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Le marche fait exploser les recettes du cinema

Discussion dans 'Informations Chine' créé par mam721, 28 Février 2013.

  1. mam721

    mam721 Membre Silver

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    Depuis la réforme et l’ouverture, le cinéma chinois n’a cessé de se développer, générant des revenus toujours plus importants. Obéissant désormais aux règles du marché, ces œuvres culturelles sont devenues de véritables produits de consommation.

    En 1992, la Chine a établi des objectifs de réforme pour son système d’économie de marché socialiste. En 1993, elle a commencé à réformer le système de distribution des films. Lors de l’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001, les films ont été identifiés comme étant des produits du secteur tertiaire marchand. La puissance du marché a ainsi progressivement gouverné le développement du cinéma chinois.


    Des débuts difficiles
    Le lancement de la réforme et de l’ouverture en 1978 a stimulé tous les secteurs industriels. Le cinéma chinois est également entré dans une période de prospérité au regard du box-office. En 1979, le nombre d’entrées dans les salles du pays s’élevait à 29,3 milliards, soit une moyenne de 20 tickets vendus par habitant. En 1992, les recettes des films chinois au box-office ont atteint 3,2 milliards de yuans. En 1994, China Film Corporation a été autorisée à importer environ dix films étrangers chaque année, en partageant les revenus avec les sociétés de production étrangères. À la fin de cette année 1992, le film Le Fugitif a rencontré un succès immédiat dès son introduction en Chine, enregistrant un chiffre record de 25 millions de yuans au box-office.
    En 1995, la Chine a réformé le travail de gestion relatif au tournage de films. Un grand nombre de studios de cinéma provinciaux peu reconnus ont gagné le droit de produire des films. Par ailleurs, les difficultés de financement ont, dans une certaine mesure, été atténuées. En 1995, Beijing Film Studio a investi dans le tournage d’une trentaine de films, utilisant près de 200 millions de yuans de fonds privés. La même année, le film In the Heat of the Sun réalisé par Jiang Wen a dépassé les 4 millions de yuans de recettes, devenant le champion du box-office chinois.
    À partir du 1[SUP]er[/SUP] janvier 2002, après son accession à l’OMC, la Chine a autorisé les organismes et le personnel ne faisant pas partie des institutions étatiques spécialisées dans la production cinématographique à se lancer dans des activités de tournage. Le 20 mars, Xu Jinglei, qui a réalisé et joué dans son propre film My Father and I, a bénéficié de cette autorisation : c’est le premier film réalisé par une entreprise privée à l’avoir obtenue. Parmi les productions qui ont vraiment dominé le marché chinois cette année-là, on retrouve Hero, Big shot’s funeral, Warriors of Heaven and Earth, Zhou Yu’s train et Cala my dog. Tous ces films ont été réalisés par des sociétés privées ou en coopération avec l’étranger. Le film Hero a non seulement généré 250 millions de yuans au box-office, mais il a aussi directement fait passer le prix de la place de cinéma en Chine de 15-20 yuans à plus de 30 yuans. Les ressources en capital, en main d’œuvre et les ressources de gestion et du marché deviennent pour ces films des facteurs importants en termes de soutien, de contraintes et de contrôle. Columbia Pictures et d’autres sociétés étrangères ont déjà apposé leur marque sur des films chinois.
    En novembre 2002, le secteur culturel, qui inclut notamment l’industrie cinématographique, a été intégré dans la stratégie globale pour le développement du pays. Ainsi, en 2003, les investissements privés, parfois émis par des entreprises d’autres secteurs, ont participé à l’enthousiasme croissant pour les productions cinématographiques et à l’accentuation de leur portée, réalisant plus de la moitié des 200 films produits en Chine cette année-là. Entre-temps, le marché du film dans la partie continentale de la Chine ouvrait grand ses portes au cinéma hongkongais.


    Un nouveau palier
    En 2006, 330 films ont été produits en Chine et 112 téléfilms ont également été tournés par des chaînes de télévision spécialisées. Selon les statistiques nationales, les recettes au box-office ont atteint 2,62 milliards de yuans, soit un taux de croissance de plus de 20 % depuis quatre années consécutives. Au palmarès des dix premiers films au box-office chinois, on comptait autant de films domestiques que de films importés. Curse of the Golden Flower et The Banquet, devant les blockbusters hollywoodiens, étaient devenus cette année-là les deux premiers films au box-office.
    À cette époque, plus de 300 sociétés ont investi dans les productions chinoises, dont 277 entreprises privées et institutions d’autres secteurs. La Chine compte au total 36 groupes d’exploitation cinématographique, parmi lesquels huit vendent chaque année des tickets dont le montant total dépasse la centaine de millions de yuans. Ces groupes comprennent 1325 cinémas, munis d’un total de 3034 écrans.
    Hero, co-production sino-américaine, a donné l’exemple en pénétrant le marché cinématographique américain et européen. Présentée au Festival international du Film, cette production est devenue par la suite un produit culturel entrant sur les marchés cinématographiques américain et européen par voie commerciale. La production de blockbusters chinois est une autre conséquence directe liée au succès de ce film. The Promise sorti à l’occasion du Nouvel An chinois de l’année 2005, ainsi que The Banquet et Curse of the Golden Flower diffusés pour la première fois en 2006, sont longtemps restés en tête du box-office national, devenant de véritables blockbusters chinois.
    Après le succès spectaculaire remporté par le film chinois Crouching Tigre, Hidden Dragon d’Ang Lee, suivi ensuite par Hero de Zhang Yimou, il semblerait que les films chinois soient pris dans ce soi-disant cercle vicieux des « grandes productions ». D’un côté, pour supporter les investissements massifs, ces films doivent s’appuyer sur les marchés étrangers. Pour ce faire, certains choisissent le modèle « costumes traditionnels + arts martiaux » auquel les étrangers sont actuellement familiers. D’un autre côté, ce modèle classique lasse le public, tant sur le marché intérieur que sur le marché étranger. Cela remet en doute les capacités à innover et à reconstituer l’histoire des trois grands réalisateurs que sont Zhang Yimou, Chen Kaige et Feng Xiaogang.
    Cependant, il faut reconnaître que certains films à petit budget ont également connu le succès. Crazy Stone, dont le budget était inférieur à 4 millions, a généré 23,5 millions de yuans. Par ailleurs, Still Life, ce film d’auteur réaliste qui n’a pas rencontré un énorme succès dans les salles, a tout de même remporté un Lion d’or à la Mostra de Venise.


