Dissuasion nucléaire française & européenne

  • Auteur de la discussion lafoy-china
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Breizh In China

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Alpha & Oméga
05 Nov 2009
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Xuijiahui Shanghai
depuis le seconde guerre mondiale, ça me paraissait évidement mais il semblerait que non. Merci quand même de l'éclaircissement.
La seule fois où ça a failli partir en sucette, c'était en 1962 pendant la crise de Cuba et dans une moindre mesure en 1983 lors de l'exercice Reforger chose moins connu).
Techniquement on aurait du avoir une guerre nucléaire. Évitée juste parce qu’un officier n’a pas suivi les ordres.

 
znort

znort

Dieu créateur
13 Avr 2012
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Kunshan
Certains historiens s'accordent à dire que c'est plutôt en 1969 lors de la crise sino-russe qu'on est passé pas loin du chaos.
Il y a eu aussi la guerre de Corée où ça a été évoqué et le test spatial US qui a été pas loin de générer un désordre absolu....
Bref en l'état ca reste un pouvoir de dissuasion qui repose sur une poignée de pays.
Au delà de l'argument de mutualiser les dépenses liées à l'entretien de l'arsenal, je ne vois franchement pas l'intérêt de partager ce pouvoir.
On a ce joker sous le coude, on est libre de nos actes et à ma connaissance nous ne sommes pas menacés ni menaçant vis à vis de nos voisins européens et autres.
Le seul avantage réel qu'auraient les Allemands ou les autres membres de l'UE à voir notre arsenal partagé serait de se protéger de nous qui sommes censés être leur allié/partenaire privilégié. C'est absurde!!!
Ils ont déjà la bienveillance de l'oncle Sam comme couverture via l'OTAN. C'est censé être largement suffisant.
 
J

jabysz

Membre Platinum
28 Oct 2007
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Au delà de l'argument de mutualiser les dépenses liées à l'entretien de l'arsenal, je ne vois franchement pas l'intérêt de partager ce pouvoir.

Ils ont déjà la bienveillance de l'oncle Sam comme couverture via l'OTAN. C'est censé être largement suffisant.
 
mahu 马虎

mahu 马虎

Ambassadeur de la Sh*tbox
10 Avr 2010
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Ça me rappelle que l’Allemagne peut ainsi embarquer sur leurs avions des bombes nucléaires américaines de L’OTAN

ce qui est d’ailleurs une violation par l’OTAN du traité de non prolifération nucléaire.

Mais s’en balek
 
ChrisHK

ChrisHK

Alpha & Oméga
27 Déc 2013
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Hong Kong et Shanghai
Ça me rappelle que l’Allemagne peut ainsi embarquer sur leurs avions des bombes nucléaires américaines de L’OTAN

ce qui est d’ailleurs une violation par l’OTAN du traité de non prolifération nucléaire.
L’Allemagne PEUT.... mais tant qu’elle ne le fait pas, il n’y a pas de violation !

Mais s’en balek
Pas besoin de maltraiter tes organes génitaux pour si peu ...:cool:
 
lafoy-china

lafoy-china

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08 Mar 2009
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L'investissement dans la défense rapporte plus que ce qu'il coûte (1/10)

Dans le but de permettre à la base industrielle et technologique de défense de contribuer à la sortie de crise et aux plans de relance français et européen, le groupe de réflexions Mars* souhaite partager, dans une série de tribunes, les réflexions qu’il mène notamment autour des sujets de la souveraineté et de l’autonomie, du sens donné à l’Europe de la défense et la place réservée à la défense dans un "plan Marshall" européen, des enjeux macroéconomiques et des enjeux industriels et d’innovation dans la défense. L'objectif du groupe de réflexions Mars est de trouver des solutions pour sécuriser les budgets de défense à court et à moyen terme.

Extrait : Qui dit crise économique dit plan de relance. La ministre des armées souhaite utiliser à cet effet l'investissement de défense (Titre 5), qui représente 80% de l'investissement de l'État. En réponse, les industriels du secteur proposent de sécuriser, voire d'accélérer la livraison des programmes d'armement prévus dans la loi de programmation militaire en cours. Est-ce pertinent ? L'industrie de défense est une industrie de souveraineté, au sens le plus fort du terme, à savoir que sans elle, il n'y a plus d'indépendance nationale, que la nation dépend de ses alliés pour sa défense. C'est le cœur des compétences régaliennes et la légitimité intrinsèque de l'État. Une protection n'est jamais gratuite. La sécurité a un coût. Autant que le circuit économique créé profite à la croissance de l'activité nationale.

