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HYDROLOGIE Pékin, cette mégapole qui pompe, qui pompe…

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 19 Avril 2012.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
    Membre de l'équipe Modérateur

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    [h=1]http://www.courrierinternational.com/article/2012/04/19/pekin-cette-megapole-qui-pompe-qui-pompe

    Selon Pan Anjun, le directeur ad­joint de l’Agence pékinoise de l’eau (APE), Pékin est la grande ville où l’approvisionnement en eau est le plus compliqué au monde. Depuis mai 2011, la disponibilité en eau dans la capitale de la Chine a chuté jusqu’à atteindre moins de 100 mètres cubes par habitant, soit moins d’un dixième du seuil de carence, fixé au niveau mondial à 1 000 mètres cubes d’eau par an et par habitant. Pékin est donc la ville la plus “assoiffée” de Chine.
    [/h]
    Ces dix dernières années, la capitale chinoise a grossi dans des proportions que les urbanistes n’imaginaient pas : sa population permanente a explosé, passant de 13,6 millions d’habitants en l’an 2000 à 20 millions.

    Le “Projet de développement des grandes infrastructures de base à Pékin au cours du 12e Plan quinquennal” prévoit l’élaboration d’ici à 2014 d’un système garantissant un approvisionnement en eau diversifié à partir à la fois des réservoirs de Miyun et de Guanting, du pompage des eaux souterraines, de l’utilisation des eaux retraitées et du détournement des eaux du sud du pays vers le nord.

    Ces cinq dernières années, la quantité d’eau consommée à Pékin a atteint 3,5 milliards de mètres cubes. Or les réservoirs peuvent fournir seulement 600 millions de mètres cubes et le retraitement des eaux usées entre 400 et 600 millions. Les 2,5 milliards de mètres cubes manquants, soit les deux tiers, proviennent principalement des aquifères [les réserves d’eau souterraines]. Or ces eaux ont été exploitées de manière excessive depuis des di­zaines d’années, ce qui a mis Pékin dans une situation périlleuse alors même que la ville est située sur un gigantesque réservoir d’eaux souterraines s’étendant sur quelque 2 000 kilomètres carrés.

    Si Pékin souffre d’un grave manque d’eau, les habitants ressentent rarement cette carence dans leur vie quotidienne. Ces deux dernières années, le fleuve Chaobai (dans la banlieue est) et le Yongding (dans la banlieue ouest) ont tous deux retrouvé de belles eaux vertes. Les dizaines de lacs urbains – dont leurs plus illustres représentants : les lacs de Qianhai, de Zhonghai et de Houhai [entourant la Cité interdite] – ont conservé leur beauté in­tacte. Cependant, ce Pékin lacustre n’est qu’une illusion trompeuse. La réalité, fort peu évoquée officiellement, est que les rivières et lacs naturels à l’intérieur de la municipalité se sont pour la plupart taris ou asséchés au cours des années 1970. S’ils continuent de nos jours à étaler leurs charmes, c’est grâce à l’apport d’eaux extérieures à la ville ou issues du retraitement.

    Au niveau mondial, on estime habituellement que les prélèvements dans un cours d’eau ne doivent pas excéder 30 % de son volume, sous peine de porter atteinte à sa fonction écologique. Mais, dans le cas des grands fleuves qui abreuvent Pékin, la ville les a quasiment exploités jusqu’à la dernière goutte…

    Des zones écologiques fragiles

    Avec le tarissement des fleuves Chaobai et Yongding et le pompage excessif exercé sur le Luan, on peut dire que l’écosystème du bassin du fleuve Hai a pratiquement disparu. La pollution y est particulièrement grave et la quantité d’eau fluviale qui arrive à la mer annuellement a diminué de plus de 10 milliards de mètres cubes par rapport à 1949, ce qui a contribué à rendre saumâtre une partie du golfe du Bohai et perturbé l’équilibre écologique de la région. Autre réalité bien souvent ignorée : contrairement aux dispositions des derniers plans d’urbanisme, qui ne prévoient le lancement de travaux préliminaires d’exploitation des eaux souterraines karstiques qu’au cours du 12e Plan quinquennal, la municipalité pékinoise a démarré en fait les pompages dès 2003, sous prétexte d’une situation d’urgence. Les eaux karstiques sont des eaux souterraines qui s’accumulent dans les fissures et les grottes de formation calcaire. Selon un mémoire rendu public en 2009, Pékin exploiterait déjà la moitié des 500 millions de mètres cubes pouvant être théoriquement ­prélevés chaque année dans ces réserves, et ce sans avoir effectué une évaluation préalable des ressources disponibles.

    De nombreux hydrologues et environnementalistes s’insurgent contre l’utilisation des eaux karstiques. En effet, ils es­timent que celles-ci, loin d’être des ressources supplémentaires, doivent être assimilées à des cours d’eau souterrains qui communiquent avec les eaux de surface et les autres eaux souterraines, avec lesquelles elles maintiennent un équilibre naturel. Selon eux, les nappes souterraines sont déjà surexploitées et le volume des eaux de surface diminue de jour en jour. Dans ces conditions, puiser dans les eaux karstiques pourrait conduire à des affaissements de terrain, avec notamment la formation de cratères géants. De plus, les lieux où l’eau est puisée sont en général des zones écologiques fragiles, fortement exposées à des risques de pollution à grande échelle.