    Le potentiel du marché ces dernières années
    En 2007, le cinéma chinois a généré des recettes dépassant les 6,7 milliards de yuans, dont 3,37 milliards pour ce qui est des films produits dans la partie continentale de la Chine, un chiffre qui établit un nouveau record historique en dépassant les 3,2 milliards réalisés en 1992. Dès lors, le marché du cinéma chinois a connu une croissance explosive. Les recettes au box-office ont augmenté de 30,4 % en 2008, de 42,96 % en 2009 et même de 63,9 % en 2010, atteignant 10,172 milliards de yuans. Cette année-là, 17 productions chinoises ont rapporté plus d’une centaine de millions de yuans au box-office, avec en pôle position le film Let the Bullets fly, générant près de 700 millions de yuans.
    En 2011, le cinéma chinois a atteint plus de 13 milliards au box-office, devenant le troisième marché le plus important au monde derrière les États-Unis et le Japon. Alors que les cinémas s’approchent de l’objectif des dix mille écrans, les vainqueurs inattendus au box-office qui commencent à émerger mettent en évidence la maturité du public et la différentiation du cinéma chinois sur le marché.
    De janvier à octobre 2012, 638 films au total ont été produits en Chine, représentant 80 % des sorties en salles. Mais leurs recettes ne représentent que 41,1 % des revenus totaux au box-office. En 2012, les dix premiers au box-office chinois incluaient Painted Skin 2, Lost in Thailand et 1942, trois films « made in China ». En termes de portée, il est indéniable que la Chine est un grand pays cinématographique dans le monde. Mais le niveau de revenu global du cinéma chinois, les recettes par film, le nombre d’entrées vendues par personne, la quantité d’écrans pour 100 000 habitants sont autant d’indicateurs montrant qu’il est encore difficile pour la Chine de rivaliser avec l’Europe, les États-Unis, le Japon ou la Corée. Conformément à un accord signé entre la Chine et les États-Unis, la Chine va augmenter son quota annuel d’importation fixé autrefois à 20 films américains environ, en introduisant dans le pays 14 films en 3D ou IMAX en plus. La part des bénéfices pris par les studios américains est donc passée de 13 % à 25 % dans le box-office. Cette situation rend plus incertain l’avenir des productions chinoises.
    L’explosion du marché cinématographique chinois a également bénéficié de la mise en œuvre d’une politique. En 2011, la Chine a lancé successivement des réglementations visant à promouvoir le développement de l'industrie cinématographique, comme « les cinémas ne doivent pas toucher plus de 50 % de bénéfices engendrés par un film lors de la première période de diffusion », « le loyer annuel d’un cinéma ne doit en principe pas dépasser les 25 % de ses bénéfices annuels » et « le droit d’exploitation publicitaire doit progressivement revenir à la charge des salles de cinéma, les producteurs ne doivent pas faire la promotion de produits dans leurs films ». Ces trois décisions jouent certainement un rôle moteur dans la répartition des bénéfices sur le marché cinématographique, dans la protection des intérêts des organismes voués à la production de contenus et dans la réglementation du marché du cinéma.
    À l'heure actuelle, les marchés des capitaux ont une influence plus prononcée sur l'intégration des ressources dans l'industrie cinématographique. Les organismes de placements en capital-risque, de capital-investissement ou autres, qui interviennent au niveau du capital, participent de plus en plus au développement de l’industrie cinématographique chinoise. Celle-ci utilise aujourd’hui ce pouvoir du capital consciemment. À travers l’ajustement et la répartition des ressources sur les marchés intérieur et étranger, elle s’oriente vers une production multinationale et multisectorielle.
    Le secteur cinématographique d’aujourd’hui n’est plus à l’ère des soi-disant grands réalisateurs inégalés. De nouvelles têtes ont fait leur apparition. Crazy Stone de Ning Hao, ainsi que The Three Swordsmen et Painted Skin 2 du jeune réalisateur mongol Wu’ershan ont retenu l’attention du public. Tous deux ont pendant des années tourné des publicités, tous deux ont dû payer eux-mêmes le tournage de leur films indépendants la première fois et tous deux ont reçu des prix lors de festivals à l’étranger. The Three Swordsmen n’était pas encore achevé que la Twentieth Century Fox avait déjà racheté le film. Quant à Painted Skin 2, dont le budget s’élevait à plus de 100 millions de yuans, il a établi un record au box-office chinois en gagnant près de 730 millions de yuans.
    En Chine, le cinéma est véritablement devenu un produit de consommation, et les gens s’attendent à ce que ce marché cinématographique chinois poursuive son développement.

    les recettes des films chinois au box-office depuis l’adhésion de la Chine à l’OMC
    2001 : 890 millions de yuans
    2002 : 950 millions de yuans
    2003 : 1,05 milliard de yuans
    2004 : 1,52 milliard de yuans
    2005 : 2,046 milliards de yuans
    2006 : 2,62 milliards de yuans
    2007 : 3,327 milliards de yuans
    2008 : 4,34 milliards de yuans
    2009 : 6,206 milliards de yuans
    2010 : 10,172 milliards de yuans
    2011 : 13,115 milliards de yuans
     
    #1 mam721, 28 Février 2013
    Dernière édition: 28 Février 2013
  2. mam721

    mam721 Membre Silver

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    Les films chinois : une histoire de succes et d echecs

    Le cinéma chinois veut se faire connaître du monde

    Le 9 décembre 2012, l’écrivain chinois Mo Yan, lauréat du prix Nobel de littérature de l’année, a vu le film Le Sorgho rouge avec des étudiants suédois et chinois à Stockholm, capitale de la Suède. Plus tard l’écrivain et les étudiants se sont échangés leurs idées sur ce film adapté d’un de ses romans. Le film a remporté l’Ours d’or au Festival du film de Berlin 1988. Il était en compétition avec des films tels que le très prometteur film soviétique The Commissar et des films de poids américains ou d’autres nationalités. Les 11 juges l’ont approuvé à l'unanimité. Par conséquent, on estime que ce film est l’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma chinois. Le Sorgho rouge a ultérieurement gagné de nombreux prix au niveau national comme international et son réalisateur Zhang Yimou a obtenu plus de prix qu’il n’en peut compter.

    Le Sorgho rouge et son réalisateur Zhang Yimou sont considérés respectivement comme le premier film chinois et le premier réalisateur chinois qui aient brillé dans un festival international du film de classe A. Cette réussite a incité les cinéastes chinois à essayer sans cesse d’atteindre ou de transcender ce niveau. Pour Zhang Yimou aussi, l’aspiration à la reconnaissance internationale et les efforts pour l’obtenir se poursuivent encore aujourd’hui.


    Raconter l’histoire de l’Orient
    À la fin des années 80 et au début des années 90 du siècle dernier, Zhang Yimou était sans aucune doute le plus gros gagnant des prix cinématographiques. Des statistiques simples montrent que ses 11 premiers films ont remporté au moins 80 prix au pays et à l’étranger, dont plus de 60 prix internationaux. Citons par exemple Le Sorgho rouge, qui a gagné 19 prix internationaux, Ju Dou, 6 prix, Raise The Red Lantern, 14 prix, l’Histoire de Qiu Ju, 8 prix, Shanghai Triad, 7 prix, Not One Less, 12 prix, The Road Home, 9 prix.

    Quand Zhang Yimou a exprimé à Mo Yan son désir de porter sur grand écran le roman le Sorgho rouge, ce premier était déjà un photographe de renommée nationale, qui avait filmé Yellow Earth et d’autres films bien connus. Le Sorgho rouge a été son premier film en qualité de metteur en scène. Mo Yan parle de sa première impression de Zhang Yimou: « Il me paraissait aussi fiable que les chefs des équipes de production dans mon village ». Néanmoins, arrivé à Gaomi, le petit village où se situe l’action du roman, Zhang a découvert que les interminables champs de sorgho du roman n’existaient plus. Au printemps de 1987, l’équipe de tournage a planté plus de 100 mu ( 1 mu = 1/15 ha) de sorgho à Gaomi, village natal de Mo Yan avec les fonds réunis par le studio de cinéma. Après sa sortie en octobre 1988, le film a réveillé l’esprit longtemps refoulé du public car l’esprit de liberté véhiculé par le film répondait bien aux besoins de ce dernier. À l’époque, les billets de film ne coûtaient en général quelques jiao (1 jiao = 1/10 yuan), alors que le billet du Sorgho rouge était vendu à 10 yuans sur le marché noir. Ce film a gagné plus de 40 millions de yuans au box office.

    Après son premier succès dans un festival international du film, Zhang Yimou n’a jamais cessé de remporter partout des lauriers. Les années suivantes, il s’est imposé comme un des réalisateurs chinois de la cinquième génération et réalisateur de classe mondiale.

