1. Bienvenue sur Bonjourchine.com, le 1er forum francophone sur le travail, les études et le voyage en Chine.

    Pour poser une question ou répondre à une discussion déjà ouverte, inscrivez vous. C'est facile, rapide et gratuit !

    Cela vous permettra de sucroit de ne plus avoir de pub qui s'affiche à l'écran (0 pub pour les membres du forum!).
    Rejeter la notice

Interview de Laurent Fabius avant sa visite en Chine

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Claire Delphine, 9 Juillet 2012.

  1. Claire Delphine

    Claire Delphine Membre Bronze

    Inscrit:
    19 Avril 2011
    Messages:
    95
    Localité:
    Shanghai / Paris
    Ratings:
    +1 / -0
    [h=1]Interview écrite de Laurent Fabius avec Xinhua avant sa visite en Chine[/h] Paru le : 9 juillet 2012

    La relation avec la Chine est une priorité pour le nouveau gouvernement français. Nous sommes animés par une ambition nouvelle pour notre relation bilatérale, ambition d’ailleurs soulignée par les Présidents Hu et Hollande lors de […]


    1. M. le Ministre, en tant que puissance occidentale traditionnelle, la France entretient des relations amicales de longue date avec la Chine, quelle est la stratégie du nouveau gouvernement français concernant les relations franco-chinoises ?
    La relation avec la Chine est une priorité pour le nouveau gouvernement français. Nous sommes animés par une ambition nouvelle pour notre relation bilatérale, ambition d’ailleurs soulignée par les Présidents Hu et Hollande lors de leur premier entretien, au Mexique lors du G20 en juin. C’est dans cet esprit que j’ai souhaité me rendre rapidement à Pékin.
    Comme vous le soulignez, nos relations d’amitié sont anciennes et reposent sur des fondamentaux solides. Nous sommes deux pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, les deuxième et cinquième puissances économiques mondiales, et très attachés à nos cultures exceptionnelles. Ces statuts nous donnent des responsabilités communes pour apporter notre contribution à la résolution des défis mondiaux.
    Sur cette base solide, le gouvernement français entend s’investir activement dans la promotion du partenariat franco-chinois, afin de lui faire franchir une nouvelle étape.


    2. Après son élection à la présidence de la République, M. François Hollande a montré son attachement aux relations franco-chinoises : il a d’abord rencontré M. Kong Quan, qui est l’un des premiers ambassadeurs étrangers qu’il ait reçus ; puis il a eu de bons échanges amicaux au Mexique, durant le G20, avec le président Hu Jintao. Dans l’avenir, comment la France pense maintenir ce partenariat stratégique global avec la Chine ?
    Les premiers contacts au plus haut niveau ont été très positifs et ils ont montré l’importance que nous accordons à notre relation avec la Chine. Le Président de la République Française et le Président Hu Jintao ont eu un entretien chaleureux au G20. Ils ont posé en commun les bases sur lesquelles nous entendons écrire une nouvelle page des relations franco-chinoises. Ils ont affirmé leur volonté commune de faire franchir un nouveau palier à notre partenariat global stratégique.
    L’objectif de ma visite, la première d’un ministre français en Chine depuis la formation du nouveau gouvernement, est d’établir un bon dialogue avec les autorités chinoises, de les écouter et de fixer avec eux les perspectives de notre relation dans les années à venir. Nous abordons la relation franco-chinoise avec une vision stratégique et de long terme.
    Notre partenariat stratégique doit s’adapter car le monde a changé. Les équilibres politiques et économiques mondiaux ont été redistribués en quelques années, faisant apparaître de nouveaux défis qui constituent une préoccupation majeure pour les Européens en général et les Français en particulier. La Chine, par sa taille et en raison même de ses succès, a un rôle central à jouer dans la promotion d’un nouvel équilibre et d’une nouvelle stabilité. C’est l’objectif majeur auquel nous devons travailler dans le cadre de notre partenariat.
    Dans ce cadre, je vois trois priorités :

    • le rééquilibrage par le haut de nos relations économiques et commerciales ;
    • le renforcement de notre partenariat politique auquel il faut donner des traductions concrètes ;
    • la promotion des échanges entre nos deux peuples, entre nos deux sociétés civiles.

    3. Au cours de ces dernières années, les relations franco-chinoises ont fait des progrès à tous les égards. Dans quels domaines pensez-vous continuer à les renforcer davantage ?

    Je souhaite que se renforcent les principaux axes de coopération qui constituent la réalité concrète et vivante du partenariat franco-chinois, par exemple dans les domaines du nucléaire civil et de l’aéronautique. Dans ces deux domaines, les industriels de nos deux pays travaillent étroitement ensemble. Nous souhaitons aussi ouvrir de nouvelles voies de coopération, par exemple dans le secteur de l’environnement, de l’urbanisme et du développement durable, ou encore dans le secteur financier. La France a beaucoup d’atouts et d’expérience à partager avec la Chine dans ces domaines, dans le cadre de partenariats mutuellement profitables.
    Le renforcement des liens entre nos peuples est aussi un axe de coopération que je souhaite développer. Nous organisons ensemble depuis 2011 les années linguistiques croisées, qui visent à promouvoir l’apprentissage du français en Chine et du chinois en France. Cet événement a été un succès. Nous sommes également prêts à accueillir davantage d’étudiants chinois en France. Ils sont aujourd’hui près de 35 000, soit la première communauté étudiante de France. Le renforcement des échanges entre jeunes, ne particulier, est la clé de notre relation future.


