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La Chine sait-elle retraiter du combustible nucléaire usé ?

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 5 Janvier 2011.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
    Membre de l'équipe Modérateur

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    LE MONDE du 4 janvier 2011

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    La télévision nationale CCTV l’a qualifiée de “percée technologique”, les experts chinois d’“avancée scientifique cruciale” pour assurer l’indépendance énergétique du pays pendant des siècles. Lundi, la Chine a ainsi affirmé avoir mis au point une technique de traitement du combustible nucléaire usé, développée par le groupe public China National Nuclear Corp.

    Actuellement, seule une poignée de pays sait maîtriser cette technologie : la France, via son usine de La Hague, le Royaume-Uni, le Japon, la Russie et l’Inde. La technique consiste à cisailler et dissoudre le combustible usé pour séparer les produits de fission (des déchets, qui représentent 3 % du combustible), de l’uranium (96 %) et du plutonium (1 %). Mélangé à de l’oxyde d’uranium, le plutonium peut ainsi être réutilisé comme combustible dans un réacteur. Quant à l’uranium, réenrichi, il permet aussi de fabriquer du combustible neuf.

    Le retraitement a donc pour but d’utiliser plus longtemps les matières premières de l’industrie nucléaire. Selon la CCTV, la Chine maintiendrait ses réserves d’uranium pendant 3 000 ans, au lieu des 50 à 70 ans prévus jusqu’ici. Un enjeu crucial pour un pays qui cherche à développer son industrie nucléaire afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du charbon, qui couvre 70 % de ses besoins en énergie. Pékin, qui possède actuellement 13 réacteurs nucléaires en exploitation, a ainsi donné son feu vert à la réalisation de 34 autres, dont 26 sont déjà en construction, soit plus de 40 % des centrales en chantier dans le monde. Avec cette montée en puissance du nucléaire, les besoins annuels du pays s’élèveraient à 20 000 tonnes d’uranium d’ici à 2020, soit bien plus que la production actuelle d’environ 750 tonnes par an.

    Mais en réalité, le recyclage du combustible irradié n’en est encore qu’à un stade totalement expérimental en Chine. Pour l’instant, les ingénieurs chinois sont en effet parvenus à recycler de petites quantités de combustible dans un réacteur expérimental, situé dans la province du Gansu (nord-ouest), qu’ils développent depuis une dizaine d’années. “Nous ne savons pas encore si de nouveaux problèmes techniques vont surgir pour passer à la production” industrielle, a expliqué dans la presse Lin Boqiang, directeur du centre de recherche sur l’économie de l’énergie à l’université de Xiamen.

    “Les Chinois ont franchi une étape, en réalisant un premier recyclage. Mais ils sont encore très loin de réussir un cycle industriel complet, qui consistera à reproduire l’expérience avec succès puis à développer, construire, démarrer et faire monter en puissance une usine de traitement des déchets”, prévient Thierry Charles, directeur de la sûreté des usines, laboratoires et déchets nucléaires à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). “Car pour l’instant, avec une capacité de traitement de quelques dizaines de tonnes d’uranium par an, l’installation pilote chinoise n’est en rien comparable avec l’usine de La Hague et ses 1 700 tonnes annuelles”, poursuit-il.

    C’est pourquoi, ses preuves étant faites, la Chine aurait choisi d’acheter la technologie à la France plutôt que de développer sa propre usine, qui nécessiterait vingt ou trente années de recherche supplémentaires. Elle négocierait ainsi actuellement avec Areva pour se doter d’une usine similaire à celle de La Hague, afin de pouvoir débuter le traitement des déchets d’ici une dizaine d’années.

    Reste encore un point majeur que doit réaliser l’Empire du milieu : développer des centrales pouvant utiliser du combustible recyclé. “La seule mise au point d’une usine de retraitement n’a pas beaucoup d’intérêt dans la recherche d’une autonomie énergétique, assure ainsi Thierry Charles. Il faut surtout remplacer les réacteurs à eau pressurisée, dits de deuxième génération, par des réacteurs à neutrons rapides, dits de quatrième génération, qui permettent d’utiliser de l’uranium retraité et donc de conserver plus longtemps ses réserves.” Or, la mise en service de ces nouveaux réacteurs est prévue par le Commissariat français à l’énergie atomique à l’horizon 2040. La Chine est donc encore loin de “maîtriser le cycle complet du combustible nucléaire”, comme s’était réjoui Sun Qin, le directeur général de CNNC, cité par CCTV.



    Photo : AFP
     
  2. mahu

    mahu Modo en carton

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    le projet d'Areva en Chine n'était pas plutôt de monter une coopération 50/50 ?
     
  3. C-E

    C-E Dieu
    Membre de l'équipe Modérateur

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    Oups, ça va coincer quelque part à mon avis...

    Cependant, le charbon restant l'ennemi à abattre, il s'agit néanmoins d'une bonne nouvelle.
     
  4. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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  5. Cyril.G

    Cyril.G Dieu Supérieur

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    Article intéressant, merci Matt.
     

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