    Le film Ju Dou, terminé en 1990, nous raconte une histoire qui se déroule dans un atelier de teinture d’un petit bourg au Sud de la Chine. Sexuellement impuissant, le propriétaire de l’atelier Yang Jinshan torture à mort ses deux femmes successives. Il achète ensuite Ju Dou (jouée par Gong Li), une femme de 30 ans plus jeune que lui, comme épouse. Yang la maltraite de diverses manières. Témoin de tout cela, Yang Tianqing (joué par Li Baotian), le neveu de Yang Jinshan et employé de l’atelier, compatit à la situation de Ju Dou, et le sentiment de pitié se transforme en sentiment amoureux. Il entretient ainsi des relations adultères avec elle et les deux ont un fils. Croyant que c’est son fils, Yang Jinshan éprouve une grande joie inattendue et donne à ce garçon le nom de Tian Bai. Peu de temps après, Jinshan est frappé d’apoplexie et souffre d’hémiplégie. Par conséquent, Qingtian et Ju Dou se conduisent sans aucun scrupule. Quand il découvre la vérité, Jinshan essaie à maintes reprises de tuer Tianbai, mais tombe par erreur dans la cuve à teinture et se noie. Séparés l’un de l’autre, Ju Dou et Tianqing ne peuvent se fréquentent qu’en secret. Une dizaine d’années plus tard, les ragots du voisinage, qui torturent Tian Bai, suscitent en lui la haine pour son père Qingtian. Un jour, Tianqing et Ju Dou se donnent rendez-vous en cachette dans une cave et s’évanouissent de suffocation. Voyant cette scène par hasard, Tian Bai sauve sa mère de la cave mais précipite son père dans la cuve à teinture. Tous ses espoirs éteints, Ju Dou incendie l’atelier de teinture. Tout est réduit en cendre.

    Le film lui a valu de grandes gloires: grâce à lui, il a remporté en 1990 le premier prix spécial Louis Bunuel du 43[SUP]e[/SUP] Festival de Cannes et plusieurs autres prix internationaux, il a aussi été le premier film chinois nominé comme meilleur film étranger aux Oscars.

    Il est regrettable que malgré sa réputation internationale, le film ait été tellement controversé qu’il n’a jamais été rendu disponible au public. Zhang Yimou n’a pas assisté à la soirée cocktail organisée par le Comité des films étrangers de l'Académie des arts et sciences du cinéma. Ju Dou a fait l’objet de diverses critiques négatives. À titre d’exemple, on lui a reproché de s’adapter délibérément au goût des Occidentaux qui font la chasse aux nouveautés et aux curiosités; Zhang Yimou a forgé une mystérieuse légende orientale avec son aventure culturelle.

    Dans les années 90, Zhang Yimou s’est fait remarquer par le grand nombre de ses oeuvres et le taux élevé de réussite de celles-ci. En 1991 et 1992, il a présenté ses films Raise The Red Lantern et l’Histoire de Qiu Ju au monde entier. Avec le premier, il a récolté le prix Lion d’argent de la 48[SUP]e[/SUP] Mostra de Venise et une nomination comme meilleur film étranger aux Oscars. Le second a remporté le Lion d’Or et le prix de la Meilleure Actrice de la 49[SUP]e[/SUP] Mostra de Venise. En plus, chaque film a remporté une dizaine d’autres prix.

    À la différence de Epouses et concubines qui raconte l’histoire des luttes intenses entre les différentes femmes d’un riche propriétaire, l’Histoire de Qiu Ju se déroule dans un village au Nord-Ouest de la Chine. Le rôle joué par Gong Li n’est plus une femme charmante mais une paysanne un peu maladroite dont le mari est blessé par le chef de village. Afin de demander une indemnisation pour son mari, Qiu Ju ne cesse de se plaindre auprès de l'autorité supérieure de l’injustice et de demander un règlement équitable de l'affaire. Ce que représente ce film n’est plus le côté sombre de la nature humaine et du contexte social. Si c’est leur curiosité pour l’éthique, les traditions de l’Orient et la nature humaine qui ont valu aux films précédents la reconnaissance des Occidentaux, l’Histoire de Qiu Ju l’a acquise car il présente au monde occidental l’état réel d’existence des paysans chinois et leurs relations interpersonnelles. Avec son interprétation parfaite de cette paysanne entêtée, Gong Li mérite bien le prix de la Meilleure Actrice.


    Avancer côte à côte
    C’est peut-être grâce à la vague de réformes que les gens ont plus besoin de découvrir le monde spirituel, ou bien c’est la réussite de Zhang Yimou qui a suscité l’ardeur des cinéastes pour leur travail. Depuis le milieu des années 90, Zhang Yimou n’est plus le seul cinéaste chinois sur la scène internationale, un nombre accru de films chinois vont à la rencontre des étrangers.

    L’année 1993 a été une année fantastique pour le cinéma chinois. Woman Sesame Oil Maker, tragédie reflétant le destin de deux générations de femmes chinoises, dirigé par Xie Fei, le pionier de la quatrième génération des réalisateurs chinois, et The Wedding Banquet d’Ang Lee, ont décroché l’Ours d’or du 43[SUP]e[/SUP] Festival du film de Berlin. C’est aussi dans ce Festival que Xuese Qingchen, Sishi buhuo, The Swordsman in Double-Flag Town et Mama ont figuré au Forum Expanded. An Answer from Heaven, oeuvre de Wang Junzheng a obtenu le prix du Centre Cinématographique International des enfants et des jeunes et Looking for Fun de Ning Ying a remporté le prix du New Film Forum.


    Le plus grand gagnant était pourtant Adieu, ma concubine de Chen Kaige. Au 46[SUP]e[/SUP] Festival de Cannes, il a remporté la Palme d’Or et le prix de la critique internationale. En outre, la Los Angeles Film Critics Association lui a attribué le prix du Meilleur film en langue étrangère. Bien que Chen Kaige se soit déjà établi une réputation nationale et soit une des figures représentatives de la cinquième génération de réalisateurs chinois, c’est à partir de ce film que beaucoup le redécouvrent et commencent à comprendre et à compatir à l’amour homosexuel pour la première fois.

    Parmi les facteurs qui intéressent le public occidental, il y a l’Opéra de Pékin, le sujet de l’amour homosexuel et l’histoire de la Chine des années 1920 à 1970. Dans ce film, Dieyi, âgé de 9 ans, vient apprendre l’Opéra de Pékin dans l’École des Guan, et y forge une profonde amitié avec Xiaolou. La pièce de théâtre Adieu, ma concubine, qu’ils jouent ensemble, émerveille toute la ville de Pékin. Xiaolou épouse la postituée Juxian pendant l’invasion japonaise et Dieyi se sent seul. Apès la libération, Dieyi et Xiaolou réapparaissent sur la scène mais la Révolution culturelle commence. Xiaolou est obligé de dénoncer les crimes de Dieyi, qui en désespoir de cause, dévoile à son tour le parcours de Juxian. Cette dernière se pend. Onze ans plus tard, Dieyi et Xiaolou jouent ensemble pour la dernière fois Adieu, ma concubine, après quoi Dieyi se donne la mort sur scène. « C’est un film coûteux, mais le changement de style de film n’est pas un choix fait sous la pression du marché, c’est un choix volontaire. » a dit le réalisateur Chen Kaige. Ce film est réussi non seulement du point de vue artistique, mais aussi au niveau du box office où ses recettes sont élevées en Chine comme dans les pays occidentaux tels que la France et les États-Unis. Elles atteignent 48 millions de yuans en Chine et dépassent 5 millions de dollars aux États-Unis. Le film a été mis à l’affiche simultanément dans 79 cinémas américains. Interdite en Chine au début, la projection d’Adieu, ma concubine a été permise après son succès international. Par ce film, Chen Kaige a consolidé son statut de grand réalisateur. Le célèbre critique Gu Xiaobai considère Adieu, ma concubine comme le meilleur film chinois. Il ajoute que Chen Kaige a toutes les raisons de regarder de haut les autres réalisateurs et peut terminer sa carrière avec une réputation intacte.

