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lafoy-china

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08 Mar 2009
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Europe in the Face of US-China Rivalry Un rapport du European Think-tank Network on China (ETNC), janvier 2020

La rivalité entre les Etats-Unis et la Chine est un terrain géopolitique miné ; l’Europe parviendra-t-elle à le traverser indemne ?

Analyse :
Le réseau ETNC (European Think-tank Network on China), dont l’Ifri est un membre fondateur, a consacré sa cinquième année de collaboration à l’étude de la rivalité sino-américaine et de son impact sur l’Europe. Fruit de ces réflexions, ce rapport aborde la manière dont 18 pays européens et l’UE tentent de trouver un équilibre entre les Etats-Unis, premier partenaire économique et stratégique, et la Chine, deuxième marché le plus important pour l’Europe et désormais une superpuissance économique ambitieuse.

Les analyses montrent comment l’unilatéralisme américain et l’affirmation de l’ambition chinoise incitent l’Europe à repenser son paysage stratégique. Malgré les nombreuses divergences entre eux, tous les pays analysés se trouvent dans une position similaire : tous considèrent les Etats-Unis comme leur allié le plus important et dépendent, d’une manière ou d’une autre, de la puissance militaire américaine mais tous tentent, dans le même temps, de maintenir, voire d’approfondir, leurs engagements économiques envers la Chine dans un contexte de méfiance stratégique et avec de nouveaux outils de protection, comme le mécanisme européen de contrôle des investissements étrangers.
Si la voie pour approfondir les relations de manière simultanée avec les deux rivaux stratégiques est semée d’embûches, ce choix semble être nécessaire pour assurer la prospérité européenne. L’objectif de la stratégie d’équilibre européenne est d’éviter l’émergence d’un système bipolaire dans lequel les pays de l’Europe seraient contraints de choisir un camp. C’est pourquoi de nombreux pays membres sont réticents à fermer complètement la porte aux entreprises chinoises pour le développement de leurs réseaux 5G.

Dans le rapport, John Seaman, chercheur au Centre Asie de l’Ifri, revient sur le cas français. Les tensions sino-américaines se placent dans un contexte de relations de plus en plus tendues entre la France et ces deux pays. Le virage unilatéraliste des Etats-Unis sous Donald Trump met à l’épreuve les relations entre Paris et Washington et pourrait, à terme, éroder le socle normatif et stratégique sur lequel repose la coopération bilatérale. Les frictions au sein de la relation transatlantique ne bénéficient pas pour autant à la Chine. En effet, Paris est aujourd’hui beaucoup plus méfiant à l’égard de Pékin, de sa vision politique divergente et de ses ambitions mondiales. Malgré certaines différences de vues avec son allié, la France reste aujourd’hui incontestablement liée aux Etats-Unis. Paris souhaite avant tout pouvoir conserver son autonomie stratégique en maintenant des relations constructives à la fois avec Washington et Pékin et en cherchant à préserver l’ordre international multilatéral fondé sur le droit. La construction d’une Europe plus forte, plus solidaire et plus autonome devient également une priorité pour la France afin de mieux faire face aux tensions et incertitudes géopolitiques.

Dans ce contexte, un groupe de pays, mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne, travaille avec Bruxelles afin d’améliorer l’autonomie stratégique et la souveraineté économique de l’Union européenne. L’objectif est notamment de réussir à développer de manière autonome certaines technologies critiques, indépendamment de la Chine et avec une dépendance de plus en plus mesurée vis à vis des Etats-Unis.

Le rapport est disponible en anglais uniquement: Europe in the Face of US-China Rivalry.

 
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États-Unis : Le Corps des Marines va profondément se réorganiser pour contrer la menace chinoise

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Si l’on considère l’histoire de l’US Marine Corps [ USMC ], on se rend vite compte que cette branche des forces armées américaines, qui relève administrativement de l’US Navy, a bâti sa réputation sur ses engagement dans la région Asie-Pacifique, et plus particulièrement lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Extrait :
Cependant, durant ces 40 dernières années, l’USMC, à qui il est demandé d’agir rapidement en déployant une force expéditionnaire autonome, est régulièrement intervenu sous d’autres cieux, comme en Afrique [comme encore récemment en Libye, lors des opérations contre l’État islamique à Syrte], en Afghanistan et au Moyen-Orient. Et cela, dans le cadre des opérations de contre-insurrection et de contre-terrorisme menées surtout à partir de 2001.