Prospérité rime avec indépendance

C'est ainsi que Venise inventa l'arsenal. On peut être un État commerçant ouvert sur le monde et garder jalousement fermée son industrie d'armement. La Chine de Xi Jinping a manifestement retenu les leçons de Marco Polo. Et Venise nous a appris que la prospérité dure tant que l'indépendance est garantie par ses propres armes et ses alliances. Survient une menace irrépressible (Bonaparte) et s'en est fini de l'indépendance et de la prospérité.
L'arsenal vénitien est ainsi la mère de l'industrie d'armement, qui a gardé cette forme (et ce nom !) jusqu'à une date très récente. Pour des raisons d'efficacité économique et "d'ouverture aux marchés", la France a progressivement transformé ses arsenaux en sociétés anonymes. Le processus a pris 30 ans, depuis les poudres et explosifs au début des années 1970 jusqu'à la construction et la réparation navale au début du XXIe siècle. Il n'est d'ailleurs pas achevé : il en reste des traces sous la forme de prises de participation sous diverses formes et à différents niveaux, et surtout, il reste un "arsenal" : la direction des applications militaires du commissariat à l'énergie atomique (CEA/DAM).

* Le groupe Mars, constitué d'une trentaine de personnalités françaises issues d'horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l'industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

 
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La défense européenne a-t-elle (encore) un sens ? (2/10)

La crise sanitaire que le monde entier traverse doit renforcer notre vigilance sur le regain des tensions géopolitiques et économiques. Alors que tous les arguments convergent pour défendre des logiques de protections communes entre Européens, les décisions de certains États membres risquent de remettre en cause cette évidente nécessité. Ainsi, on retiendra le choix de l'Allemagne, qui en pleine gestion de la crise du coronavirus, annonce vouloir acquérir plusieurs avions "made in USA".

Extrait :
La raison évoquée - embarquer des armements nucléaires -, est d'ailleurs bien étrange quand on sait que les F/A-18E/F Super Hornet n'ont jamais eu cette vocation. En revanche, une dépendance complète à l'égard des USA en matière de guerre électronique résultera du choix du "EA-18 G Growler". Dans le cadre d'un combat collaboratif interconnecté, intégrer une brique américaine dans ce domaine central équivaut à une "ITARopérabilité". Il en ressort une soumission volontaire et accrue des États européens..

Europe : 100 milliards de commandes "Made in USA"

En ce sens, l'Allemagne rejoint d'autres États membres, notamment la Pologne adepte de la panoplie complète avions/hélicoptères/missiles, mais aussi les Pays-Bas et la Belgique qui ont récemment opté pour des avions américains F35 aux coûts vertigineux. L'ensemble des commandes européennes récentes au profit de l'industrie américaine aéronautique dépasse les 100 milliards d'euros. On comprend bien le manque à gagner pour l'industrie européenne et, en particulier française, pourtant apte à fournir des matériels performants et à des prix souvent moindres. Au-delà, ces décisions d'États européens portent un coup très rude à l'élaboration d'une défense européenne, laquelle se construit d'abord par son industrie. L'interdépendance technologique et économique qu'une initiative européenne génère conduit à une logique de défense partagée.

 
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Le plan de relance européen doit intégrer la défense européenne ! (3/10)

La crise économique générée par le Covid-19 est là. Pour y faire face l'Union européenne (UE) a mobilisé son budget actuel et elle a décidé que les États pourraient s'endetter via le Mécanisme européen de stabilité et la Banque européenne d'investissement. Une nouvelle phase de la réponse européenne est en préparation à travers un plan "Marshall européen". Le montant évoqué est de 1.000 milliards d'euros, peut-être davantage.