    En même temps, Zhang Yimou n’a jamais cessé d’explorer de nouvelles voies. En 1995, au 48[SUP]e[/SUP] Festival de Cannes, le Prix Vulcain del Artiste technicien a été remis à son film Shanghai Triad, qui a également remporté le Meilleur film en langue étrangère du Griffith Film Award de l’année, décerné par la National Film Critics Association des États-Unis. L’histoire se déroule dans l’ancienne ville de Shanghai et dévoile le côté obscur de la nature humaine au travers des luttes entre les factions mafieuses de la triade de Shanghai. Ce film est très controversé. Certains critiques pensent que Zhang Yimou ne connaît pas la culture de Shanghai et que ce film ne mérite pas d’être appelé film commercial. L’année suivante, Lifetimes Living, film adapté d’un roman de Yu Hua, a une fois encore captivé l’attention du monde entier. Il a obtenu le Prix du Jury, et l’acteur principal du film, Ge You, a décroché le Prix d'interpretation masculine. Au travers du parcours malheureux du héros, ce film a révélé la douleur des petites gens provenant de l’incapacité à contrôler leur propre destin et a reflété la perception du sort de la population chinoise. Comme il touche le sujet de la répression antidroitière, du Grand Bond en avant et de la Révolution culturelle, Lifetimes Living n’a pas pu sortir dans la partie continentale de Chine. Cela n’empêche pas qu’il est largement connu à l’étranger. Not one less, film qui a gagné le Lion d'or de la 56[SUP]e[/SUP] Mostra de Venise en 1999, constitue le premier film de Zhang Yimou dans lequel tous les acteurs soient non professionels. Le film a pour thème la situation actuelle de l’éducation rurale. « Not One Less est un film simple, traditionnel, banal et voire même stéréotypé, du point de vue de la forme comme du fond. » a dit Zhang Yimou lui-même de son film. Or, touchés par le sujet du taux très bas de scolarisation dans les régions rurales, les jurys chinois et étrangers ont décerné une dizaine de prix à ce film.
     
  3. mam721

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    Embarras après la commercialisation
    Le cinéma chinois du nouveau siècle est lié de plus en plus étroitement à la commercialisation.

    Œuvre de transition de Zhang Yimou, le film My Father and Mother, terminé en 1999, raconte l’histoire d’amour entre un père et une mère dans une période particulière de l'histoire. Le film a ému les critiques et le public, et a décroché en 2000 l’Ours d’argent de la Berlinale. Il a aussi révélé une nouvelle actrice : Zhang Ziyi.

    Après que le film Tigre et dragond’Ang Lee ait obtenu l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère, Zhang Yimou a commencé à produire des wuxiapian (films de cape et d’épée chinois). Hero est son premier wuxiapian. Ce film a coûté 30 millions de yuans et a été considéré comme « la plus grosse production chinoise du nouveau siècle » avant même sa sortie. Aux médias, il parle franchement de ses ambitions « Hero est une grosse production. J’espère bien qu’il plaise à l’opinion publique nationale, mais j’espère aussi obtenir la reconnaissance internationale. » Hero a réussi au box office, beaucoup de juges et de spectateurs n’acceptaient pourtant pas cette transition du thème de ses films. Son espoir de se procurer un prix d’Oscar a finalement été déçu: il n’a eu qu’une nomination pour le Meilleur film en langue étrangère. En 2003, le prix pour la meilleure contribution artistique a été remis à Hero au 53[SUP]e[/SUP] Festival de Cannes, ce qui est en dessous de ses attentes.

    Toujours dans la catégorie films de cape et d’épée, Zhang Yimou a sorti House of Flying Daggers en 2004 et Curse of the Golden Flower en 2006. Tout comme Hero, House of Flying Daggers a été applaudi à l’extérieur et controversé à l’intérieur. Quant à Curse of the Golden Flower, il s’est attiré la satire: « avec ses film de plus en plus colorés, Zhang Yimou a pleinement démontré sa quête de l’art. Des cinq blocs de couleur dans Hero à la couleur dorée écrasante qui remplit la vue dans Curse of the Golden Flower, il fait preuve d’obstination et d’une insouciance du coût en matière de couleur. » D’après certains amateurs chinois de cinéma, on ressent un manque de substance dans ce film malgré les spectacles grandioses. Pour les étrangers, les effets spéciaux des arts martiaux constituent le seul argument de vente du film.

    En 2011, Zhang Yimou a entrepris des films de guerre épiques. The Flowers of War a coûté plus de 600 millions de yuans et l’acteur oscarisé Christian Bale a joué le rôle principal de ce film, ce qui lui a ajouté un élément international. L’histoire se déroule sur le fond de l’invasion japonaise de Nanjing en 1937. Un Américain qui se fait passer pour prêtre dans une cathédrale afin de sauver les réfugiés, des écolières s’abritant dans la cathédrale, des prostituées fuyant la guerre et des soldats résistant opiniâtrement à l’invasion font face ensemble au massacre de Nanjing. Malgré des facteurs tels que la guerre, les prostituées, des grandes stars et des dialogues en chinois, en anglais et dans plusieurs dialectes, la défaite au box office a été un coup de massue. Des critiques estiment que le film « joue avec » le grand thème du massacre de Nanjing au lieu de véhiculer la profondeur de l’histoire et de susciter une compassion sincère.

    Dans le même temps, Chen Kaige, une autre figure représentative de la 5[SUP]e[/SUP] génération de réalisateurs chinois, a réuni de célèbres acteurs chinois, japonais et Coréens pour créer le film en costume The Promise, qui s’est finalement forgé une mauvaise réputation. En 2008, Chen Kaige a repris le thème de l’Opéra de Pékin qui lui avait réussi. Ainsi est né le film biographique Forever Enthralled. Même s’il a gagné plus de cent millions de yuans au box office national, ce film a reçu des critiques généralement défavorables à l’extérieur et a échoué au box office international. Les critiques nationales estiment qu’avec The Promise Chen Kaige a détruit la confiance du public établie par Adieu, my concubine et que se retirer du monde du cinéma « aurait pu être son meilleur choix ».

    Le nouveau film de Chen Kaige Caught in the Web représentera la Chine pour le Meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 2013. C’est la quatrième fois qu’il essaie de remporter un Oscar. Et il est certain que Zhang Yimou, nominé trois fois pour un Oscar, persistera dans la quête de ce prix.

    Alors que des réalisateurs au palmarès bien établi tentent de transformer leur style pour mieux s’adapter au marché, de nouveaux réalisateurs prennent le relais de l’exploration artistique du cinéma chinois. Wang Xiaoshuai fait partie de ces réalisateurs. Il est une figure représentative du cinéma indépendant chinois, qui était actif dans les festivals internationaux du film dans les années 1990. Son film The Days, fini en 1993, a gagné bon nombre de prix internationaux et a été nommé en 1995 un des 100 meilleurs films par la BBC à l’occasion du centenaire de la naissance du cinéma. Wang Xiaoshuai s’est imposé comme membre de la sixième génération de réalisateurs chinois. Il dirige principalement des films d’art, dont la majorité n’est pas sortie dans la partie continentale de Chine. Il s’obstine dans sa quête du cinéma, adopte la perspective des intellectuels tout en accordant une grande attention à la vie des gens ordinaires. C’est au travers des films qu’il se préoccupe du monde spirituel de la population. En 2001, son œuvre Beijing Bicycle a décroché l’Ours d’argent du Grand prix du jury à la 51[SUP]e[/SUP] Berlinale. Or ce même film lui a attiré des critiques négatives. Certains pensent qu’il a plagié Le voleur de bicyclette de Vittorio De Sica, sorti en 1948. En 2005, le prix du Jury du 51[SUP]e[/SUP] Festival de Cannes a été remis au film Shanghai Dreams dirigé par Wang Xiaoshuai.

