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En Chine, un répertoire sous surveillance

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 12 Avril 2011.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    LE MONDE du 12 Avril 2011

    Il avait chanté au Japon et en Corée, mais la Chine s'était fermée à lui en 2010 : Bob Dylan aurait refusé de soumettre à l'avance la liste de ses chansons. A moins que, plus prosaïquement, son promoteur taïwanais d'alors, Brokers Brothers Herald, ait mal ficelé l'affaire.

    Malgré la venue des Rolling Stones à Shanghaï en 2006, les stars du rock ou de la pop occidentales sont rares en Chine : elles ne remplissent pas toujours les salles, assez petites, mises à leur disposition, et peuvent réserver des surprises - comme Björk, qui avait chanté "Tibet, Tibet" à la fin de sa chanson Independance, à Shanghaï, en 2008. Cette fois, le ministère de la culture a donné son accord, précisant dans un court communiqué que le chanteur devra "suivre strictement le programme approuvé". Il faut dire que Bob Dylan, "une icône de la dissidence dans une nation qui valorise l'harmonie", écrit la version anglophone du Global Times, le 6 avril, le jour du concert à Pékin, "est devenue une célébrité au début des années 1960, à une époque où la Chine était totalement fermée aux influences culturelles occidentales". Et puis ses chansons qui parlent de drogue, de dignité humaine, ou d'égalité raciale, "ne sont pas sur le radar du Chinois moyen", poursuit le quotidien.

    "Retournement de veste"

    Deux de ses titres les plus connus en Chine, Blowin'in the Wind, et The Times They Are a-Changin'n'ont pas été chantés à Pékin et Shanghaï - signe que la censure se méfiait peut-être de certaines phrases ("Combien d'années doivent exister certains peuples Avant qu'il leur soit permis d'être libres ? Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête En prétendant qu'il ne voit rien ? La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent, la réponse est soufflée dans le vent"...).

    Le second titre ne faisait toutefois pas partie du répertoire du concert de Taïpeh, le 3 avril, où Dylan n'était soumis à aucune contrainte de contenu. Desolation Row fut chantée à Shanghaï et non à Pékin. Et, note sur son blog l'Américain Adam Winter, Gonna Change My Way of Thinking, qui a ouvert les concerts de Shanghaï et Pékin, est osée dans un pays qui surveille étroitement le christianisme.

    Les supposées concessions à la censure de Dylan ont en tout cas provoqué un tollé dans la presse anglo-saxonne : "Blowin'in the Idiot Wind", écrit la chroniqueuse du New York Times, Maureen Dowd, accusant le "troubadour à la voix rauque des années 1960" de se livrer "au pire des retournements de veste qui soit" : sa tournée dans "une dictature" a lieu alors qu'écrivains et dissidents subissent la plus dure vague de répression de ces dernières années et que l'artiste Ai Weiwei a été mis au secret trois jours avant le concert. Peu importe, les fans chinois, eux, ont aimé : "Merci à Dylan de nous avoir fait rocker à Pékin. Reste jeune pour toujours !", a écrit Wangsea sur le site du chanteur.
     

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