Extrait :Cela coïncide avec la nécessité pour les 27 États de trouver un accord entre eux puis, probablement dans une moindre mesure avec le Parlement européen, concernant les futures perspectives financières européennes. En l'espèce, il s'agit du budget pluriel-annuel de l'UE entre 2021 et 2027, lequel est assorti des règlements européens qui régissent les objectifs et les modalités d'utilisation des programmes européens.
Le Fonds européen de la défense doit être un enjeu de ces négociations. Avant cette crise sanitaire, la présidence finlandaise de l'UE avait formulé le souhait d'amputer au moins la moitié le montant du Fonds européen de la défense. L'élément constitutif d'un embryon de politique industrielle commune se trouvait donc déjà menacé. Il s'agissait vraisemblablement d'un premier test pour mesurer la réaction de la France, qui est le promoteur de ce Fonds. Depuis, la présidente de la Commission européenne, relayée par le Parlement européen, a annoncé que les objectifs du plan de relance économique européen seraient centrés sur le pacte vert et la transition numérique. La politique industrielle de défense européenne, déjà quantité négligeable du budget de l'UE, pourrait donc "passer à la trappe".

Des pertes de souveraineté extrêmement graves

Compte tenu des temps longs de développement des technologies de défense (R&D, essais et validations complexes) et de la nécessité de rester compétitifs à chaque instant sous peine de perdre des capacités industrielles majeures, les conséquences pour notre souveraineté et la sécurité internationale de l'Europe seront extrêmement graves. Quelle situation étrange ! Il est paradoxal de crier "au loup" sur les abandons de souveraineté pendant la crise actuelle et de placer concomitamment l'Europe dans le déni des menaces qui se profilent dans le monde et à ses portes.
De plus, il n'est nul besoin d'insister pour convaincre que l'innovation est consubstantielle à cette industrie de hautes technologies qu'est l'armement, avec des retombées dans plusieurs applications civiles comme en termes d'emplois qualifiés et de développement territorial. L'enjeu en Europe et en France est essentiel. Il appelle une mobilisation large et forte.

 
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Cinq propositions pour l'Europe de la défense (4/10)

Garantir la souveraineté de la France comme de l'Europe exige des actions concrètes et urgentes.

Extrait :
En dotant significativement le Fonds européens de la défense, l'Union européenne pourra créer de la norme et structurer de la commande publique européenne. Certes, ses modalités de fonctionnement devront être revues afin de servir davantage et plus efficacement les intérêts européens. Un terme devra être mis aux logiques concurrentielles invalidantes entre les industries européennes dans certains projets, ainsi qu'au principe du "juste retour". Les traités le permettent
De plus, le secteur de la défense bénéficie de dérogations en droit, notamment en matière de marchés publics. C'est un avantage à utiliser "sans réserve" pour reconstituer des industries de souveraineté. Il est donc possible d'œuvrer sans contraintes. Tout est affaire d'objectifs et d'accords budgétaires.

Concevoir, produire et acheter européen : une priorité

Puis, ce qui vaut dans les négociations d'État à État dans les accords inhérents aux acquisitions de matériels américains, doit valoir également dans l'Union européenne (UE). La Commission européenne a prévu de publier prochainement un livre blanc "sur un instrument relatif aux subventions étrangères" sources de distorsions de concurrence. En matière de défense, les exemples sont récurrents. Dans une Union européenne qui se veut souveraine et solidaire, les actes doivent être en conformité avec les déclarations. Concevoir, produire et acheter européen doit être une priorité. Ce n'est pas actuellement pas le cas malgré l'absence d'obstacles institutionnels et juridiques.

En France, un consensus assez large existe sur les objectifs de l'Europe de la défense. La difficulté réside dans notre capacité à trouver un accord avec nos "partenaires / concurrents" européens. Comment y parvenir ? Cela procède d'un équilibre entre agir comme force de propositions et activer des moyens de négociations efficaces.

 
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Souveraineté : et si la France se dotait enfin d'une stratégie industrielle ? (5/10)

L'enjeu des masques a provoqué une crise dans la crise du coronavirus. Le constat est sans appel : la France n'a pas eu suffisamment de stock et, pire, elle n'a pas la capacité industrielle pour répondre rapidement à ses propres besoins. Pourtant, une telle pandémie avait été anticipée lors des différents exercices de prospective, notamment la Revue Stratégique de Défense et de Sécurité nationale de 2017.

