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La version officielle de Pékin sur la mort de sept Ouïgours remise en cause

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 5 Janvier 2012.

  1. Orang Malang

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    LE MONDE du 3 janvier 2012

    Pékin Correspondant - De nouveaux éléments sur la mort de sept "terroristes" ouïgours présumés lors d'un raid policier, le 28 décembre 2011, dans un village du sud du Xinjiang, font aujourd'hui douter de la version livrée par les autorités chinoises sur ces événements.

    La presse officielle avait ainsi rapporté, dans un premier temps, l'interception d'un groupe de quinze "terroristes violents" qui avaient pris deux bergers en otage, dans le comté de Pishan. Cette zone reculée se situe entre Karghilik et Khotan, au pied de la cordillère du Kunlun qui sépare la Chine du Pakistan, une région peuplée presque exclusivement de Ouïgours, turcophones et musulmans.


    Officiellement, ce 28 décembre, la police aurait ouvert le feu après que les preneurs d'otage ont "résisté", faisant sept morts. Le chef adjoint de la police du comté aurait également été tué. Selon le quotidien Global Times, le groupe était en route pour rejoindre des "camps djihadistes" au Pakistan. L'agence Xinhua assure qu'un homme, "un Ouïgour", aurait été récemment kidnappé par des "extrémistes religieux" puis tué parce qu'il buvait de l'alcool.


    Ces premières informations en provenance des autorités locales avaient conduit, dès le lendemain, le Congrès mondial ouïgour, principale organisation des Ouïgours en exil, à observer la plus grande prudence vis-à-vis de la version officielle chinoise. Selon la présidente de ce mouvement, Rebiya Kadeer, Pékin mènerait en effet "une politique d'exécutions arbitraires de Ouïgours". Selon M[SUP]me[/SUP]Kadeer, le prétexte du terrorisme est sans cesse invoqué par les autorités chinoises pour justifier une politique répressive qui met de l'huile sur le feu, tout en masquant des bavures ou le recours abusif à la violence.


    Depuis quelques jours, le service ouïgour de Radio Free Asia (RFA) - un média financé par le Congrès américain et lié à la communauté ouïgoure en exil - publie de nouveaux témoignages sur l'incident de Pishan.
    Les "preneurs d'otage" seraient, en réalité, les membres d'un groupe de plusieurs familles originaires des villages de Mukala, qui cherchaient à fuir la Chine. "Elles ne pouvaient y pratiquer leur religion selon leurs croyances", a ainsi expliqué, à ce média, un des chefs de village.


    Au moins deux femmes feraient partie des personnes tuées et un adolescent aurait été blessé. Un policier de Pishan a expliqué au téléphone à RFA, que les policiers locaux, informés de la fuite des familles, ont alors cherché à lesconvaincre de rentrer chez eux. La discussion a dégénéré et le chef adjoint de la police locale, un Ouïgour, a été poignardé quand il a touché une des femmes du groupe. Les "forces armées" sont ensuite intervenues.

    "On constate une multiplication des conflits liés à la pratique de l'islam, très contrôlée par les autorités chinoises, et il y a dans cette partie du Xinjiang des organisations souterraines comme Hezb ut-Tahrir, qui ne prône pas la violence, mais sont pourchassées par les autorités chinoises", estime Nicholas Bequelin, de Human Rights Watch."C'est une forme de résistance particulière, qui ne cherche pas la confrontation, mais à secouper de la société chinoise", poursuit-il. Selon lui, les versions officielles "visent simplement à renforcer le message de la propagande de l'Etat sur le danger du séparatisme et renforcent du coup, la polarisation entre Han et Ouïgours".
     

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