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La Chine pourrait-elle créer la surprise ?

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 5 Mai 2009.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
    Membre de l'équipe Modérateur

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    La Chine pourrait-elle créer la surprise ?


    [​IMG]

    [​IMG]Alors que la thèse du découplage économique entre pays développés et pays émergents a semblé balayée par la crise, les derniers indicateurs chinois pourraient faire mentir tous les prévisionnistes.

    Ces derniers mois ont été marqués par des retraits massifs des capitaux investis en Asie du sud-est. La hausse de l’aversion pour le risque depuis la faillite de Lehman Brothers et la diffusion de la crise économique et financière sur l’ensemble de la planète ont accéléré la chute des marchés asiatiques - en particulier la Bourse de Shanghaï.

    La contraction du commerce mondial, la baisse de l’investissement et de la consommation américaine, mais aussi l’effondrement des matières premières, ont fortement pénalisé les pays structurellement exportateurs - que ce soit de matières premières ou, comme la Chine, de biens de consommation.

    Les exportations chinoises ont fortement baissé pour atteindre -20% en glissement annuel. Toutefois, on observe un phénomène de substitution aux importations permettant de réduire la baisse de l’excédent commercial - en pourcentage, la baisse des importations a été supérieure à la baisse des exportations malgré la hausse des ventes de détail.

    On pensait alors que la Chine allait devenir le moteur économique de la croissance mondiale durant cette crise ; elle a pourtant très sérieusement décéléré pour passer en dessous des 8% de croissance au dernier trimestre 2008.

    Certaines personnes y voyaient alors la possible remise en question du modèle chinois par une hausse du chômage, et l’émergence d’une crise sociale permettant de faire évoluer La Chine vers un modèle plus démocratique. Mais ces dernières semaines montrent une sensible reprise économique en Chine. Sans parler d’un retour définitif vers une croissance durable, la Chine semble en passe de maintenir une croissance convenable sans la faculté des pays occidentaux à absorber ses exportations.

    Devant les difficultés du pays, le gouvernement chinois a mis en place un important plan de relance sur deux ans de 4 000 milliards de yuan. Les dépenses sont principalement liées à la Santé (400 Mds), l’éducation (150 Mds) et les infrastructures publiques (1500 Mds). Par ailleurs la politique monétaire a été relativement agressive: les taux à 1 an sont passés de 8 à 5%. Le CHIBOR a diminué approximativement de 400 point de base (passant de 5 à 1%), et les réserves obligatoires sont passés de 18 à 8%.
    Cette volonté gouvernementale de relancer l’économie semble avoir eu des effets très positifs. Les crédits accordés par les banques ont augmenté de près de 25% - en excluant certains financement à court terme, la tendance reste proche des 20%. La production de ciment a ainsi progressé de 40% en glissement annuel, l’investissement en construction est en hausse de plus de 40% début 2009 (après avoir été négatif fin 2008).

    De nombreux indicateurs avancés confirment la reprise de l’activité. La quantité d’électricité utilisée en mars s’est accrue de 13.8% à Shanghai, de 20% au Jiangsu et de 26% dans le Guangdong.

    Par ailleurs, l’indice PMI chinois, a augmenté en mars pour la quatrième fois consécutive pour atteindre 52.4 et la production manufacturière est remontée à 10% en glissement annuel. Les signaux d’une stabilisation de l’économie, voir d’une reprise sont à prendre en considération.
    Mais au-delà de ces facteurs conjoncturels, l’économie chinoise est en pleine évolution. Les fondamentaux macroéconomiques restent sur de nombreux points bien meilleurs que dans les autres pays émergents: excédent commercial, importantes réserves de change, inflation maîtrisée, croissance supérieure à ces concurrents, excédent budgétaire durant ces dernières années.

    La Russie, le Brésil, l’Inde mais surtout les pays de l’Europe de l’Est sont nettement plus dépendants des capitaux extérieurs pour financer leur croissance. Dans son dernier rapport (Quaterly update, March 2009), la Banque Mondiale estime donc qu’une baisse des investissements directs en Chine et qu’un retrait plus important des capitaux volatils n’auraient pas de conséquences trop importantes pour la stabilité économique du pays.

    Pourtant, le plus grand défi de l’empire du milieu reste sans doute la transformation de son modèle économique fondé sur les exportations vers une croissance tournée sur la consommation intérieure. Avec un taux d’épargne de la population encore trop important (autour de 50% contre moins de 15% aux Etats-Unis), la Chine doit rééquilibrer son modèle économique vers la consommation des ménages.

    Ceci permettrait d’augmenter les importations chinoises et donc de réduire les déséquilibres commerciaux mondiaux, mais aussi de faire profiter la population chinoise de la richesse qu’elle créée. L’excès de capacité constaté en Chine pourrait alors disparaître en se tournant vers le marché intérieur. La crise pourrait permettre d’accélérer ce processus. On constate d’ailleurs que les ventes au détail restent supérieures à 10% (en GA).

    Par ailleurs, le système bancaire chinois, dont l’opacité et la manque de crédibilité restent important, semble avoir été majoritairement protégé des actifs toxiques par son manque d’ouverture à l’international. Le risque d’éventuelles difficultés bancaires - en particulier pour les petites banques chinoises - proviendrait avant tout d’une détérioration de l’économie réelle entrainant une hausse des faillites d’entreprise et une augmentation des créances douteuses. Les défis bancaires et financiers restent à relever: ouverture des marchés financiers, flottement du yuan, développement de la transparence financière.

    Le défi d’un développement économique plus vert et soutenable devra aussi très rapidement être abordé, étant donné l’importance de la population du pays. Enfin, si nous ne croyons pas à une croissance forte et soutenable de la Chine sans les pays de la Triade - étant donnée sa dépendance à l’exportation-, nous restons convaincus que l’économie chinoise continuera à rester robuste et a les moyens de conserver une dynamique supérieure à celles de ses concurrents. Les instituts de conjoncture prévoient d’ailleurs une croissance chinoise proche de 6.5% pour 2009 quand l’économie mondiale sera en pleine récession (-1.3%).

    Sébastien Duchêne, Thibault Henocque
    http://ecofi.blog.lemonde.fr/2009/05/05/la-chine-pourrait-elle-creer-la-surprise/
     
  2. beannecy

    beannecy Membre Gold

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    La Chine pourrait-elle créer l'exemple ?

    A part la Chine je ne vois pas quel pays pourrait créer la surprise mais saura-t-elle tirer la leçon de nos erreurs et montrer le chemin vers un autre modèle de société ??
    Elle en a la capacité et tout ce que tu viens de décrire nous le confirme.
     

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