De trop nombreuses dépendances

Extrait : Est-ce la première fois que la France n'est pas capable de répondre elle-même à ses besoins de sécurité nationale ? Non malheureusement, et la défense offre beaucoup d'autres exemples dans un passé récent. Le rapport 2020 de la Cour des comptes rappelait que la France n'avait pas su prendre le virage des drones aériens à force de tergiverser et par manque de vision, ce qui a abouti à acheter des drones Reaper américains. Le transport stratégique militaire français pour les opérations extérieures (OPEX) des dix dernières années est un autre exemple. Nous avons non seulement été dépendants de nos alliés mais également de prestataires privés russes et ukrainiens. Enfin, autre illustration actuelle, le chef d'état-major des armées a critiqué l'utilisation par le Sénat de l'application américaine Zoom pour ses auditions virtuelles à cause de ses failles de sécurité.

Le but n'est pas de se lamenter de ces dépendances et d'en faire un inventaire à la Prévert. La dépendance vis-à-vis de certains pays dans des domaines précis peut être un choix. Il est d'ailleurs fait par beaucoup d'États européens vis-à-vis des États-Unis. Le vrai problème est quand ces dépendances sont subies, voire impensées, car elles deviennent alors imposées. La disparition de la fabrication en France de munitions de petits calibres le démontre : les décideurs successifs ont refusé d'envisager les conséquences résultant d'une telle dépendance.


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Souveraineté : et si la France se dotait enfin d'une stratégie industrielle ? (5/10)

L'enjeu des masques a provoqué une crise dans la crise du coronavirus. Le constat est sans appel : la France n'a pas eu suffisamment de stock et, pire, elle n'a pas la capacité industrielle pour répondre rapidement à ses propres besoins. Pourtant, une telle pandémie avait été anticipée lors des différents exercices de prospective, notamment la Revue Stratégique de Défense et de Sécurité nationale de 2017.

De trop nombreuses dépendances

Extrait : Est-ce la première fois que la France n'est pas capable de répondre elle-même à ses besoins de sécurité nationale ? Non malheureusement, et la défense offre beaucoup d'autres exemples dans un passé récent. Le rapport 2020 de la Cour des comptes rappelait que la France n'avait pas su prendre le virage des drones aériens à force de tergiverser et par manque de vision, ce qui a abouti à acheter des drones Reaper américains. Le transport stratégique militaire français pour les opérations extérieures (OPEX) des dix dernières années est un autre exemple. Nous avons non seulement été dépendants de nos alliés mais également de prestataires privés russes et ukrainiens. Enfin, autre illustration actuelle, le chef d'état-major des armées a critiqué l'utilisation par le Sénat de l'application américaine Zoom pour ses auditions virtuelles à cause de ses failles de sécurité.

Le but n'est pas de se lamenter de ces dépendances et d'en faire un inventaire à la Prévert. La dépendance vis-à-vis de certains pays dans des domaines précis peut être un choix. Il est d'ailleurs fait par beaucoup d'États européens vis-à-vis des États-Unis. Le vrai problème est quand ces dépendances sont subies, voire impensées, car elles deviennent alors imposées. La disparition de la fabrication en France de munitions de petits calibres le démontre : les décideurs successifs ont refusé d'envisager les conséquences résultant d'une telle dépendance.


Voir la pièce jointe 112042
Lors du début du virus en Chine, lorsqu'on était confiner j'avais vu l'interview d'un conseiller de ce bureau stratégique, qui semblait n'avoir jamais été écouté. Ça doit être vraiment lourd comme boulot. Informer de tout le monde du problème pendant des années, pour ce le prendre en pleine face.
 
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Et si l'épargne française était enfin mobilisée pour équiper les militaires ? (6/10

Accélération des paiements et de la notification de contrats, annulation des pénalités de retard, acceptation de hausses de prix, mise en place d'échanges quasi quotidiens avec les dirigeants industriels... et 10 milliards de dollars injectés dans l'industrie, via le plan de soutien à l'économie de Donald Trump adopté en avril !

Extrait :
Le Pentagone n'a pas lésiné sur les moyens pour soutenir son industrie d'armement, qui a même été désignée comme infrastructure critique pour faciliter la reprise des activités pendant le confinement. Rien de surprenant : l'industrie de défense participe à la posture de défense car, sans elle, la souveraineté n'est qu'une illusion.

