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En marche vers des réformes, la Chine écarte l'héritage de Mao

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Neuromancer, 24 Octobre 2012.

  1. Neuromancer

    Neuromancer Alpha & Oméga

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    La vrai fin de la pensée maoïste?

    Article de Reuters:

    PEKIN (Reuters) - Le Parti communiste chinois (PCC), dont la direction sera renouvelée début novembre, pourrait s'engager dans la voie des réformes, si l'on en croit la disparition de la référence consacrée à la pensée de Mao Zedong dans deux récents communiqués.
    Le subtil abandon de la formulation consacrée faisant référence à l'ancien "Grand Timonier" et à sa pensée dans deux communiqués politiques publiés ces dernières semaines pourrait marquer une volonté de réforme de la part de la nouvelle direction du Parti, estiment certains analystes.
    L'agence Chine nouvelle a par ailleurs annoncé lundi qu'un projet d'amendement des statuts du PCC serait débattu lors du XVIIIe congrès, prévu à partir du 8 novembre.
    De tels amendements ont été adoptés par le passé pour fixer le cadre de décisions politiques majeures comme la transition vers l'économie de marché.
    Mao Zedong a toujours été considéré comme une référence idéologique clé dans tous les communiqués du parti, qui mentionnent aussi traditionnellement Marx, Lénine, les anciens présidents Deng Xiaoping et Jiang Zemin ainsi que l'actuel président, Hu Jintao.
    ÉTAPE IMPORTANTE?
    Chaque communiqué du Politburo, le puissant organe de décision du PCC qui compte une vingtaine de membres, se termine traditionnellement par la formule "tenir haut la bannière de la pensée de Mao Zedong et du marxisme-léninisme" en mettant en oeuvre le travail du parti.
    Mais les deux derniers communiqués soulignent uniquement que le parti doit suivre "la théorie de Deng Xiaoping", celle des "Trois représentations" ainsi que le "concept de développement scientifique".
    "C'est très important", estime Zheng Yongnian, directeur de l'Institut de l'Asie de l'Est à l'Université nationale de Singapour. "Avant la chute de Bo Xilai, cette direction n'était pas très claire. Mais ça devient à présent presque limpide. Je veux dire, moins de maoïsme mais plus de dengisme."
    En faisant disparaître la référence à la pensée de Mao, les dirigeants du PCC signalent leur volonté de réformer, analyse Zheng, qui dresse une comparaison avec l'introduction par Deng Xiaoping d'une dose de capitalisme dans l'économie planifiée de la Chine à la fin des années 1970.
    Bo, l'ancienne étoile montante du PCC dont la politique néo-maoïste avait reçu l'appui de l'aile gauche du Parti, a été démis de ses fonctions de chef du Parti de la municipalité de Chongqing et pourrait être exclu du parlement après le retentissant scandale qui l'a mis en cause, lui et son épouse.
    Deng Xiaoping, qui dirigea la République populaire de 1978 à 1992, a introduit l'idée que la Chine pouvait à la fois rester communiste et mettre en place des réformes fondées sur la loi du marché. Les "trois représentations" renvoient à l'ancien président Jiang Zemin, qui autorisa les capitalistes à rejoindre le Parti, tandis que la théorie de développement scientifique, qui désigne un développement économique plus rationnel et respectueux de l'environnement, doit sa paternité à Hu Jintao.
    APPELS AUX RÉFORMES
    Les divergences doctrinales entre les réformistes et l'aile gauche reflètent la vivacité des débats à l'oeuvre au sein du PCC pour déterminer la direction à prendre par les nouveaux dirigeants, qui seront investis officiellement le 8 novembre.
    Le XVIIIe Congrès du PCC arrive de surcroît à un moment où le pays pourrait enregistrer son plus faible taux de croissance annuelle en près de 13 ans, tandis que les tensions sociales liées à la corruption, aux confiscations de terres et aux besoins non satisfaits en matière d'aide sociale restent fortes.
    Les médias officiels ainsi que des experts proches du gouvernement lancent régulièrement des appels véhéments à mener des réformes audacieuses, seules capables selon eux d'éviter la crise, même si personne ne s'attend sérieusement à voir la Chine s'engager sur la voie de la démocratie.
    Le Study Times, un journal édité par l'Ecole centrale du Parti qui forme les cadres du PCC, a ainsi salué cette semaine le système singapourien d'une démocratie sous étroit contrôle.
    Malgré ses campagnes politiques sans égard pour l'humain, qui ont vu périr des dizaines de millions de personnes, Mao Zedong, dont le portrait se dresse encore place Tiananmen, a toujours été vénéré comme dirigeant charismatique, pour avoir tenu tête aux puissances étrangères et unifié le pays.
    La direction du PCC reste déterminée à préserver sa mémoire pour consolider sa propre légitimité, qu'elle ne tire pas, contrairement à lui, de la guerre.
    Certains observateurs mettent ainsi en garde contre un abandon trop rapide de l'héritage de Mao.
    "Ce n'est simplement pas possible", estime Wang Zhengxu, chercheur à l'Université de Nottingham, en Angleterre, à propos de l'éventuel abandon de la référence à la pensée de Mao dans les statuts du parti.
    "La pensée de Mao Zedong est l'âme de la République populaire de Chine (...) et c'est une lumière qui guide le peuple vers la justice", écrit un usager d'un site de micro-blogging.
    Mais pour Zheng Yongnian, de l'Université nationale de Singapour, la vision de Mao n'est plus pertinente à mesure que beaucoup de Chinois n'éprouvent plus que de l'indifférence envers lui. "Seule l'aile gauche y prête attention, dit-il. La plupart des gens, la jeune génération, n'en ont cure. Le souvenir s'efface."
     

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