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Paru dans la première livraison de Géoéconomie (alors appelée Revue française de Géoéconomie) au printemps 1997, ce texte est fondateur. Il est le premier publié en France qui discute le concept de géoéconomie et pose le cadre de cette nouvelle approche des relations et conflictualités internationales.

Extraits :
Avec la fin de la Guerre froide, les capacités militaires des États développés ne constituent plus, de loin, le principal facteur de leur puissance sur la scène internationale. La période des conflits directs et frontaux, recourant à la puissance de feu et aux capacités militaires entre puissances industrielles est aujourd’hui révolue. Cette évolution est d’autant plus affirmée que les difficultés démographiques et la sensibilité publique des pays occidentaux ne sont plus guère favorables à l’idée de conflit  . La puissance s’exerce dorénavant de manière plus douce, sans recours à la coercition  ; elle se rapproche de ce que Joseph S. Nye a qualifié de soft power.

L’ouverture des frontières, la libéralisation des échanges et les progrès de la technologie ont favorisé l’apparition de firmes multinationales dotées de stratégies mondiales . Aux côtés de leurs entreprises nationales, les États se sont engagés dans des politiques de conquête de marchés extérieurs et de prise de contrôle de secteurs d’activité considérés comme stratégiques. Au service des ambitions nationales, les diplomates doivent aujourd’hui avoir la double casquette, diplomatique et économique, ce qui n’est pas sans leur poser de problèmes ,…. De fait, la santé économique d’une nation est l’aune à laquelle on juge désormais sa puissance. Dans ce monde en train de devenir global, les intérêts économiques des nations prennent l’ascendant sur leurs intérêts politiques. Ce glissement signe l’ouverture d’une ère nouvelle, celle de la géoéconomie.

Extrait (2) C’est là notamment la thèse que défend Edward Luttwak qui, au tout début des années 1990, annonçait l’avènement d’un nouvel ordre international où l’arme économique remplacerait l’arme militaire comme instrument au service des États dans leur volonté de puissance et d’affirmation sur la scène internationale .

Suite de l'analyse >>>

https://www.cairn.info/revue-geoeconomie-2009-3-page-9.htm#

La révolution sino-américaine et le piège de Thucydide

Thucydide, un historien grec du 4e siècle avant notre ère, étudia les causes de la guerre du Péloponnèse. Dans son analyse, il développa la théorie que cette guerre était presque inévitable, parce que Sparte, une puissance bien établie, ne pouvait accepter de voir son statut remis en question par Athènes, une puissance émergente. La menace générée par l'ascension d'Athènes rendit ainsi la guerre inévitable. Le concept du piège de Thucydide était né.

Extrait : Longtemps oublié, ce concept fut réactivé par le grand politologue américain Graham Allison dans la foulée de la crise de Cuba de 1962. Utilisant le concept du piège de Thucydide, Allison examina 16 grandes rivalités internationales survenues depuis 500 ans. Il en arriva à la conclusion que 12 de celles-ci dégénérèrent en conflit armé, alors que dans quatre cas, les protagonistes réussirent à régler pacifiquement leurs différends.

Influencée par cette vision stratégique, les décideurs américains choisirent durant les années 1970 de développer une relation étroite avec la Chine en partant du principe qu'ils pourraient gérer de manière pacifique l'essor de cette dernière. En un mot, ils voulaient éviter la confrontation et ne pas tomber dans le piège de Thucydide.

Entre 1980 et 2010, les États-Unis étant la puissance dominante, les relations sino-américaines ne posaient pas de problèmes importants. Mais depuis la donne a changé substantiellement. L'émergence de la Chine comme puissance concurrentielle des États-Unis est devenue aujourd'hui très évidente.

Suite de l'analyse >>>

 
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La difference c'est que l'on a des puissances nucleraires.
 
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Les Etats-Unis ont désormais une force de l'Espace

Chère à Donald Trump, qui s'est heurté dans un premier temps à de vives résistances au sein du Pentagone, cette force de l'Espace devient la sixième branche des forces armées américaines.

Extrait :
Avec la ratification par Donald Trump de la loi de financement militaire 2020, * les Etats-Unis ont désormais une force de l'Espace qui sera chargée d'assurer la domination des Etats-Unis sur ce nouveau terrain de guerre. «L'espace est le nouveau front de guerre du monde», a déclaré le président américain lors de la cérémonie de promulgation. «C'est quelque chose d'incroyable. C'est un grand pas», a-t-il ajouté.

