sont très en pointe. Aucun horizon ne saurait les arrêter : ils s'aventurent dans l'espace et viennent d'installer une base d'exploration au pôle Sud.


    Pour autant, la Chine n'a pas réussi à reproduire les recettes du prodigieux succès de la Silicon Valley - la coïncidence, sur le même site, de la matière grise, du capital et de l'industrie - ni la richesse que constitue, aux Etats-Unis, le tissu de foyers d'innovation plus petits, géographiquement diversifiés, de la Côte ouest à la Côte est. Surtout, l'innovation est aussi une culture, une philosophie. Elle ne donne sa pleine mesure que dans un climat de libre compétition, de libre circulation des idées, de libre confrontation de points de vue opposés. Ce n'est pas ce climat-là qui règne aujourd'hui en Chine, et c'est sans doute pour cela que le prochain Steve Jobs ne sera pas chinois.


    Dans le pays qui fabrique le plus grand nombre de produits Apple, certains l'ont dit haut et fort, à la mort de Steve Jobs. "Quand aurons-nous notre propre Steve Jobs?, demandait vendredi le quotidien progressiste de Canton, Nanfang Dushibao. Certes, la Chine n'a pas de tradition de créativité, mais cette tradition ne s'hérite pas, elle se crée. Si la Chine peut construire un environnement politique et culturel plus libre et plus ouvert, elle aura un jour son grand créateur." Un universitaire du Hunan, Jiang Zongfu, a regretté sur son blog que la Chine ait Mao Zedong mais pas de Steve Jobs. "Notre système éducatif n'aurait pas su apprécier Steve Jobs, écrit-il. Si Jobs était né en Chine, il aurait travaillé sur la chaîne de production à FoxConn, ou il serait devenu voyou des rues." Dans son célèbre discours à Stanford, en 2005, Steve Jobs avait lancé aux étudiants : "Stay hungry, stay foolish" ("Restez affamés, restez fous"). Affamés, les Chinois le sont. Il leur manque juste la folie.
     
  2. Searogers

    Searogers Demi-dieu

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  3. Fennec

    Fennec Membre Silver

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    Encore une grosse tartine de futurologie hasardeuse.

    Si Steve Jobs avait été un directeur de service chez Apple les Iphones n'existeraient pas.

    Steve jobs c'est des moyens (c'est incroyable à quel point les articles sur lui oublient que Steve Jobs avait les moyens d'établir unilatéralement une stratégie, dans quel groupe mondialisé est-ce encore possible? ), une influences et une vision. Le problème en Chine c'est l'influence.

    Je vois exactement l'inverse chez les jeunes dans les universités. Un rejet systématique (et encore plus inquiétant, systémique) de l'innovation, de l'esprit d'initiative, de la responsabilité personnelle et plus généralement des idées qui ne sont pas mises en avant par le parti. Une véritable camisole à cerveaux du primaire au monde du travail. Une nouvelles génération de génie devait émerger grâce aux web il y a 10 ans mais au final la seule chose qui a émergé c'est des Otakus sur WOW qui vivent chez leurs parents à 30 ans et sont terrorisés par la société chinoise.

    Vous savez par exemple que la Chine ne dispose pas de cadre légal ni de plateforme pour détecter les plagiats dans les universités? les universités chinoises sont pleines de "jeunes talents" qui "redécouvrent" comme par magie des publication US vieilles de 10,20,30 ans sans parler de la corruption directe. Et bon nombres de petits génies se font sauter le premier semestre dans leurs études à l'étranger pour avoir un peu trop manié le copier/coller dans des travaux (aux USA ça pardonne pas, t'es grillé à vie).

    Désolé mais pour formuler une idée radicale (ce qui est proche de l'innovation), il faut avoir le droit de l'ouvrir et l'intention de l'utiliser. Ce qui est incompatible avec le droit chinois, le concept de face (de par le risque de dire une connerie) et de manière plus séculière le confucianisme.

    Innover en Chine c'est prendre le risque de faire passer son chef pour un idiot, ses collègues pour des mous et se rendre suspect de faire trimer trop ses subalternes. Innover en Chine, tant à l'université qu'en entreprise c'est souvent se faire des ennemis (comme d'ailleurs dans une moindre mesure dans les pays occidentaux).

    Je pourrait aussi glisser vers le sujet de la méritocratie, qui n'est pas non plus le fort de la Chine (sauf en matiére d’accession au parti)

    Pour moi le futur Steve Jobs sera probablement indien, du moyen orient ou d’amérique latine.
     
