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Europe in the Face of US-China Rivalry Un rapport du European Think-tank Network on China (ETNC), janvier 2020

La rivalité entre les Etats-Unis et la Chine est un terrain géopolitique miné ; l’Europe parviendra-t-elle à le traverser indemne ?

Analyse :
Le réseau ETNC (European Think-tank Network on China), dont l’Ifri est un membre fondateur, a consacré sa cinquième année de collaboration à l’étude de la rivalité sino-américaine et de son impact sur l’Europe. Fruit de ces réflexions, ce rapport aborde la manière dont 18 pays européens et l’UE tentent de trouver un équilibre entre les Etats-Unis, premier partenaire économique et stratégique, et la Chine, deuxième marché le plus important pour l’Europe et désormais une superpuissance économique ambitieuse.

Les analyses montrent comment l’unilatéralisme américain et l’affirmation de l’ambition chinoise incitent l’Europe à repenser son paysage stratégique. Malgré les nombreuses divergences entre eux, tous les pays analysés se trouvent dans une position similaire : tous considèrent les Etats-Unis comme leur allié le plus important et dépendent, d’une manière ou d’une autre, de la puissance militaire américaine mais tous tentent, dans le même temps, de maintenir, voire d’approfondir, leurs engagements économiques envers la Chine dans un contexte de méfiance stratégique et avec de nouveaux outils de protection, comme le mécanisme européen de contrôle des investissements étrangers.
Si la voie pour approfondir les relations de manière simultanée avec les deux rivaux stratégiques est semée d’embûches, ce choix semble être nécessaire pour assurer la prospérité européenne. L’objectif de la stratégie d’équilibre européenne est d’éviter l’émergence d’un système bipolaire dans lequel les pays de l’Europe seraient contraints de choisir un camp. C’est pourquoi de nombreux pays membres sont réticents à fermer complètement la porte aux entreprises chinoises pour le développement de leurs réseaux 5G.

Dans le rapport, John Seaman, chercheur au Centre Asie de l’Ifri, revient sur le cas français. Les tensions sino-américaines se placent dans un contexte de relations de plus en plus tendues entre la France et ces deux pays. Le virage unilatéraliste des Etats-Unis sous Donald Trump met à l’épreuve les relations entre Paris et Washington et pourrait, à terme, éroder le socle normatif et stratégique sur lequel repose la coopération bilatérale. Les frictions au sein de la relation transatlantique ne bénéficient pas pour autant à la Chine. En effet, Paris est aujourd’hui beaucoup plus méfiant à l’égard de Pékin, de sa vision politique divergente et de ses ambitions mondiales. Malgré certaines différences de vues avec son allié, la France reste aujourd’hui incontestablement liée aux Etats-Unis. Paris souhaite avant tout pouvoir conserver son autonomie stratégique en maintenant des relations constructives à la fois avec Washington et Pékin et en cherchant à préserver l’ordre international multilatéral fondé sur le droit. La construction d’une Europe plus forte, plus solidaire et plus autonome devient également une priorité pour la France afin de mieux faire face aux tensions et incertitudes géopolitiques.

Dans ce contexte, un groupe de pays, mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne, travaille avec Bruxelles afin d’améliorer l’autonomie stratégique et la souveraineté économique de l’Union européenne. L’objectif est notamment de réussir à développer de manière autonome certaines technologies critiques, indépendamment de la Chine et avec une dépendance de plus en plus mesurée vis à vis des Etats-Unis.

Le rapport est disponible en anglais uniquement: Europe in the Face of US-China Rivalry.

 
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08 Mar 2009
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États-Unis : Le Corps des Marines va profondément se réorganiser pour contrer la menace chinoise

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Si l’on considère l’histoire de l’US Marine Corps [ USMC ], on se rend vite compte que cette branche des forces armées américaines, qui relève administrativement de l’US Navy, a bâti sa réputation sur ses engagement dans la région Asie-Pacifique, et plus particulièrement lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Extrait :
Cependant, durant ces 40 dernières années, l’USMC, à qui il est demandé d’agir rapidement en déployant une force expéditionnaire autonome, est régulièrement intervenu sous d’autres cieux, comme en Afrique [comme encore récemment en Libye, lors des opérations contre l’État islamique à Syrte], en Afghanistan et au Moyen-Orient. Et cela, dans le cadre des opérations de contre-insurrection et de contre-terrorisme menées surtout à partir de 2001.

