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LA GRANDE MÉTAMORPHOSE 2/2

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Searogers, 1 Décembre 2014.

  1. Searogers

    Searogers Demi-dieu

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    Bonjour,
    J'ai beaucoup aimé cet article de Paris-Match sur le web, je le partage avec vous.

    http://www.parismatch.com/Actu/International/Chine-La-grande-metamorphose-2-2-660140

    Depuis trente ans, la Chine a fait sa révolution et s'ouvre au monde moderne... sauf pour la démocratie. Dans cette seconde partie de notre grande enquête, rencontre avec le photographe, Yann Layma, auteur de « China Now , qui constate que "le peuple approuve la main de fer du gouvernement".

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    «J’ai commencé à photographier la Chine au début des années 1980. A l’époque, lorsque je sortais mon appareil photo à Pékin ou àShanghai, des dizaines de badauds s’attroupaient spontanément autour de moi. Dans les campagnes, ils étaient plus de cent ! Ils n’avaient jamais vu de “long nez” européen, j’étais l’attraction. Je me faisais souvent arrêter par la police : beaucoup de zones étaient interdites aux étrangers. C’étaient d’interminables interrogatoires où je devais me justifier et faire mon autocritique… Les rares visiteurs étaient systématiquement surveillés ; les relations amicales ou sentimentales avec eux, strictement interdites. J’étais alors amoureux de celle qui allait devenir ma première femme. Nous devions sans cesse nous cacher. C’était rocambolesque… et typique du climat paranoïaque de la Chine communiste. En trente ans, ce monde a été rayé de la carte. Les uniformes Mao, les embouteillages de vélos, les quartiers traditionnels formés de bric et de broc, les boutiques d’Etat aux rayonnages vides, les rues désertes après 20 heures, tout ce qui faisait la Chine du début des années 1980 a disparu. Et je ne connais aucun Chinois nostalgique de ce temps-là. Une chose demeure pourtant : la force d’un gouvernement totalitaire qui contrôle le peuple d’une main de fer.

    Aujourd’hui encore, contredire le pouvoir est passible d’emprisonnement. La majorité des Chinois approuvent cette façon de faire : pour eux, tout va trop vite, l’autoritarisme est le seul moyen de contenir une population trois fois plus importante que celle de l’Europe et de “mener le pays sous le ciel”. La presse aussi est verrouillée. J’ai mis deux longues années à trouver les quatorze photo graphes qui ont composé avec moi le livre “China Now”, un instantané de la Chine actuelle : aucun magazine ne publie de reportage sur le quotidien des Chinois. Alors, sans débouché, à quoi bon le photographier ? Là-bas, on ne parle pas de politique. Ça ne sert à rien. Mais on critique la vie trop chère, les risques sanitaires, le système éducatif hors de prix. Je dis souvent que c’est l’endroit où il y a le plus de gens à aimer. Je les ai accompagnés tout au long de cette formidable aventure de l’ouverture. Les Chinois sont profondément débonnaires et généreux, prompts à rire de leurs déboires. Les amitiés se nouent rapidement, le lien est fort.
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    Cela n’a pas changé. Le sentiment nationaliste s’est cependant exacerbé depuis les JO de Pékin en 2008 et l’Exposition universelle de 2010. Ils sont fiers de montrer au “lao wai”, le bon vieil ami étranger, que désormais eux aussi ont accès au monde de la consommation, berlines haut de gamme, villas somptueuses et Smartphone compris. C’est aussi le pays de la surprise permanente. On y voit des choses inattendues : la gymnastique collective du matin, des gens qui se défoulent en criant avant leur journée de travail dans “le coin des hurleurs” des parcs, d’autres qui font teindre leur chien en panda… En 1996, le gouvernement a lancé une campagne de réhabilitation du confucianisme : la Chine essaie de se trouver une identité morale. Sans réel résultat. L’ultra-consommation, la course au luxe et le gaspillage dominent. Je suis assez pessimiste sur les évolutions possibles. Le pays a connu une croissance si rapide que certaines problématiques semblent désormais dépassées pour beaucoup de Chinois. La corruption est pourtant phénoménale, la situation écologique apocalyptique, la réalité sociale explosive. »

    « China Now », par Yann Layma, éd. de La Martinière.
     

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