    En outre, les films de Gu Changwei, Jia Zhangke, Wang Quan’an et d’autres réalisateurs chinois attirent progressivement l’attention internationale. En 2006, grâce à son souci humanitaire, Still Life a obtenu le Lion d’or de la Mostra de Venise. Son réalisateur Jia Zhangke est devenu le deuxième chinois de la partie continentale de Chine qui ait gagné le Lion d’or. Le film raconte deux histoires de « recherche » : un mineur de la province du Shanxi a acheté une femme 16 ans plus tôt. Tout de suite après son accouchement, la femme a été sauvée par la police. 16 ans se sont écoulés et le mineur part pour la région des Trois Gorges dans le but de retrouver sa fille. A cause du projet de barrage des Trois Gorges, la ville de son ex-femme a été submergée par les eaux. Après une longue recherche difficile, l’homme et son ex-femme se retrouvent et décident de se remarier; l’autre histoire est celle d’une infirmière qui recherche son mari. L’ayant trouvé, elle renonce toutefois à lui car elle se rend compte que l’amour entre eux n’existe plus. Selon certains commentaires, la préoccupation humanitaire de Jia Zhangke pour la réalité chinoise est exceptionnelle, d’autant plus que l’ensemble du cinéma chinois tourne autour de thèmes non réalistes à la hollywoodienne. Cette préoccupation lui a sans aucun doute acquis la reconnaissance internationale.

    Les films de Wang Quan’an présentent le plus souvent le mode de vie dans l’Ouest de la Chine et les caractéristiques des minorités nationales. En 2007, l’Ours d’or de la 57[SUP]e[/SUP] Berlinale a été décerné à son film Tuya's Marriage, qui a remporté aussi le prix spécial du Jury du 43[SUP]e[/SUP] Chicago International Film Festival. Ce film est destiné à toucher le public avec l’histoire de la Mongole Tuya cherchant un mari qui puisse prendre soin de son ex-mari handicapé avec elle. En outre, son film Apart Together a remporté l’Ours d’argent pour le meilleur scénario en 2010.

    Aujourd’hui, le cinéma chinois s’avère plus orienté vers le marché et plus internationalisé. Conduire le cinéma chinois au monde est devenu le rêve de chaque cinéaste chinois, et ceux-ci ne cessent jamais leurs recherches sur cette voie. Il est incontestable que l’attention aux valeurs universelles et aux soins humanitaires constituent la langue commune du monde entier, quelque soit le thème du film.
     
  4. mam721

    mam721 Membre Silver

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    Les vedettes du grand ecran

    Depuis longtemps, la carrière des vedettes cinématographiques a été profondément conditionnée par l’époque dans laquelle elles évoluaient. Aujourd’hui, les goûts de plus en plus variés des spectateurs font naître différents types de vedettes « qui s’épanouissent ensemble comme cent fleurs ».

    Des vedettes à la fois belles et talentueuses

    La plupart des premiers acteurs cinématographiques chinois viennent du théâtre ou de l’opéra traditionnel. A cette époque-là apparaissent de nombreuses vedettes extrêmement populaires, masculines et féminines, telles que Ruan Lingyu, Hu Die, Zhou Xuan, Zhao Dan, Jin Yan etc.

    Avec son joli visage et ses deux fossettes, Hu Die est peut-être la première actrice chinoise connue en Occident. Née en 1908, elle est admise à 16 ans comme élève de la première promotion dans l’école de cinéma Zhonghua de Shanghai, la première école de cinéma de Chine. A l’âge de 20 ans, elle devient célèbre avec le film d’arts martiaux L’Incendie du monastère du Lotus rouge. Elle est la première « Reine du cinéma » élue par les spectateurs chinois en 1933. En 1935, ensemble avec le grand artiste de l’Opéra de Pékin Mei Lanfang, comme membre de la première délégation du cinéma chinois, elle participe aux activités du Festival du cinéma de Moscou etse fait connaître du public occidental. Plus tard, elle interprètera le premier rôle dans des films tels que La Chanteuse Pivoine rouge, Sœurs jumelles, Rêves de printemps, Jin xiu tian tang, Hou men etc. Elle remporte le prix spécial du cheval d’or taïwanais en 1986.

    Zhou Xuan est surtout populaire chez les intellectuels. Zhou Xuan n’a pas une apparence physique particulièrement attrayante. Elle semble plutôt une jeune fille fine et délicate. Elle est la première vedette de Chine qui soit à la fois chanteuse et actrice. Abandonnée par ses parents naturels dans son enfance, Zhou Xuan entre dans une école de musique et de danse à l’âge de 8 ans. Elle commence à chanter avec sa belle voix et puis débute au cinéma. En 1936, elle joue l’héroïne du film Les Anges du boulevard, en incarnant le rôle de Xiaohong, une chanteuse des bas-fonds. Comme sa propre expérience et celle du rôle se ressemblent beaucoup, son interprétation est aisée et charmante. Elle devient une véritable vedette grâce à ce film. Les chansons chantées par elle dans ce film, La Chanson des quatre saisons et La Chanteuse des confins du ciel, sont encore populaires aujourd’hui. Plus tard, elle jouera encore le premier rôle dans une trentaine de films, tels que Li Sanniang, Dong Xiaowan, l’Histoire d’amour de Su San, Dans l’attente de son amour etc. En 2006, le feuilleton télévisé en 40 épisodes Zhou Xuan est dédié à sa vie de légende.

    Zhao Dan et Jin Yan sont en quelque sorte les représentants des acteurs de cette époque-là. Ayant été acteur du théâtre parlé, Zhao Dan excelle à interpréter différents rôles, de plus il a une belle apparence physique, il devient bientôt une star de cinéma remarquable. Il joue le premier rôle dans beaucoup de films, tels que The Spring dream of the lute (1932), Youngsters of the Time (1933), Les Anges du boulevard (1937), Les enfants de Chine (1939) etc.

    Jin Yan est d’origine coréenne. Il a immigré en Chine en 1962 et a obtenu la nationalité chinoise. Après qu’il débute au cinéma en 1929, avec sa grande taille et son beau visage, il devient bientôt très populaire auprès des spectateurs, surtout chez les étudiants. Il joue le premier rôle dans des films comme Trois femmes modernes, La Grande route, Soaring Aspiration etc. En 1934, il est élu « Empereur du cinéma » par les lecteurs d’une revue cinématographique. Il a joué dans 46 films avant de faire ses adieux au milieu cinématographique. Le premier ministre Zhou Enlai le surnommait sincèrement « gendre de l’empereur chinois ».



    Romance révolutionnaire

    Pendant une période après le fondement de la Chine nouvelle, le cinéma chinois est resté lié étroitement à la politique. La majorité des films avaient pour sujet l’esprit révolutionnaire et l’héroïsme. On désigne les films de cette période de « films rouges ». Les rôles principaux dans ces films sont souvent ceux d’ouvriers et d’ouvrières, de soldats bien respectés. La plupart des rôles féminins sont ceux de femmes travailleuses.

    Le problème qui se pose aux vedettes de cette époque-là est le changement de style. Les acteurs et les actrices qui ont joué des rôles de fils de famille, de dame ou de demoiselle commencent à répondre à la demande des « arts de la période révolutionnaire ». L’appellation « vedette » est remplacée par « acteur » et « travailleur cinématographique ». Ils ne portent plus la splendide robe chinoise fendue sur les côtés et le manteau de fourrure, mais plutôt un uniforme et une casquette de Lénine, sans maquillage.

    Sun Daolin(1921-2007) et Shangguan Yunzhu(1920-1968) sont représentatifs de ce changement de style.

    A l’époque de la Chine ancienne, Sun Daolin a joué dans beaucoup de comédies et a joué le rôle d’intellectuel à l’ancienne époque dans quelques films. Après la fondation de la Chine nouvelle, il joue le premier rôle dans une dizaine de films, comme Scouting Across the Yangtze River, The Unfailing Radio Waves, The Go Masters etc., où il interprète différents personnages. Son changement de style, qui rencontre le succès, devient un modèle pour les acteurs.