Mais cette époque sera bientôt révolue car, alors que la nouvelle stratégie de défense des États-Unis insiste sur la priorité à donner aux défis posés par la Russie et la Chine, l’USMC va revenir à ses fondamentaux. L’idée étant qu’il puisse être en mesure de contrer les capacités de déni et d’interdiction d’accès que la Chine déploie dans la région Asie-Pacifique à l’appui de ses revendications territoriales, notamment en mer de Chine méridionale. Tel est, en tout cas, le cap donné par son chef, le général David Berger.

Ce dernier avait récemment donné la couleur, en affirmant vouloir se débarrasser des équipements inadaptés au nouveau concept EABO [Expeditionary Advance Base Operations] et investir dans de nouvelles capacités afin d’améliorer la « létalité » et la « survivabilité » de ses troupes. Il s’agirait ainsi de former une force plus légère et donc capable d’intervenir efficacement à court préavis.
L’objectif ? * « Se concentrer sur la guerre maritime, en refusant l’utilisation des mers aux adversaires et en garantissant la liberté d’action des forces américaines », avait expliqué le général Berger, en octobre dernier. Et il avait aussi prévenu que cette réforme exigerait de supprimer certaines capacités « traditionnelles » car devenues « trop lourdes » et donc « peu pertinentes » pour les prochains engements auxquels il s’attend dans les années à venir. Et cela, au profit de nouveaux moyens faisant appel à des technologies émergentes.


Tout les pretextes sont bons pour exacerber les tensions , il ne reste plus rien a detruire au Moyen Orient donc forcement il faut de nouveaux scenarios ! * Les maitres du monde en fait !
 
G

guillaumeenchine

Membre Silver
09 Sept 2019
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C'est sur que cette histoire de Coronavirus ne va pas arranger les choses... Elle va sans doute accelerer le clivage entre les deux superpuissances. Et l'Europe je pense peut justifier de son existence en jouant le contrepoids entre ces deux systemes repoussoirs: une dictature communiste d'un cote et un enfer capitaliste de l'autre.
 
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Et si le Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l'Asie ?

LE POLITOSCOPE. En arrière-fond de la gestion sanitaire de la pandémie de la Covid-19, la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine s'accentue dans la course au leadership mondial. L'Europe, elle, aura montré son incapacité à parler d'une seule voix.

Extrait :
Comme un parfum de guerre froide : depuis l'émergence du SARS-CoV-2, le virus responsable de la Covid-19, la Chine et les Etats-Unis se livrent une bataille politique et médiatique de grande ampleur, n'hésitant pas à se renvoyer la responsabilité de cette crise sanitaire. Quand le président américain, Donald Trump ne cesse de vitupérer contre ce qu'il appelle « le virus chinois », plusieurs hauts diplomates chinois n'ont pas hésité en retour à accuser les États-Unis d'avoir été à l'origine de la pandémie. Le compte twitter de l'ambassade chinoise en France est même allé jusqu'à expliquer que ce nouveau coronavirus était apparu initialement sur le territoire américain !

Face à de telles théories du complot, le département d'Etat a immédiatement réagi en convoquant l'ambassadeur chinois en poste à Washington. Ces derniers soubresauts montrent à quel point la gestion de cette crise sanitaire est rendue encore plus complexe au niveau international au regard de la situation de guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances. L'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, juge d'ailleurs dans Le Figaro que « cette crise globale, sans précédent depuis les guerres, révèle ou confirme qu'il n'existe pas encore de réelle communauté internationale ou qu'elle n'est pas préparée à faire face à une pandémie mondiale ».