Chère au président américain, qui s'est heurté dans un premier temps à de vives résistances au sein du Pentagone, la force de l'Espace devient la sixième branche des forces armées américaines, après l'armée de Terre (US Army), l'US Air Force, l'US Navy, le corps des Marines et les garde-côtes. Comme le corps des Marines est placé sous l'autorité de l'US Navy, la force de l'Espace sera placée sous l'autorité du secrétaire à l'US Air Force et dirigée par un Chef des opérations spatiales qui sera placé sous l'autorité directe du ministre de la Défense. Le chef du Pentagone a comparé la naissance de cette nouvelle force américaine à celle de l'US Air Force, séparée de l'armée de Terre en 1947.


* A noter cette persistance de la volonte de domination du monde et ce mot guerre qui est omnipresent , on s'etonne ensuite de l'escaldade vertigineuse des courses aux armements des differents pays ! Guerres économiques entre les blocs , Guerres militaires dans les pays sous developpes assorties de menaces pour ceux qui n'ont pas encore sombres dans le chaos le plus total , voila notre present au quotidien !

....
 
Silouane

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voila notre present au quotidien !
Ah bon!!! :mur:ça fait longtemps que c'est ainsi! Le week-end, enfoncer les portes ouvertes, ça délasse!
 
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LA GUERRE INFORMATIONNELLE QUANT AU PIEGE DE THUCYDIDE DANS LE COMBAT HEGEMONIQUE ETATS-UNIS ET CHINE

Extrait :
Deux challengers majeurs sur le ring mondial Sur le ring de la scène internationale, deux pays, deux géants, deux superpuissances occupent l’espace médiatique depuis plus d’un an et demi, au départ de manière discrète et par épisodes, loin des préoccupations quotidiennes de l’homme de la rue, puis de manière plus en plus insistante voire pressante depuis le mois de mai 2019, depuis le G7 Osaka de fin juin. Celui-ci est désormais touché de loin en loin dans sa vie professionnelle et privée, presque acculé à prendre position, à se plier au clivage, et à prendre parti. Le débat se polarise, de manière insidieuse, chaque jour apportant son lot d’information en faveur ou contre l’un des deux géants, et vice-versa(Pew Reasearch on China) .



Une analyse basee sur " l'information " vu par " Daniel CHAN-YUK " .... PDF / 9 pages
 
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Les nouvelles routes de la soie : le cauchemar de Brzezinski passe par l’Asie centrale

Dans son ouvrage intitulé « Le grand échiquier : l’Amérique et le reste du monde », Zbigniew Brzezinski fait de l’hégémonie américaine un gage de stabilité mondiale. L’émergence d’une puissance concurrente sur la scène internationale est donc « nécessairement » un facteur de déstabilisation selon le politologue américain. Dès lors, le projet chinois de partenariat géoéconomique en Asie centrale, les nouvelles routes de la soie, est-il en passe de réaliser le cauchemar de celui qui fut également le conseiller de Jimmy Carter et un personnage influent au sein des administrations démocrates successives jusqu’à sa mort en 2017 ? Tentative de décryptage .

Extrait :
En 2014, la valeur historique de ce parcours a amené l’UNESCO [6] à reconnaître comme patrimoine universel 5.000 km de ces routes et de ces sites entre Chang’an (actuellement Xi’an), l’ancienne capitale des dynasties Han et Tang et la région de Jetyssou, en Asie centrale [7]. Dès 1988, l’organisation avait lancé le projet « Les routes de la soie. L’Étude intégrale des Routes de la soie : routes de dialogue (1988-1997) », suscitant expéditions dans les régions concernées, conférences, études et publications de livres à ce propos.

Une initiative chinoise nouvelle

Il n’est donc pas étonnant que les États-Unis, alertés par le livre de Brzezinski qui dépeint l’Asie centrale comme les Balkans du XXIe siècle [8], s’emparent de ce thème en 1999 pour « créer une région économiquement vivante et interconnectée à travers l’Afghanistan et les pays de l’Asie centrale et du Sud ». [9] Mais la Maison-Blanche, embarquée dans sa lutte contre le terrorisme, offre une réponse essentiellement militaire et sécuritaire à la région. En 2011, Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, remet l’idée au goût du jour, expliquant que Washington encouragerait les investissements privés dans les infrastructures (transports, énergie), pour l’ensemble de la région. [10]

Il en résulte une alliance appelée « format C5+1 », regroupant les États-Unis et cinq nations d’Asie centrale – le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan – qui se réunit une fois par an. Deux projets économiques, un pipeline gazier liant le Turkménistan à l’Asie du Sud et « CASA-1000 », une entreprise de production et d’exportation d’électricité impliquant le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Pakistan, sont en cours, mais bloqués pour des raisons politiques et sécuritaires [11]. L’investissement américain est finalement minime.