Mais cette époque sera bientôt révolue car, alors que la nouvelle stratégie de défense des États-Unis insiste sur la priorité à donner aux défis posés par la Russie et la Chine, l’USMC va revenir à ses fondamentaux. L’idée étant qu’il puisse être en mesure de contrer les capacités de déni et d’interdiction d’accès que la Chine déploie dans la région Asie-Pacifique à l’appui de ses revendications territoriales, notamment en mer de Chine méridionale. Tel est, en tout cas, le cap donné par son chef, le général David Berger.

Ce dernier avait récemment donné la couleur, en affirmant vouloir se débarrasser des équipements inadaptés au nouveau concept EABO [Expeditionary Advance Base Operations] et investir dans de nouvelles capacités afin d’améliorer la « létalité » et la « survivabilité » de ses troupes. Il s’agirait ainsi de former une force plus légère et donc capable d’intervenir efficacement à court préavis.
L’objectif ? * « Se concentrer sur la guerre maritime, en refusant l’utilisation des mers aux adversaires et en garantissant la liberté d’action des forces américaines », avait expliqué le général Berger, en octobre dernier. Et il avait aussi prévenu que cette réforme exigerait de supprimer certaines capacités « traditionnelles » car devenues « trop lourdes » et donc « peu pertinentes » pour les prochains engements auxquels il s’attend dans les années à venir. Et cela, au profit de nouveaux moyens faisant appel à des technologies émergentes.


Tout les pretextes sont bons pour exacerber les tensions , il ne reste plus rien a detruire au Moyen Orient donc forcement il faut de nouveaux scenarios ! * Les maitres du monde en fait !
 
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guillaumeenchine

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09 Sept 2019
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C'est sur que cette histoire de Coronavirus ne va pas arranger les choses... Elle va sans doute accelerer le clivage entre les deux superpuissances. Et l'Europe je pense peut justifier de son existence en jouant le contrepoids entre ces deux systemes repoussoirs: une dictature communiste d'un cote et un enfer capitaliste de l'autre.
 
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Et si le Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l'Asie ?

LE POLITOSCOPE. En arrière-fond de la gestion sanitaire de la pandémie de la Covid-19, la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine s'accentue dans la course au leadership mondial. L'Europe, elle, aura montré son incapacité à parler d'une seule voix.

Extrait :
Comme un parfum de guerre froide : depuis l'émergence du SARS-CoV-2, le virus responsable de la Covid-19, la Chine et les Etats-Unis se livrent une bataille politique et médiatique de grande ampleur, n'hésitant pas à se renvoyer la responsabilité de cette crise sanitaire. Quand le président américain, Donald Trump ne cesse de vitupérer contre ce qu'il appelle « le virus chinois », plusieurs hauts diplomates chinois n'ont pas hésité en retour à accuser les États-Unis d'avoir été à l'origine de la pandémie. Le compte twitter de l'ambassade chinoise en France est même allé jusqu'à expliquer que ce nouveau coronavirus était apparu initialement sur le territoire américain !

Face à de telles théories du complot, le département d'Etat a immédiatement réagi en convoquant l'ambassadeur chinois en poste à Washington. Ces derniers soubresauts montrent à quel point la gestion de cette crise sanitaire est rendue encore plus complexe au niveau international au regard de la situation de guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances. L'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, juge d'ailleurs dans Le Figaro que « cette crise globale, sans précédent depuis les guerres, révèle ou confirme qu'il n'existe pas encore de réelle communauté internationale ou qu'elle n'est pas préparée à faire face à une pandémie mondiale ».

