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Dix ans de Chine à l'OMC : bilan

Discussion dans 'Informations Chine' créé par Orang Malang, 29 Septembre 2011.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    LE MONDE du 30 septembre 2011

    On sort d'un anniversaire, celui des attentats du 11 septembre 2001. On s'apprête à en célébrer un autre : celui d'un événement moins tonitruant, certes, mais peut-être pas moins important au regard de l'Histoire. Il y a dix ans, la Chine devenait membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).


    C'était à l'automne 2001. Le Nord entrait en concurrence commerciale directe avec "l'atelier du monde". L'Europe et les Etats-Unis affrontaient la Chine sans protection. Les uns et les autres allaient boxer dans la même catégorie, comme à armes égales ou à peu près.


    On nous dessinait le plus vertueux des cercles. L'abolition des barrières dans les échanges avec la Chine allait doper le commerce mondial, lequel nourrirait la croissance - donc l'emploi -, au Nord comme au Sud. Dix ans plus tard, quel bilan ? Controversé.


    Puissance exportatrice majeure, la Chine aspirait naturellement à entrer à l'OMC.Devenir membre de l'organisation chargée de promouvoir un désarmement douanier ordonné lui ouvrait plus grands les marchés du monde riche, notamment celui des Etats-Unis. En contrepartie, elle devait obéir à une injonction de réciprocité et abaisser à son tour ses tarifs aux frontières, afin d'êtreplus perméable aux produits des autres. Pékin y voyait l'aboutissement des réformes entreprises par Deng Xiaoping à la fin des années 1970.


    L'Amérique le voulait aussi. Depuis la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays, en 1979, les Etats-Unis n'ont cessé d'accompagner le développement économique de la Chine. Sûre d'elle, l'Amérique de la fin du XX[SUP]e[/SUP]siècle n'imagine pas qu'une Chine plus riche ne devienne pas mécaniquement plus démocratique, et donc une alliée.


    Faire entrer la Chine à l'OMC est l'objectif poursuivi par George Bush père, un républicain, puis aussi ardemment, sinon plus encore, par le démocrate Bill Clinton. Avec le même raisonnement : les produits chinois viendront plus facilement chez nous, mais les exportations américaines, elles, vont envahir ce marché sans fond qu'est l'empire du Milieu. Et la même certitude : les Etats-Unis vont ainsi combler le déficit commercial qu'ils enregistrent (déjà) dans leurs échanges avec la Chine.


    "Cela va favoriser l'emploi chez nous, dit Bill Clinton en mars 2000, et rééquilibrer notre balance commerciale avec la Chine." Dix ans plus tard, c'est le contraire qui s'est produit, exactement. Le déficit américain avec la Chine a explosé ; l'emploi est plus dégradé que jamais aux Etats-Unis. Coïncidence ? Ou faut-il incriminer le commerce avec la Chine, bref, son entrée à l'OMC ?


    Pékin a rempli ses engagements : baisse de ses droits de douane, élargissement de ses quotas d'importations agricoles, ouverture du secteur des services aux investisseurs étrangers. La Chine est un atelier, mais un marché aussi. Elle est devenue le premier exportateur mondial et le deuxième importateur : ses échanges commerciaux ont été multipliés par cinq, dans les deux sens.


    "Marché de dupes", tonnent les syndicats américains (et européens). Les multinationales ont délocalisé en Chine pour produire à bas prix des produits qu'elles ont ensuite exportés aux Etats-Unis. Bénéficiaires : les actionnaires. Victimes : les travailleurs américains. En dix ans, les Etats-Unis auraient perdu un tiers de leurs emplois industriels ; leur déficit commercial avec la Chine est passé de 83 à plus de 200 milliards de dollars.


    Pascal Lamy, le directeur général de l'OMC, juge que Pékin se comporte comme ses autres membres - ni mieux ni plus mal. Dans les chambres de commerce, on entend pourtant un autre discours. Ouvert sur le papier, le marché chinois resterait très difficile à pénétrer ; Pékin privilégie ses entreprises.


    Exportateurs ou investisseurs, les entrepreneurs étrangers évoluent en Chine dans un cadre juridique encore incertain. Pour sortir de la théorie, rien de tel que le merveilleux récit du Britannique Tim Clissold que les éditions Saint-Simon ont la bonne idée de rééditer justement cet automne.


    Dans Mr China, comment perdre 450 millions de dollars à Pékin après avoir fait fortune à Wall Street (Saint-Simon, 241 p., 18 €), Tim Clissold, cocasse, touchant et profond, raconte ses mésaventures d'investisseur en Chine. Le marché là-bas, écrit-il, c'est le "domaine des oukases, des fausses lettres de crédit, des juges qui ne comprennent rien à un dossier mais rendent quand même un jugement, des agents d'un bureau anticorruption qui, avant d'accepter une enquête, réclament une voiture ou une valise d'argent liquide". "Une chose est sûre, dit-il, si vous respectez les règles, vous êtes fichu."


