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Délocalisations : quel poids sur l’emploi ?

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par lafoy-china, 21 Janvier 2012.

  1. lafoy-china

    lafoy-china Alpha & Oméga
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    Délocalisations : quel poids sur l’emploi ?

    Si le mouvement s’accélère et touche les services, l’automobile ou la high-tech, certains secteurs, comme le textile, relocalisent au compte-gouttes.

    Les délocalisations ont-elles saigné l’économie française ? Sont-elles coupables des 2 millions d’emplois industriels perdus en trente ans, dont plus de 750 000 ces dix dernières années ? Le nouveau sujet brûlant de la campagne divise les économistes.
    Les plus optimistes estiment que la mondialisation (délocalisations et concurrence des pays à bas coûts) n’explique que 10 à 15% des destructions d’emplois, liées pour l’essentiel au progrès technique. Mais le chiffre monte à 28% dans une étude de Bercy, et même à près de 50% selon trois chercheurs de l’Insee. Quelques points font tout de même consensus. Le phénomène a tendance à s’accélérer, et gagne les services et la recherche et développement (R&D).

    La faute, bien sûr, au coût du travail, aux exigences de rentabilité des entreprises et à la concurrence acharnée qu’elles se livrent. Sauf que l’industrie française chute plus fort que chez nos grands voisins, à cause d’un manque d’innovation et de produits haut de gamme. C’est le drame de la France : elle n’a pas créé assez d’emplois dans les secteurs d’avenirs (énergies vertes, high-tech, biotechnologies…) pour compenser le déclin des vieilles industries.

    Textile Le jour d’après

    Le textile, combien de divisions en France ? Emmanuelle Buteaud, déléguée générale de l’Union des industries textiles, s’étonne que l’on pose la question : «Les effectifs ont tellement fondu depuis dix ou vingt ans», soupire-t-elle. Aujourd’hui, le secteur, de la production de tissus à la confection de la lingerie, n’emploie plus que 70 000 salariés. Tandis que l’habillement, c’est-à-dire le prêt à porter, en mobilise entre 40 000 et 50 000. En fait «le gros des destructions d’emplois, dit-elle, est derrière nous».

    Le rôle des délocalisations ? «On ne peut pas dire que les pertes d’emplois se sont traduites de façon mécanique par des délocalisations.» D’abord, parce que des entreprises disparaissent sans forcément se déplacer ailleurs. D’autres, comme Petit Bateau, pratiquent un mix. Le spécialiste du sous-vêtement a ainsi gardé la R&D et les finitions pour les tricots en France, et a déplacé le reste de la production à l’étranger. «C’est toujours plus subtil ou métissé que ce que l’on raconte», dit Emmanuelle Buteaud. Ainsi ces exemples récents de relocalisations, tel que le fabricant de chaussettes Olympia, racheté par Bleu Forêt : il a rapatrié de la production à Troyes, alors qu’Olympia avait tout expédié en Roumanie. Sa recette : la chaussette antibactérienne, à forte valeur ajoutée. Clayeux, autre marque qui fleure bon le made in France, a été racheté à la barre du tribunal, il y a quelques mois. Son nouveau patron, François Gadrey, a choisi de faire le prototypage et la production de vêtements en maille en France. Mais il ne s’agit que de maintenir une trentaine de techniciens. Clayeux, il y a dix ans en employait 700 !

    Automobile Le bas de gamme à l’étranger

    La première industrie française délocalise à tout va. La production automobile s’est effondrée de 40% en cinq ans, pour retomber à son niveau de… 1965 ! Renault et PSA Peugeot Citroën, qui ont supprimé 40 000 emplois depuis 2004, jurent que c’est une question de survie. Ils sont spécialisés dans les petites voitures pas chères et peu rentables, pour lesquelles chaque euro compte. Le patron de Renault, Carlos Ghosn, est le plus radical : depuis 2005, il a délocalisé les trois modèles les plus vendus (Twingo, Megane, et la moitié de la Clio) et un tiers de ses ingénieurs. Malgré ses usines en République tchèque et en Slovaquie, PSA est longtemps resté plus attaché au made in France. Mais ce choix lui est aujourd’hui reproché par les marchés financiers, qui soulignent une rentabilité trop faible. D’où l’annonce, en novembre, de 5 000 suppressions d’emplois en France.
    Sans oublier une note interne, démentie par la direction, qui prévoit de fermer l’usine francilienne d’Aulnay (délocalisation). PSA tente tout de même de copier le modèle allemand avec des modèles haut de gamme (comme les Citroën DS) fabriqués en France. Mais vu la puissance d’Audi, Mercedes et BMW, la lutte sera longue et difficile.