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Naxshe

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Et si le Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l'Asie ?
Personnellement je pense pas, c'est même un risque à l'inverse, surtout d'un point de vue industriel.

La crise a mit en évidence la dépendance de pays comme la France a des industries hors France, qui lorsqu'on a besoin, ne peuvent pas nous fournir. J'avais vu l'interview d'un représentant du conseil stratégique français en Chine, pour lui, à la suite de cette crise, il faudra identifier mettre ce problème sur la table et le résoudre. Il serait donc possible que stratégiquement on développe des entreprises plus sur lesquelles ont peu compter même en temps de crise, que juste une question de coûts.
 
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Les enjeux du ping-pong informationnel sur l’origine du coronavirus entre les Etats-Unis et la Chine
Publie le 27 mars 2020 par Hilaire Finyom

Le 15 janvier 2020 les Etats Unis et la Chine signaient un accord commercial dite de « PHASE 1 » après des mois de tensions commerciales caractérisées par des hausses de tarifs douaniers de part et d’autre. Au terme de cet accord, afin de réduire le déficit commercial des Etats Unis, la Chine s’engageait à augmenter ses importations des produits américains sur deux ans de l’ordre de 200 milliards par rapport à 2017.

Extrait : En effet à l’aube de son premier mandat, le président américain avait fait de la lutte contre la concurrence déloyale de la Chine son cheval de bataille. Il dénonçait notamment le vol de secrets industriels par les chinois, les subventions d’état aux entreprises nationales, et les industriels américains qui préféraient délocaliser. Les barrières commerciales étaient de ce fait la réponse adéquate au rééquilibrage de la balance commerciale entre les deux pays car elles auraient permis une redynamisation de l’industrie américaine. Force était de constater après 19 mois d’offensive douanière, que le résultat était plutôt très mitigé. Certes une entreprise comme Apple a promis un investissement d’une centaine de millions de dollars pour produire des ordinateurs au Texas, mais dans l’ensemble, l’emploi manufacturier est resté stable aux États-Unis et la tendance ne saurait se renverser rapidement lorsque l’on sait que toute décision d’investissement prend du temps pour se traduire en emplois effectifs.

En revanche, cette guerre commerciale a provoqué un net ralentissement du commerce bilatéral. Les échanges ont chuté en 2019 de 8,5 %. L’excédent commercial chinois est tombé à 296 milliards de dollars (265 milliards d’euros), alors qu’il était de 323 milliards en 2018 (290 milliards d’euros). La Chine ayant choisi stratégiquement de circonscrire L’affrontement autour des ventes liées aux milieux ruraux américains et donc à des enjeux pour la réélection de Donald Trump.

La question que l’on pourrait se poser c’est celle de savoir si avec cet accord l’on se dirige vers une sortie de crise durable entre les États-Unis et la Chine tant les sujets de discorde sont nombreux. Même si cet accord venait à régler la question commerciale, ce dont on peut déjà douter, il reste de nombreux points d’achoppement notamment en ce qui concerne les transferts de technologies, la propriété intellectuelle. L’accord signé avec la Chine relève donc pour partie d’une stratégie politique et électorale, dans une logique de précampagne pour sa réélection à la présidence des États-Unis en novembre prochain. Donald Trump la qualifiait d’ailleurs de « l’accord du siècle », le considérant comme un succès politique tendant à prouver que la guerre commerciale a fonctionné, de son point de vue, et que la Chine a cédé sur l’essentiel. Une paix des braves donc en ayant toujours dans la ligne de mire « l’ennemi chinois », en étant prêt à exploiter toutes les opportunités pour lui faire mal et démontrer qu’il représente un risque réel pour ceux qui veulent faire affaire avec Pékin.

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Analyse interessante et documentee de Monsieur Finyom qui egratigne certes sensiblement la Chine , mais ne menage pas non plus la partie occidentale du dossier !

