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Entreprise chinoise cherche blanc désespérément

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par deonela, 20 Septembre 2012.

  1. deonela

    deonela Membre Gold

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    Source: http://chine.aujourdhuilemonde.com/entreprise-chinoise-cherche-blanc-desesperement

    En Chine, pour soigner leur prestige ou tromper leurs concurrents, les entreprises peuvent « louer un blanc ». Des missions faciles et surtout très lucratives pour les expatriés.

    Contrat de très courte durée, salaire conséquent. Compétences recherchées : être occidental, bien rasé, et porter un costume. Ce genre d'offres se trouve rarement dans les annonces d'emploi des agences, et pourtant, elles sont monnaie courante dans les grandes villes chinoises.Un Occidental, blanc de préférence, pour une entreprise chinoise, c'est un gage de sérieux, la preuve d'une dimension internationale. Alors on en loue les services, pour quelques heures, et on le montre partout.
    A Pékin ou Shanghai, les candidats ne sont pas rares, comme dans n'importe quelle ville où étudiants et professeurs de langues expatriés cherchent à arrondir leurs fins de mois.
    Les secteurs d'activité varient beaucoup, le travail demandé, peu. Que ce soit dans le milieu des affaires, l'industrie, l'évènementiel ou même le cinéma, les exigences de l'employeur se résument souvent à une présence et à une bonne présentation.
    Œnologue d'un jour
    Justement, Thomas « présente bien ». C'est ce que s'est dit le recruteur d'une société basée à Shanghai qui importe du vin de luxe. En pleine explosion du marché, ses clients, particulièrement friands des vins français, sont prêts à acheter en grande quantité et au prix fort.

    Il est donc de bon ton d'organiser de grands repas-dégustation pour récompenser les plus fidèles, et d'y faire venir un spécialiste du champagne ou un œnologue du bordelais.
    C'est ce rôle que Thomas devra incarner dans la salle de réception d'un grand hôtel. Il y est reçu comme une star, placé à la table d'honneur entre patrons de la grande distribution et responsables de réseau de cavistes. Pourtant cet étudiant en commerce originaire de la banlieue nantaise, n'a rien d'un nez ou d'un viticulteur.
    Quelques heures à sourire, des photos en compagnie d'hommes d'affaire et beaucoup de ganbei, les culs-secs à la chinoise, c'est qu'il lui aura fallu endurer pour gagner quelques 900 yuans (96 euros).
    Pendant la réception, il se présente comme spécialiste en œnologie, et « ambassadeur » d'une grande marque de vin français. Pas de problème pour les questions techniques, c'est sa fausse traductrice – mais vraie sommelière - qui répond pour lui.
    Petite frayeur quand même quand on lui demande de monter sur scène pour faire une présentation. Mais là aussi, c'est l'assistante qui lui sauve la mise.
    Elle change par la magie de la traduction son quart d'heure de discours hésitant en brillant exposé sur la tradition viticole à la française.
    Les acheteurs sont séduits, et Thomas est réembauché pour plusieurs autres évènements, partout en Chine. Chauffeur privé à la sortie de l'avion, hôtel de luxe, et salaires de plus en plus importants : un boulot doré réservé aux blancs.

    Jérôme, investisseur en mousse à raser
    Et les occasions ne manquent pas. Jérôme a quitté la France et son emploi dans la restauration pour venir vivre avec sa fiancée chinoise. Les cours de français qu'il donne sont bien payés, mais pas assez réguliers pour constituer un salaire.
    Alors il complète avec tout ce qu'il peut trouver, et est devenu expert dans le changement d'identité. Investisseur étranger, «partenaire américain », on lui a même demandé de se faire passer pour un designer... devant une caméra.
    Le making of l'affirme : c'est Jérôme qui a modélisé les robots de la version chinoise de Transformers.
    Parfois, les rôles proposés flirtent avec l'illégalité. Jérôme a également travailler pour un fabricant de mousse à raser. Sa mission ? Soutirer des informations à un concurrent en se présentant comme un investisseur potentiel.
    Une fois donnée sa fausse carte de visite, il ne participera plus à l'opération. Sa « traductrice », en fait l'assistante de son employeur, ne parle pas français, et fait semblant de lui traduire la conversation dans un charabia qui manque de le faire éclater de rire.
    Faux documents à l'appui, elle parle de société d'investissement et de filiale à Singapour. Jérôme n'a qu'à prononcer quelques phrases hors contexte, et c'est la traductrice qui s'occupe de tout. Résultats : l'état des stocks, les projets de développement, et quelques secrets de fabrication, directement sur le bureau de son employeur.
    Beaucoup font taire leurs objections de conscience en jetant un œil au salaire : entre 700 et 1100 yuans (75-120 euros) pour quelques heures, beaucoup plus si la mission dure plusieurs jours et implique de se déplacer.

    La fin du faux ?
    A en croire certains, ces pratiques sont en voie de disparition. Lifan est une « chasseuse de tête » à Chengdu : elle met en relation les laowai (les étrangers) et des employeurs potentiels. « Il y a quelques années, dit-elle, beaucoup d'entreprises avait recours à ce genre de figurants. Mais les Chinois s'habituent de plus en plus à voir des étrangers, et aujourd'hui le fait d'avoir un blanc dans une réception ou une salle de réunion n'a plus autant d'impact. »
    Car quand le vrai devient disponible, plus besoin du faux. Pour les fêtes d'entreprises ou les ouvertures de centre commerciaux, par exemple, on fait souvent venir des musiciens. Bien sûr, un groupe étranger, c'est plus distingué.
    Pendant longtemps, des expatriés recrutés à la sortie d'un bar ont rempli cette tâche. Les gestes plus ou moins en rythme, ils jouaient en play-back devant des Chinois ravis. Aujourd'hui, le public est plus difficile et les musiciens professionnels étrangers, plus nombreux.
    Cependant, les vieilles habitudes ont la vie dure. Antoine, pianiste à Pékin, avoue que « ce n'est pas toujours le côté musical qui prime. Les employeurs savent qu'un groupe de blancs, ça plaît ». Musicien professionnel, il lui arrive encore parfois de découvrir une fois sur scène qu'il n'aura pas besoin de jouer.
    Il confie d'ailleurs avoir plusieurs amis qui se laissent régulièrement tenter par des missions de figuration, dans des domaines toujours plus variés.
    Qu'on se le dise, la Chine n'est plus une terre promise en matière d'emploi pour les laowai. Mais avec beaucoup de contacts et peu d'éthique, il leur restera toujours quelques bons plans.
     

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