    Shangguan Yunzhu, dont la carrière cinématographique commence en 1941, a joué au départ principalement des rôles de riche dame, de mondaine ou même de femme de traître à la nation chinoise. En 1955, le Shanghai Film Studio commence à tourner The Story of South Island, où Shangguan Yunzhu incarne une héroïne révolutionnaire énergique, courageuse et vigilante. Elle change complètement son image de mondaine auprès des spectateurs et interprète parfaitement le rôle de l’héroïne qui a connu toutes les souffrances. Plus tard, elle jouera différents rôles dans des films comme Withered Trees Revive, Printemps précoce et Sœurs de scène, qui produiront une vive impression sur les spectateurs.

    En 1962, on commence à accrocher les grandes photos des 22 acteurs et actrices dans les cinémas des villes ou les halls des clubs ouvriers, pour remplacer les portraits des acteurs soviétiques. Ces photos sont accrochées publiquement pendant presque deux ans et cinq mois. Cela peut être considéré comme le premier « lancement des vedettes » de la Chine nouvelle. Les acteurs et les actrices représentent presque tous les styles esthétiques de l’époque. Parmi eux il y a Zhao Dan, Sun Daolin, Bai Yang, Xie Fang, Shangguan Yunzhu, Wang Xingang, Zhu Xijuan, Wang Xiaotang etc.

    Il nous faut remarquer Wang Xingang et Wang Xiaotang. Wang Xingang est appelé « le premier militaire du grand écran ». Il a une belle apparence physique et un caractère ferme et résolu. Il joue le premier rôle dans de nombreux films rouges tels que Le Détachement féminin rouge et Struggles In An Ancient City, etc. Les personnages héroïques qu’il interprète sur grand écran ont impressionné une génération de spectateurs chinois. Dans Struggles In An Ancient City, Wang Xingang collabore avec Wang Xiaotang. Cette dernière interprète les correspondants clandestins Jinhuan et Yinhuan. Elle est considérée comme l’amante idéale par les spectateurs à l’époque. Dans Le Détachement féminin rouge, Zhu Xijuan incarne une servante qui mène une vie misérable chez un propriétaire foncier. Elle devient plus tard la chef du détachement féminin et le conduit pour enfin renverser le propriétaire despotique. Elle devient immensément populaire, à 24 ans, grâce à ce film.

    Dans n’importe quelle époque, outre les vedettes du courant principal du cinéma, il existe presque toujours des actrices populaires qui ont un côté intellectuel. A cette époque-là, à côté des actrices révolutionnaires existent aussi « des représentants des intellectuels » comme Xie Fang, héroïne de Chanson de jeunesse et de Sœurs de scène.

    Dans les années 1960-70, la plupart des acteurs et des actrices sont stéréotypés. Presque toutes les actrices ont de grands yeux et des sourcils fournis, la couleur de la peau semblable à celle des hommes, et elles semblent pleines de force. Les éléments féminins sont atténués. En général, les personnages sur grand écran n’expriment pas beaucoup d’émotions. Ils s’occupent plutôt de la révolution et du travail. Li Xiuming et Yu Yang en sont les représentants les plus typiques.

    Diversité de vedettes

    Depuis la réforme et l’ouverture à la fin des années 1970, des vedettes de Hong Kong et de Taiwan ont fait leur apparition devant les spectateurs de la partie continentale de la Chine. Cela a amené une nouvelle interprétation de l’esthétique à l’égard des actrices.

    Joan Chen (de nationalité américaine) est la première actrice chinoise à entrer dans le cinéma occidental et à être acceptée en jouant en anglais. Avant d’aller faire ses études aux États-Unis, elle jouissait déjà d’une certaine célébrité en Chine. Elle avait été élue meilleure actrice du prix des Cents Fleurs en 1981 grâce à Petite fleur où elle avait joué en 1979. En 1987, elle était devenue une véritable vedette grâce à son rôle dans Le Dernier empereur, film qui avait obtenu de nombreux Oscars.

    En fait, on peut retracer l’évolution des goûts esthétiques des spectateurs à l’égard des actrices dans les choix de Zhang Yimou pour ses rôles féminins. Parmi les actrices devenues populaires grâce aux films de Zhang Yimou, Gong Li et Zhang Ziyi sortent du lot. Gong Li est une des premières actrices lancées par Zhang Yimou. Depuis longtemps, elle représente l’actrice chinoise aimée des spectateurs occidentaux grâce à son « sex-appeal » oriental. Quand Mo Yan voit pour la première fois Gong Li, il pense d’abord que Zhang Yimou a mal choisi l’héroïne car l’image de Gong Li s’éloigne beaucoup de « sa grand-mère » (personnage du Sorgho rouge) dans son imagination. Mais le résultat prouve que Mo Yan a tort. Gong Li joue dans la plupart des films récompensés de Zhang Yimou dans les années 1980-90. Elle est aussi choisie par d’autres réalisateurs comme Chen Kaige, qui l’invite à jouer dans le film récompensé Adieu ma concubine.

    Zhang Ziyi n’a que 19 ans quand elle est choisie par Zhang Yimou en 1998. Elle joue dans The Road Home et se rend bientôt célèbre. En 1999 elle joue dans Tigre et Dragon d’Ang Lee et entre dans le monde du cinéma international. Elle joue ensuite dans Hero et Le secret des poignards volants réalisés par Zhang Yimou et devient populaire dans le monde entier.

    Outre Gong Li et Zhang Ziyi, les actrices popularisées par les films de Zhang Yimou se renouvellent sans cesse. Dong Jie, Li Man, Zhou Dongyu et Ni Ni jouent l’héroïne l’une après l’autre dans ses films. Leurs points communs consistent en un front haut et large, des yeux brillants et une beauté sentant extrêmement l’Orient. On peut dire que les actrices des films de Zhang Yimou ne sont pas choisies selon l’esthétique personnelle de celui-ci, mais par référence au changement dans les goûts esthétiques des spectateurs. Les choix sont toujours justifiés par le box-office.

    Quant aux acteurs masculins, Tang Guoqiang est l’acteur le plus représentatif du changement de style qui a suivi la réforme et l’ouverture. Il devient célèbre grâce à ses « traits fins ». Les spectateurs découvrent que l’acteur peut non seulement « être révolutionnaire », mais aussi « être beau ». On peut dire que Tang Guoqiang est le premier acteur-idole. Après l’âge mûr, il commence à interpréter des grands hommes comme Mao Zedong et réalise une transition, d’une idole qu’on admire surtout pour ses atouts physiques, il devient un maître qui possède son propre style.

    Parmi les plus populaires acteurs de Chine, il ne faut pas oublier Ge You et Jiang Wen. Ge You est né en 1957. Son apparence physique ne correspond pas vraiment au goût esthétique de la plupart des spectateurs. Il a la bouche pointue et les pommettes saillantes, et dans la plupart de ses rôles, il a le crâne rasé. Mais grâce à son jeu remarquable et à son humour personnel, il devient un des meilleurs acteurs de l’histoire du cinéma chinois. Il joue dans plus de 50 films, tels que Adieu ma concubine, Vivre! et Big Shot’s Funeral. Grâce à son interprétation impressionnante dans Vivre!, il devient le premier acteur qui reçoive le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1994. A partir de Ge You, les spectateurs s’aperçoivent que celui qui n’est pas beau peut aussi faire du cinéma. Aujourd’hui, Ge You est l’acteur qui attire le plus grand nombre de spectateurs de Chine.

    Diplômé de l’Académie centrale d’art dramatique, Jiang Wen n’a pas non plus une belle apparence physique. Avant de jouer dans Le Sorgho rouge, il a fait connaitre son talent dans des films comme Hibiscus Town. Il devient vraiment connu grâce au Sorgho rouge qui a obtenu l’Ours d’or du meilleur film dans le Festival de Berlin. Depuis les années 1990, Jiang Wen s’intéresse plus à la réalisation qu’au jeu. Il réalise l’un après l’autre des films tels que In the Heart of the Sun, Les Démons à ma porte, Le Soleil se lève aussi, Let the Bullets Fly etc. Il joue aussi dans ces films. Réalisateur ou acteur, il jouit de la reconnaissance des spectateurs. Les Démons à ma porte obtient le Grand Prix du jury du Festival de Cannes en 2000. Et les recettes au box-office de Let the Bullets Fly atteignent 700 millions de yuans en 2010.

