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La finance chinoise à l'aide des groupes indiens

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 7 Février 2012.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
    Membre de l'équipe Modérateur

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    LE MONDE du 7 février 2012

    C'est l'histoire d'une chute flamboyante, et d'un sauvetage ambigu. En 2005, les héritiers du premier groupe indien, Reliance, créé en une génération par Dhirubhai Ambani (1932-2002), se partagent l'empire. L'aîné, Mukesh Ambani, conserve dans Reliance Industries Ltd (RIL) la vieille industrie (hydrocarbures, pétrochimie, textile, commerce). Son cadet, Anil, fonde Reliance-ADAG, qui semble capter l'avenir : les télécommunications (100 millions de clients en 2012), les grands contrats d'infrastructures, à quoi il ajoutera la santé, les industries culturelles, la gestion de fortune.

    Anil multiplie les coups : il rafle les licences de téléphonie, rachète en 2004 le premier opérateur mondial de câbles sous-marins, met un pied à Hollywood en s'alliant avec Steven Spielberg.
    Le 1[SUP]er[/SUP] octobre 2007, ADAG pèse 18 % des échanges d'une Bourse de Bombay qui a triplé en deux ans. ADAG se diversifie dans l'énergie : 30 gigawatts de centrales électriques (autant que 20 EPR) prévus, 7 milliards d'euros d'équipement acquis auprès de Shanghai Electric en 2010, le même montant investi dans le charbon indonésien... Le groupe alimente 20 000 villes et 450 000 villages indiens.


    Symbole de sa réussite : la maison "familiale" d'Anil Ambani est une tour de 170 m de haut, qui a coûté 1,5 milliard d'euros...


    REVERS


    Puis viennent les revers : l'entreprise est accusée de manipulation comptable dans la fusion de Reliance Energy avec ADAG, elle perd un procès fratricide sur les prix de cession du gaz de RIL à ADAG, ses dirigeants sont auditionnés dans le scandale de l'attribution des licences de téléphonie. Et les ennuis financiers : ADAG doit 900 millions d'euros de prêts convertibles en actions, contractés lors des sommets boursiers, à échéance 2012 avec un cours inférieur de 87 % au taux de conversion prêts-actions d'alors.


    Face à une dette nette de plus de 5 milliards d'euros, c'était virtuellement la faillite.


    Mais ADAG vient de trouver ses chevaliers blancs : Industrial and Commercial Bank of China, China Development Bank, Export-Import Bank of China, qui prêteront sans clause de convertibilité... mais les fournisseurs d'ADAG en équipements de télécommunications deviennent les chinois Huawei et ZTE. En 2011, un autre prêt, finançant les investissements du groupe dans la 3G, incluait déjà ce type de clause. Et le contrat avec Shanghai Electric est garanti par les mêmes banques.
    Cela inspire les entreprises indiennes Lanco Infratech, Adani Power, SRM Energy ou Moser Baer qui, pour investir sur un marché indien de 35 milliards d'euros d'équipement électrique d'ici à 2017, approchent les banques de Pékin plutôt que les locales, trop chères.


    CHINE PRÊTEUSE


    Une Chine "prêteuse en dernier ressort" ? Pas seulement. En un an, China Suntech Power, leader mondial des panneaux solaires, a divisé ses prix par deux. Les équipementiers indiens suivent avec peine. La dépendance à la finance chinoise n'est pas exempte de risque de désindustrialisation.


    Pas seulement en Inde.


    Un consortium de trente banques chinoises aide l'américain Duke Energy àacheter Progress Energy pour devenir le premier électricien aux Etats-Unis. Le pétrolier chinois Sinopec accompagne pour 7 milliards d'euros l'espagnol Repsol dans ses investissements au Brésil.


    La Chine a acheté... 200 000 euros de jambon espagnol Serrano pour "aider ses amis européens". Anecdotique ? Non, cette nouvelle propagande est de toutes les conversations en Chine... L'Europe vend à la Chine jambons et parfums payés par les intérêts sur sa dette ; la Chine vend au monde des équipements financés par ses banques.


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    Une du "Monde Economie" du mardi 7 février 2012.DR
     

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