VI. Faire naıtre la suspicion, qui engendre le trouble : une armee confuse conduit`a la victoire de l’autre - L’Art de la Guerre - Sun Tzu

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COVID-19 : la fin du leadership américain ? Par Laurence NARDON Chercheur, Responsable du programme Amérique du Nord de l'Ifri

Dans la crise mondiale qui se déroule sous nos yeux, il est beaucoup plus question de la Chine que des États-Unis.

Extrait :
Le virus est apparu dans la région de Wuhan et c’est là que l’épidémie a battu son plein au premier trimestre 2020. Tirée d’affaire pour l’instant, la Chine est désormais en mesure d’exporter du matériel médical dans le reste du monde, ce qui lui permet de se donner l’image d’une puissance efficace, altruiste et responsable.
L’épidémie fait désormais rage aux États-Unis et fournit une nouvelle occasion au président Trump de mettre en œuvre ses méthodes de gouvernement si particulières. Au cours de son briefing quotidien à la Maison-Blanche et dans ses tweets toujours aussi nombreux s’étalent ses propos décousus, entre accusations tous azimuts et mépris de l’expertise médicale.
Les États-Unis ont refusé de prendre la situation en main au niveau international, l’administration Trump privilégiant une réponse uniquement nationale. L’épidémie de COVID-19 confirme-t-elle la fin du leadership américain ?

Les États-Unis en repli

Washington a annoncé la fermeture des frontières avec l’Europe le 12 mars sans que les capitales européennes aient été prévenues. La réunion des ministres des Affaires étrangère du G7, tenue en visio-conférence le 25 mars, n’a pu diffuser un communiqué commun car le Secrétaire d’État Mike Pompéo exigeait l’emploi de l’expression « virus de Wuhan ». On est loin d’une puissance qui s’occuperait du monde, par exemple en partageant les connaissances scientifiques sur le sujet ou en coordonnant la répartition du matériel avec les autres pays.
Mais cette absence des États-Unis dans la gestion de la crise actuelle s’inscrit dans un mouvement de repli américain de plus long terme, et qui n’est pas sans justifications. La chute de l’Union soviétique en 1991 a provoqué aux États-Unis un moment d’hubris, entraînant des opérations militaires malavisées et une mondialisation aux conséquences néfastes (affaiblissement des classes moyennes, prédation de l’environnement, montée en puissance de la Chine).

Aujourd’hui, l’opinion publique américaine est fatiguée des guerres en Afghanistan et en Irak, qui durent depuis les années 2000 sans perspective de victoire. Les intellectuels et les responsables politiques expriment de plus en plus clairement leur méfiance à l’égard de la Chine, vue à la fois comme une puissance autoritaire vis-à-vis de sa propre population, et comme une puissance commerciale qui abuse des passe-droits que lui a accordés l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

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Le virus est apparu dans la région de Wuhan et c’est là que l’épidémie a battu son plein au premier trimestre 2020. Tirée d’affaire pour l’instant, la Chine est désormais en mesure d’exporter du matériel médical dans le reste du monde, ce qui lui permet de se donner l’image d’une puissance efficace, altruiste et responsable.
"Altruiste" La Chine vend le matériel médical, ne le donne pas. Si elle en donne, c'est avec un beau drapeau chinois dessus. On a pas la même définition de l'altruisme.
 
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"Altruiste" La Chine vend le matériel médical, ne le donne pas. Si elle en donne, c'est avec un beau drapeau chinois dessus. On a pas la même définition de l'altruisme.
Altruiste rémunérateur si tu préfères.

ce qui est plutôt étonnant est que la Chine pourrait gagner tellement de point de soft power en dépensant peu et en s’assurant qu’elle n’envoie pas de la merde médicale dans les autres pays...

soit ils sont devenus nuls soit Pekin a d’autres préoccupations
 
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Entretien : La Chine face à l’histoire - Pierre Grosser Professeur agrégé à Sciences Po Paris

Joseph Henrotin : Quel est le rôle de la perception de l’histoire – et notamment de son break-up – dans la politique de sécurité chinoise contemporaine ?

