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Carrefour de Belle Ville ....

Discussion dans 'Bistrot Chine du "Lotus Bleu"' créé par Orang Malang, 20 Juillet 2010.

  1. Orang Malang

    Orang Malang Alpha & Oméga
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    http://belleville.blog.lemonde.fr/2010/07/19/prologue/

    [​IMG]

    Belleville, c’est d’abord la rue et un carrefour à l’intersection de quatre arrondissements de Paris : le 19e, le 20e, le 11e et le 10e. Venus des quatre coins du monde, vieux et nouveaux habitants s’y côtoient et parfois s’y bousculent. Quand j’étais enfant, juifs et Maghrébins y étaient les rois. Aujourd’hui, ce qu’il reste des cafés kabyles accueille d’abord une jeunesse “issue de l’uniformité”, où se glisse parfois celle “issue de la diversité”. Quant à “la petite Goulette à Paris”, une partie du quartier juif, elle rétrécit comme peau de chagrin. Mais pas loin des Buttes Chaumont se regroupe la plus grande communauté juive de Paris, avec vingt-neuf synagogues et neuf écoles confessionnelles. Rue Jean-Pierre-Timbaud, dans les vitrines des librairies musulmanes, on ne trouve pas que des livres sur la religion à côté des ouvrages d’Histoire ou des essais politiques. Pour les femmes pieuses, trônent en vitrine des mannequins de plastique habillés de vêtements à la dernière mode islamique. On jugera ces habits sobres ou austères. C’est selon. Dans ces boutiques, il paraît même qu’on y vend des tapis de prière avec boussole intégrée. En tous les cas, on y trouve de magnifiques corans reliés cuir et de bien belles calligraphies.

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    A un jet de pierre de la rue Jean-Pierre-Timbaud, depuis la rue Louis-Bonnet (le fondateur du journal L’Auvergnat de Paris, qui a déposé son bilan en juillet 2009), les idéogrammes lumineux gravissent la rue de Belleville jusqu’à la rue des Pyrénées et les abeilles poursuivent leur ascension jusqu’à leurs ruches, tout près de la place des Fêtes. Dans les commerces chinois, on ne rencontre pas de salariés maghrébins ou africains. On aperçoit de temps en temps des cuisiniers ou des plongeurs pakistanais émerger des cuisines des restaurants asiatiques. Dans les boutiques chinoises, les employés sont chinois. Et parmi les clients, la majorité est chinoise. Et dans cette majorité, certains n’ont pas de titre de séjour pour résider en France. Ceux-là souffrent beaucoup. Ils travaillent dur et sont pris en tenaille entre la bande à “nique-ta-mère”, comme l’écrivait Thierry Jonquet, des patrons voyous capables de faire suer le burnous dix-huit heures par jour à leurs victimes, et les contrôles policiers. Comme en 2007, époque où la préfecture de police dépêche en masse les forces de l’ordre pour opérer des contrôles d’identité à grande échelle. C’est le temps de la “culture du résultat” et de la “politique du chiffre” pour répondre aux “objectifs” voulus par le président de la République en matière d’expulsion d’étrangers sans titre légal de séjour. Aujourd’hui, les Chinois de Belleville se plaignent des agressions répétées des bandes du quartier. Dans une manifestation organisée sous les auspices de Pékin et qui aura impressionné le pays, ils demandent “la sécurité pour tous”. Entre 2008 et 2010 le Café social, créé en 2003 pour accueillir les vieux migrants, a subi, lui, dix cambriolages et un braquage à main armée en mars dernier. Les habitués du lieux en ont assez. Les juifs aussi voudraient la sécurité et la tranquillité. Les antisémites décomplexés profitent de chaque crise au Proche-Orient pour passer à l’acte.

    Si des tensions parcourent le quartier, elles n’en font pas pour autant un territoire en proie à la guerre sociale, ethnique ou religieuse. Depuis 1995, le béton à coulé dans les ruelles. Entre les blocs, est apparu le parc de Belleville, où tous les étés les enfants qui ne partent pas en vacances pataugent dans les bassins. Pour les plus argentés, il y a la piscine de la rue Desnoyez. Drôle de nom de rue pour accueillir une piscine… En été, on y prendra surtout un bain de foule de toutes les couleurs. Depuis la récente implantation de galeries d’art contemporain les plus en pointe de Paris, on vient du monde entier pour acheter les œuvres des jeunes artistes qui y sont exposés. Pour négocier le prix d’une sculpture, d’un tableau ou d’une installation vidéo, marchands et collectionneurs s’attablent au Baratin, un restaurant classé dans le guide Michelin. Toutes les routes mènent à Belleville et celle de ce blog aussi. En chemin, on essaiera de découvrir comment l’alchimie du vivre-ensemble s’y perpétue.
     
