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Le "made in Ethiopia" chinois

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par phitheb, 12 Février 2016.

  1. phitheb

    phitheb Dieu souverain

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    Le "made in Ethiopia" chinois:

    "Quand le groupe Huajian s’est installé en 2012 dans cette ville sans charme proche de la capitale, le gouvernement éthiopien n’avait qu’un mot à la bouche : « industrialisation ». Le patron chinois Zhang Huarong était prêt à investir des dizaines de millions de dollars et à créer 30 000 emplois sur dix ans. Chacun y trouvait son compte : la Chine profitait de la main-d’œuvre jeune et abondante de la deuxième puissance démographique de l’Afrique. L’Ethiopie trouvait un moyen de réduire le chômage et de faire rentrer, grâce aux exportations, des devises étrangères dont le pays manque cruellement.
    « En quatre ans, nous sommes passés de deux à six chaînes de production, de 600 employés à 4 500. Nous avons apporté notre savoir-faire, notre mentalité industrielle et 55 millions de devises étrangères », récite Nara Zhou, 28 ans, responsable des relations publiques de Huajian, le sourire figé et les cheveux noirs tirés en une queue-de-cheval stricte. Chaque année, Huajian fabrique exporte entre 1,5 et 2 millions de paires de chaussures pour femmes pour des marques comme Guess et Naturalizer.

    Selon la Banque mondiale, la Chine devrait délocaliser 85 millions d’emplois industriels dans les prochaines années. L’implantation en Ethiopie était une évidence pour le groupe Huajian qui emploie 25 000 personnes à Dongguan dans le sud de la Chine. « De nombreux fabricants ont été obligés de quitter l’Asie à cause de l’augmentation des salaires et du prix des matières premières, explique Nara Zhou. L’Ethiopie possède le plus grand cheptel d’Afrique. Nous achetons 80 % de notre cuir dans les tanneries locales à moindre coût. » Chez Huajian comme dans la plupart des usines étrangères de textile et de cuir qui se sont implantées en Ethiopie, le salaire mensuelmoyen est d’environ 70 euros. Jusqu’à dix fois moins que dans l’usine du monde qu’était devenue la Chine
    « Nous savions que les Ethiopiens étaient moins productifs, mais nous les formons. Nous naissons tous sans connaissances. Puis nous apprenons et nous nous améliorons si nous faisons preuve de discipline », lâche froidement Nara Zhou en jetant un regard sur les banderoles rouges qui prônent les bienfaits de la ponctualité et du travail acharné.
    Dans l’usine flotte une odeur désagréable de colle, et le bruit des machines est assourdissant. Quelques rares ouvriers portent un masque de protection. Dawit Girma*, la petite vingtaine et les dreadlocks courtes, un embauchoir à la main, étire le cuir avec une pince pour le façonner en une ballerine qu’une cliente américaine chaussera. Il est à son poste depuis sept heures du matin et le quittera dans huit heures… officiellement. Le regard fuyant, il ne répond aux questions que lorsque l’employée chinoise chargée de faire la visite a tourné les talons aiguilles. « Nous travaillons dur, bien plus que les quarante-huit heures hebdomadaires », souffle-t-il.
    ...
    ."

    la suite sur
    http://www.lemonde.fr/afrique/artic...a-sur-la-voie-du-bangladesh_4864513_3212.html
     
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