    Arrivés il y a plus de vingt ans, Clissold et son groupe sont toujours en Chine. Comme s'ils voulaient donner raison à ceux qui, aux Etats-Unis notamment, réfutent le bilan négatif du commerce avec la Chine. Ils alignent trois arguments. Le mode de calcul des balances commerciales fausse la réalité des échanges : des produits estampillés "made in China" en douane sont en fait l'aboutissement d'une chaîne de production compliquée, souvent multinationale, où la part de la Chine en valeur ajoutée est en général infime. C'est d'abord la technologie qui permet de délocaliser le travail : s'ils ne l'avaient pas été du fait de la Chine, les emplois détruits aux Etats-Unis l'auraient été par d'autres pays du Sud. Enfin, pour les défenseurs du libre-échange avec la Chine, c'est avant tout la sous-évaluation de sa monnaie - le yuan - qui lui donne un avantage commercial inique.


    Le vrai bilan de la Chine à l'OMC est peut-être ailleurs. Car les uns et les autres sont d'accord sur un point : par effet de concurrence exacerbé, le poids de l'empire du Milieu dans le commerce mondial pèse sur les prix, y compris ceux du travail. Autrement dit, le pas de géant dans la globalisation économique que représente l'arrivée de la Chine à l'OMC explique en partie la stagnation du salaire médian aux Etats-Unis.


    Et, du bas au milieu de l'échelle sociale, on a maintenu le pouvoir d'achat en s'endettant. Ce qui est l'une des explications de la crise de la dette d'aujourd'hui.
    [HR][/HR]
     
  2. MTT

    MTT Demi-dieu

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    Bilan : la ruine et les babioles bon marché pour nous, les BMW pour eux =)
     
  3. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    Les BMW c'était il y a quelques années ... Il y a eu déjà une MAJ de leur parc automobile ... ;-)
     
  4. lafoy-china

    lafoy-china Alpha & Oméga
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    Exact vu les moyens de locomotions de mes proches voisins ,la tendance actuelle c'est plutot Porsche Cayenne (ca date un peu la ligne) , panamera,Classe S AMG et autres SUV ,Q7, Hummer H2 ,Infinity ,Lexus 430 Hybride SUV,et des autos bling bling " nouveaux riches" , style Crown Royal , Buick ,Cadillac , ca pullule ces modeles ,la mode aussi pour les femmes c'est le X1.

    Et bien sur les incontournables X5 qui ont un serieux coup de vieux dans le design ,mais curieusement une seule Ferrari .

    Et comble du mauvais gout ,aucune Aston Martin ....

    Au sujet de l'OMC ,que les occidentaux ne viennent pas se plaindre !!! " Comme on fait son lit on se couche * "

    *
    [​IMG]
    « Comme on fait son lit, on se couche »

    [​IMG]
    Il faut assumer les conséquences de ses actes.
    On ne récolte que ce qu’on sème.
    Le succès dépend des moyens qu'on se donne pour réussir.

    [​IMG]
    Cette locution proverbiale serait un subtil amalgame entre la lettre (voir l'expression 'au pied de la lettre') et "faire le lit de quelque chose ou quelqu'un".

    La lettre indique que quand on fait mal son lit, on risque de passer une mauvaise nuit, à cause de draps qui s'entortillent, par exemple.
    A nous d'en assumer les conséquences. Et de mieux le faire le lendemain matin pour passer une meilleure nuit.

    Faire le lit de quelque chose ou de quelqu'un, c'est, par ses actes, préparer ou favoriser la venue de quelque chose de désagréable ou de néfaste, ou l'arrivée (au pouvoir, par exemple) de quelqu'un de peu recommandable.
    Là aussi, ce qu'il se passe dépend de ce qu'on a choisi de faire ou laisser faire.
     
    #4 lafoy-china, 30 Septembre 2011
    Dernière édition: 30 Septembre 2011
  5. C-E

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    Article très intéressant, qui liste les causes sans pour autant prendre partie.

    Je retiendrai la partie inquiétante : avant l'entrée de la Chine à l'OMC, les US étaient persuadés que le meilleur des mondes se profilait à l'horizon...
     
  6. JMG

    JMG Membre Gold

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    La degradation de l'emploi aux Etats-Unis c'est pas nouveau et ca ne date pas de l'entree de la Chine dans l'OMC. La Chine est un bouc-emissaire tout trouve.

    Un article interessant a ce sujet (il date de l'annee derniere mais remet certaines verites en place): http://infochina.be/fr/content/vers-une-guerre-commerciale-entre-la-chine-et-les-états-unis
    Passage:
     
  7. Searogers

    Searogers Demi-dieu

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    - on ne doit pas habiter les mêmes quartiers...
     