  2. billcarson

    billcarson Guest

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    20 juillet 2010 “La communauté chinoise”, un terme imprécis


    [​IMG]Actualité oblige, je voulais en savoir plus sur la vie des Chinois de Belleville. Il me fallait rencontrer un fin connaisseur de ce qu’on a pour coutume de nommer “la communauté chinoise”. Donatien Shramm, la petite cinquantaine, m’attendait à la terrasse du Folies, un café kabyle, situé à la limite du secteur chinois de Belleville et de ce qu’il reste du quartier juif puis arabe, de ce coin de Paris. Sur sa table, à côté d’un ‘caoua’ servi dans un verre, comme au ‘bled’, reposait un livre dont une peinture chinoise illustrait la couverture. A l’angle du bar, pour au moins la centième fois de l’année, une demi-douzaine de graffeurs comme autant de Sisyphe, décoraient les murs de la rue Dénoyez. Leurs bombes de peinture surchargeaient l’air chaud de molécules malodorantes et vaguement étourdissantes. Présentations rapides. Tout de go, Donatien m’annonce que “le bain chinois”, il est “tombé dedans quand [il était] gamin”, en regardant Le Cerf-Volant du bout du monde, un film réalisé par Roger Pigaut en 1958. Pierrot, chef d’une bande de gamins de Montmartre, découvre un cerf-volant auquel est attaché une mystérieuse lettre écrite en chinois. Le petit héros décide d’en retrouver l’auteur. Son enquête le mène à Pékin.

