1. Bienvenue sur Bonjourchine.com, le 1er forum francophone sur le travail, les études et le voyage en Chine.

    Pour poser une question ou répondre à une discussion déjà ouverte, inscrivez vous. C'est facile, rapide et gratuit !

    Cela vous permettra de sucroit de ne plus avoir de pub qui s'affiche à l'écran (0 pub pour les membres du forum!).
    Rejeter la notice

Le Nigeria ajoute le yuan à ses réserves de change

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 7 Septembre 2011.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
    Membre de l'équipe Modérateur

    Inscrit:
    23 Octobre 2005
    Messages:
    15 966
    Localité:
    常熟,江苏
    Ratings:
    +8 162 / -35
    LE MONDE du 7 septembre 2011

    Imaginez un instant que vous receviez un mail signé d'un individu se présentant comme un banquier central nigérian. Imaginez que ce monsieur, qui est justement à la recherche d'un placement sûr pour des revenus pétroliers équivalant à quelque 3 milliards de dollars, vous tienne pour une personne fiable. Vous acceptez et... c'est le jackpot : des possibilités d'investissement mirobolantes et l'accès à un énorme marché potentiel de consommateurs issus de la classe moyenne.
    La Chine est l'heureuse bénéficiaire d'une semblable proposition. La banque centrale nigériane s'apprête en effet à transférer 10 % de ses réserves de change, qui s'élèvent à 33 milliards de dollars (23,4 milliards d'euros), dans des actifs libellés en yuan, comme l'a indiqué Abuja le 6 septembre. Ce qui tombe à pic pour Pékin, qui nourrit l'ambition de faire du yuan une devise internationalement reconnue et conforme à son rang de deuxième puissance économique - tout en entaillant un peu plus au passage le statut de monnaie de réserve mondiale dont jouit le dollar américain.


    Le Nigeria n'est certes pas le premier à se tourner vers le yuan. Les Philippines et Hongkong ont eux aussi envisagé d'accroître leurs réserves de yuans, vraisemblablement pour s'attirer les bonnes grâces de Pékin et profiter de l'appréciation de la devise sur le long terme. Les possibilités d'investissement ne sont pas pléthoriques, car la dette extérieure de la Chine est quasi inexistante. Mais, à l'instar de la Malaisie en 2010, les banques centrales peuvent investir dans le marché interbancaire chinois.


    Malgré la décision audacieuse du Nigeria, la devise chinoise est encore loin deprésenter toutes les qualités que l'on attend d'une monnaie de réserve crédible. Taux d'inflation peu élevé et politique monétaire stable sont deux des conditions requises ; or, en Chine, l'indice des prix à la consommation dépasse les 6 %, et il n'existe pas de banque centrale indépendante. Mais surtout, en raison des contrôles exercés par Pékin sur les mouvements de capitaux, on voit mal, en cas de crise, comment liquider des actifs libellés en yuans.


    Geste de bonne volonté


    Le Nigeria a sans doute d'autres priorités, en particulier celle de favoriserdurablement les investissements chinois. L'empire du Milieu est un partenaire enthousiaste du premier producteur de pétrole d'Afrique. Il a notamment signé un accord de 23 milliards de dollars portant sur la construction de trois raffineries de pétrole - mais seule une infime portion de cette somme a, à ce jour, été utilisée. En 2010, les investissements étrangers au Nigeria sont retombés à leur niveau le plus bas des cinq dernières années, conséquence d'un climat économique hostile, d'une corruption endémique et de l'incertitude qui pèse sur l'enlisement des réformes du secteur pétrolier. Tout bien considéré, l'achat de yuans par Abuja fait davantage penser à un geste de bonne volonté qu'à une décision économique avisée.


    On aurait tort d'y accorder trop d'importance. Mais il est vrai que l'idée du yuan comme monnaie de réserve fait son chemin, ce qui témoigne d'une perte de confiance dans le billet vert. Il en faudrait bien davantage pour faire déchoir le dollar de son piédestal, mais une nouvelle tendance se dessine.
     

Partager cette page