Des paris technologiques et techniques audacieux

Pourquoi faut-il venir en aide à l'industrie de la défense en pleine crise économique ? Petits volumes de production, mais grands enjeux d'innovation. Pour fournir à nos militaires les équipements nécessaires à leurs opérations, les entreprises d'armement font des paris technologiques et techniques audacieux et donc difficiles. Produire des équipements d'excellence nécessite un effort important de recherche et d'innovation. Or, ici comme ailleurs, le problème du financement des entreprises françaises se pose. Comment pérenniser la base industrielle et technologique de défense (BITD) ? Comment assurer qu'elle dispose de la trésorerie et du capital nécessaires non seulement à sa survie mais aussi à sa capacité à répondre aux besoins des militaires ?
Le propre des crises est d'aggraver des fragilités déjà présentes en amont. Or, l'industrie d'armement reste une petite activité en volume même si elle tire le reste de l'industrie nationale vers le haut. La production en France ne représente même pas 1% du PIB, alors même que notre pays n'a jamais autant exporté. Par ailleurs, elle dépend exclusivement de la commande publique et du soutien étatique pour exporter et lancer des programmes en coopération.

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Défense : accélérer la loi de programmation militaire pour relancer l'économie (7/10)

Lors de la crise de 2008, la France avait décidé d'un plan de relance de 26 milliards d'euros. Sur les 4 milliards consacrés à l'investissement, la défense a reçu 1,6 milliard, soit 40%. C'était tout à fait cohérent : la défense est le premier budget d'investissement de l'État.Ce supplément d'acquisitions, irrigant une industrie ancrée dans les territoires et non délocalisable, avait permis de répondre aux priorités des armées.

Extrait :
L'armée de Terre, fortement engagée en Afghanistan, avait bénéficié de véhicules supplémentaires, la marine d'un troisième bâtiment de projection et de commandement (BPC) et l'armée de l'Air de deux Rafale en plus. Ces matériels ont tous été produits sur le sol français et leur fabrication a donc eu l'effet d'entraînement recherché sur l'économie française.

La défense a toute sa place dans le plan de relance

Douze ans plus tard, il semblerait que, dans le soi-disant "nouveau monde", certains aient oublié les leçons de l'ancien monde. Il est étonnant qu'aujourd'hui l'évocation de la participation de la défense au plan de relance soit peu audible. Le plan de relance de 2008 avait été piloté par un ministre dédié, Patrick Devedjian, directement rattaché au Premier ministre. Manquons-nous aujourd'hui d'une vision d'ensemble quand il s'agit de booster l'économie française et son industrie en particulier ? Le plan de relance global s'élabore à Bercy, via les Comités Stratégiques de Filière (CSF). Raisonner en silos, dans une logique comptable, serait une erreur qui négligerait une des industries les plus compétitives et innovantes de notre pays.

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maixem

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12 Fev 2014
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Vu dans un recent documentaire (Arte) sur les methodes de financement de la Coree du Nord : maintenant qu'e la Coree maitrise l'arme nuclaire, l' ONU est tres tres inquiete non pas l'utilsation de l'arme pour les nord coreen mais car la coree est en train de vendre la technologie a des pays africains contre des devises en dollards. si l'afrique se dote de l'arme ultime cela pourra completement relancer la dynamique Europeen vers un nouvel ordre.
 
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Mais que pèse l'Europe face au triangle stratégique Etats-Unis, Chine et Russie (8a/10)

Le groupe Mars s'intéresse dans ses réflexions en priorité aux volets capacitaires, industriels et économiques liés aux questions de souveraineté de la France, dans un cadre national et européen, c'est-à-dire à la capacité de notre pays de faire des choix libres pour la défense de ses intérêts, la finalité de ces réflexions étant la préservation de notre modèle démocratique et social. Elles ne peuvent cependant pas faire abstraction des évolutions du contexte géopolitique, qui subit de profondes transformations depuis ces dernières années.

Extrait : Par rapport au Livre blanc de 2013 et à la Revue stratégique de 2017 qui présentent une vision du monde subjective centrée sur la France dans un environnement stratégique caractérisé par des cercles concentriques de menaces et de partenaires, le point de vue développé dans cette analyse se veut plus objectif dans la mesure où il présente le monde tel qu'il est dans ses rapports de puissance, ne s'interrogeant qu'à la fin sur la place de la France dans ce contexte.