Suite de l'analyse >>>


 
Naxshe

Naxshe

Dieu Supérieur
05 Jan 2016
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Et si le Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l'Asie ?
Personnellement je pense pas, c'est même un risque à l'inverse, surtout d'un point de vue industriel.

La crise a mit en évidence la dépendance de pays comme la France a des industries hors France, qui lorsqu'on a besoin, ne peuvent pas nous fournir. J'avais vu l'interview d'un représentant du conseil stratégique français en Chine, pour lui, à la suite de cette crise, il faudra identifier mettre ce problème sur la table et le résoudre. Il serait donc possible que stratégiquement on développe des entreprises plus sur lesquelles ont peu compter même en temps de crise, que juste une question de coûts.
 
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Les enjeux du ping-pong informationnel sur l’origine du coronavirus entre les Etats-Unis et la Chine
Publie le 27 mars 2020 par Hilaire Finyom

Le 15 janvier 2020 les Etats Unis et la Chine signaient un accord commercial dite de « PHASE 1 » après des mois de tensions commerciales caractérisées par des hausses de tarifs douaniers de part et d’autre. Au terme de cet accord, afin de réduire le déficit commercial des Etats Unis, la Chine s’engageait à augmenter ses importations des produits américains sur deux ans de l’ordre de 200 milliards par rapport à 2017.

Extrait : En effet à l’aube de son premier mandat, le président américain avait fait de la lutte contre la concurrence déloyale de la Chine son cheval de bataille. Il dénonçait notamment le vol de secrets industriels par les chinois, les subventions d’état aux entreprises nationales, et les industriels américains qui préféraient délocaliser. Les barrières commerciales étaient de ce fait la réponse adéquate au rééquilibrage de la balance commerciale entre les deux pays car elles auraient permis une redynamisation de l’industrie américaine. Force était de constater après 19 mois d’offensive douanière, que le résultat était plutôt très mitigé. Certes une entreprise comme Apple a promis un investissement d’une centaine de millions de dollars pour produire des ordinateurs au Texas, mais dans l’ensemble, l’emploi manufacturier est resté stable aux États-Unis et la tendance ne saurait se renverser rapidement lorsque l’on sait que toute décision d’investissement prend du temps pour se traduire en emplois effectifs.

En revanche, cette guerre commerciale a provoqué un net ralentissement du commerce bilatéral. Les échanges ont chuté en 2019 de 8,5 %. L’excédent commercial chinois est tombé à 296 milliards de dollars (265 milliards d’euros), alors qu’il était de 323 milliards en 2018 (290 milliards d’euros). La Chine ayant choisi stratégiquement de circonscrire L’affrontement autour des ventes liées aux milieux ruraux américains et donc à des enjeux pour la réélection de Donald Trump.

La question que l’on pourrait se poser c’est celle de savoir si avec cet accord l’on se dirige vers une sortie de crise durable entre les États-Unis et la Chine tant les sujets de discorde sont nombreux. Même si cet accord venait à régler la question commerciale, ce dont on peut déjà douter, il reste de nombreux points d’achoppement notamment en ce qui concerne les transferts de technologies, la propriété intellectuelle. L’accord signé avec la Chine relève donc pour partie d’une stratégie politique et électorale, dans une logique de précampagne pour sa réélection à la présidence des États-Unis en novembre prochain. Donald Trump la qualifiait d’ailleurs de « l’accord du siècle », le considérant comme un succès politique tendant à prouver que la guerre commerciale a fonctionné, de son point de vue, et que la Chine a cédé sur l’essentiel. Une paix des braves donc en ayant toujours dans la ligne de mire « l’ennemi chinois », en étant prêt à exploiter toutes les opportunités pour lui faire mal et démontrer qu’il représente un risque réel pour ceux qui veulent faire affaire avec Pékin.

Suite de l'analyse >>>


Analyse interessante et documentee de Monsieur Finyom qui egratigne certes sensiblement la Chine , mais ne menage pas non plus la partie occidentale du dossier !

VI. Faire naıtre la suspicion, qui engendre le trouble : une armee confuse conduit`a la victoire de l’autre - L’Art de la Guerre - Sun Tzu

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