    #3 Fennec, 13 Octobre 2011
    Dernière édition: 13 Octobre 2011
  4. Zhu Li An

    Zhu Li An Ange

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    ouais assez d'accord avec le Fennec ou alors ça sera un chinois d'outre-mer... né et élevé ailleurs qu'en Chine.

    Que celui qui peut me siter une invention chinoise révolutionnaire pour l'humanité depuis la boussole, la poudre à canon, les billets de banque... lève la main.
     
  5. Fennec

    Fennec Membre Silver

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    Le totalitarisme à économie de marché?

    Ah merde, Pinochet l'avait déjà fait....

    Sinon les chinois adorent répéter ces exemples. Vous imaginez un éditorialiste africain faire un édito "l'Afrique est à la pointe de l'innovation car on y a inventé le feu et la taille de silex"?
     
  6. Hasperax

    Hasperax Membre Bronze

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    Je pencherais pour indien, mais je ne pense pas que l'on puisse faire une telle extrapolation, certes les indiens (et les autres que tu as cite) accroissent de plus en plus leur vivier de cerveaux mais il est loin d'etre etabli que cela donnera fatalement naissance a un Steve Jobs , bien que cela augmente les chances je te le concede. Je reste donc sur mon idee de Steve Jobs ouzbek.

    Remember : Il est pas fou, il est ouzbek : )
     
  7. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    LE MONDE du 13 Octobre 2011

    Si Steve Jobs avait été italien, il serait devenu garagiste...

    Si Steve Jobs avait été napolitain, Steve Jobs se serait appelé Stefano Lavori (qui veut dire "travaux", traduction de jobs en italien) et son ami Steve Wozniak, Stefano Vozzini (ce qui ne veut rien dire). Ainsi commence l'histoire édifiante, drôle et triste, postée sur Facebook par Antonio Menna au lendemain de la mort du fondateur d'Apple le 5 octobre. Comme leurs modèles américains, les deux garçons sont passionnés de technologie et s'enferment toute la journée dans un garage pour mettre au point un modèle d'ordinateur révolutionnaire."Mais, ils se font traiter de tapettes car ils sont toujours ensemble", note Antonio Menna.
    [/h]A Naples, il n'y a pas Mike Markkula, pour verser sans garantie 250 000 dollars afin de soutenir ce qui n'est encore qu'une idée. Lavori et Vozzini font le tour des banques : "Venez avec vos parents, nous ne faisons pas crédit à qui n'a rien." Comme Jobs avait vendu son combi Volkswagen, les deux Stefano vendent leur scooter pour acheter les premières pièces afin d'assembler leur invention. Mais voilà qu'un voisin soupçonneux les dénonce aux policiers municipaux.


    Ceux-ci déboulent dans le garage : "Votre activité est elle en règle ? Vos papiers."Lavori et Vozzini ont beau expliquer qu'il s'agit d'un laboratoire, rien n'y fait. Pire, le garage n'est pas aux normes. Le lendemain ce sont les carabiniers qui débarquent. Puis les services financiers et, enfin, le comité d'hygiène et de sécurité : "Avec un pot-de-vin, on peut s'arranger." Dociles, Stefano et Stefano vendent leur second scooter et leurs collections de bandes dessinées.


    Mais les premières commandes arrivent. Il faut fonder une entreprise. Oùtrouver les capitaux ? Rendez-vous est pris avec un conseiller fiscal. "Votre idée est formidable, ragazzi ! On peut faire jouer les fonds de la région. Il va falloir aussi un peu d'argent pour "huiler" le système. J'ai un ami qui pourra nous aider en échange d'un petit cadeau. Quoi ? Vous n'avez même pas de quoi payer mes honoraires ? Mais vous vous croyez où ?"


    Un "pizzo" pour la Camorra


    Ils s'accrochent jusqu'à ce que, un matin, on sonne à la porte. C'est un représentant de la Camorra, la Mafia napolitaine : "On sait que vous êtes en train defaire des sous. Alors il faudrait songer à donner un petit quelque chose." Tempêtes sous les crânes : s'ils payent le pizzo qu'on leur réclame, ils n'auront plus d'argent pour leur activité. S'ils ne donnent pas, le garage sera plastiqué. S'ils dénoncent la Mafia à la police, ils devront quitter la région pour toujours. Et s'ils ne le font pas, ils risquent la prison.


