1. Bienvenue sur Bonjourchine.com, le 1er forum francophone sur le travail, les études et le voyage en Chine.

    Pour poser une question ou répondre à une discussion déjà ouverte, inscrivez vous. C'est facile, rapide et gratuit !

    Cela vous permettra de sucroit de ne plus avoir de pub qui s'affiche à l'écran (0 pub pour les membres du forum!).
    Rejeter la notice

Le classement de Shanghai ou le nouveau "marché de l'éducation"

Discussion dans 'Informations Chine' créé par lafoy-china, 17 Août 2016.

  1. lafoy-china

    lafoy-china Alpha & Oméga
    Membre de l'équipe

    Inscrit:
    8 Mars 2009
    Messages:
    9 186
    Localité:
    Hong-Kong - Dongguan - Beijing
    Ratings:
    +5 023 / -65
    harvard.jpg

    Le classement de Shanghai des universités a de nouveau libéré les commentaires et les prises de position. Mais derrière ce palmarès médiatique se cache aussi un processus de sélection très particulier, qui tend à constituer un véritable "marché de l'éducation".

    Extrait : "La France perd du terrain", "Les français loin derrière" peut-on lire depuis hier dans les différents journaux hexagonaux. La cause de ce constat ? Le classement 2016 de la Shanghai Ranking Consultancy, messe annuelle du milieu de l'enseignement supérieur. Créé en 2003 ce palmarès consacre et défait chaque année les 500 meilleures universités du monde. La France descend aujourd'hui à la sixième place avec 22 établissements représentés. Mais ce classement, loin de refléter la performance académique d'un système d'enseignement, se révèle très étriqué et porteur d'une vision "marchandisée" de l'éducation.

    Comprendre un classement aux critères très controversés
    A l'origine, le classement dit de "Shanghai" (pour Shanghai Ranking Consultancy) visait à fournir les informations nécessaires pour comparer les universités chinoises et étrangères afin de participer à la création d'un programme universitaire d'excellence souhaité par le gouvernement de Pékin. Les auteurs ont donc utilisé le critère de la recherche et de son rayonnement car il est le seul pour lequel on dispose de données de comparaisons précises et fiables. Mais la performance globale d'un système d'enseignement ne se limite pas seulement à l'excellence de la recherche, et là réside le premier défaut majeur de ce palmarès.

    Six critères regroupés en quatre domaines sont utilisés par les auteurs de ce classement :

    • La qualité de l'enseignement : on évalue ici le nombre d'anciens élèves de l'institution ayant reçu un prix Nobel ou une médaille Fields. Tous les prix n'ont évidemment pas le même poids en fonction de l'ancienneté et sont "actualisés" dans le temps (un prix compte pour 10% de moins à chaque décennie d'ancienneté).
    • La qualité du corps académique : elle est calculée à partir du nombre d'enseignants ayant reçu un prix Nobel ou une médaille Fields et du nombre d'enseignants figurant dans la liste des chercheurs les plus cités dans chacun des 21 domaines de la Science tels que donnés par Thomson Scientific, filiale de l'agence de presse Reuters. Ces deux critères sont déjà sujets à controverses. Compte tenu du temps généralement très long qui sépare la conduite d'une recherche de l'annonce du prix, le critère du Prix Nobel reflète davantage les qualités passées d'une institution que son potentiel actuel de recherche (le prix Nobel français Jean Tirole a été ainsi récompensé pour un travail réalisé dans les années 1990). De même les 21 domaines de la Science choisis par Thomson Scientific font la part belle aux sciences dures (biologie, chimie, physique) au détriment de pays reconnus pour leur expertise dans les sciences humaines et sociales, comme la France.
    • La production scientifique : nombre d'articles publiés dans les revues Nature et Science et fréquence de publication d'articles du corps académique.
    • La productivité : score total des cinq premiers indicateurs divisé par la taille du corps académique de l'institution.
    Dans un article publié dans la Revue de la régulation, Jean-Charles Billaut, Denis Bouyssou et Philippe Vincke considèrent ainsi que "les critères utilisés par les auteurs du classement ne sont liés que de façon très lâche à ce qu'ils sont censés mesurer", à savoir la qualité de l'enseignement dispensé. Ils dénoncent notamment un classement fortement corrélé à la taille de l'institution puisque cinq critères parmi les six utilisés sont liés à des comptages (prix et médailles, chercheurs les plus cités, articles référencés dans Nature et Science et par Thomson Scientific). Ici le critère quantitatif suffit pour hiérarchiser les universités sans prendre en compte aucun critère qualitatif.

    Suite de l'analyse >>>

    Source : LA TRIBUNE
     

Partager cette page