  8. Fennec

    Fennec Membre Silver

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    les dirigeants se sont foutu de nous, peuples européens. Dans les années 90 il y avait des alains mincs qui nous expliquaient que la France était taillée pour faire face au textile chinois. 15 ans apres, ya plus une seule usine de textile en france.

    Il est évident que les gens qui font la promotion du capitalisme charognard ont anticipé la fin des démocraties et des états. Il suffit de regarder la crise sur mesure qu'ils nous ont inventé pour mettre au pas les nations.

    Moi je comprend pas comment on peut encore défendre l’économie de marché vu la crise actuelle. Et cette idéologie a été imposée. Les rares cas où une parodie de contrôle democratique a été envisagée (lors du TCE en Europe) on a bien vu ce qui s'est passé. Fermez vos G...., soumettez-vous à la chariah des marchés et raquez comme des chiens petits esclaves.

    L'économie de marché est une connerie dans un monde où la moitié des protagonistes ne respectent pas les règles. Comme le communisme, ce système se transforme systématiquement en broyeuse d'humain. c'est structurel.

    Le seul système qui marche en économie sans foncer droit dans le mur c'est l'économie mixte avec un fort contrôle des marchés et -il faut bien le dire- des barrières douanières.
     
  9. boriso

    boriso Membre Bronze

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    Fennec, tu as parfaitement raison pour la douane. Le problème, c'est que aujourd'hui la douane n'est plus vraiment au service des intérêts des français, mais plutôt au service de quelques uns.
    Voici un super article pour expliquer la nécessité d'une vraie douane : http://www.fakirpresse.info/Contre-le-dumping-social-fiscal,210.html

    extrait ;
    C’est dans le même esprit que Eugène Gérard, entré en 1968, évoque son métier : « Je me suis éclaté. Surtout quand j’ai fait du contentieux de classe…
    Du quoi ?
    Du contentieux de classe. Je redressais des gens qui avaient du fric. Je faisais du contrôle d’entreprises, sur les produits pétroliers, Total et compagnie. Plus d’un milliard, j’ai récupéré.
    Un milliard d’anciens francs ?
    Non, un milliard d’euros.
    Un milliard d’euros !?!
    Eh oui. J’ai démonté tout un mécanisme de fraude. Ensuite, on a découvert que c’était vrai dans tous les établissements du groupe. Mais moi, sur certaines enquêtes, on me laissait quatre ou cinq ans, mes patrons comprenaient. Maintenant, ils n’ont plus les moyens : à mes débuts dans ce service, en 1978, on était vingt-cinq. Depuis mon départ à la retraite, il en reste huit. »
    « Quand je suis arrivé, en 1965, on m’a affecté à la frontière suisse, se remémore Guy Diaz, marseillais, y avait une conscience, chez les douaniers, de notre rôle de régulateur économique. L’ouvrier français coûtait plus cher, par exemple, que l’ouvrier italien, notamment à cause de la protection sociale, et donc, si on laissait jouer la pure concurrence, on se ruinait. À l’École des Douanes, je me souviens d’une leçon, on nous disait : ‘Attention, en période pré-électorale surveillez les mouvements de changes, les exportations de capitaux’. Parce que la douane, c’est un outil très efficace contre l’argent sale, mais on nous rogne les ongles. »

    [...]

    Avec l'arrivée de l'Europe, changement de politique :
    « Je ne me souviens pas avoir conduit des gens avec des menottes, confirme Guy Diaz. La clientèle a changé, forcément, on nous oriente vers les stups, on attrape des pauvres bougres… Plus ça va, plus on prend une mentalité policière. J’entends les jeunes qui se disent : ‘Bon, après tout, si y a plus de douanes, on me mettra à la police.’ Moi, j’aurais été affolé si on m’avait reclassé comme flic. On dépend du ministère des Finances, pas de l’Intérieur ! »
    « L’autre tâche qu’ils nous ont trouvée, c’est la contrefaçon, ajoute Eugène Gérard. Là, sur les montres, les costumes, les bijoux, on est vraiment au service du capital. On est les valets des multinationales du luxe : même lorsqu’elles font produire à l’étranger, et on doit défendre leur marques, leur plus-value, leurs intérêts ! »
     
  10. huno

    huno Membre Gold

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    A Dalian c'est également le cas, et quelques Lamborghini et autre Maserati, Jaguar, et Ferrari.

    Sinon je rejoint Lafoy sur le mauvais gout a savoir pas d'astone martine (peut être du a d'autre raison je sais pas) ou les strasse que les chinois foutent sur leur voiture classe S, revêtement des sièges en cuire avec des tapis pourave genre hello kitty ou autre autocollant pourrit sur les Lamborghini... Enfin bref, maintenant qu'ils ont l'argents, on va pas non plus leur demander d'avoir du gout.
     
  11. Legume28

    Legume28 Membre Platinum

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    Boriso et Fennec merci pour vos comments, toujours une longueur d'avance sur les articles.
     

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