    Une esthétique plus diversifiée

    Depuis l’an 2000, l’adaptation au marché et la commercialisation rapides du cinéma chinois aboutissent à la diversification des goûts esthétiques des spectateurs. Les réalisateurs commencent à choisir différents types d’acteurs selon leur goût personnel ou le public visé. Comme les échanges entre la partie continentale de la Chine, Hong Kong et Taiwan augmentent sans cesse, beaucoup de vedettes hongkongaises et taïwanaises entrent sur le marché continental. Les idoles se renouvellent de plus en plus vite.

    Outre les vedettes qui ont une apparence physique parfaite comme Zhang Ziyi et Fan Bingbing, les acteurs et les actrices qui ont un type particulier sont aussi populaires. Par exemple, « la Reine du weibo » Yao Chen, avec sa grande bouche et son caractère franc, est considérée comme « une beauté chevaleresque ». Au début elle s’est fait connaître par des feuilletons télévisés. Elle jouait dans des feuilletons et des films comme Lurk et Caught in the Web. Grâce à son humour et son affabilité, elle a plus de 29,9 millions de fans sur weibo.

    Les spectateurs n’exigent plus une apparence physique qui corresponde aux canons de beauté traditionnels des acteurs, et ils acceptent de plus en plus différents types d’acteurs. La popularité des acteurs qui ne sont pas beaux mais sont drôles, comme Xu Zheng et Wang Baoqiang, confirme en revanche la diversification des goûts des spectateurs. Les revenus de Lost in Thailand sorti à la fin de 2012, réalisé par Xu Zheng et où jouent Xu Zheng, Wang Baoqiang, Huang Bo, Fan Bingbing et Tao Hong, ont atteint 729 millions de yuans en 13 jours.

    Aujourd’hui et dans le futur, le cinéma deviendra un produit de consommation divertissant pour de plus en plus de Chinois. L’élargissement du marché cinématographique est une tendance évidente. Les spectateurs accepteront différents types de vedettes. À une époque où le caractère individuel est estimé, chacun peut devenir une star.
     
  5. mam721

    mam721 Membre Silver

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    Depuis la réforme et l’ouverture, et plus particulièrement depuis les années 1990, les échanges entre le cinéma chinois et le cinéma mondial se sont multipliés : de la première projection jusqu’à la coproduction de films, en passant par l’ouverture mutuelle des marchés. Cette collaboration est bénéfique pour chacun.

    Améliorer la compréhension à travers la communication

    En 1935, le cinéma chinois est pour la première fois sorti des frontières nationales, avec l’obtention par le film Song of the Fishermen d’un prix d’honneur au Festival international du film de Moscou. Dès lors, créer des productions cinématographiques au niveau mondial est devenu un rêve pour toutes les générations de cinéastes chinois qui ont suivi. Ces derniers travaillent assidûment dans l’espoir de faire connaître la Chine au monde par le biais du cinéma.

    En 1982, a été organisée en Italie une rétrospective du cinéma chinois, durant laquelle 135 films ont été projetés. Cet évènement a eu un grand retentissement dans le pays. Depuis, ce genre d’activités a proliféré, par voie officielle ou non officielle, ouvrant ainsi une fenêtre sur la Chine. Cependant, à l’époque, la plupart de ces manifestations visaient plutôt les chercheurs et les spécialistes et restaient peu accessibles au grand public. Cette approche était loin d’être suffisante pour porter le cinéma chinois sur le devant de la scène internationale.

    En 1988, Le Sorgho rouge, réalisé par Zhang Yimou, a obtenu le prix de l’Ours d’or du meilleur film lors du Festival du film de Berlin. En l’espace de dix ans, des films artistiques chinois ont été primés à plusieurs reprises au cours de festivals internationaux, ce qui a contribué à faire découvrir le cinéma chinois au public occidental.
    En 1996, China Film Group Corporation (CFGC) a diffusé 18 films chinois à Beijing, invitant des sociétés cinématographiques venues des quatre coins du monde. Il s’agissait de la première édition des « écrans de Beijing ». À travers la communication directe, cet évènement a ouvert une vaste plate-forme d’échanges et d’information pour les cinéastes et producteurs du monde entier, en vue d’établir des coopérations directes avec le cinéma chinois. Cette rencontre a ainsi permis à un grand nombre de bons films de se faire connaître à l’extérieur du pays.

    À partir de l’année 2011, Beijing a commencé à organiser son Festival international du film, dont les « écrans de Beijing » font partie. En 2012, le 2[SUP]e[/SUP] Festival international du film de Beijing a attiré plus de 600 sociétés de production cinématographique et télévisuelle, rassemblant 2 000 professionnels. 21 projets ont été signés, pour un montant total s'élevant à 5,273 milliards de yuans ; plus de 60 % d’entre eux dépassaient le milliard de yuans. Ces négociations ont permis de mettre en place pour la première fois une unité d’investissement et de création de projets. Les projets qui ont participé à cette compétition provenaient de 12 pays et régions différentes : États-Unis, Canada, France, Royaume-Uni, Australie, Afrique du Sud, Corée du Sud, etc. Parmi eux, 20 sont restés en lice jusqu’à l’évaluation finale. Ces négociations ont ouvert aux cinéastes chinois une porte vers le cinéma mondial.



    « Introduire de l’étranger » et « sortir du pays »

    Dans les années 1920 et 1930, les films étrangers, particulièrement les films hollywoodiens, représentaient déjà une part importante du marché cinématographique chinois dans les grandes villes comme Shanghai. En 1933, par exemple, 433 longs- métrages étrangers ont été introduits en Chine, dont 353 films américains. Cela signifie qu’à cette époque, sur le marché du cinéma chinois, presque un nouveau film hollywoodien sortait par jour. Beaucoup de cinéastes chinois se souviennent encore qu’ils se rendaient dans les salles de cinéma, cahier et la lampe de poche en main, pour étudier ces productions hollywoodiennes.

    De la fondation de la Chine nouvelle à la veille de la réforme et de l’ouverture, la Chine n’a cessé d’importer des films étrangers, mais principalement des films réalisés en Union soviétique et dans d’autres pays socialistes. Excepté dans le cas de diffusions non commerciales, les droits d’exploitation d’un film s’élevaient généralement à 20 000 dollars.

    Les négociations entre la Chine et Hollywood, qui ont débuté en 1979, ont duré une dizaine d’années, jusqu’en 1994 plus précisément, année où la Chine a été autorisée à introduire 10 films hollywoodiens, selon le modèle du partage des bénéfices au box-office. Le Fugitif est le premier film qui a connu un grand succès. En 1998, le montant du box-office en Chine a atteint 1,4 milliard de yuans, dont 785 millions étaient le fruit de productions américaines, soit 54 % du total. Cette année-là, le film Titanic avait généré à lui seul 360 millions de yuans.

    Après l’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce en 2001, le nombre de films hollywoodiens importés a augmenté à 20 par an par la signature d’un accord sino-américain. En 2012, ce chiffre s’élevait à 34, avec des recettes au box-office, elles aussi, bien plus conséquentes. L’année dernière, parmi les dix premiers films en tête au box-office, on ne comptait que trois films chinois, les autres étant Titanic 3D (970 millions de yuans), Mission impossible 4 (640 millions), L’Odyssée de Pi (571 millions), etc. Le marché chinois du cinéma est ainsi devenu une terre de gloire et de fortune accessible aux cinéastes du monde entier.