Nb : Sans les explications precedentes il est difficile de situer la teneur du communique suivant et de ses enjeux , tant au point de vu politique qu’economique !

Toute tentative visant à semer la discorde entre la Chine et les pays de l'Asie centrale est futile et vouée à l'échec, a déclaré mardi Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.( 31/12/2019)

Extrait :
M. Geng s'est ainsi exprimé lors d'un point presse au cours duquel il a été invité à commenter l'annonce de la visite du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo * au Kazakhstan, en Ouzbékistan et dans d'autres pays, et de sa participation à la réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis et de cinq pays de l'Asie centrale (C5+1) prévue à Tachkent au début du mois prochain. Selon des responsables américains, M. Pompeo discutera de la question liée au Xinjiang dans les entretiens bilatéraux et au cours de la réunion ministérielle C5+1.

Lien :
* A noter que la visite de Monsieur Pompeo est differee suite a l'attaque de l'Ambassade des Etats Unis a Bagdad !
 
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La Chine, pas seulement l’Iran, est dans le viseur USA au Moyen-Orient

L’assassinat du général iranien Soleimani autorisé par le président Trump a mis en marche une réaction en chaîne qui se propage au-delà de la région moyen-orientale. C’était dans les intentions de celui qui a décidé cet acte. Soleimani était depuis longtemps dans le viseur USA, mais les présidents Bush et Obama n’avaient pas autorisé son assassinat.

Extrait : Pourquoi le président Trump l’a-t-il fait ? Pour plusieurs raisons, parmi lesquelles l’intérêt personnel du président d’éviter l’impeachment en se présentant comme ardent défenseur de l’Amérique face à un ennemi menaçant. Le motif fondamental de la décision d’assassiner Soleimani, pris dans l’État profond avant qu’à la Maison Blanche, doit cependant être cherché dans un facteur qui est devenu critique pour les intérêts étasuniens ces dernières années seulement : la présence économique chinoise croissante en Iran.

L’Iran a un rôle de première importance dans la Nouvelle Route de la Soie lancée par Pékin en 2013, en phase de réalisation avancée : elle consiste en un réseau routier et ferroviaire entre la Chine et l’Europe à travers l’Asie Centrale, le Moyen-Orient et la Russie, combiné à une voie maritime à travers l’Océan Indien, la Mer Rouge et la Méditerranée. Pour les infrastructures routières, ferroviaires et portuaires dans plus de 60 pays sont prévus des investissements de plus de 1.000 milliards de dollars. Dans ce cadre la Chine est en train d’effectuer en Iran des investissements d’environ 400 milliards de dollars : 280 dans l’industrie pétrolifère, gazière et pétrochimique ; 120 dans les infrastructures de transports, y compris oléoducs et gazoducs. On prévoit que ces investissements, effectués dans une période quinquennale, seront ensuite renouvelés.


 
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Silouane

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Intéressant.
En même temps, on ne sait pas tout, qu'est-ce que préparait vraiment l'Iran? Que veut vraiment Trump? etc,...
C'est clair que beaucoup ont vu aussi un avertissement à la Chine.
 
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En même temps, on ne sait pas tout, qu'est-ce que préparait vraiment l'Iran? Que veut vraiment Trump? etc,...
C'est clair que beaucoup ont vu aussi un avertissement à la Chine.
Bonjour Silouane
L' Iran a simplement des vues politiques et de main mise sur l'Irak et d'influence sur la Syrie , le Liban etc... , de plus les chinois sont en pourparler avec les talibans et le gouvernement Afghan pour une resolution du conflit au moyen de reunions de conciliations recentes a Beijing , ca fait beaucoup pour Monsieur Trump qui avait rompu les negociations avec les talibans suite a un soldat americain tue durant ces memes negociations , ( 2 autres ont etes tues pas les talibans hier ce qui ne va pas arranger la situation ) ce qui signifie une perte significative de l'influence des Etats Unis au Moyen Orient , mis a part dans certains pays arabes et Israel et bien evidemment de la perte totale d'influence en Asie Centrale et donc de la predominance de la Chine qui developpe son concept geopolitique et geoeconomique (routes de la soie ) dans ces regions !