    Si la municipalité a réussi à maintenir jusqu’à aujourd’hui le prix de l’eau à un niveau peu élevé (4,60 yuans le mètre cube [environ 55 centimes d’euro]), c’est dans une certaine mesure grâce à sa position politique, qui lui a permis de faire venir à faible coût, voire pour un coût nul, de l’eau des alentours. Début 2001, après l’approbation par le Conseil des affaires d’Etat du Plan d’utilisation durable des ressources hydriques dans la capitale de 2001 à 2005, le schéma d’alimentation en eau de Pékin s’est orienté vers le recours à un ­ap­pro­visionnement extérieur.

    Plusieurs démarches ont été effectuées en parallèle. D’une part, il a été demandé aux communes situées en amont des fleuves Chaobai et Yongding de restreindre leur utilisation de l’eau pour soutenir la capitale et de lancer la construction de stations de pompage d’urgence. D’autre part, fin 2003, a débuté le chantier de déviation des eaux du sud vers le nord. La construction du canal central de ce projet pharaonique a entraîné le déplacement de plus de 300 000 personnes. Celui-ci, aujourd’hui presque terminé, est le deuxième plus important déplacement de population après celui qui a été provoqué par la cons­truction du barrage des Trois-Gorges.

    Dévier l’eau du fleuve Jaune

    Les scientifiques estiment qu’à la suite de ce projet de déviation des eaux le fleuve Han pourrait voir son niveau baisser dangereusement dans la région de la ville de Xiangfan et, par conséquent, son degré de pollution s’aggraver. D’autres chercheurs pointent également du doigt le fait que la réalisation des canaux de déviation risque d’entraîner une remontée beaucoup plus importante de marées salées dans l’estuaire du fleuve Bleu, nuisant à l’approvisionnement en eau potable de Shanghai, qui pourrait connaître à son tour une crise de l’eau.

    Un hydrologue estime de son côté que le fait d’avoir affecté en exclusivité les ressources des réservoirs de Guanting et de Miyun à l’approvisionnement en eau de la capitale dans les années 1980 revient en fait à avoir détourné les cours d’eau de la province du Hebei pour alimenter Pékin. Or ces régions n’ont obtenu quasiment aucune compensation ni indemnités pour préjudice écologique. Elles ont été obligées d’assumer la lourde charge de garantir l’approvisionnement en eau de la capitale en en payant seules le prix sur le plan économique et environnemental.

    D’après les plans du gouvernement, l’eau acheminée jusqu’à la capitale grâce à la déviation vers le nord de cours d’eau du sud devrait constituer la principale source d’approvisionnement de la capitale en 2014. Cependant, Pékin tient prêtes des solutions de réserve comme la désalinisation de l’eau de mer et la déviation d’eau du fleuve Jaune.

    Le 10 octobre 2011 se sont achevés les travaux de construction d’une usine de dessalement de l’eau de mer à Caofeidian, dans le Hebei, financée par la société Aqualyng et capable de traiter 50 000 tonnes d’eau de mer par jour. La désalinisation pourrait même devenir l’un des principaux moyens pour approvisionner la capitale en eau.

    Quant au détournement des eaux du fleuve Jaune, l’APE a annoncé à plusieurs reprises ces dernières années qu’elle dressait des plans pour rendre ce projet réalisable. Celui-ci consisterait à dévier une partie des eaux du fleuve Jaune au niveau de Wandazhai, dans le Shanxi, pour les amener par un savant réseau de tunnels et d’aqueducs à se jeter dans la rivière Sanggan, puis dans le réservoir de Guanting. Il est prévu de détourner ainsi jusqu’à 300 millions de mètres cubes d’eau par an. Or le fleuve Jaune n’est plus capable de supporter une telle charge… D’ailleurs, sans l’intervention humaine, il serait tari depuis longtemps.


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  2. GuYong

    GuYong Alpha & Oméga

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    Ouai ben bon courage...
    Il faudra quand meme se demander un jour si, au lieu de vouloir satisfaire à une demande/besoin en constante évolution, il ne serait pas plus sage et meme economiquement viable de faire diminuer cette demande... Blocage des projets de construction, augmentation drastique du prix de l'eau et des taxes; bref les outils habituels a fin de forcer une délocalisation des masses vers des zones avec les epaules plus solides d'un point de vue ecologique.. Mais oui je sais je reve.
    Le bassin Pekinois n'est simplement pas fait pour recevoir 20, que dis je 30 millions de personne au bas mot..
     
  3. mehdi

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    Augmentons le prix de l'eau, sélectionnons par l'argent, vraiment une bonne idée...Pourquoi ne pas plutôt attirer la population dans d'autres partie de la Chine en les développant, et en donnant des avantages a ceux qui y iraient. Ce qui est sur c'est que le plan d'aménagement de la Chine est inexistant. Qui consiste en une densité très inégale de la population, en gros c'est ville énormément de gens, campagne quasiment personne, ville énormément de gens...
     
  4. GuYong

    GuYong Alpha & Oméga

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    Attention a ne pas sauter au raccourci, mais j'aurais mieux fait de préciser ma pensée. Par la j'entend que la "sélection par l'argent" en augmentant la pression économique ca ferait avant tout faire dégager les usines faisant suivre la main d'oeuvre, donc augmentation du prix de l'eau à usage industrielle via une taxe spécifique, c'est rarement l'utilisation civile qui pese dans ces cas (a part dans la golf persique, mais c'est une autre paire d'andouille).

    Aprés, je te l'accorde, à tout baton sa carotte et oui on pourrait coupler cela avec des avantages ailleurs, pourquoi pas, mais ca coute juste plus cher, donc ca se fera encore moins facilement.
    Aussi, toute les villes et zone ne sont pas dans la meme situation, la zone de beijing est vraiment le summum, mais c'est à la mode en ce siècle, de construire des villes de la désert à coup de bifeton..
     

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