    Le découragement les gagne. Les fonds régionaux ne sont jamais arrivés. Les taxes les ont ruinés. Un jour, le père de Stefano Lavori prend son fils à part :"Vide le garage et louons des box pour les voitures, ce sera mieux." Depuis les deux Stefano sont gardiens de parking. "Le Apple de Naples ne verra jamais le jour, écrit Antonio Menna, car si tu nais dans au mauvais endroit, même en étant "affamé et fou" tu restes avec ta faim et ta folie. Rien de plus."
     
    #7 Orang Malang, 13 Octobre 2011
    Dernière édition: 13 Octobre 2011
  8. MDC

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    Et pourquoi pas un Steve Jobs Francais !
    D origine Francais, ca va etre dur mais de nationalite Francais, il y a du choix.
     
  9. Mathieu

    Mathieu Alpha & Oméga
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    C'est quoi les inventions technologiques de Steeve Jobs des dernières années ?
    Il n'y en a pas depuis son retour chez Apple... et pourtant ca ne l'a pas empêché d'en faire une boite très rentable.

    Imac + autres macs nouvelle génération qui ont suivi ? c'est du design pas une innovation techno majeure ... mais c'est surtout une capitulation en terme d'innovation du mac vs le PC puisque les mac tournent maintenant sur les memes composants que les pc et qu'ils ont non seulement intel inside mais en plus windows & linux via le bootcamp.

    Ipod (pas une innovation techno majeure vs les archos et autre qu'on avait qq années + tot)

    Iphone (pas une innovation techno majeure vs les HTC qu'on avait dejà juste une amélioration de l'interface vs le vieillissant MS Mobile)

    Idem pour l'IPad...

    Le succès d'Apple depuis le retour de steeve jobs ne s'est pas fait sur l'innovation (les produits Apple sont généralement en dessous des produits concurrents en terme de fonctionnalités techniques), ca s'est fait sur la démocratisation d'appareils jusque là réservés aux geeks via des interfaces simplifiées + un marketing à la fois astucieux mais aussi bourage de crane qui a poussé les masses à succomber à l'achat de ces produits pour avoir le sentiment d'exister.

    C'est l’expérience utilisateur et le sentiment d'appartenance qui prévaut et non l'invention / innovation technologique majeure puisqu'Apple est parti de produits déjà développés par d'autres constructeurs pour en faire des produits de masse.

    ... et ca les chinois savent plutot bien faire... Taobao ... Alipay... QQ et d'autres en sont de bons exemples. Ce ne sont pas des inventions majeures mais on ne peut pas passer une journée en Chine sans entendre le petit cuicuicuicuicui de QQ et difficilement acheter en ligne régulièrement sans passer une seule fois par Taobao / Alipay.
     
  10. juliustrip

    juliustrip Membre Gold

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    tout a fait d'accord,
    au risque de prendre part à une discussion qui prend des allures geekesque, le sucès apple ça ressemble plus à un super buisness plan qu'à une innovation technique.
    @fennec: concernant le plagiat l'histoire peut aller dans les 2 sens. voir le cas récent de tim kusky. chercheur reconnu officiant en chine qui aurait justement plagié de vieilles publications de ses petits collègues chinois pour les reprendre à son compte...
     
  11. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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    @Matthieu
    Le génie de Jobs (ou de sa compagnie) résidait surtout dans l'intégration, à savoir la communication universelle entre machines, applications, la création d'un écosystème où chaque nouveau produit ne serait pas une île. Garder ce niveau d'intégration avec cohérence sur une période de temps aussi longue est un tour de force.

    Ce n'est pas vraiment ce que j'ai de Tencent/QQ (de tentaculaires portails, mais jusque là ça reste de l'Instant Messaging en mode web 2.0 avec contenu riche, et un paquet de partenaires tous plus ou moins potes avec le parti - c'est souvent beau et bien réalisé, mais désolé ça reste de l'Instant Messaging - d'ailleurs même reproche pour Facebook qui est un peu sur le même genre de projet inintéressant et futile mais qui récolte le gros de la masse). Ou Taobao qui reste un site web tout simplement banal si ce n'est par son nombre de visiteurs. Bref je comprend la manière dont tu déroules ton raisonnement, mais…
     
    #11 Legume28, 21 Octobre 2011
    Dernière édition: 21 Octobre 2011
  12. Mathieu

    Mathieu Alpha & Oméga
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    Après le milieu des années 80 et meme depuis le retour de Steeve jobs leur succès s'est plus basée sur le marketing, l'ergo simple, le design que sur des inventions technologiques (cf la liste plus haut à titre d'exemple).