Sans omettre l'influence russe sur la Turquie au Moyen Orient et plus recemment en Libye et Mediterranee Orientale ! Monsieur Trump a de quoi s'inquieter tout du moins au niveau geopolitique , surtout a l'approche d'une echeance electorale le concernant ...

Il faut essayer de comprendre la globalite de la situation ce qui n'est evidemment pas aise car nous ne sommes pas des experts , tout du moins pour ma part !

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20 Juil 2009
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construire des infrasktructures dans bp de pays, comme ce que les chinois font, ou construire les murs contre les Mexicain, comme ce que le Trump fait?
On sait tout de suite quel sera le resultat...., sans besoin de trop d,analyses. :D :grin:
 
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2020-2030 : la décennie d’une guerre économique remodelée par les Etats-stratèges africains

2019 aura été économiquement ultra-mouvementée pour l’Afrique, plus que jamais au cœur d’une guerre d’intérêts entre puissances mondiales. Année charnière, 2020 inaugure une décennie riche en défis et déterminante pour l’avenir du Continent. A son terme, l’heure sera au bilan des objectifs de développement durable (ODD). Mais contrairement aux périodes historiques récentes de grande bataille économique autour de l’Afrique, celle des dix prochaines années se déroulera dans un contexte de montée en puissance de certaines économies africaines, tant à l’échelle régionale qu'internationale. La Tribune Afrique jette quelques pistes d’analyse.

Bousculade aux portes

Extrait :
L'officialisation, le 1er octobre 2019, de la Société de financement du développement international des Etats-Unis (DFC) est la réponse défensive des Américains pour ouvrir une nouvelle ère de leur présence en Afrique. Cette agence indépendante dopée de 60 milliards de dollars a signé, en marge de l'Africa Investment Forum en novembre 2019 à Johannesburg, un partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD) pour des investissements d'un total de 5 milliards de dollars dont 3 milliards mobilisés auprès du secteur privé. Les infrastructures, les services financiers, l'énergie et l'agriculture sont les domaines priorisés. Le CEO, Adam Boehler, s'est déjà rendu au sud, à l'est et au nord du Continent et ira probablement à l'ouest dès 2020.

L'objectif pour Washington est avant tout de rivaliser avec la Chine qui, présentée par les chercheurs comme la première puissance mondiale d'ici 2030, s'est ancrée en Afrique et continue d'y nourrir de grandes ambitions. Une présence chinoise qui n'embête pas que les Américains. La France n'a que tardivement réalisé son ampleur, particulièrement dans les pays francophones où, malgré ses liens historiques, l'Hexagone a considérablement reculé en terrain économique.

 
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Chine. Le déploiement des projets d’infrastructures de l’ « Initiative Belt and Road ». Une stratégie opportuniste ? Par Barthélémy COURMONT, Eric MOTTET, Frédéric LASSERRE , le 12 janvier 2020
Frédéric Lasserre, Professeur à l’Université Laval et directeur du Conseil québécois d’études géopolitiques (CQEG). Éric Mottet, Professeur à l’Université du Québec à Montréal, co-directeur de l’Observatoire de l’Asie de l’Est, co-directeur du Conseil québécois d’études géopolitiques (CQEG) et chercheur associé à l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (IRASEC). Barthélémy Courmont, Maître de conférences en Histoire à l’Université Catholique de Lille, directeur de recherche à l’IRIS.


Grand projet géoéconomique, voire géopolitique, la BRI n’est cependant pas un grand projet conçu par la seule Chine. Celle-ci s’est inspirée de projets antérieurs, puis a intégré de nombreux projets antérieurs de manière opportuniste et habile. Dans la coordination globale de ces projets, le gouvernement central et la NDRC disposent certes d’un poids considérable, mais cela ne veut pas dire que la mise en œuvre de tous les projets labellisés BRI réponde à une stratégie savamment conçue et planifiée. Relèvent-ils d’une véritable vision régionale ou restent-ils fragmentés ? Voici des réponses très documentées, avec une carte.