Pierre Grosser
: Vous évoquez le traumatisme du « break-up of China », et du « siècle des humiliations ». Il est de bon ton aujourd’hui de parler d’un « tournant émotionnel » dans les sciences sociales, et il est parfois appliqué collectivement. On a parlé de « géopolitique des émotions », ou de « revanche des humiliés ». De même, la question du statut international (et sa perception) semble compter, dans la définition de la puissance, autant que les dimensions matérielles quantifiables. De la perte de statut, on passe vite à la « blessure narcissique » ! Si le « siècle des humiliations » fut pour une part une construction des pouvoirs nationaliste puis communiste pour mobiliser les populations, notamment dans les années 1920 et 1990, il est incontestable que ce « ressenti » reste central. À partir des années 1860 se sont multipliés en Chine les mouvements destinés à transformer le pays (que ce soit son État, son armée, son économie, son éducation, mais aussi sa population même), afin qu’il soit compétitif, notamment grâce à une armée forte, dans la jungle darwinienne des rivalités de puissance. Ces demandes sont venues à la fois d’en haut (volontés réformatrices, construction d’un État autoritaire) et d’en bas (boycotts, mobilisations étudiantes et sociales, etc.).

La proclamation de Mao Zedong sur la place Tienanmen, le 1er octobre 1949 : « La Chine s’est redressée », est le pendant genré de la Chine « pénétrée » par les puissances extérieures depuis les années 1840. C’est d’ailleurs ambigu, parce qu’à côté du discours victimaire sur l’impérialisme, il en existe un autre montrant que les réformes, le développement économique et le monde des idées tiennent de la « rencontre », de la cofécondation entre la Chine et les impérialistes. Le rôle du Japon est évident au début du XXe siècle – et c’est cette fonction paternaliste que le Japon a voulu remplir de nouveau après la normalisation de 1978. Le discours du vice-président Pence du 3 octobre 2018, considéré comme une déclaration d’hostilité, reprend aussi la figure traditionnelle d’une Amérique généreuse qui a protégé la Chine, l’a aidée et l’a fécondée depuis la fin du XIXe siècle.

Dans le domaine militaire, nombre de pays ont eu un rôle dans ces réformes : la France, notamment dans le domaine naval ; l’Allemagne, en particulier dans les années 1920 et 1930 ; l’Union soviétique, qui a d’abord aidé les nationalistes dans les années 1920 puis les communistes et les nationalistes, face au Japon, et enfin la Chine communiste jusqu’à la fin des années 1950 ; et en dernier lieu les États-Unis à partir de la fin des années 1930, jusqu’à la fin de la guerre civile sur le continent en 1949. « Compter sur ses propres forces » est un slogan finalement assez tardif.

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Tu peux éviter de mettre des liens vers des articles réservés aux abonnés ?

Ou tu veux juste frimer en faisant croire que tu es abonné au Monde Diplomatique ???

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Entretien : « La défiance entre Chine et États-Unis n’a jamais été aussi grande depuis 1978 »
Publié le 29/04/2020
La crise sanitaire et économique provoquée par l’épidémie en cours aura aussi des répercussions sur les équilibres entre puissances internationales. Notamment entre la Chine, les États-Unis et l’Europe. Thomas Gomart, directeur de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI) insiste en particulier sur l’enjeu numérique, au cœur de ces luttes d’influence.

Prologue : La Chine ressortirait-elle affaiblie ou renforcée de cette crise du Covid-19 ? Comment la globalisation va-t-elle évoluer ? Que nous enseigne l’épidémie en cours ? Autant de questions qui agitent le débat entre spécialistes des relations internationales
Tout le monde s’accorde pour dire qu’il y aura un avant et un après coronavirus, mais il est encore trop tôt pour désigner un vainqueur stratégique. Même si le terrain de jeu est connu. Entretien avec Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Laurent Marchand : Tout le monde fait des prévisions, en projetant ses convictions. Mais qu’est-ce qui va déterminer le monde d’après ?