    Ce qui illustre bien que la réussite n'est pas forcément liée à des innovations technologiques majeures.

    Les solutions les plus innovantes sont rarement celles qui percent (à part les geeks). C'est leur exploitation à posteriori par des boites comme Apple, et d'autres qui amènent les masses à s'y intéresser.
     
  13. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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    Je suis en désaccord sur ce point. L'ergonomie, le design et même le marketing ne sont que l'expression d'un travail bien plus profond sur le système d'exploitation (entamé chez Next qui ensuite a été racheté par Apple), qui ensuite permet d'avoir une confiance à toute épreuve donnant le change au niveau du rythme des avancées et permettant d'attaquer avec une certaine arrogance au niveau marketing. Il n'est pas permit d'être aussi arrogant quand on n'a pas un produit à la hauteur. Je veux dire, le style marketing hyper-agressif, qui agace pas mal de monde et j'en fais partie, ça marche uniquement pour Apple parce que les produits en ont pour la plupart, à la fois dans le ventre et dans la finition, et aussi interagissent les uns avec les autres de manière presque naturelle.

    Le mac n'est pas une poupée sans cervelle bien maquillée et avec des belles sapes. C'est d'abord une plateforme extremement propre, reposant sur du Unix, du BSD, des grosses parties d'OpenStep (l'OS des ordinateurs Next). Il est impossible de réaliser une intégration aussi poussée que celle qu'on voit sur OSX sans avoir une parfaite cohérence du coeur du système d'exploitation jusqu'aux couches logicielles externes (les applis).

    Il est certes possible de "copier" une expérience utilisateur après coup, ce qu'on a vu dans le domaine des smartphones, dans le sens où copier c'est s'affranchir de facilement 3/4 de la R&D. Mais innover à partir d'un système bancal, c'est très problématique, ce qui explique les difficultés de la concurrence, et notamment de Microsoft. Je ne me ferais pas d'amis en citant Google qui à mon avis n'est pas à la hauteur non plus, mais ce serait lancer un débat auquel seul le temps sera en mesure de répondre.

    D'accord avec cette phrase en général, même si OS X était une énorme innovation en soi (mais il a déjà dans les 10 ans le pépère), et que j'aurai envie de rajouter à cela l'iPhone (pas l'iPad), Time Machine (technologiquement impressionnant) et surtout l'intégration de toutes les technos Apple entre elle, qui sans constituer un produit physique a néanmoins une réalité tangible visible par le fait qu'il est si difficile de s'en passer une fois qu'on l'a expérimenté.

    Au fond le manque d'innovation que tu décris semble plutôt être un fait qui s'adresse à l'informatique en général : on a tendance à stagner, à la fois du fait des langages qui n'évoluent que peu, de l'inertie des milliards d'utilisateur, qui veulent utiliser un système qu'ils connaissent déjà (même chose que pour les voitures) et du fait qu'on ne sait pas aller au stade suivant.

    A mon sens ce stade suivant serait celui d'une intelligence artificielle crédible intégrée dans l'OS, mais d'autres penseront plutôt à des gadgets, inutiles à mon sens, du genre reconnaissance gestuelle, comme on voit dans pas mal de films à la Minority Report.

    Dans tous les cas, si tu places la barre de ce que tu appelles innovation aussi haut, tu ne peux qu'avoir raison. Mais pour dépasser cette barre, Apple était bien mieux armée que les autres. Avec la mort de Steve, et à moins qu'il n'y ait déjà de vrais chantiers dans les cartons, je crains qu'Apple ne finisse par rejoindre, en une poignée d'années la médiocrité ambiante. En tant qu'utilisateur on sent déjà que depuis un ou deux ans les stratégies suivies sont plus fébriles que sous l'égide de Steve quand il était encore pleinement aux commandes (choix du nom de l'iCloud, manque d'ambition à la fois sur l'iPad et OSX Lion ; on sent malheureusement un certain lâcher-prise par rapport à la rage qu'on sentait sur la période 2000-2007).
     
    #13 Legume28, 22 Octobre 2011
    Dernière édition: 23 Octobre 2011

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