Extrait : DEPUIS qu’il est devenu le secrétaire général du Parti communiste chinois en 2012 puis président en 2013, Xi Jinping a lancé une série d’initiatives stratégiques à l’intérieur du pays ainsi qu’à l’étranger. Toutes visent à garantir la stabilité politique et la croissance économique du pays, tout en asseyant la Chine comme un nouvel acteur majeur au niveau international. La démarche la plus notable est sans doute la vision stratégique d’une nouvelle route de la soie, qui est aujourd’hui plus souvent appelée l’initiative Belt and Road (BRI). Invoquant l’imagerie historique de l’ancienne route de la soie, le projet BRI prévoit la construction d’imposantes infrastructures reliant la Chine au reste du monde, mais également une intense coopération dans les secteurs, financier, économique, scientifique, éducatif, des communications et de la santé. L’objectif est de renforcer les échanges commerciaux et d’améliorer la connectivité entre la Chine et l’Afrique, l’Eurasie, l’Europe, le Moyen-Orient ainsi que l’Asie du Sud et du Sud-Est. Si plusieurs éléments de ces Nouvelles routes de la soie sont déjà en place ou en cours de construction, l’essentiel du projet n’existe pour l’instant que sur le papier. Néanmoins, cette volonté de connectivité capte l’attention de la communauté internationale, inquiète parfois tant les moyens mobilisés semblent importants et tant ce levier économique et politique semble traduire une stratégie de long terme. Les États, les entreprises ainsi que les populations le long des itinéraires proposés sont attirés par les moyens colossaux qui, selon les discours de Pékin, seront mobilisés afin de concrétiser cette vision. Dans le même temps, ils restent attentifs aux conséquences géopolitiques liées au fait de devenir un nœud sur ces voies de liaison tournées vers la Chine.

Au-delà de leur dimension économique qui ne saurait évidemment être négligée compte-tenu des sommes pharaoniques investies, souvent au prix de l’endettement des pays partenaires, ces nouvelles routes de la soie bénéficient surtout d’un effort de la diplomatie chinoise et un déploiement de soft power totalement inédit au XXIe siècle. Elles s’inscrivent ainsi dans la continuité d’un effort de séduction à échelle internationale engagé il y a plus d’une décennie, et qui se traduit par un accueil souvent positif de la Chine dans diverses régions de la planète, en particulier dans les pays en développement et dans les sociétés récemment frappées par des crises économiques et sociales profondes. Elles ont également pour effet de transformer les rapports de force à échelle internationale, mais aussi d’impacter les sociétés dans leur dimension politique, économique et même sociétale, tant elles modifient les perceptions et replacent les enjeux culturels au centre de la géopolitique. Vu depuis l’Occident, à tort ou à raison, il s’agit souvent d’un projet hégémonique visant à créer un nouvel ordre mondial, ce qui signifie une remise en cause des hiérarchies nées de l’après Seconde Guerre mondiale. Vu des sociétés émergentes, il s’agit d’un projet porteur d’espoir, mais aussi d’incertitudes, voire parfois de déconvenues .

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Suite de l'analyse >>>


Nous pouvons aisement comprendre les ententes et alliances Chine - Russie - Iran - Irak - Turquie - Moyen Orient - Afghanistan - Asie Centrale -Inde - Asie du Sud Est & du Nord - Afrique - Europe citees dans les articles precedents et les vives inquietudes des Etats Unis concernant ces realites et projets titanesques mis en oeuvres sous l’impulsion de la Chine aux niveaux geopolitique & geoeconomique ! Sans omettre les voies maritimes ,aeriennes , liaisons autoroutieres qui ne figurent pas sur cette carte mais qui sont parties entieres des routes et ceintures de la soie ...

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La Chine, une obsession américaine Par Barthélémy Courmont Professeur à l’université catholique de Lille et directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), où il est en charge du pôle Asie-Pacifique.

Sujet de politique américaine, la montée en puissance de la Chine est surtout un défi pour Washington, et si l’obsession est parfois exagérée, le poids grandissant de Pékin pose la question du déclin relatif mais réel de la puissance américaine.

Extrait :
La Chine est un défi immense pour les États-Unis, tant sur la scène internationale qu’intérieure. La stratégie du pivot vers l’Asie mise en place sous l’administration Barack Obama et la politique chinoise (plus qu’asiatique) de Washington qui l’accompagna s’articulèrent autour d’un compromis entre des éléments de hard power (militaire, économie) et de soft power (influence, dialogue, persuasion). Elle fut ainsi définie comme une « diplomatie intelligente » (smart policy). En parallèle, les méfiances manifestées à l’égard de la Chine n’ont fait que croître au cours des dernières années. La Chine est même devenue un élément structurant de la politique étrangère américaine, que ce soit dans son volet coopératif ou plus stratégique, comme l’illustrent les initiatives de Washington en direction de pays de la région inquiets de la puissance chinoise, ou même ouvertement hostiles à son expansion. Cette tendance se perpétue depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui s’est évertué à enterrer le pivot de son prédécesseur, et fait face dans le même temps à un rapport de force changeant, et au désavantage des États-Unis. Désireux de repenser la politique chinoise de Washington, le président américain est ainsi confronté à un contexte difficile et qui n’est pas à son avantage.