Thomas Gomart :
L’état d’esprit, c’est-à-dire la capacité de mobilisation de ressources morales pour agir maintenant et penser l’après. La deuxième chose, ce sont les capacités économiques ; il va y avoir de profonds effets avec des gagnants et des perdants. Enfin, la transformation de la question sociale avec la centralité des plates-formes numériques. On assiste à la faveur de cette crise sanitaire à une redistribution de puissance, qui devrait nous encourager à pas être uniquement focalisés sur la dimension sanitaire car ce qui se joue, en arrière-plan, c’est bien la suprématie technologique.
Ce qui est en train de changer ce sont donc les rapports de puissance classique, ainsi que le creusement des inégalités engendrées par cette crise. Entre régions, entre pays, au sein des régions, au sein des pays. Et surtout ente des États qui cherchent à se transformer en réseaux et des plates-formes qui exercent des fonctions régaliennes.

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Et tu me diras quoi en MP ?
Il te renverra sur son site Minitel 3615 Mahu , ou toutes les jardiniers chaud de ta région se retrouvent.
Il a entendu qu’un gars est devenu milliardaire en faisant du Minitel rose.
Comme le vert est à la mode, il tente le Minitel vert. Il prend de l’avance sur son retard.
 
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« Nouvelles routes de la soie » : l’alimentation en Chine par Laura Margueritte & Jean-Marc Chaumet
26 février 2020

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La Chine a réussi l’exploit, jusqu’au milieu des années 2000, de nourrir la population la plus nombreuse de la planète sans peser sur les équilibres agricoles mondiaux. Mais depuis, sa capacité à se nourrir et, en corollaire, sa dépendance alimentaire grandissante sont devenues une faiblesse dans son ascension économique et politique, qu’elle cherche à limiter notamment grâce au projet des « nouvelles routes de la soie ».

Extrait : Ces dernières années, la Chine éprouve de réelles difficultés à atteindre ses objectifs d’autosuffisance alimentaire, face à un déséquilibre entre une production restreinte et une consommation en hausse : elle doit satisfaire 18,5 % de la population mondiale (soit 1,43 milliard sur 7,71 milliards en 2019, selon les données de l’ONU), tout en étant dotée de moins de 9 % de terres cultivables et alors que l’urbanisation importante et l’élévation des niveaux de vie tirent la consommation en quantité et en qualité.

Mieux maîtriser l’approvisionnement alimentaire

Or la maîtrise de l’approvisionnement alimentaire est l’un des objectifs premiers des dirigeants chinois depuis des millénaires et les autorités n’entendent pas y déroger. Le pays affiche donc une volonté toujours actuelle de rester maître de son approvisionnement à travers des slogans comme « À tout moment, le bol des Chinois doit être fermement tenu entre leurs mains » et « Ce bol doit être rempli de grains chinois ». La mémoire politique chinoise se souvient encore des famines, dont les deux dernières eurent lieu au XXe siècle, comme de l’embargo décrété contre la République populaire par le gouvernement américain lors du déclenchement de la guerre de Corée (1950-1953).

Pour des raisons géopolitiques et géoéconomiques
de maîtrise de l’approvisionnement alimentaire, les autorités chinoises ont prôné l’intensification de l’agriculture et l’augmentation à outrance des volumes, avec l’aide d’une politique agricole forte et des aides en hausse à partir des années 2000. La Chine est ainsi passée d’une agriculture taxée à une agriculture subventionnée.
Mais cette voie a mené à une impasse environnementale et commerciale. Non seulement le pays s’est en effet trouvé face à des contraintes de disponibilité et de qualité des ressources en eau comme de dégradation des surfaces agricoles, mais il est en outre devenu fortement importateur de produits agricoles. Le déficit commercial a atteint 60 milliards de dollars en 2018, et la Chine est devenue au fil des ans le premier importateur mondial de soja (les deux tiers des fèves échangées sur le marché mondial), de riz, de produits laitiers, de viandes bovine et ovine… L’OCDE prévoit une aggravation du déficit en céréales au cours des dix prochaines années.