    Services Le grand rapatriement

    «Bonjour, je m’appelle Fatimah.» Rappelez-vous. Il y a cinq ans, certains partaient en campagne contre les centres d’appels qui, à l’instar de Téléperformance, délocalisaient les emplois de téléconseillers sur le pourtour de la Méditerranée. En 2012, changement de cap : le coup de projecteur est mis sur le recrutement en France.
    A Compiègne, Welbhelp, pointure dans la relation-client, accueille en ce moment ses premiers salariés. Il projette d’employer 600 personnes d’ici dix à seize mois. Et met l’accent sur l’Hexagone. Curieuse trajectoire pour cette entreprise qui avait choisi délibérément, à sa création, il y a onze ans, la Roumanie, puis le Maroc pour ses deux premiers centres d’appels servant la clientèle française (banque, assurance, télécoms…).
    Olivier Doha, son patron, explique : «Nos clients réclament cette proximité avec nos équipes !» Le management d’Orange, qui délègue à Compiègne certains services, est à une heure de voiture pour former ses téléconseillers.

    A Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), c’est deux centres de 600 personnes que Webhelp a développés. Pourtant, reconnaît Olivier Doha, «le coût complet d’un téléconseiller entre la France et le offshore varie dans un rapport de 1 à 2». Manuel Jacquinet, qui édite la revue En-Contact, chiffre à 250 000 les emplois en France, et à 60 000 les emplois offshore (Maroc, Tunisie, Afrique ou pays de l’Europe de l’Est francophones).
    Le offshore pesait dix fois moins il y a six ans. «C’est là que se sont fait l’essentiel des créations d’emplois», dit Jacquinet. Mais l’an dernier, «les effectifs nets ont encore progressé en France de 2 à 3%». Preuve de l’attrait de l’Hexagone.

    High-tech L’inexorable fuite asiatique

    C’est un mouvement par vagues débuté il y a une vingtaine d’années et qui se poursuit. Des téléviseurs aux puces et microprocesseurs en passant par les mobiles, les ordinateurs ou les logiciels, une grande partie de la high-tech française a migré vers l’Asie. En Chine et en Inde, mais aussi à Singapour et en Malaisie. Voire aux Etats-Unis où se sont installés de grands labos de recherche dans la pharmacie. «On a commencé par délocaliser les tâches productives, explique Gilles le Blanc du Cerna, le laboratoire d’économie industrielle de Mines Paris Tech. Mais depuis peu, on est passé à une phase plus dangereuse avec la délocalisation des activités de R&D et de conception.» Une question de coûts, mais pas seulement.

    La France ne «produisant» pas assez d’ingénieurs, ses entreprises installent de plus en plus souvent à l’étranger ces activités à haute valeur ajoutée. Fait révélateur, le champion français des services informatiques, Cap Gemini emploie plus de monde en Inde (23 000 personnes) qu’en France (20 000). Ils ont même rebaptisé leur activité en pays low-cost : le right shore. Le bon endroit en somme.


    [SUB]Par CATHERINE MAUSSION, CHRISTOPHE ALIX, YANN PHILIPPIN

    http://www.liberation.fr/
    [/SUB]
     
    #1 lafoy-china, 21 Janvier 2012
    Dernière édition: 21 Janvier 2012
  2. bison ravi

    bison ravi Membre Gold

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    3 journalistes pour écrire ça, au secours!!! Pas un tableau, pas un graphique , des chiffres dont on ne sait d'où ils sortent etc etc.

    Elle doit être vachement impartiale dans son jugement, défendre les patrons du textile ou les ouvriers, ben elle a choisi...
    Oui la rentabilité c'est subtil, pourquoi ne pas le dire au lieu de tourner autour du pot.



    Il y a qq temps, j'écrivais que la France n'investissait que très peu dans la recherche (manque d'ingénieurs...) ce qui fait que l'on se retrouve avec peu d'inventeurs ou d'innovateurs, ce qui a pour conséquence, de moins en moins de poids pour l'exportation et la fuite en avant de nos cerveaux...

    Un début d'article sur les problèmes de l'innovation dans notre vieux pays (gouverné pourtant par des d'jeunz's)
    L’innovation en France et ses freins culturels – 1ère partie

    Jeudi 21 juillet 2011
    Par Benjamin PELLETIER

    [​IMG]La mort d'Archimède, gravure d'après Pier Francesco Mola
    [Flashback GRI: je profite de l'été pour donner une nouvelle actualité à cet article publié en mai 2010]Voici le premier volet d’un article en deux parties consacré à une curieuse et dramatique contradiction française entre, d’une part, le discours officiel qui porte aux nues l’innovation industrielle et, d’autre part, la réalité vécue par les salariés inventeurs découragés et démotivés par de multiples freins culturels et structurels.
    Comment démotiver un inventeur salarié ?