Derrière cette méfiance perpétuée au sommet de l’exécutif américain à l’égard de la Chine, c’est l’obsession chinoise aux États-Unis qui est révélée. Elle est multiforme, permanente, et parfois clivante. La division de la classe politique sur le dossier de la politique chinoise américaine est ainsi représentative de la division de l’opinion publique sur ce sujet. Pour reprendre les mots d’Alan Wachman : « Tout comme les débats aux États-Unis sur l’avortement, les mariages homosexuels, la peine de mort, la réforme fiscale ou la guerre en Irak, celui sur la politique chinoise non seulement divise mais est aussi polarisé »

 
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Chine et Vatican, l’amorce d’une nouvelle relation stratégique ? Par Thomas TANASE, Diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, agrégé et docteur en histoire, ancien membre de l’École française de Rome. Spécialiste de l’histoire de la papauté et de ses relations avec l’Asie, Thomas Tanase a notamment publié "Jusqu’aux limites du monde. La papauté et la mission franciscaine, de l’Asie de Marco Polo à l’Amérique de Christophe Colomb" (École française de Rome 2013) et une nouvelle biographie de Marco Polo (Éditions Ellipses, 2016).

Au-delà de la seule question du statut du catholicisme ou des autres confessions chrétiennes en Chine, T. Tanase étudie comment l’amorce d’une relation en pointillés entre le Vatican et la République populaire de Chine est un signe parmi d’autres de la sortie de l’ordre mondial identifié à l’ordre atlantique qui avait réussi à conquérir le monde entier depuis les années 1980, et cela justement grâce à l’intégration de la Chine. Une sortie néanmoins chaotique et mal assurée puisqu’aucun autre ordre n’a pour l’instant émergé pour le remplacer.

Extrait :
ALORS QUE la République populaire de Chine se prépare à célébrer en grande pompe ses 70 ans, la situation est brutalement devenue instable. Depuis l’élection de Donald Trump en novembre 2016, la présidence américaine a clairement affiché sa volonté de lancer une offensive économique contre la Chine sur fond de remise en cause des règles de la globalisation. Mais c’est aussi dans ce contexte que, il y a désormais un an, la République populaire et le Vatican ont annoncé le 22 septembre 2018 avoir signé un « accord provisoire » qui a suscité beaucoup de commentaires, et ce d’autant plus que le texte de l’accord n’a pas été publié, même si on peut tenter d’en deviner les principales dispositions. Or, si les critiques à cet accord sont nombreuses, au sein du monde catholique comme en dehors, elles semblent avant tout déterminées par un critère fondamental : l’atlantisme, et le rapport aux États-Unis. De fait, les opposants à l’accord n’ont pas manqué d’utiliser le terme d’Ostpolitik, du nom de la défunte politique vaticane de détente avec le bloc soviétique des années 1960-1970, souvent opposée d’une manière un peu simpliste à l’attitude de Jean-Paul II face à l’Union soviétique .

La question du rapprochement entre le Vatican et la République populaire de Chine va donc bien au-delà de la simple question des catholiques en Chine. Bien sûr, elle a pour l’Église catholique un aspect pastoral, lié à la situation du terrain. Mais la signature de l’accord, tellement voulue par le pape François, est aussi liée à sa volonté de construire une « mondialisation polyédrique » , et cela au moment même où Xi Jinping appelle à un nouveau type de relations internationales, qui ne devraient plus être structurées autour du système d’alliance américain . L’accord entre la Chine et le Vatican pose aussi la question du rapport aux États-Unis, et plus largement du rapport à la mondialisation telle que nous la connaissons depuis les années 1990, alors que celle-ci traverse une phase de turbulences intenses. Plus en profondeur, l’accord de 2018 montre que la République Populaire de Chine est forcée de prendre en compte le facteur religieux : il ouvre une fenêtre sur un phénomène parfois négligé quand il s’agit de la Chine.


Analyse passionnante !
 
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