Une politique d’investissements à l’étranger

Une nouvelle stratégie mise en place en 2014 repose sur deux piliers pour permettre de conserver la maîtrise de l’alimentation de la population
. D’une part, l’adaptation de l’offre locale à la demande à long terme, aussi bien en quantité qu’en qualité. D’autre part, l’ouverture des frontières aux importations modérées, pour satisfaire la demande de certains produits tout en limitant les impacts environnementaux dans le pays, contrôlées de manière croissante par des capitaux chinois dans le but de sécuriser l’approvisionnement.
Amorcée au milieu des années 2000 pour encourager les investissements chinois, la « politique d’internationalisation des capitaux chinois » a connu un second souffle à travers le projet des « nouvelles routes de la soie », lancé en 2013 par le président Xi Jinping (depuis 2012). Cette dernière initiative est devenue un concept phare dans la politique étrangère, visant à mieux connecter la Chine au reste du monde. À peine lancées, les « nouvelles routes de la soie » ont rapidement pris une ampleur considérable. Presque toutes les régions du monde sont ainsi intégrées, de l’Amérique du Sud à l’Océanie, en passant par le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Europe : fin 2019, 124 pays et 29 organisations internationales auraient signé des accords de coopération avec Pékin dans le cadre de ce projet.

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Extrait : Depuis qu’elle est redevenue membre de la FAO en 1973, la Chine est devenue un partenaire proche et innovant de l’Organisation. Après des décennies de réformes économiques, le pays a partagé ses réussites et ses avancées au niveau national afin d’aider à lutter contre la faim et la pauvreté rurale dans le monde. La Chine est un fervent partisan et défenseur des échanges techniques et des initiatives de partage des connaissances entre les pays du Sud, mis en place par la FAO, et fournit sa propre expérience dans les domaines du développement agricole et de la sécurité alimentaire. Au cours de la période 2014-2018, les contributions volontaires du pays à la FAO se sont élevées à 30 millions d’USD et ont permis de financer des activités relevant du Cadre stratégique de la FAO.
Extrait : The COVID-19 virus that triggered a supply shock in China has now caused a global shock. Developing economies in East Asia and the Pacific (EAP), recovering from a trade war and struggling with a viral disease, now face the prospect of a global financial shock and recession. Significant economic pain seems unavoidable in all countries and the risk of financial instability is high, especially in countries with excessive private indebtedness.

Il est ineluctable que les precedents chocs petroliers , pressions , et autres embargos vont faire place aux tensions internationales dans le domaine agro - alimentaire et industries connexes et egalement aquariferes et ce dans la decennie qui arrive , le coronavirus en est le detonateur precoce ! les strategies d'influences dans ces secteurs tant au niveau geopolitique et geoeconomique seront au premier plan des priorites des etats !
 
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Le Groenland : territoire à vendre ?
par Clara Loïzzo Professeure de chaire supérieure au lycée Masséna de Nice et membre du jury de l’agrégation interne d’histoire-géographie.
6 mai 2020
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Maiiiiiiiiiiiiison !
En août 2019, le président américain Donald Trump affirme vouloir acheter le Groenland au Danemark. Derrière l’attitude cavalière et le ton proche de la plaisanterie, la proposition, plus sérieuse qu’il n’y paraît, révèle de nombreux enjeux économiques et géopolitiques, indices de l’intérêt croissant que suscite l’Arctique.

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La proposition n’est pas si saugrenue de la part des États-Unis, dont l’expansion doit historiquement beaucoup à l’acquisition de territoires (la Louisiane à la France en 1803, la Floride à l’Espagne en 1819, l’Alaska à la Russie en 1867). Mais pourquoi Donald Trump s’intéresse-t-il à cet immense territoire peu peuplé (2,16 millions de kilomètres carrés pour 55 992 habitants au 1er janvier 2019) ? Une partie de la réponse réside dans les énormes richesses dont regorge le Groenland, qu’il s’agisse des minerais (cuivre, zinc, fer, diamant, or, titane, uranium) ou des hydrocarbures offshore, lesquels ne sont toutefois pas assez concentrés pour en permettre une exploitation rentable vu le coût élevé de l’extraction dans les conditions extrêmes du milieu arctique. D’autres acteurs les convoitent, à l’instar de la Chine, qui a des visées sur les terres rares, une matière première dont elle est la première importatrice mondiale, et dont le Groenland abrite 12 à 25 % des réserves mondiales. Ces ressources sont encore peu exploitées puisque 85 % des recettes d’exportations de ce territoire autonome dépendant du Danemark sont issues des produits de la pêche.

