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En Chine, le marché automobile ralentit, l'industrie se remet en cause

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 10 Septembre 2012.

  1. Orang Malang

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    LE MONDE | 06.09.2012

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    Le marché automobile chinois est entré dans une phase de décélération. Mais, dans ce "coup de mou" accusé par le premier marché mondial, tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne.

    General Motors (GM) a présenté, mercredi 5 septembre, des chiffres insolents. Ses ventes en Chine ont progressé de 7,3 % en août, soit 220 996 véhicules en un mois. L'américain a écoulé 1,8 million de véhicules au cours des huit premiers mois de l'année. Il s'était déjà targué de ventes en hausse de 11,3 % au premier semestre, alors que l'ensemble du marché chinois ne progressait que de 2,9 %.

    A l'image de GM, les grandes marques étrangères, généralement positionnées sur des segments plus haut de gamme et qui ont mieux su gérer le rythme d'ouverture de nouvelles usines, continuent de progresser. Les constructeurs chinois – qui détiennent 28,3 % du marché – et les marques étrangères moins prestigieuses traversent en revanche une angoissante phase de flottement.

    Ainsi de BYD ("Build Your Dreams") basé à Shenzhen, dont les bénéfices ont fondu de 94 % au premier semestre et dont les ventes ont reculé de 9,27 % par rapport à l'an dernier. Ce constructeur a reconnu, fin août, que "la compétition sur le marché intérieur s'intensifie", à la fois du fait du "ralentissement économique interne" et du "déclin de la part de marché des constructeurs locaux."

    Personne, pourtant, ne remet en cause la promesse du marché chinois. La croissance a beau ralentir, le taux de pénétration demeure très bas : les Chinois possèdent 45 voitures pour 1 000 habitants, tandis que les Etats-Unis en comptent 812. Et les poches de croissance sont d'autant plus fortes que certaines régions sont sous-équipées.

    OBSESSION POUR LA "VILLE DE TROISIÈME RANG"

    D'où la nouvelle obsession des patrons du secteur pour la fameuse "ville de troisième rang". Si l'on dénombre 215 voitures pour un millier de Pékinois, les habitants du Gansu, province rurale du grand ouest, n'en possèdent que 22, selon Alix Partners.

    Dans une étude présentée mercredi, ce cabinet de consultants estime qu'il faut désormais tabler sur un taux de croissance annuelle de 8 % à 12 % du marché local au cours des quatre prochaines années. Bien plus que les moroses 2,5 % de 2011, mais bien moins que les 32 % de 2010, époque à laquelle les constructeurs, émerveillés par les investissements massifs de relance et la tenue de route de l'économie chinoise s'offraient de nouvelles usines.

    Ce constat est particulièrement vrai pour les constructeurs locaux, qui ambitionnaient tous de devenir numéro un, BYD en tête. Le taux d'utilisation des capacités de production dans l'automobile en Chine a chuté de 85 % en 2010 à 67,3 % en 2011, alors qu'une usine sera difficilement rentable sous la barre des 75%. Attention, donc, à ceux qui se sont emballés.

    "Il y aura une division bien plus nette entre les entreprises qui réussissent et les autres", constate Ivo Naumann, directeur du bureau de Shanghaï d'Alix Partners. Selon lui, "l'un des plus gros soucis pour l'industrie aujourd'hui, confrontée à une croissance modérée après deux ou trois années explosives, est la surcapacité".

    GUERRE DES PRIX

    Une solution consisterait, pour les plus en difficulté, à réduire la voilure. Il est improbable qu'elle soit adoptée, car les constructeurs chinois bénéficient presque tous du soutien d'une municipalité, d'une province ou du gouvernement central, et que la question de l'emploi est, comme ailleurs, hautement politique.

    Autre alternative : une guerre des prix. Elle semble d'ores et déjà engagée. Il n'était pas difficile cet été d'obtenir un rabais de 15 % quelques minutes après être entré chez un concessionnaire.

    Cet environnement pousse également les constructeurs à concevoir des produits davantage pensés pour le consommateur local. Sur les dix modèles les plus vendus dans le pays, huit ont des caractéristiques conçues uniquement pour les Chinois. L'image de qualité des marques allemandes et de GM est un avantage à ce jeu dans la mesure où elles ont su adapter leur offre.

    L'émergence d'un autre marché les porte par ailleurs : celui de l'occasion. Si, aux Etats-Unis, 3,5 voitures de seconde main se vendent pour une neuve, on en comptait seulement 0,26 en Chine en 2011 pour un véhicule neuf.

    Il faut encore attendre quatre ou cinq ans pour que le conducteur commence à réfléchir à la revente. Mais l'automobiliste chinois ne choisit déjà plus uniquement son véhicule sur son prix et le statut social qu'il lui permettra d'incarner. Son acte d'achat intègre aussi sa cote à la revente. Des marques telles que Volkswagen et General Motors sortent là encore largement gagnantes.
     

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