    4. Les relations économiques et commerciales franco-chinoises ont fait des progrès ces dernières années, mais il reste un grand potentiel à exploiter. Comment pensez-vous faire jouer pleinement nos intérêts respectifs et continuer à élargir notre commerce bilatéral ?
    Une relation économique et commerciale intense et équilibrée avec la Chine est l’une de nos priorités. Vous le savez, nous avons une relation économique déséquilibrée avec la Chine, comme la plupart des pays européens. Nous enregistrons un déficit de 27 milliards d’euros en 2011, ce qui n’est pas soutenable. Cela préoccupe les Français, surtout dans la période de difficultés économiques que nous connaissons en Europe. Nous pouvons sortir de cette situation par le haut, c’est-à-dire par le renforcement et le rééquilibrage de nos échanges. Les exportations françaises vers la Chine sont dynamiques. C’est un signe encourageant et il faut continuer dans cette voie.
    C’est pourquoi nous attendons de la Chine davantage de réciprocité. C’est une attente européenne, qui s’adresse à tous nos partenaires stratégiques. Cela ne veut pas dire agiter la menace d’un protectionnisme systématique, que nous refusons car il serait contraire aux intérêts de tous. Il s’agit au contraire d’adopter une attitude positive et de mettre les problèmes sur la table pour trouver ensemble des solutions.
    Un autre domaine dans lequel nous devons aussi avoir des échanges plus équilibrés : les investissements croisés. Les entreprises françaises sont déjà fortement présentes en Chine avec plus de 13 milliards d’euros d’investissements en 2011. La France est déjà une destination privilégiée pour les investisseurs internationaux et je me réjouis que de plus en plus d’entreprises chinoises fassent le choix de la France pour y installer leurs activités, voire dans de certains cas leur siège européen. Nous sommes favorables aux investissements chinois en France, dès lors qu’ils sont créateurs d’emplois et de croissance. Je compte aussi beaucoup sur le développement du tourisme en France.


    5. Que pensez-vous de la montée en puissance des pays émergents dans le monde, y compris la Chine ? Que pensez-vous de la coopération entre la Chine et la France ainsi que entre l’Europe et la Chine dans les affaires internationales ?

    La France a la conviction que la montée en puissance des pays émergents est une chance pour le monde à condition qu’elle soit équilibrée. Cette évolution correspond à notre conception d’un monde multipolaire. La conséquence sur le plan politique est que les pays émergents doivent assumer davantage de responsabilités et prendre toute leur part dans la gestion des affaires du monde et la résolution des crises. La France est prête, avec ses partenaires européens, à donner toute leur place aux pays émergents. Nous l’avons déjà montré en accordant une place plus importante aux pays émergents au sein du FMI. Dans le même esprit, nous plaidons pour un élargissement du Conseil de Sécurité qui permette notamment l’entrée des pays émergents.
    La montée en puissance des émergents signifie également que nous devons maintenir un contact étroit avec eux pour la résolution des principaux dossiers internationaux. La Chine joue un rôle majeur dans ce domaine. Notre coordination sur les grandes questions internationales est particulièrement nécessaire face aux enjeux actuels. Je pense par exemple au dossier iranien et à la situation au Moyen-Orient. Bien sûr, nous pouvons avoir des divergences sur la manière de résoudre les crises. Mais dans la plupart des cas, je remarque que nous avons des objectifs communs.


    6. Au cours de l’Histoire, les relations franco-chinoises ont connu des hauts et des bas. Que pensez-vous des divergences entre la Chine et la France ? Comment éviter les malentendus dans nos relations bilatérales ?
    Dans une relation comme celle de la France et de la Chine, il peut se produire épisodiquement des divergences. Pour éviter les malentendus, le gouvernement auquel j’appartiens entend aborder ces sujets sans tabou mais avec un souci de constance, de sérieux et de franchise.
    C’est ce que nous entendons faire avec la Chine. Cela s’applique par exemple à la question des droits de l’Homme. Nous pensons qu’il existe des principes et des droits qui sont universels et dont tous doivent pouvoir bénéficier, partout dans le monde. Nous ne cherchons pas à imposer nos vues à la Chine ou à d’autres pays, mais nous souhaitons avoir avec votre pays un dialogue substantiel et respectueux.
    Nous avons une amitié forte et des convergences sur de nombreux sujets. Je crois aux vertus du dialogue sur tous les sujets pour approfondir encore davantage ces convergences./.


    --
    http://www.consulfrance-pekin.org/I...ius-avec-Xinhua-avant-sa-visite-en-Chine.html

    C.D.
     

Partager cette page