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Chine, Japon, Corée du Sud : l'Asie sous tension

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par 何昂湍, 12 Décembre 2012.

  1. 何昂湍

    何昂湍 Demi-dieu

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    http://alternatives-internationales...troduction-au-dossier-_fr_art_1180_61596.html

    Longtemps, le danger en Extrême-Orient paraissait circonscrit. On scrutait la Corée du Nord, ses essais d'engin nucléaire et de fusées suspectes, en espérant que la Chine empêcherait son allié stalinien de Pyongyang d'aller trop loin. Bien sûr, il y avait aussi les tensions toujours possibles autour de Taiwan, mais ces dernières années, les deux régimes chinois semblaient d'accord pour ne pas dépasser les lignes rouges.
    Et puis petit à petit, depuis 2009, la température a monté là où on ne l'attendait guère. Entre la Chine, le Japon et la Corée du Sud. En mer surtout, et largement à l'initiative de Pékin. Conflits autour de chalutiers chinois pénétrant dans les zones de pêche de ses voisins, différends resurgissant à propos d'îles, voire de simples récifs, depuis longtemps disputés mais d'autant plus convoités que les fonds voisins pourraient recéler de substantielles ressources en hydrocarbures, si vitales dans une Asie assoiffée… La température a grimpé surtout lorsque le gouvernement japonais a annoncé en septembre dernier qu'il allait racheter à leur propriétaire privé des îles disputées avec Pékin dans les Senkaku (pour les Japonais)-Diaoyu (pour les Chinois), afin d'empêcher un homme politique populiste et anti chinois, le gouverneur de Tokyo, de les acquérir. Un projet qui montre que les pulsions nationalistes, sur fond de discrédit de la classe politique (lire p. 32), même si elles n'atteignent pas au Japon ou en Corée du Sud la violence qu'elles prennent chez leur grand voisin, ne sont pas un phénomène uniquement chinois, comme pourraient le laisser penser les images de manifestants saccageant à Shanghai ou à Chongqin, des magasins nippons après l'annonce de la décision japonaise. Même le pacifique dalaï-lama a semblé participer de l'inflammation régionale en se rendant au Japon mi-novembre, tandis que le Parti communiste chinois tenait son 18e Congrès, pour appeler les parlementaires nippons à visiter le Tibet, puis informer Pékin sur la situation réelle dans la région… Il a trouvé l'oreille de Shinzo Abe, leader du Parti libéral démocrate (droite) et favori pour devenir Premier ministre à l'issue des prochaines législatives, qui se veut par ailleurs défenseur d'un Japon fort.
    En attendant les nouveaux dirigeants…
    Bien sûr, il y a loin de la coupe aux lèvres. Et les transitions politiques du moment, depuis le Congrès du PC chinois jusqu'aux scrutins japonais et sud coréens de décembre 2012, se prêtent aux surenchères nationalistes. Surtout l'interdépendance économique est telle dans la chaîne de production régionale (la Chine est premier client et premier fournisseur du Japon, comme de la Corée du Sud) que des tensions ne peuvent qu'entraver leur croissance respective. À un moment où de plus, la crise rend les clients occidentaux peu prometteurs. C'est au contraire une ouverture réciproque des marchés asiatiques qui semblerait aujourd'hui opportune. Mais les négociations d'un accord de libre-échange entre les trois pays sont d'autant plus en panne, que les disputes autour des îles ont fait chuter récemment le commerce régional, entre Chine et Japon surtout.
    La tentation des armes
    La peur est mauvaise conseillère. Face à une Chine, qui malgré les limites politique (lire ci-contre) et économique (lire p. 30) de son modèle, continue sa montée en puissance économique et militaire, le Japon et la Corée du Sud sont tentés de s'armer davantage (lire p. 33 et 35), et de demander (séparément) du renfort aux États-Unis, leur protecteur traditionnel. Un protecteur moins flambant que par le passé cependant et dont la politique à l'égard de Pékin est acrobatique. Si l'administration Obama considère que le centre du monde s'est déplacé vers l'Orient, loin d'une Europe fatiguée, elle doit encore trouver la bonne distance avec une Chine qui affirme sans ambiguïté désormais sa prééminence régionale. Devant une telle assurance, verbale au moins, les États-Unis gardent deux fers au feu : un dialogue bilatéral pour éviter toute confrontation, mais aussi un encerclement de la Chine via la négociation d'accords commerciaux et stratégiques avec tous les voisins inquiets de Pékin. Un exercice de haute voltige dans une région où les blessures de l'histoire (lire p. 37) restent à fleur de peau. Et les flambées nationalistes plus faciles à allumer qu'à éteindre.
     

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