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Entretien avec Lucien Bianco, Sinologue.

Discussion dans 'Culture Chinoise' créé par - Résistons -, 14 Décembre 2014.

  1. - Résistons -

    - Résistons - Dieu créateur

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    "Marianne : Dans votre nouveau livre, "la Récidive", vous montrez que la révolution chinoise a été aussi criminelle que le stalinisme. Contrairement à nombre de chercheurs et d'intellectuels, vous n'avez jamais donné dans la maolâtrie française des années 70. Comment avez-vous réussi à échapper à ce moment idéologique de l'intelligentsia ?
    Lucien Bianco : Staline et Mao croyaient agir pour le bien de l'humanité et commettaient des crimes au nom de la mission qu'ils s'étaient assignée (« La fin justifie les moyens »). Quand j'ai commencé à apprendre le chinois, en 1953, j'étais moi-même favorable à la construction d'une Chine nouvelle, au vu de ce que je savais de la Chine avant la révolution. La grande coupure est intervenue en 1966 : il m'a semblé impossible que les gardes rouges ne soient pas manipulés.

    Comment coexistiez-vous avec tous les élèves d'Althusser, à Normale sup, fascinés par le maoïsme prochinois ? Et quels rapports entreteniez-vous avec l'auteur de "Pour Marx" ?
    Althusser, je l'ai surtout connu quand j'étais moi-même élève dans les années 50 et qu'il m'a désigné (en 1954) pour partir en Chine, précisément parce que j'étais le seul de l'ENS à faire du chinois. Je m'entendais alors très bien avec lui. Vingt ans après mon premier voyage, je suis retourné en Chine, en 1974, à l'invitation de la Rue d'Ulm, qui m'a demandé d'accompagner les élèves. Nombre d'entre eux étaient soit maos, soit trotskistes. Dès l'arrivée à l'aéroport de Pékin, ils se comportaient comme s'ils se rendaient à La Mecque ! On ne s'est pas toujours bien entendus. Le but des Chinois qui nous encadraient était de nous empêcher de parler avec la population. Quand j'essayais d'échapper quelques minutes à la surveillance tatillonne de nos guides, je me faisais rappeler à l'ordre par un élève.
    Cette censure exercée par des ressortissants d'un pays démocratique était encore plus stupéfiante en France, où elle était surtout le fait de la presse. En 1968, la Quinzaine littéraire m'a commandé une recension du livre louangeur et loufoque d'Alberto Moravia la Révolution culturelle de Mao. Je m'en moquais gentiment dans ma critique. Las ! La Quinzaine a refusé de la publier, la jugeant trop dure. Elle paraîtrait bénigne aujourd'hui. "

    La suite:
    http://www.marianne.net/Un-Alain-Badiou-n-est-possible-qu-en-France_a243272.html

    La Récidive. Révolution russe, révolution chinoise,
    de Lucien Bianco, Gallimard, coll. «Bibliothèque des histoires», 522 p., 29 €.


    Lucien Bianco: http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Bianco
     

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