Le déclin militaire de l'Occident

L'automne 2019 a été marquée par plusieurs événements au Proche-Orient (l'annonce du désengagement unilatéral des Américains de Syrie, l'invasion turque du territoire syrien administré par les Kurdes, l'accord turco-libyen de délimitation des frontières maritimes au détriment des États insulaires, etc) qui ont conduit le président français à déclarer publiquement, dans la presse internationale, que l'OTAN était en état de "mort cérébrale" faute de "coordination de la décision stratégique". Si l'efficacité opérationnelle de l'OTAN et son intérêt militaire ne sont pas en cause, "sur le plan stratégique et politique, force est de constater que nous avons un problème". La question n'est pas de discuter la pertinence du propos mais de constater qu'il s'agit là d'une "surprise stratégique", qui doit nous conduire à modifier notre regard sur l'architecture européenne de sécurité et notre réseau d'alliances.

 
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Dieu suprême
28 Juin 2007
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L'investissement dans la défense rapporte plus que ce qu'il coûte (1/10)
Mais, mais mais...
J'espérais dans l'article une démonstration de cette affirmation...
En fait, c'est de la promo digne d'une vente de lessive, cet article...
Mais c'est très bien rédigé. De la pub de haute qualité.
 
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Les bouleversements du monde et leurs conséquences pour la politique de défense de la France (8b/10)

"Il ne faudrait pas que la France se complaise dans un multilatéralisme solitaire", remarque Thomas Gomart, directeur de l'Institut français des relations internationales (IFRI), avant de souligner "la difficulté d'entraînement du discours européen de la France". "Les écarts se sont creusés en Europe, on essaie de les masquer avec le discours sur la nécessité du couple franco-allemand, alors qu'en réalité l'approche européenne n'est pas suffisamment alignée à propos de la relation que nous devons nouer avec Pékin, Moscou et Washington".

La France, la seule à croire à une "Europe puissance"

Extrait :
La France a longtemps espéré que l'Europe lui offre un démultiplicateur de puissance. La vision mitterrando-gaullienne de la construction européenne s'appuie sur cet espoir, né au lendemain des décolonisations, comme un relais des valeurs universelles de la nation française. C'est la vision d'une "Europe puissance", contestée par ceux qui n'y voient qu'un vaste marché. On sait comment l'ambition initiale des Pères fondateurs d'une Europe unie, modèle de paix et de prospérité, a glissé, faute d'approfondissement, au fur et à mesure d'élargissements politiquement inévitables, vers un modèle a minima, celui d'un marché unique où le respect des Quatre Libertés tient lieu de vision d'avenir.

La France est seule à croire à "l'Europe puissance". Ses partenaires européens n'en veulent pas parce qu'ils n'en ont pas besoin, croient-ils. L'idéal européen, c'est la confédération helvétique à l'échelle du continent, un îlot de paix et de prospérité à l'écart du tumulte du monde. Il y a cependant un biais à ce raisonnement : historiquement, c'est par la guerre et la dissuasion militaire que la Suisse a construit son modèle. Il en reste encore des traces dans la garde d'honneur du Saint-Siège et l'expression bien française "pas d'argent, pas de Suisse", qui précéda la métaphore du "nerf de la guerre". A contrario, une Europe prospère sans défense ne peut qu'attirer les prédateurs.
Les yeux des autres Européens finiront-ils à se dessiller concernant la volonté réelle des États-Unis à les défendre ? Comment l'Europe peut-elle se défendre seule ?

La France et le Royaume-Uni gardent un rang singulier

Membres du P5 (cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU) et États dotés de l'arme nucléaire (EDAN) reconnus par le traité de non-prolifération (TNP) aux côtés des trois grands, la France et le Royaume-Uni sont des puissances en déclin mais encore capables militairement. Leur principale ambition stratégique est de maintenir leur rang, héritage à la fois de leur reconnaissance au nombre des vainqueurs de la Deuxième guerre mondiale et de leur ancien empire colonial. La France et le Royaume-Uni ne sont plus les grandes puissances qu'elles étaient jusqu'en 1940, mais elles gardent un rang singulier dans les relations internationales et dans la hiérarchie des puissances militaires.

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Souveraineté en matière de défense : choisir ou se soumettre (9a/10)

"La défense ! C'est la première raison d'être de l'État. Il n'y peut manquer sans se détruire lui-même". Charles de Gaulle deuxième discours de Bayeux, 1952.

