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Le mariage d'amour n'a que 100 ans : dans l'Antiquité, on distinguait sexe et sentiments

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par xml, 24 Mai 2015.

  1. xml

    xml Dieu souverain

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    cela expliquerai t 'il la difference de perception de l'amour entre les chinois et les français?
    (on est pas vendredi , on peut quand meme le dimanche ? )

    http://leplus.nouvelobs.com/contrib...iquite-on-distinguait-sexe-et-sentiments.html

    je mets tout l'article pour ceux qui n'ont pas de vepene

    L'image du couple telle qu'on la connaît aujourd'hui était loin d'être la même pour nos ancêtres. Si aujourd'hui les aspects affectifs et physiques font partie intégrante d'une histoire d'amour, il y a quelques siècles les relations étaient bien différentes. Récit de Yves Ferroul, auteur de l'ouvrage "Le mariage d'amour n'a que 100 ans".
    Un homme peut-il aimer une femme ? "Bien sûr que non !" répondaient autrefois moralistes, médecins et religieux.

    Pour que le couple fondé sur l’amour soit possible, il faut que soient remplies trois conditions :

    1 : un homme doit pouvoir aimer une femme.

    2 : une femme doit pouvoir aimer un homme.

    3 : le but de la vie d’un homme doit être l’amour d’une femme et le partage de son existence (et réciproquement).


    Or ces trois conditions n’ont commencé à être mises en place dans nos sociétés qu’au XIXe siècle, et le mariage d’amour n’a pu apparaître qu’à cette époque, pour ne devenir prédominant que dans les années 1880-1890, avant de finir par se généraliser – mais sans jamais éliminer les autres motivations.

    C’est ce que j’explique dans mon dernier ouvrage "Le Mariage d’amour n’a que 100 ans", coécrit avec Laurence Caron-Verschave.

    Un homme peut-il aimer une femme ?

    Quand nous parlons aujourd’hui de l’amour d’un homme pour une femme, nous envisageons une relation à la fois affective et physique.

    Dans l’Antiquité, la question ne se posait même pas. Grecs et Romains distinguaient l’amour sexuel, la passion érotique, de l’amitié.

    Ils n’imaginaient pas que les deux puissent être réunis dans la relation d’un homme avec une femme, à plus forte raison d’un mari avec son épouse : "Si j’ai envie d’avoir un rapport, je ne vais pas déranger ma femme au gynécée pour une chose aussi futile", écrivait Plutarque, qui avait sous la main les esclaves, hommes ou femmes, qui lui permettaient d’assouvir ses besoins.

    Le même renchérissait : "J’affirme que ce que vous ressentez quand vous vous attachez à des femmes ou à des jeunes filles, ce n’est pas de l’amour. De même les nourrisseurs et les cuisiniers n’ont pas d’affection pour les veaux et pour les volailles qu’ils engraissent ".

    Pour Cicéron, l’amitié ne peut exister qu’entre hommes, et la sexualité avec l’épouse ne sert qu’à avoir des enfants légitimes. Pétri par cette culture antique, saint Augustin, vers 400, n’arrive pas à imaginer ce que Dieu veut dire quand la Genèse lui fait créer la femme "pour être une aide qui soit accordée (à l’homme)" : physiquement, la femme est moins robuste qu’un autre homme, et pour le réconfort affectif "combien plus agréable est la cohabitation de deux amis comparée à celle d’un homme et d’une femme !"

    L'amour érotique dans le mariage

    Montaigne est toujours convaincu que l’amour érotique n’a pas sa place dans le mariage, et qu’il faut distinguer l’amitié (avec un homme), de la sexualité (avec sa maîtresse) et de l’affection conjugale.

    La différence de condition entre les hommes et les femmes rendait impossible à ces époques l’amour à la fois sexuel et affectif que nous visons aujourd’hui en créant nos couples. Non, un homme ne pouvait pas aimer une femme !

    Quant aux femmes, tout le monde était d’accord pour dire qu’elles n’avaient pas les capacités intellectuelles et morales qui leur permettraient d’aimer d’amitié un homme. Elles pouvaient désirer sexuellement, oui, mais pas aimer au sens moderne du terme.

    L’amour d’une femme comme but de la vie d’un homme

    On aurait bien fait rire Platon, César ou Cicéron en leur disant que leurs lointains descendants des XXe et XXIe siècles se donneraient comme but dans la vie de rencontrer une femme qu’ils aimeraient, de vivre avec elle, de s’épanouir sexuellement avec elle, d’élever avec elle les enfants du couple, de l’avoir comme amie...

    Le service de l’État, la carrière, la fortune, le pouvoir ou encore la maîtrise morale, voilà les objectifs de vie d’un homme de l’Antiquité, pas la réussite de son couple !

    Pour les premiers héros, Hercule ou Samson, l’amour d’une femme est même lié à la perte de la virilité, si ce n’est à la mort. Les troubadours disent la même chose, comme Jacques Brel : l’homme qui aime se dégrade au point de supplier de pouvoir devenir l’ombre du chien de la femme aimée. Quel but dans la vie !

    Associer vie amoureuse et réussite professionnelle

    Le premier à avoir réussi à imaginer l’amour conjugal est un romancier du XIIIe siècle. Les romanciers du siècle précédent avaient plutôt montré qu’il était impossible d’associer vie amoureuse et réussite professionnelle (de guerrier, à l’époque), les deux exigeant trop de temps.