    Vous êtes un ingénieur hautement qualifié et expérimenté au sein d’un grand groupe industriel. Après des années d’efforts et sans compter votre temps, vous inventez un procédé qui permettra à votre entreprise d’obtenir un avantage stratégique sur ses concurrents tout en réalisant une économie sur chacun des produits qu’elle commercialise. Les bénéfices annuels qu’elle en tirera s’élèveront à plusieurs dizaines de millions d’euros. Le cours de l’action grimpera, le montant des stock options des dirigeants également.
    Conscient de l’intérêt stratégique de votre découverte, vous faites part de votre invention à votre hiérarchie. Un silence assourdissant accueille la nouvelle. Il vous faut longuement et difficilement argumenter pour convaincre de son importance. Cette fois, vous sentez qu’on vous perçoit comme un ambitieux, un arrogant, voire une menace. Ne seriez-vous pas en train d’essayer de vous mettre en avant pour prendre la place de vos supérieurs ? Pire encore, vous comprenez que ces derniers craignent d’être accusés d’incompétence pour n’avoir pas découvert eux-mêmes cette invention. Il est vrai qu’ils ont fait une grande école plus prestigieuse que la vôtre…
    Vous vous engagez alors dans une lutte épuisante où certains manœuvrent pour s’approprier cette découverte capitale. Après bien des efforts qui vous détournent de votre propre travail de valorisation de cette invention, qui vous mettent à dos votre hiérarchie et qui créent des tensions et jalousies avec vos collègues, vous finissez par être reconnu par l’entreprise comme le créateur de ce procédé stratégique. Vous vous attendez donc à une forme de reconnaissance de la part de votre employeur....

    A suivre ici
    http://gestion-des-risques-intercul...n-france-et-ses-freins-culturels-1ere-partie/


     
    #2 bison ravi, 22 Janvier 2012
    Dernière édition: 22 Janvier 2012
  3. MTT

    MTT Demi-dieu

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    Mouais...si on a une invention si stratégique que cela pourquoi ne pas créer sa société et la commercialiser soi même...ou la breveter et vendre les brevets à la concurrence...
     
  4. lucas.

    lucas. Membre Bronze

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    Regarder les difficultes pour ouvrir une societe en France. Que sa soit par le commencement (financement), ou meme une fois que la societe commence a grossir (fiscalite absurde).

    Le problemes est toujours le meme. Prenons la matiere premiere, en general les plastics, metaux on des prix tres similaires en France et en Chine. Tout les secteurs mecanises ou a faible main d'oeuvre s'averent beaucoup plus competitif a faire en France que en Chine. Et quand ont vois toute la production chinoise a destination de la France que sa totalise, c'est beaucoup d'emplois.

    Seulement, les PME/PMI (+90% des entreprises francaises) sont la vache a lait de l'economie.

    C'est sur que ne serais-ce que pour un chantier publique (disons au hasard un ministere), si les appels d'offres etaient fournis aux association de PME/PMI plutot qu'a des multinationals qui sous traitent la majeur parti de leur prod a l'etranger et facture aussi (voir plus) chere, ont pourrais deja discuter plus serieusement des mesures et causes de chomage.
     
  5. bison ravi

    bison ravi Membre Gold

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    Réponse vite fait parce que jour du seigneur oblige.

    1/ Au niveau industriel , innover ou inventer, demande des 'infrastructures, c'est pas la même bidouille que sur un pc ou internet.
    2/ Innover ou inventer demande des capitaux (avoir du temps du temps libre pr exemple), me^me pour écrire un bouquin le CNL donne des subventions pour que tu puisses écrire dans de bonne condition.
    3/ Breveter une invention coûte de l'argent et généralement dans l'industrie , ça ne demande pas qu'un brevet une innovation mais de multiples , voir Dyson justeement et leur multitudes de brevets pour seulement un aspirateur, la multitude protège mieux ton invention etc..
    4/ Créer une société veut dire aller voir des banques et là mon ami , commence un véritable parcours du combattant...
     
  6. Dagobert Ier

    Dagobert Ier Membre Silver

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    Lors de ma scolarité, j'ai effectué des stages dans de grandes sociétés françaises (Continental Automotive & Areva). Pour la première, elle a fermé pour délocaliser une partie de la prod' en Allemagne et l'autre dans les pays de l'Est. Pour Areva (partie T&D), une partie des lignes de production est partie en Europe de l'Est. Et je ne compte même pas les fournisseurs qui étaient contraints de délocaliser ou d'ouvrir des usines dans les 'SOC' pour avoir des prix "compétitifs" (mais avec souvent une qualité médiocre).

    Que dire de Romans/Isère, Aubade, qui ont délocalisé en Afrique du Nord. Il se passe en France la même chose qu'en Chine vers la fin du XIXème siècle, le commerce internationale détruit le tissus industriel local. Au début du XIXème sicèle, on vendait des soieries lyonnaises moins chères que les soieries chinoises, mais hier c'était la mécanisation qui nous donnait un très gros avantage, aujourd'hui c'est la main-d'oeuvre sous-payé qui donne un avantage mais, disons-le, une qualité de merde (pas pour tout évidemment). Pour 700 ouvriers licenciés, il reste 30 emplois qualifiés.

    Un pays comme la France ne peut se passer d'ouvriers, on ne peut former que des ingénieurs/techniciens. Même si certains imaginent que l'on ne peut que "produire" des diplômés c'est illusion absurde.
     

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