Extrait : Sommes-nous en déréliction ? La pandémie mondiale n'est pas encore éteinte, la crise économique à venir n'a pas encore précisé sa magnitude et pourtant, déjà, les acteurs de la société civile de tous bords annoncent l'avènement d'un "monde d'après" reposant, selon les uns sur un souverainisme ignorant les réalités du monde, pour d'autres sur un grand green-washing et un "retour à la terre", qui tient tout du marketing. Et enfin, pour certains il y a sans doute la lubie du réveil d'un peuple fanatisé contre nos institutions démocratiques.
Le monde de demain ne serait, à bien les écouter, rien de plus que le retour des espoirs déçus du passé et des idéologies balayées par le cours de l'Histoire. Dans la fin du monde westphalien, des congrès, des traités et des conférences, ne pas mettre sac à terre !

550 millions d'Européens défendus par 330 millions d'Américains

S'il est impossible de dessiner avec exactitude le monde de demain, il existe des dynamiques que la pandémie mondiale n'aura pas su infléchir. Les stratégies des grandes puissances continueront à se déployer, la compétition mondiale s'accroitra autour des États continents (États-Unis, Chine, Russie) au détriment des États-nations. Si le rapport de force entre Washington et Pékin peut s'intensifier et structurer un nouvel ordre bipolaire, la Russie restera fondamentalement la principale menace militaire pour l'Europe. Europe où plus de 550 millions d'Européens, refusant de prendre leur destin stratégique en main, continueront à solliciter la protection de 330 millions d'Américains afin d'être protégés de 150 millions de Russes (sic).
Dans ce contexte, les attributs de la puissance prévaudront durablement. La préservation de la souveraineté nationale en matière de défense restera la norme, conformément à la ligne directrice de l'action publique française depuis 1956, afin de doter l'État des moyens nécessaires à son action et de faire face aux nouveaux enjeux. En France, le monde de demain passera - comme celui d'hier - par la conduite d'une politique d'autonomie stratégique raisonnée afin de répondre à une exigence majeure : la préservation de la souveraineté nationale en matière de défense. Notre crédibilité et notre survie passent par le respect des fondements de la souveraineté nationale

 
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Quelles souverainetés face au "triangle stratégique" (Etats-Unis, Chine, Russie) ? (9b/10)

Jamais les défis stratégiques n'ont semblé si nombreux pour la France et les Européens qu'en ce début d'année 2020 : crises actives au Moyen-Orient et au Sahel, imprévisibilité de Moscou, rhétorique belliciste de Pékin, affaiblissement de Washington, hégémonie d'acteurs "privés" dans le domaine du numérique. Si la donne stratégique est dynamique, elle ne peut pas faire oublier que les États ne maîtrisent qu'une partie de cette équation. L'impossible maîtrise des espaces communs et de la globalisation, par sa complexité et par la simultanéité de ses effets dans d'innombrables domaines (énergie, numérique, informationnel, commerce, recherche, industrie, spatial, etc.), est un défi permanent à la souveraineté des États.


Extrait :
La pérennité de la souveraineté nationale ne peut plus se penser hors d'une dimension multinationale. La France dispose de deux vecteurs complémentaires pour assurer l'environnement de sa souveraineté nationale : l'organisation du traité de l'Atlantique Nord, pour la conduite d'opérations majeures en coalition et son corollaire de défense collective (article 5) et l'Union européenne pour la politique industrielle de défense et les opérations limitées. Système OTAN, système communautaire : deux faces complémentaires de l'environnement de la souveraineté nationale. Les Européens ont intégré l'idée que la défense collective de l'Europe passe nécessairement par l'OTAN. Cette compréhension est si bien ancrée au sein des 27 que l'article 42 du traité sur l'Union européenne prévoit que la défense collective de l'Union ne peut pas exclure l'OTAN.

De la Pax Americana au burden sharing : de l'inconditionnalité à la rationalisation du lien transatlantique


La fin de la guerre froide fut l'occasion pour les Européens de s'affranchir partiellement de la dépendance militaire des États-Unis. Toutefois, l'Histoire, dont certains prédisait la fin, a conduit à des baisses massives des budgets de la défense et allait rapidement se réimposer dans les agendas politiques et militaires : Yougoslavie, Somalie, Afghanistan, Irak, Sahel. Faute d'être en mesure de porter un projet politique structuré en matière de défense, nombre d'États européens se sont convaincus, à défaut de pouvoir se défendre eux-mêmes, que les États-Unis seraient plus enclins à défendre un Allié-client.