    Mais dans le même temps, les recettes des films chinois à l’étranger ne sont pas très optimistes. Pour résumer les dix dernières années, le montant total de leurs bénéfices s’élevait à 500 millions de yuans en 2002, puis a atteint un record historique en 2010 avec 3,517 milliards de yuans, mais cette somme a commencé à diminuer dès 2011. En 2010, 75 évènements autour du cinéma chinois ont été organisés dans 44 pays et régions (Hong Kong, Macao et Taiwan inclus), diffusant un total de 485 films ; 295 productions chinoises ont participé aux 82 festivals qui se sont tenus dans 28 pays et régions, parmi lesquels 55 films ont récolté un total de 82 prix dans 18 festivals. Le cinéma chinois a donc su garder son influence culturelle. Mais en 2011, seuls 55 productions chinoises se sont vendues dans 22 pays et régions à l’étranger. Les recettes de ces films n’ont atteint que 2,046 milliards de yuans au box-office, soit une diminution de 40 % par rapport à 2010.

    Les films chinois qui ont rencontré un grand succès dans les pays étrangers ont presque tous le même sujet : le kung-fu. Hero avait été déclaré champion au box-office en 2002, avec des revenus atteignant un total de 1,1 milliard de yuans à l’étranger (420 millions aux États-Unis, 300 millions au Japon, 120 millions en Corée du Sud, plus de 170 millions en Europe, environ 100 millions en Asie du Sud-Est dans des pays comme Singapour et la Thaïlande). Ce chiffre est presque le quintuple des bénéfices récoltés dans la partie continentale de la Chine. Le Secret des poignards volants, sorti en 2004, avait engendré à l’étranger des recettes dépassant les 500 millions de yuans.

    « Le cinéma, à travers le récit mutuel d’histoires, permet de transmettre les diverses visions du monde et ainsi de comprendre l’autre, afin de parvenir à des échanges émotionnels et culturels », a expliqué Jason Reed, vice-président de Walt Disney. Il a ajouté que si le cinéma chinois veut « sortir du pays » et se diffuser à l’international, celui-ci doit avant tout exprimer les valeurs humaines du point de vue chinois et oriental.



    Les coproductions contribuent à l’internationalisation

    Depuis son ouverture dans les années 1990, le marché du cinéma en Chine a fait des progrès continus, mais le cinéma chinois ne semble manifestement pas en mesure de rivaliser avec les films hollywoodiens. Dans ce contexte, la collaboration est devenue un vrai débouché.

    De 2001 à juin 2012, le nombre de films coproduits s’est élevé à 417, dont 69 % ont été tournés avec Hong Kong. Jusqu’à présent, des accords gouvernementaux relatifs à la collaboration cinématographique ont déjà été signés avec sept pays : l’Italie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la France, le Canada, la Belgique et Singapour. La coopération avec le Royaume-Uni, l’Inde, la Russie, la Corée du Sud et d'autres pays est actuellement en cours de négociation.

    La coproduction de film en Chine nouvelle a débuté en 1958, lorsque Beijing Film Studios a réalisé, en collaboration avec la société de production française Garance, un film de fiction intitulé Le Cerf-volant du bout du monde, qui a eu un énorme retentissement dans le monde occidental. En 1982, en collaboration avec la société hongkongaise Zhongyuan, a été tourné Le Temple de Shaolin, film qui a marqué de son empreinte l’histoire du cinéma chinois. En 1987, le fameux réalisateur italien Bernardo Bertolucci est venu en Chine pour réaliser son film Le Dernier Empereur, qui a remporté neuf Oscars, la première production à avoir été réellement filmée dans l’enceinte de la Cité interdite. Par la suite, cette méthode de coproduction a été adoptée par un nombre croissant de réalisateurs. Ju Dou et Épouses et Concubines de Zhang Yimou, Adieu ma concubine et Temptress Moon de Chen Kaige sont des films qui ont été respectivement coproduits avec Hong Kong, Taiwan, le Japon et l’Europe. Tous ont été primés lors de festivals internationaux.

    Certains réalisateurs hongkongais ont renforcé leur coopération avec la partie continentale de la Chine. En 2000, Tigre et Dragon, production à laquelle ont participé Hong Kong, Taiwan et la partie continentale de la Chine, a été récompensée de quatre Oscars. Depuis, les collaborations entre Hong Kong et la partie continentale de la Chine sont de plus en plus nombreuses, ce qui a donné naissance à beaucoup de beaux films. Au début, cette coopération se limitait uniquement au transfert de capitaux et de personnel. Mais après des années d’échanges, les sociétés de production commencent à prêter plus d’attention à l’expression des sentiments et à l’histoire même du film. Par exemple, Don't Go Breaking My Heart de Johnnie To raconte la vie à Hong Kong d’une fille venue de la partie continentale de la Chine ; A Beautiful Life d’Andrew Lau décrit le scénario inverse. Du fait du nombre croissant de films nés d’une collaboration entre la partie continentale de la Chine, Hong Kong et Taiwan, de plus en plus de gens préfèrent renoncer à la notion de « coproduction » et parler plutôt de « films en langue chinoise ». Cela prouve bien que ces projets en commun ont permis de former un marché plus grand. Dans le même temps, ces « films en langue chinoise » commencent à étendre leurs coopérations à tout le continent asiatique, afin de partager leur culture d’une même origine et d’être présents sur les marchés voisins.

    Quant à la collaboration avec le monde occidental, deux modes principaux se distinguent. Le premier consiste à obtenir des financements de l’étranger, comme Big Shot’s Funeral, Téléphone mobile, Kekexili : Mountain Patrol, qui, sur le fond comme sur la forme, restent indiscutablement des films chinois. L’autre méthode consiste à réaliser des productions suivant les valeurs occidentales, mais en collaboration avec la Chine en matière d’investissement et de personnel, afin de mieux pénétrer le marché chinois. On peut citer comme exemples Momies 3, Looper, Tiger Cubs, 33 Postcards, etc.

    Marcher main dans la main ou simplement s’appuyer sur le marché mondial ? Telle est la question que pose le développement du cinéma chinois. D’après Ren Zhonglun, président de Shanghai Film Group Corporation, l’histoire des coproductions entre la Chine et les pays étrangers est passée par trois phases. Au début, il ne s’agissait que d’une pure exportation de main-d’œuvre. Autrement dit, la Chine assistait les pays étrangers dans le tournage des films. À titre d’exemple, lorsque Spielberg était venu filmer L’Empire du Soleil à Shanghai, la Chine n’avait fait que fournir du matériel sur place. Mais en 2008, pour le tournage de la production hollywoodienne Momies 3, la participation de la Chine était bien plus importante. Approfondir cette coopération demande du temps. Coproduire au lieu d’aider à produire : les cinéastes chinois ont désormais embrassé ce principe, ne souhaitant plus se limiter à une coopération monétaire.
     
  6. Jimmy One

    Jimmy One Demi-dieu

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    J'ai tout lu, j'ai mis 4 jours.

    Le marche ??

    LA marche !!!!!
     
  7. mam721

    mam721 Membre Silver

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  8. sanlaurenzu

    sanlaurenzu Membre Gold

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    Dis nous que c était un devoir ou un exposé pour ton école ou ton travail!
     
  9. mam721

    mam721 Membre Silver

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    Non un article que j'ai trouvé à l'aéroport de Shanghai. Les feuilles étaient déchirées, je ne sais pas de quel magasine.
    Comme c’était en français j'ai pas pu résister de lire et au final c'est assez intéressant. Donc dès que j ai eut un peu de temps libre je l'ai tapé pour le mettre la.
     
  10. sanlaurenzu

    sanlaurenzu Membre Gold

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    anim_bravo:affraid:
     
  11. MandaRhum

    MandaRhum Dieu souverain

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  12. TonyTruant

    TonyTruant Membre Bronze

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    Merci pour l'article, enfin l'enquête, enfin le bouquin :D

    :dieu:
     

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