    En toute logique, Donatien aurait dû apprendre l’arabe. Il a vécu en Algérie dans les années 50, pendant la guerre d’indépendance. Mais de cette langue dont il ne maîtrise que quelques mots, il retiendra “malheureusement surtout des injures”. C’est la rencontre de son épouse, “une bonne Française d’origine chinoise”, qui réveillera son désir d’apprendre le mandarin. Au contact de sa belle-famille, il souhaite comprendre “les raisons de la présence chinoise en France, voyant [ses] beaux-parents vivre dans ce pays sans parler le français, sans savoir le mandarin”.
    [​IMG]
    Mais qui sont les Chinois de France ? “Les Chinois n’existent pas”, répond Donatien. “Pas plus que les Français, qui ne forment pas un peuple homogène tant sur le plan culturel qu’ethnique ou religieux”. Idem pour les Chinois de France. “Ils ne viennent pas tous de Chine, ne sont pas arrivés au même moment, parlent des dialectes différents, n’ont pas les mêmes stratégies de vie…”, affirme le sinophile. “Le terme ‘communauté’ est à manier avec précaution.” Selon Donatien, plus de la moitié des Chinois de France résideraient en Ile-de-France, surtout dans le Nord-Est et l’Est parisien. Quarante pour cent d’entre eux habiteraient dans Paris. Les autres auraient élu domicile dans les plus grandes villes de province.
    Au début du XXe siècle, les premiers Chinois de Paris se sont regroupés dans le quartier de l’îlot Chalon, rasé à la fin des années 70. Dans le Marais, secteur Arts et Métiers, on trouve aujourd’hui la plus ancienne communauté chinoise de la capitale. Mais la plus célèbre évolue dans le Triangle de Choisy, délimité par l’avenue d’Ivry, l’avenue de Choisy et le boulevard Massena, aux côtés des communautés d’Asie du Sud-Est (Vietnamiens, Cambodgiens, Laotiens, Thaïlandais). Cependant, le 13e arrondissement, selon Donatien, est aujourd’hui moins chinois que Belleville. Le spécialiste, évalue “la communauté chinoise” en France “à 150 000 Chaozhou aujourd’hui, et 350 000 Wenzhou. Quant aux Dongbei, “10 à 15 000″ habiteraient l’Île-de-France. Estimée entre 600 et 700 000 âmes selon les sources, ces chiffres sont à relativiser, le nombre de migrants fluctuant au gré de nombreux facteurs : changement des lois sur l’immigration, impossibilité de connaître le nombre d’immigrés sans titre de séjour légal… Par exemple, pour Richard Behara, président de l’association Hui Ji, une organisation d’aide aux migrants chinois, les Wenzhou seraient de 130 000 à 200 000 dans l’Hexagone. Le mini-cours d’histoire de l’immigration en France terminé, il est temps de régler l’addition et d’abandonner les graffeurs à leurs aérosols.
    Deux minutes pour comprendre d’où viennent les Chinois de Belleville
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    Sur le chemin de son local, Paris sur Chine, situé dans les hauteurs de Belleville, Donatien serre plus de mains qu’un député en campagne. Avec les passants chinois, il échange de rapides salamalecs. Sur le pas-de-porte des boutiques, il lance dans un grand éclat de voix quelques phrases en chinois aux commerçants et à leurs clients. Comme tout le monde rit, j’en déduis qu’il s’agit de plaisanteries particulièrement désopilantes.
    [​IMG]Quelques poignées de main plus tard, nous quittons la rue de Belleville pour nous engouffrer dans la rue Rampal. Là, devant le restaurant Pacifique,“tenu de longue date par une vieille famille chinoise du Laos”, mon hôte m’apprend que si “certains Chinois ne sont de passage à Belleville que pour affaires”, l’immense majorité des nouveaux arrivants s’installe en France “pour offrir un avenir aux enfants, chose impossible en Chine”. Dans ce pays, “le salaire moyen est d’une centaine d’euros par mois. Cela signifie que certains gagnent des dizaines de milliers d’euros et d’autres moins de 100 euros par mois”, précise Donatien. Sur le trottoir opposé à celui de la maternelle de la rue Rampal, Donatien m’indique le café où un grand-père chinois, s’apprêtant à aller chercher ses petits-enfants à l’école, avait été arrêté par la police en mars 2007. L’interpellation avait suscité la colère de parents d’élèves du quartier. S’en étaient suivis des heurts avec la police, le placement en garde à vue pour “outrages et dégradation de biens publics en réunion” de la directrice de l’établissement scolaire, et une vaste polémique sur “l’inhumanité” de la politique du ministère de l’intérieur d’alors, dans sa lutte contre l’immigration clandestine.
    Nombre de Chinois de Belleville considèrent Donatien Schramm comme une partie de la solution à leurs problèmes. En effet, dans son local du 79 rue Rébeval, il rédige, les courriers délicats, remplit les dossiers administratifs, conseille sur les démarches à suivre dans les institutions publiques comme la Sécurité sociale ou l’école. Aux familles en grande difficulté avec le français, il enseigne la langue de Molière, du moins les bases nécessaires pour devenir autonome. Parce que ces immigrés viennent souvent de la campagne, “ils maîtrisent très mal leur propre langue nationale, le mandarin”, du coup leur apprendre le français relève de la gageure. On comprendra mieux pourquoi dans une prochaine note.
    [​IMG]Après la rue Rampal, nous remontons la rue du Général Lasalle. Pauvre en éclairage public, sans possibilité d’y ouvrir des boutiques, “la rue est dangereuse. Tôt le matin et le soir tard. Il n’y a pas beaucoup de passages”, prévient Donatien. “Les voyous se cachent entre les voitures” pour y guetter leur proie. “Il y a souvent des agressions ici. Et pas seulement des Chinois” affirme-t-il. “Les voleurs sont des Français. Ce sont des jeunes de nationalité française mais d’origines diverses, précise mon guide. Il suffit qu’un de ces jeunes agresse une fois un Chinois et cela suffit à alimenter le racisme de certains Chinois…” “Les Chinois sont des êtres humains…” se sent-il obligé d’ajouter, l’air on ne peut plus fataliste. “Tout le monde sait qu’il n’y a rien de pire que les groupes ethniques qui se font la guerre entre eux”, poursuit l’enseignant. “Mais combien de fois j’ai vu à Belleville des gens, quelles que soient leurs origines, catastrophés par ces agressions”. Pourtant quand on lui objecte que la manifestation du 20 juin, rassemblait principalement des Chinois, et pas des personnes “quelles que soient leurs origines”, Donatien s’agace. “Les appels à la manifestation étaient rédigés en Français. Tout le monde pouvait y participer. Les associations chinoises n’ont jamais empêché qui que ce soit de se joindre au cortège”. Il concède toutefois que les organisations Chinoises à l’origine de la “démonstration de force”, “avec le soutien de l’ambassade de Chine”, auraient été bien inspirées de rassembler tout le monde “parce que les Chinois ne sont pas les seules victimes des agressions”.
    [​IMG]L’ancien pigiste des pages sportives de l’Humanité, critique aussi “les journalistes venus à la manifestation du 20 juin, avec l’idée qu’à Belleville ça allait péter. Manque de chance, ça ne pète pas à Belleville ! Même s’il ne s’agit pas d’idéaliser”. Preuve en est qu’”à la dernière fête du quartier le 26 juin, il y avait de nombreux riverains toutes origines confondues. Il n’y a eu aucun problème”, rassure Donatien.
    Il est bientôt 19 heures, nous sommes devant Paris sur Chine, le local de l’association Chinois de France - Français de Chine, fondée par Donatien Schramm. Dans cette boutique transformée en classe d’école, les élèves chinois inscris au cours de français ne vont pas tarder à arriver. A demain.
    P.S. : Vous souhaitez témoigner ou avoir des précisions sur Belleville ? Laissez un commentaire sur ce blog, je tenterai de répondre à vos questions.
     