    Lui va réussir à bâtir une histoire où la femme partage la vie aventureuse de l’homme qu’elle aime, et finit par former avec lui un couple d’amis et d’amants bien plus solide et fort que le couple habituel du compagnonnage guerrier : mariés, devenus parents, ils ne se sépareront plus et affronteront ensemble toutes les difficultés de la vie.

    Mais c’est une fiction ! Et vraiment isolée. Le système qui s’installe dans le monde réel est un mariage pour l’insertion sociale et la postérité légitime, la vie affective et sexuelle se vivant hors du couple conjugal, avec amants, maîtresses ou prostitué(e)s, ou entre hommes, entre amies.

    Il faudra attendre le XIXe siècle pour que la condition des femmes change et que des hommes voient en elles leurs égales, que le bonheur individuel, l’épanouissement personnel, comprennent aussi la vie sexuelle, que des jeunes gens acquièrent une autonomie financière et se libèrent du joug parental pour pouvoir choisir librement qui épouser, etc.

    L'Église veut freiner le mouvement

    Mais l’Église a peur que le couple amoureux donne trop de place à la sexualité de plaisir, et veut freiner le mouvement.

    Les médecins pensent toujours que la passion est une maladie de l’esprit, et ne peut être une base solide pour fonder une famille. Mais peu importent les oppositions, l’élan est donné, l’évolution est irrésistible : hommes et femmes veulent des enfants et s’intégrer dans la société avec la personne qu’ils aiment et qu’ils désirent sexuellement, et ne plus vivre écartelés.

    Cet idéal est tellement séduisant qu’il finit par conquérir les homosexuels : hommes et femmes vont vouloir eux-aussi le vivre au lieu de devoir passer par le couple hétérosexuel afin d’avoir une vie sociale acceptée et les enfants qu’ils désirent.

    Aujourd’hui le constat est mitigé : oui, un homme peut aimer une femme; oui, une femme peut aimer un homme; oui, le but d’une vie réussie peut être le couple conjugal, amical et sexuel.

    La certitude de nos prédécesseurs pendant plusieurs millénaires a volé en poussière ! Pour les homosexuels, il n’y avait pas à changer, car on avait toujours été convaincu que deux hommes ou deux femmes pouvaient s’aimer, ils étaient assortis.

    La bonheur sans fin n'est pas garanti

    Mais d’autres problèmes ont surgi, et les couples d’aujourd’hui et de demain ne peuvent et ne pourront se complaire dans une situation béatement idéale. Un couple qui s’aime, nos sociétés en ont rêvé, nous l’avons réalisé : mais l’amour est chose fragile, et le faire vivre dans la durée n’est pas évident.

    Grâce aux conquêtes des générations passées, les hommes et les femmes d’aujourd’hui ont un choix de vies plus ouvert que leurs prédécesseurs. Mais avoir plus de choix, pouvoir vivre le couple amoureux, ne garantit pas à coup sûr la réussite de sa vie et le bonheur sans fin.

    Aujourd’hui comme hier, femmes et hommes ont à faire preuve d’inventivité et de générosité pour se construire le couple auquel ils aspirent.
     
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  2. Ya Li Shan Da

    Ya Li Shan Da Membre Platinum

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    Donc, selon cet article archaique, l'amour femme-femme ou homme-homme n'existe pas...
     
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  3. kikoya

    kikoya Membre Bronze

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    Pourquoi alors les pièces de Molière sont remplies de personnages qui ne veulent pas se marier avec des gens qu'ils n'aiment pas ??
     
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  4. Ya Li Shan Da

    Ya Li Shan Da Membre Platinum

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    Peut etre parce que justement, le mariage d'amour n'etait pas la regle.
     
  5. phitheb

    phitheb Dieu créateur

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    C'est vrai que ça n'était pas la règle, mais il existait quand même.
    C'est d'ailleurs un des points de contentieux entre la noblesse et l'église au moyen-âge. L'Eglise post-Latran IV (1215) va tenter de revenir au mariage par consentement mutuel (de type Romain), avec, dixit, "exigence du consentement libre et public des époux, échangé de vive voix dans un lieu ouvert", en opposition au mariage par arrangement familial hérité des traditions germaniques. Pour les Francs, au départ, c'était en effet le père qui mariait la fille et le prêtre qui "était témoin" devant l'église. On passe ensuite au mariage par le prêtre dans l'église, et puis enfin au mariage entre époux avalisé par le prêtre. Ceci va permettre, pendant quelques siècles, des mariages "secrets", dont une bonne proportion de mariages d'amour, au grand dam des familles nobles ou même paysannes.
    L'Eglise va ensuite reculer et céder à la Noblesse après le concile de Trente (vers 1560), qui va exiger la publication préalable des bancs, avec exigence de présence d'un prêtre et de témoins, tout ceci pour fermer le plus possible la vanne des mariages "en cachette".
     
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  6. Jean7

    Jean7 Dieu créateur

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    Ben oui quoi.

    Les citations de l'antiquité prouvent bien que cette question était controversée...
    Et que donc tout le monde ne pensait pas comme les personnes citées...

    Depuis quand les intellos les plus publiés sont représentatifs des mœurs d'une populations ?

    "Quel gros con ce Plutarque !" disait un internaute anonyme du XXIieme siècle
     
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  7. mahu

    mahu Modo en carton

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    le mariage c'est pour les impôts.
     
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  8. Therugbygirl

    Therugbygirl Déesse

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    et pour les visas
     
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