Pourtant, l’intérêt des États-Unis est plus stratégique qu’économique. Entre Europe et océans Arctique et Atlantique, le Groenland a une situation aussi importante que l’Alaska, autre porte de l’Arctique, et qui a justifié par le passé deux tentatives d’achat, en 1867 et en 1946. Les États-Unis disposent d’ailleurs d’installations militaires de premier plan sur ce territoire, avec la base de Thulé, dans le nord-ouest, et des équipements de surveillance spatiale. Cette proposition de Donald Trump s’inscrit donc dans les nouvelles orientations de la stratégie américaine, révélant le regain d’intérêt de l’Arctique pour la première puissance mondiale.

Les États-Unis cherchent à réinvestir la région face à la réémergence russe et aux appétits chinois, comme en témoigne en septembre 2019 la visite du vice-président américain, Mike Pence, en Islande. Déjà, en mai 2019, le secrétaire d’État, Mike Pompeo, avait tenu un discours agressif contre la volonté supposée de la Russie et de la Chine de s’approprier la région, un ton surprenant pour une réunion du Conseil de l’Arctique, le forum intergouvernemental regroupant les États riverains de l’Arctique, plutôt caractérisé par la coopération que par le conflit.

Cette proposition a pourtant peu de chances d’aboutir, un achat nécessitant l’accord du Parlement groenlandais (l’Inatsirartut, Chambre monocamérale de 31 membres), certes autonome du Danemark auquel il est rattaché, mais qui lui assure une grande partie du financement de son fonctionnement, à hauteur de 500 millions d’euros annuels. Le poids des partis indépendantistes rend improbable le choix d’une nouvelle tutelle pour un territoire qui recherche plutôt les moyens de son indépendance, aussi bien politique qu’économique.


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Pour la première fois depuis la Guerre froide, l’US Navy a envoyé des navires en mer de Barents
par Laurent Lagneau · 5 mai 2020
Portant le nom d’un explorateur néerlandais [Willem Barents, ndlr] et occupant une position stratégique dans la région de l’Arctique car située sur le trajet de la Route maritime du Nord [RMN], la mer de Barents est délimitée par la Norvège à l’ouest et par la Russie à l’est. Ce qui fait que, pendant longtemps, ces deux pays ont un différend territorial portant sur sa partie sud, laquelle est libre de glace durant la majeure partie de l’année tout en recelant d’importantes ressources halieutiques et gazières.

Extrait : Il fallut attendre 2010 pour voir la Russie et la Norvège signer un accord mettant un terme à leur dispute territoriale. Cette issue avait été favorisée par Jens Stoltenberg, l’actuel secrétaire général de l’Otan, à l’époque où il était à la tête du gouvernement norvégien.
Cependant, des tensions entre Moscou et Oslo ne sont pas complètement éteintes… Notamment au sujet de l’archipel de Svalbard. La Norvège obtint la reconnaissance de sa souveraineté sur ce territoire en 1920, dans la foulée de Conférence de Paris, en échange de sa démilitarisation.
Mais l’Union soviétique garda toujours un oeil sur cet archipel, la mer de Barents étant le « bastion » de sa Flotte du Nord. Comme elle l’est d’ailleurs encore actuellement. Or, l’an passé, il a été rapporté que des activités militaires russes y avaient été détectées… Et le contre-espionnage norvégien, le Politiets Sikkerhetstjeneste [PST], se refusa à faire moindre commentaire.

 

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