  3. billcarson

    billcarson Guest

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    Cheng Gui, jeune Chinois de Belleville


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    Mi-juillet, j’ai rencontré Cheng Gui, dans le haut de Belleville. Nous avons passé un long moment ensemble. La communication peinait du fait de son manque de maîtrise du français et de ma totale ignorance du chinois. Dans les lignes ci-dessous, j’ai tenté de reconstituer ses réponses à mes questions.
    “Je m’appelle Cheng Gui. J’ai 16 ans et je suis fils unique. J’ai quitté Wenzhou en 2001 pour rejoindre mes parents installés en France depuis 1999. Ils auraient pu aller en Italie, en Espagne ou au Portugal parce que nous avons de la famille dans ces pays. Mon père travaille dans le bâtiment. Il est ouvrier. Ma mère garde des enfants. Nous habitons Belleville. En 2002, j’ai intégré une classe d’adaptation pour les enfants comme moi, qui ne parlent pas le français. Dans cette classe, il y avait beaucoup de Chinois. Des Wenzhou, comme moi. Entre nous, on parlait en dialecte. C’était plus facile. Aujoud’hui, au collège, on parle toujours en wenzhouhua avec les copains. Avec les autres camarades de l’école, je ne parle pas beaucoup. Je les comprends mal. C’est réciproque. Pour cette raison, je n’ai pas de copains français.
    En juin, j’ai passé le brevet des collèges. Je ne sais pas si j’ai réussi l’examen. J’avais du mal à comprendre les questions. Surtout en littérature. En histoire. Et en géographie aussi. Mais je suis bon en arts plastiques ! Je dessine beaucoup. Plus tard je serai dessinateur ou cuisinier… Mais je préfère devenir dessinateur… J’aime l’école. Je veux continuer mes études à la rentrée.
    Le soir, après l’école, je reste à la maison. Dans ma chambre, je joue à des jeux vidéo en ligne. Des jeux vidéo chinois. Une heure par jour. Le week-end, si je ne travaille pas où si je n’ai pas de devoirs, je joue jusqu’à quatre heures par jour. Je préfère les jeux chinois parce que je peux comprendre ce qui se dit. Mon jeu favori s’appelle Un monde parfait. C’est un jeu de combat. Je ne sors que si c’est nécessaire. Pour faire des courses ou parfois pour voir les copains. Que les copains. Je n’ai pas de fiancée. Je suis trop jeune pour ça. A mon âge, ça ne se fait pas d’avoir une petite amie. De toute façon, mes parents préfèrent que je reste à la maison. A cause de la violence. Mais je n’ai pas peur de sortir dans la rue. Moi, je n’ai jamais vu d’agressions. Sauf dans des vidéos sur Internet où on voit des gens se faire attaquer. Je crois qu’il y a une agression de Chinois chaque mois à Belleville. A chaque fois, on en parle avec les copains. Mais jamais en classe, avec le professeur et les camarades. Je suis allé à la manifestation contre les agressions.
    Une fois, en été, je suis parti en vacances. C’était une colonie. Je crois qu’elle était organisée par des évangélistes. Mais je n’en suis pas certain. Sinon, tous les étés, je vends des vêtements dans la boutique de ma tante. Elle possède un magasin de détail près de la place de Clichy. Quand je n’ai pas de devoirs, je travaille aussi pour elle pendant l’année scolaire, le week-end. Mon travail commence à 10 heures et finit à 20 h 30. Je ne suis jamais payé. Je ne veux pas d’argent. Et ma mère non plus ne veut pas que je sois payé. Je rends service à ma famille. En plus, avec cet emploi, j’apprends ce qu’est le monde du travail.
    J’aime être en France même si des gens racontent beaucoup d’histoires sur les Chinois. Par exemple, on dit que les Chinois font des raviolis chez eux pour les vendre. Souvent, c’est simplement pour les manger. Si tous les Chinois faisaient des raviolis pour les vendre, tout Paris mangerait des raviolis toute l’année. Mais c’est vrai que certains Chinois les vendent pour vivre. Ils n’ont pas d’autre choix. Je veux rester en France parce que je suis ici depuis que j’ai l’âge de 8 ans. Mais je me sens Chinois parce que je suis né en Chine. J’ai des souvenirs de là-bas. Un jour, je me sentirai peut-être français.”
     

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